moyen-orient

Gizeh : cavités et couloirs cachés dans la Grande Pyramide

Gizeh : cavités et couloirs cachés dans la Grande Pyramide

Scanpyramids1

L'équipe de ScanPyramids au travail (HIP)

J'en ai déjà parlé à l'occasion des articles consacrés aux recherches dans le tombeau de Toutankhamon et sur d'autres pyramides (Dhachour), mais un nouveau rapport de l'organisme et projet "ScanPyramids" vient d'être publié, avec des premiers résultats surprenants. La nouvelle a été officiellement relayée par les autorités égyptiennes, qui, prudemment, attendent d'autres résultats affinés.

Ce nouveau rapport pourrait peut-être, d'une certaine façon, confirmer les hypothèses de l'architecte français Jean-Pierre Houdin sur la présence (d'après une campagne de microgravimétrie faite en 1986 et 1987 (une méthode qui permet de mesurer la densité des matériaux à l’intérieur d’une structure) d'une anomalie en sous-densité en forme de spirale sur toute la hauteur de l’édifice. Les mesures de l'époque avaient aussi montré de façon certaine que les 50 mètres supérieurs de la pyramide étaient peu denses, de même que certaines arêtes, à intervalles réguliers.

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Le grand secret des pyramides de Guizeh

Le grand secret des pyramides de Guizeh

2ème Hommage à Guy-Claude Mouny

 

Mounyguy

Un premier hommage a fait l'objet d'un article ici : http://www.sciences-fictions-histoires.com/blog/ovni-ufo/ovnis-et-personnalites-guy-mouny.htmlGuy-Claude Mouny était un écrivain français qui s'est mit à l'écriture assez tardivement, vers ses 59 ans. Membre de l'ORSEM en tant que Colonel, il a affirmé lui-même avoir eu des rapports très suivis avec les services secrets lors de sa carrière professionnelle, et que c'est certains papiers et rapports, ainsi que son goût des mystères non élucidés (il a été aussi en rapport avec l'Ufologie), qui l'avaient incité à devenir écrivain. Dans la préface du livre « Le Secret de François 1er » de son ami Didier Coilhac, il avouait avoir eu pour ami le Comte de Marenches,  ancien Directeur Général du SDEC, (le Service de Documentation Espionnage et  Contre Espionnage). Il déclara laconiquement à la radio « Ici et Maintenant » : « J'ai roulé avec le SDEC… ». Egalement auditeur de l'IHEDN, l'Institut des Hautes Etudes de Défense Nationale : il en avait fondé la section marnaise. On retrouve des membres de l'IHEDN comme auteurs du fameux rapport Cometa qui statuait sur les Ovnis. De hautes personnalités bien informées concluaient que les ovnis étaient des engins volants à la provenance inconnue. L'hypothèse extraterrestre était discrètement présentée comme la plus plausible. Comme on pouvait s'y attendre, ce texte fut sévèrement jugé par certains officiels qui n'y participaient pas.Ses enquêtes l'ont finalement convaincues qu'il touchait du doigt une certaine vérité, ce qui l'a poussé à écrire sans relâche et chaque année sur des sujets très proches. Né à Reims en 1930, il est mort dans la nuit du 14 juillet 2007. Il était également Commandeur de l'Ordre National du Mérite.

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L'étrange statue égyptienne The Starving of Saqqarah

L'étrange statue égyptienne The Starving of Saqqarah

 

Starvingsaqqara mini

Au centre de l'immense nécropole de Memphis, qui s'étend sur 20 kilomètres, se trouve le plateau de Saqqarah, où l'on retrouve et recherche encore de nos jours les tombes des rois et nobles des toutes premières dynasties de l'Egypte antique... C'est depuis 1999 en fait qu'une mystérieuse sculpture a été récupérée. Mystérieuse car les archéologues et les historiens de l'art égyptien de l'université de Concordia à Montréal, Canada, qui l'a récupéré, s'interrogent toujours sur son origine. Car comme il est impossible de dater le calcaire dont est fait la statuette, que les restes de peintures présents n'ont pas été analysés par manque de budget débloqué à cause de ces inconnues, les chercheurs n'ont pas encore pu déterminer s'il s'agit bien d'un artefact datant de plusieurs milliers d'années ou d'un faux sans aucune valeur historique...Un autre problème vient encore compliquer les choses : la statuette comporte des inscriptions apparemment très anciennes... mais tellement anciennes qu'elles ne ressemblent à aucune écriture connue...

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Cranes allongés et Paracas : de nouvelles analyses ADN

Cranes allongés et Paracas : de nouvelles analyses ADN

 

Paracas skull with its red hair mini

A Paracas skull with its red hair. Credit: Brien Foerster

En 2014, des premières analyses ADN de plusieurs cranes de la tribu des Paracas, une tribu antique ayant précédé les Nasca dans la même région du Pérou, il y a plus de 2800 ans, avaient déclanché une forte controverse. Ces premières analyses avaient pourtant bien été faites et annoncées par un généticien, mais comme on l'a constaté à de nombreuses reprises, les scientifiques n'ont aucun problème quand ils annoncent des découvertes conformes aux dogmes (voir dictats !) établis dont il ne faut guère s'éloigner sous peine de... chasse aux sorcières digne du moyen-âge...

Mais quand le doute est semé et que l'Histoire prouve qu'aucune science ne peut être figée ni définitive, le Temps se charge souvent de remettre "une couche" et de répéter, amplifier les doutes et éléments de preuves (bien qu'une preuve scientifique ne soit pas non plus, on l'a vu plusieurs fois, une donnée définitive, mais bien souvent une preuve provisoire et locale !). 

J'ai écris ou traduit déjà plusieurs articles sur le sujet de ces cranes allongés (artificiellement ou non), et même sur des analyses du génome humain disant des choses très surprenantes, et ce nouvel article est en droite ligne des précédents, complétant un peu plus donc cette compilation de données apparues dans nos temps modernes, surtout celui-ci en ce qui concerne les premières analyses ADN de cranes allongés de Paracas :

http://www.sciences-faits-histoires.com/blog/archeologie/une-race-humaine-au-crane-allonge-une-autre-preuve.html

Vous trouverez tout en bas de cet articles des liens vers les autres données, qu'il est important de connaître pour ceux qui s'intéressent à ce sujet bien sûr très controversé (mais ce sont les sujets les plus intéressants aussi souvent !).

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Babylone : une carte du monde du 6éme siècle avant JC

Babylone : une carte du monde du 6éme ou 9ème siècle avant JC

 

Cuneiform sippar map tablet mini

Les tablettes cunéiformes ont longtemps été utilisées pour la fabrication de cartes et de plans de villes, des zones rurales et des maisons, mais rarement pour quelque chose de plus grand ou sans intérêt commercial.

Mais il a été découvert entre 1878 et 1882 ( par Hormuzd Rassam), une tablette unique, supposée provenir de Sippar ou de Borsippa, dans l'Irak actuel et datant environ du VIe siècle av. J.-C. (sans datations formelles car certains textes peuvent remonter au 9ème siècle avant JC), et celle-ci montre beaucoup plus et reflète en quelque sorte la façon dont les Babyloniens anciens se voyaient dans le monde. Cette "mappa mundi" mésopotamienne se compose d'une carte circulaire entourée par des triangles, avec un texte explicatif au-dessus et sur la face opposée. La tablette est malheureusement très abîmée.

Cuneiform sippar map tablet2

(© The Trustees of the British Museum)

Sippar, Iraq. Late Babylonian. ca. sixth century B.C. Akkadian.

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Babylone : un savoir en astronomie encore plus avancé que prévu

Babylone : un savoir en astronomie encore plus avancé que prévu

Babylon tablette mini

Une récente comparaison entre plusieurs tablettes datées de -350 à - 50 avant JC révèle un savoir très étonnant en calculs astronomiques de la part des héritiers de la civilisation de Sumer... En fait, c'est tout simplement une invention que l'on croyait datée du 14ème siècle de notre ère que les babyloniens viennent de récupérer !Tout commence lorsque Hermann Hunger, un chercheur retraité de l'université de Vienne, spécialiste reconnu de l'Assyrie, cette ancienne région et civilisation du nord de la Mésopotamie dont la Bible, le Coran et la Torah parlent tant, prend à la fin de l'année 2014 des photographies d'une tablette babylonnienne comportant des gravures intéressantes. Ces photographies sont alors données à Mathieu Ossendrijver, archéologue de l'université Humboldt, à Berlin, qui date la tablette vers une période comprise entre -350 et -50 avant J.-C., et constate que cette pierre gravée comporte en écriture cunéiforme des calculs sur les mouvements de Jupiter. Il faut se rappeler que dans la mythologie babylonienne, Jupiter était associée à la principale divinité de la cité, Marduk.

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Le Pharaon égyptien Senebkay a été tué lors d'une bataille

Le Pharaon égyptien Senebkay a été tué lors d'une bataille

 

Egypte newpharao mini

La tombe découverte en 2014.

 

Des Égyptologues américains prouvent que le Pharaon a été brutalement tué lors d'une bataille, loin de chez lui. 

Des études élémentaires sur le squelette de Senebkay qui a été découvert à Abydos l'an dernier par la Mission de l'Université de Pennsylvanie dirigée par le Dr Josef Wegner ont montré 18 blessures sur les os du roi, ainsi que des coupes verticales aux pieds, chevilles et au bas du dos, ainsi que de nombreuses blessures sur le crâne qui indiquaient que le roi est mort dans une bataille à un âge entre 35 à 49 ans.

Abydos 6

© © Ministère égyptien des Antiquités

Le roi "Senebkay" a été mentionné sur la liste des Rois du papyrus de Turin en tant que dirigeant de la famille régnante locale d'Abydos pendant 4 ans et demi. Une partie de la famille dynastique qui n'a pas régné longtemps (1.650 à 1.600 avant JC) et contemporaine à la période des Hyksos au Delta.

Abydos 3Le cartouche du nom du pharaon à droite © © Ministère égyptien des Antiquités

Le Dr. Josef Wegner, directeur de la mission de l'Université de Pennsylvanie, a déclaré que les blessures visibles désignent que la mort du Roi a été brutale. Egalement, les tailles des blessures du crâne montrent les dimensions des haches qui ont été utilisées dans cette bataille de la deuxième période intermédiaire.

L'angle et la direction des blessures du roi suggèrent qu'il était à un endroit élevé quand il a subi les blessures et qu'il était proche de ses attaquants. Les blessures et les coupures sur les chevilles, les pieds et le postérieur du roi expliquent en retour comment ses agresseurs ont réussi à le faire tomber sur le sol et aussi qu'il a été tué loin de sa résidence, car il semble qu'il ait été momifié une longue période après sa mort.

Senebkay

Le roi était probablement sur son cheval quand il a été attaqué et frappé sur ses chevilles et au bas du dos, jusqu'à ce qu'il tombe sur le sol lorsque les assaillants l'ont brutalement tués avec leurs haches sur son crâne.

Alors que l'utilisation des chevaux dans les batailles n'était pas courante à l'époque, les anciens Egyptiens ont montré de bonnes aptitudes à cheval au cours de la deuxième période intermédiaire qui est une indication du rôle des grands chevaux dans les actions militaires durant cette période, avant même que la technologie des chars se développe dans Égypte ancienne.

Senebkay2

Le Dr. Youssef Khalifa, chef du département Egypte ancienne dans la MSA, a déclaré: « Les études montrent que le roi "Senebkay" mesurait entre 172cm à 182cm de hauteur (YH : ce qui est grand pour l'époque). Les os pelviens et des jambes suggèrent que le roi les a utilisé beaucoup pour monter des chevaux ».

Il ajoute également " On ne sait pas encore si Senebkay est mort dans une bataille contre les Hyksos, qui occupaient la Basse-Egypte à ce moment, ou non. Si des études ultérieures le prouvaient, cela ferait de lui le premier roi guerrier qui a combattu pour la libération (de l'égypte) avant même "Senakhtenre", le fondateur de la 17ème dynastie et le grand-père de "Ahmos", qui a vaincu les Hyksos ".

Source : http://luxortimesmagazine.blogspot.fr/2015/02/american-egyptologists-prove-pharaoh.html

En ce qui concerne les Hyksos, même si une grande part de mystère demeure encore sur leurs origines et Histoire, un certain consensus s'est établi dans la communauté des archéologues pour affirmer que, contrairement à certains textes antiques, ils n'étaient pas de nature sémitique (en tout cas pas leur langue) mais plutôt probablement asiatiques. De nos jours, les scientifiques pensent que seuls six des pharaons de la XVe dynastie égyptienne étaient réellement des Hyksôs, non seulement parce qu'ils portaient la couronne égyptienne, mais également parce que Manéthon, le célèbre historien antique égyptien les appelait lui-même « Hyksôs ». Au total, les Hyksôs auraient régné 108 ans sur le Royaume d'Égypte.

Hans Wolfgang Helck proposa l'hypothèse selon laquelle les Hyksôs étaient une partie des Hourrites et Indo-Aryens, venant de l'Est. Toujours d'après Helck, les Hyksôs venaient de l'empire Hatti s'étendant sur la plupart de l'Asie Orientale. Les données les plus récentes montreraient, selon Dominique Valbelle, que la langue des Hyksôs n'appartenait pas à la famille des langues sémitiques, ce qui renforcerait l'origine asiatique des Hyksôs. Mais il faut aussi savoir que les noms, l'ordre et le nombre total des pharaons de la XVe dynastie égyptienne ne sont pas connus avec certitude... Cette période de l'Histoire égyptienne est encore méconnue, les pharaons qui ont succédé à la période intermédiaire ont fait raser la présence Hyksôs jusqu'aux fondations...

On sait en tout cas que les Hyksôs ont apporté l'arc composite, le char, des nouvelles flèches, de nouveaux boucliers, sabres, dagues, casques et cottes de mailles, on est en droit de croire qu'ils étaient une force militaire incontestable. Cependant, jusqu'ici et la découverte du pharaon Senebkay ci-dessusrien ne prouvait qu'ils en aient fait usage : on sait juste qu'ils avaient de leur côté un potentiel militaire impressionnant, et des années d'avance sur l'armement des autres pays — de quoi faire fléchir plus d'un roi rien que par la menace... mais ces armes se retournèrent contre eux par la suite car l'armée égyptienne s'est équipée de chars et les Princes de Tèbes réussirent à chasser les Hiksos un siècle plus tard...

Les Hyksôs de la XVe dynastie établirent leur capitale à Memphis, leur résidence secondaire à Avaris. Ils vivaient dans une paix relative, préservant un certain statu quo, jusqu'à la reconquête par le sud des princes de Thèbes. Quand ils furent finalement chassés d'Égypte, toutes les traces de l'occupation Hyksôs furent détruites. Les dirigeants de la nouvelle XVIIIe dynastie réécrivirent une partie de l'histoire à leur avantage. Il s'ensuivit une guerre raciale contre les Hyksôs.

Dans son livre Contre Apion, l'historien Flavius Josèphe identifie de façon étonnante (et surtout sans preuve) l'Exode d'Israël avec le premier exode mentionné par Manéthon dans lequel 480 000 Hyksos furent expulsés d'Avaris vers la Palestine. Manéthon les appelle « rois-pasteurs » selon une traduction impropre et Josèphe assimile ces « rois-pasteurs » aux Hébreux. Après leur expulsion, les Hyksos fondèrent Jérusalem. Ensuite, ils se lièrent à des « lépreux » en Égypte sous la conduite d'un prêtre d'Héliopolis, Osarseph surnommé Moïse. Il n'est pas sûr que cette identification de Moïse provienne de Manéthon. D'après Manéthon, les Hébreux seraient les descendants de ces lépreux et auraient demandé l'aide des Hyksôs précédemment chassés d'Égypte puis auraient été expulsés avec eux (ce qui ferait d'ailleurs du roi Ahmôsis Ier celui qui a chassé les Hébreux d'Egypte (avec les Hyksos) et les a poursuivi jusqu'en Palestine !)...

 

Yves Herbo et Traductions, Sciences et Fictions et Histoires.com, http://herboyves.blogspot.fr/, 18-03-2016

D'autres chambres existeraient à l'intérieur de la tombe de Toutankhamon

D'autres chambres existeraient à l'intérieur de la tombe de Toutankhamon.

 

Nefertiti drawingBuste de Nefertiti (Musée Berlin)

Suite de ces articles : http://www.sciences-fictions-histoires.com/blog/archeologie/pyramides-d-egypte-de-la-hitech-utilisee-des-novembre.html

http://www.sciences-fictions-histoires.com/blog/archeologie/la-momie-de-nefertiti-toujours-cachee-a-louxor.html

Egypte, Louxor, 07-11-2015 : Les premières analyses de thermographie infrarouge suggèrent que d'autres chambres existent à l'intérieur de la tombe de Toutankhamon. La thermographie infrarouge pourrait soutenir la théorie de Nicholas Reeves suggérant l'existence d'au moins une autre chambre funéraire à l'intérieur de la tombe de Toutankhamon, qui pourrait appartenir à la reine Néfertiti...

 

Imagerie hip

Le même système qui est prévu pour être utilisé sur 3 pyramides égyptiennes est aussi utilisé sur les parois de la tombe de Toutankhamon

 

Vingt-quatre heures après le début de la première expérience consistant à utiliser la thermographie infrarouge pour balayer les murs de la tombe de Toutankhamon, le résultat préliminaire de la paroi nord de la chambre montre la présence de différences de températures qui pourraient indiquer l'existence de chambres cachées supplémentaires, dit le ministre des Antiquités Mamdouh Mohamed Eldamaty à Ahram Online.

Afin de certifier les résultats, Eldamaty dit qu'un certain nombre d'expériences doivent être menées pour déterminer avec plus de précision la zone concernée. " Une étude des résultats acquis sera ensuite analysée au mieux ", a-t-il souligné.

Eldamaty poursuit en disant qu'un balayage plus long, de pas moins d'une semaine, est nécessaire afin de confirmer les résultats.

" L'utilisation d'autres méthodes est possible, pour aider à identifier la zone différente en température par rapport aux autres parties du mur nord ", a souligné Eldamaty.

Le processus de numérisation a été effectué par une mission scientifique conjointe du ministère des Antiquités en collaboration avec la Faculté de génie de l'Université du Caire et du patrimoine, de l'Institut de l'Héritage, de l'Innovation et de la Préservation (HIP), Paris.

Source : http://english.ahram.org.eg/NewsContent/9/40/162906/Heritage/Ancient-Egypt/Infrared-thermography-study-suggests-other-chamber.aspx

 

Autres liens sur l'Egypte : http://www.sciences-fictions-histoires.com/pages/l-egypte-et-ses-mysteres.html

 

Yves Herbo Traductions, Sciences, Fictions, Histoires.com, 08-11-2015

Les pages des anomalies scientifiques - 4

Les pages des anomalies scientifiques - 4

 

280px kensington runestone flom 1910La pierre runique de Kensington

 

Cette nouvelle rubrique qui devrait comporter plusieurs pages (qui seront regroupées par la suite et après leur publication) va recenser certaines petites publications ou nouvelles brèves du passé sur des découvertes annoncées discrètement par certains professionnels ou scientifiques. Cela vient évidemment en complément du déjà large travail de compilation de données lisibles sur ce site. Ces annonces sont en principes toutes référencées et réelles et elles concernent toutes des "anomalies" par rapport aux normes, dogmes ou "establishment" scientifiques ou historiques. Il y a rarement des illustrations ou photos et l'annonce est parfois très brève. On se rapproche en quelque sorte un peu du "Livre des Damnés" de Charles Fort, mais plus récent et c'est voulu car ces données existent, même si elles ne sont pas très connues et explorées elles-mêmes... Je n'ai pas trouvé d'ordre préférentiel pour l'instant, un classement par continent ou par genre (archéologie, ovni, astronomie, etc...) par exemple pourrait être fait par la suite. Vous allez comprendre très vite de quoi il s'agit, je met le texte original quand dispo et la traduction française en-dessous :

Voici la page 1 : http://www.sciences-faits-histoires.com/blog/preuves-autre-histoire/les-pages-des-anomalies-scientifiques-1.html

Voici la page 2 : http://www.sciences-faits-histoires.com/blog/preuves-autre-histoire/les-pages-des-anomalies-scientifiques-2.html

Voici la page 3 : http://www.sciences-faits-histoires.com/blog/preuves-autre-histoire/les-pages-des-anomalies-scientifiques-3.html


 

A Stone Face From Ungava

September 1976. Lac Guerard, Ungava, Canada. A stone face was found on the lake shore by caribou hunters. The back of the sculpture was covered with moss and stained underneath with age; the front was well-weathered. It was a crude sandstone carving -- almost a doodle in stone -- but the facial features were unmistakably Norse. Stylistically, the face resembled nothing carved by Eskimos or the local Indians. The apparent antiquity of the stone and the strongly Nordic features suggest past Norse exploration of this desolate tundra near Hudson Bay.

(Lee, Thomas E.; "Who Is This Man?" Archaeological Journal of Canada, 17: 45, 1979.)

Comment. Once into Hudson Bay, why not on to Minnesota (and the Kensington Stone), then down the Mississippi to Oklahoma where Viking signs are claimed?

 

Un visage de pierre à Ungava

Septembre 1976. Lac Guerard, Ungava, Canada. Un visage de pierre a été trouvé sur la rive du lac par des chasseurs de caribous. Le dos de la sculpture s'est couvert de mousse et coloré par dessous avec le temps; l'avant a pu bien résister. C'était une sculpture en grès brut - presque un gribouillage dans la pierre - mais les traits du visage étaient indéniablement nordiques. Stylistiquement, le visage ne ressemblait à rien de sculpté par des Esquimaux ou des Indiens locaux. L'ancienneté apparente de la pierre et les traits fortement nordiques suggèrent que dans le passé, une exploration nordique (Vikings) de cette toundra désolée près de la baie d'Hudson a eu lieu.

(Lee, Thomas E .; "Qui est cet homme ?" Journal archéologique du Canada, 17, 45, 1979.)

Commentaire: Une fois dans la baie d'Hudson, puis pourquoi pas dans le Minnesota (et la pierre de Kensington), puis vers le bas du Mississippi en Oklahoma, où des traces des Viking sont réclamés ?

 


 

La pierre runique de Kensington

En 1898, un immigrant suédois a trouvé une pierre sur sa ferme près du petit village de Kensington, au Minnesota. La pierre, un petit bloc de grès, de la grauwacke, était enserrée dans les racines d’un jeune tremble. Sur deux de ses côtés se trouvait une inscription runique en suédois racontant comment 8 Suédois [Goths] et 22 Norvégiens avaient été victimes d’une catastrophe lors d’un voyage d’exploration à 14 jours à l’ouest du Vinland. Alors que des hommes étaient partis à la pêche, 10 autres avaient été tués. Cette tragédie date de 1362.

Pierredekensington

Olof Öhman, un fermier d'origine américano-suédoise, déclare en 1898 avoir trouvé la pierre alors qu'il débarrassait sa terre d'arbres et de troncs afin de pouvoir la labourer. Elle a été trouvée sur un monticule ou un côté de colline, couchée face contre terre et enchevêtrée dans les racines d'un arbre supposé être âgé d'au moins une dizaine d'années. Aux dires de plusieurs témoins, quelques-unes de ces racines étaient aplaties et épousaient la forme de la pierre. Le fils d'Öhman, âgé d'une dizaine d'années, a alors remarqué des inscriptions et le fermier déclara qu'ils pensaient avoir trouvé un almanach indien. L'artefact a des dimensions de 76 × 41 × 15 cm et pèse environ 90 kg.Les preuves archéologiques d'établissements vikings au Canada ne devant apparaître que 50 ans plus tard, l'idée de vikings errant à travers le Minnesota à cette époque semble alors impossible aux yeux de la plupart des universitaires du 19ème siècle... :

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Pyramides d'Egypte : de la HiTech utilisée dès novembre

Pyramides d'Egypte : de la HiTech utilisée dès novembre

 

Pyramidedahrchourromb

Le ministre égyptien des Antiquités Mamdouh Al-Damati a annoncé dimanche 25 octobre le lancement de Scan Pyramids, une nouvelle mission scientifique internationale pour en savoir plus sur quatre des nombreuses pyramides égyptiennes, qui utilisera des procédés de Hautes Technologies qui ne laisseront aucune trace sur ces monuments archéologiques qui conservent encore une partie de leur mystère.

Acceskheops

Le couloir d'accès actuel de la Grande Pyramide de Kheops n'est pas d'origine car on sait qu'il a été créé en 820 après JC par le Calife Al-Mamoun pour visiter la pyramide... (crédit Guminda)

 

Concrètement, le ministère égyptien a chargé un institut français et une association française à but non lucratif, l’Héritage, Innovation, Préservation Institut (HIP) de coordonner avec la Faculté des ingénieurs de l’Université du Caire cette mission d’un an, qui concerne deux pyramides du site de Dahchour (la rhomboïdale et la pyramide rouge), et deux autres du site de Gizeh (Khéops et Képhren).

L'HIP et la mission Scan Pyramids dispose donc de presque un million d'euros pour tenter de percer certains mystères liés à la construction de ces pyramides, qui ont fait et font toujours l'objet de diverses hypothèses. Par exemple, on sait qu'en 1986 et 1987, une campagne de microgravimétrie (une méthode qui permet de mesurer la densité des matériaux à l’intérieur d’une structure) a fait ressortir dans la Grande Pyramide de Gizeh une anomalie en sous-densité en forme de spirale sur toute la hauteur de l’édifice. Les mesures ont aussi montré de façon certaine que les 50 mètres supérieurs de la pyramide étaient peu denses, de même que certaines arêtes, à intervalles réguliers. Pour l’architecte Jean-Pierre Houdin, toutes ces anomalies s’expliquent probablement par la présence d’une rampe intérieure en spirale sous la "peau" du monument ayant facilité sa construction. Pour d’autres spécialistes, elles prouvent plutôt une construction par degrés, ensuite maçonnée en rampe inclinée, les creux étant remplis de façon plus tendre. D'autres théories font intervenir également des pierres non-naturelles, mais plutôt en une sorte de béton peu dense et peu lourd inventé et utilisé précocement par les créateurs de certains monuments antiques...

 

Pyramidedahrchourromb

site de Dahchour la pyramide rhomboïdale

La mission va commencer dès début novembre par le passage minutieux de caméras à infrarouge sur les parois des pyramides. Elles permettront de relever l'empreinte thermique qui émane en permanence des parois. Cette opération pourrait permettre de constater d’éventuelles différences de densité d'un endroit à l'autre de chaque monument, en fonction de la chaleur qui s'en dégage. Une manière de chercher, notamment, des zones vides - moins denses - proches de la surface, qui pourraient indiquer la présence de pièces ou cavités inconnues jusqu’à présent.

 

Imagerie hip

Imagerie à la caméra infrarouge qui détecte les vides à l'intérieur d'une structure et la présence éventuelle de galerie, de chambres funéraires, etc. HIP INSTITUT
 

Ensuite, les scientifiques et techniciens vont rechercher des muons, c'est-à-dire des particules cosmiques présentes naturellement dans l’atmosphère et qui traversent la matière. Plus cette dernière est dense, moins elle laisse passer de muons.

 

Pyramide rouge1site de Dahchour la pyramide rouge

Il s'agit ici d'une nouvelle technologie, qui a été développée au Japon pour, entre autres, observer les volcans. Lorsqu’il y a des changements sur les relevés étudiant les volcans en permanence, cela indique qu’il y a un regain d’activité. De même, s’il y a des variations du nombre de muons captés à l’intérieur de Khéops ou dans la pyramide rouge, par exemple, il y a des chances que derrière les murs ou les parois se trouve une anomalie, comme une salle cachée ou une structure solide jusqu’alors inconnue. (on revient ici sur la recherche de la tombe de Nefertiti dont on a beaucoup parlé récemment car ces mêmes techniques vont aussi être utilisées à Louxor dans la tombe du jeune pharaon Toutânkhamon).

Toutes ces données seront ensuite intégrées dans des représentations en 3D les plus fidèles possibles de ces quatre pyramides, réalisées pour l’occasion par des drones armés de capteurs photographiques, qui vont survoler et parcourir les couloirs et pièces de toutes ces pyramides. Et le tout sera mis à la disposition des archéologues, architectes et historiens qui sont les seuls à priori habilités pour pouvoir tirer des conclusions si c'est dans le domaine du possible avec ces nouvelles données bien sûr...

 

Davidroberts 1838 cheops chepren sphinxDavid Roberts peinture 1838

 

Sources : http://www.scanpyramids.org

http://www.lemonde.fr/culture/article/2015/10/25/des-drones-pour-percer-les-secrets-des-pyramides-d-egypte_4796640_3246.html

Yves Herbo: on peut regretter (ou se poser la question ?) le fait que ces Hautes et Nouvelles Technologies ne semblent concerner que les pyramides elles-mêmes, et non pas également leurs sous-sols et fondations qui semblent également receler de nombreux mystères...

 

 

Yves Herbo, Sciences, Fictions, Histoires.com, 27-10-2015

La momie de Nefertiti toujours cachée à Louxor ?

La momie de Nefertiti toujours cachée à Louxor ?

 

Nefertiti drawingNefertiti (Musée de Berlin)

 

La Reine à la beauté légendaire, Nefertiti, épouse du pharaon "hérétique" Akhenaton (également nommé Amenhotep IV (Aménophis IV en grec)), qui réussit l'exploit de convertir provisoirement l'Egypte antique au monothéisme en imposant un culte unique à Aton, Dieu du Soleil, exerça avec son mari un important rôle politique et religieux pendant plus de vingt ans (estimés) entre -1355 et -1337 avant Jésus-Christ. Autant il semble bien que la dépouille du roi Akhenaton ait bien été découverte (avec une identification génétique probable récemment, en 2010), autant la momie de la reine Nefertiti n'a jamais été trouvée et clairement identifiée (certains chercheurs pensent qu'il s'agit de la momie identifiée comme étant la " Younger Lady")...

C'est un archéologue britannique, Nicholas Reeves, qui a reçu en septembre l'autorisation officielle de la part des autorités égyptiennes de procéder à des fouilles à Louxor, dans la Vallée des Rois, pour vérifier sa théorie. Cette dernière repose sur certaines réalités historiques, même si la fin du règne du pharaon Akhenaton est très sombre et peu documentée. Car le décès d'Akhenaton est entouré de mystère. On ne sait ni quand ni les raisons de son décès, ses successeurs ayant tout fait pour effacer les traces du roi hérétique (avec martelage de son nom, destruction et mutilation de son sarcophage). Tout au plus peut-on dater de l’an XVII ou XVIII de son règne la dernière inscription qui le mentionne clairement. Certains chercheurs suggèrent également que l'éclipse totale de soleil du 14 mai 1337 av. J.-C. pourrait être concomitante avec sa mort. Des études récentes de son squelette (ou de celui qui lui est attribué) avancent l'hypothèse qu'il était atteint d'un trouble métabolique portant le nom de homocystinurie, les conséquences de cette maladie pouvant expliquer sa mort (assez jeune car il était monté sur le trône vers ses 16 ans).

Smenkhkarê, gendre et successeur d’Akhenaton après une probable corégence, meurt aussi mystérieusement à la fin d'un règne éphémère. Le pouvoir revient alors au fils cadet d'Akhenaton, alors âgé de 9 ans : Toutânkhaton, qui a épousé Ankhésenpaaton, la troisième fille d’Akhenaton. Avec la disparition d'Akhenaton s'éteint immédiatement le culte exclusif d'Aton. Au bout de trois ans, Toutânkhaton quitte Amarna, capitale de son père ; il adopte le nom de Toutânkhamon, restaure le culte des dieux traditionnels et rétablit le clergé dans les biens dont l’avait dépouillé le " l'hérétique Akhétaton ".

La tombe officielle d'Akhenaton a été aménagée dans la nécropole royale d'Amarna, sa nouvelle capitale. Découverte par des fellah à la fin du 18ème siècle, puis redécouverte en 1891, la tombe fut fouillée par Howard Carter en 1892, qui en releva les décors des parois accessibles pour le compte de l'Egyptian Exploration Fund. De 1893 à 1894, le tombeau a été fouillé par Alexandre Barsanti pour le compte du Service des antiquités égyptiennes, et dégagé des gravats qui l'encombraient, révélant son plan et découvrant les restes du sarcophage externe du roi ainsi que de son coffre à canopes et de nombreux fragments d'oushebtis au nom du roi, brisés en petits morceaux... L'ensemble de ces indices démontre que dans un premier temps, le roi a bien été inhumé dans la tombe qu'il s'était fait aménager dans sa nouvelle capitale. Après le retour à l'orthodoxie religieuse et (probablement) d'un premier pillage de la nécropole royale, le corps du roi a été déplacé et inhumé dans la tombe de sa mère dans la vallée des rois.

 

Pharaoh akhenatenBuste d'Akhenaton, musée égyptien du Caire.

En 1907, Davis et Ayrton fouillant dans la vallée des rois, mettent au jour la tombe KV55 qui contenait plusieurs restes de viatiques funéraires royaux de la fin de la XVIIIe dynastie, dont un grand sarcophage en bois doré dont les cartouches royaux ont été martelés, effaçant à jamais le nom de son propriétaire, et dont le visage en or a été arraché, défigurant la tête du sarcophage. Plusieurs autres objets portaient également des cartouches qui avaient été systématiquement effacés, signe caractéristique de la damnatio memoriae subie par les souverains amarniens au cours de la XIXe dynastie.

Le sarcophage contenait encore une momie réduite à l'état de squelette qui n'a pas été immédiatement identifiée. Des examens récents de ce squelette ont été menés de 2005 à 2009 par une équipe égyptienne dirigée par Zahi Hawass, permettant finalement par des analyses ADN de démontrer que ce corps était bien celui d'un fils d'Amenhotep III et de la reine Tiyi. Ces résultats révélés le 17 février 2010 à la presse et associés aux objets déjà découverts dans la tombe au nom d'Akhenaton, permettent de confirmer l'hypothèse qu'il s'agit bien des restes du roi.

Akhenaton a bien été momifié et a reçu une sépulture officielle dans la nécropole royale de sa capitale. Après avoir reposé une brève période dans son tombeau royal en Amarna, il a été déplacé avec les restes de son équipement funéraire dans la vallée des rois dans la KV55, probablement sous le règne de son fils Toutânkhamon.

Après le règne de ce dernier, la tombe a été ouverte et les objets aux noms du roi ont été délibérément saccagés. C'est à ce moment-là que le sarcophage royal a été abîmé et probablement ouvert afin de dépouiller la momie du roi des ultimes reliques permettant d'identifier son propriétaire, condamnation posthume à l'oubli et surtout interdiction de tout espoir de renaissance dans l'au-delà, ce qui représentait pour les Égyptiens la pire des punitions. Puis la tombe a été refermée et scellée à nouveau. La présence de ces sceaux sur le mur bloquant l'accès à la tombe indique que cet acte de désécration a donc été réalisé par ordre officiel et non par des pillards. Cet acte vient clore la campagne de damnatio memoriae qui a débuté sous le règne d'Horemheb et s'est achevée sous les premiers pharaons de la XIXe dynastie. Yves Herbo : notons tout de même qu'il y a une certaine contradiction ici avec le rapport officiel sur l'attribution du squelette à Akhenaton, qui mentionnerait et associerait donc des objets au nom du roi, découverts dans la tombe : pourquoi aurait-on martelé et effacé le nom du pharaon, ouvert et saccagé son sarcophage... si c'est pour y laisser des objets portant le nom qui a été effacé ? !... 

 

220px statueheadofnefertiti01Nefertiti (Musée de Berlin)

Mais tout ceci nous ramène à la Reine Nefertiti, qui n'était finalement pas la mère de Toutânkhamon, contrairement à ce que l'on a longtemps cru, de récente études de l'ADN de ce dernier prouvant qu'il était bien le fils d'Akhenaton, mais aussi celui d'une des sœurs de son père, dont l'identité n'est pas clairement établie (surnommée Younger Lady actuellement). L'épouse royale est finalement encore plus mystérieuse que son célèbre mari hérétique. En effet, L'origine de Néfertiti est incertaine. Même la date de son mariage et de sa montée sur le trône ne sont pas connues avec certitude, comme c’est le cas pour beaucoup d’autres données de cette époque. 

En l’an treize (ou quatorze ?) du règne d’Akhenaton (vers -1336 ?), Mérytaton remplaça sa mère comme grande épouse royale dans les cérémonies officielles, et, à partir de l’an quatorze, Néfertiti disparut de l’iconographie amarnienne. Sur quelques reliefs, son nom et son visage furent même martelés et remplacés par ceux de Mérytaton. Il n’est pas impossible qu’elle soit déjà décédée à cette date, d’après une hypothèse, de mort violente. Les raisons véritables de cette disparition subite nous échappent encore. Pour compliquer cette énigme, des sceaux de jarre à vin avec son nom qui porteraient comme indication : « l'an I de Néfertiti » ont été retrouvés dans le palais nord d'Akhetaton (l'actuelle Tell el-Amarna), ce qui signifie peut-être qu'elle y vécut à la fin du règne de son époux voire qu'elle régna après lui.

La disparition de Néfertiti coïncide avec l'apparition d'un nouveau personnage nommé au titre de corégent au nom de Ânkh-Khéperourê Néfernéférouaton. Plusieurs chatons de bague inscrits, trouvés par Sir William Matthew Flinders Petrie à Amarna, montrent que ce nouveau personnage est une femme puisque la forme attestée est Ânkh(t)Khéperourê. Manéthon, dans sa liste royale, évoque une « femme roi » à la fin de la XVIIIe dynastie qu'il nomme Acenchêrês (ou Akenkheres ou Achencherês) qui serait une mauvaise transcription d'Ânkh-Khéperourê. Ici encore, nous en sommes réduits à des conjectures. C'est sur ce postulat que des spécialistes y ont vu la certitude qu'il s'agissait de Néfertiti. Cependant l'identité de cette Ânkh(t)Khéperourê a été très discutée.

Après le court règne du successeur d'Akhenaton, c'est un jeune garçon d’une dizaine d'années qui monte sur le trône, Toutânkhaton, époux de la princesse royale Ânkhésenpaaton. Une nouvelle hypothèse, qui est toutefois du domaine de l'histoire-fiction, car aucun document ne l'étaye : Néfertiti, encore en vie, mais officiellement retirée des affaires publiques, aurait gouverné dans l'ombre, étant donné le jeune âge du nouveau roi. Cette influence — et probablement sa propre vie — se seraient alors achevées pendant la troisième année de règne de Toutânkhamon, en -1331. C'est en cette année en effet que Toutânkhaton adopte le nom de Toutânkhamon, reniant le culte monothéiste d’Akhenaton et marquant officiellement son soutien au dieu thébain Amon. En même temps, la famille royale abandonne Akhetaton, la ville d’Aton, et revient à Thèbes...

Autre étrangeté concernant la famille Akhenaton : D'après l'étude de Zahi Hawass et ses collègues publiée en 2010, Akhénaton et sa lignée patrilinéaire appartiendraient à l'haplogroupe du chromosome YR1b1a2, qui est surtout présent en Europe de l'Ouest et rare en Égypte (moins de 1 % des Égyptiens modernes appartiennent à ce clade). Il semblerait donc, que les Européens de l'Ouest aient les mêmes ancêtres, en ligne paternelle directe, que la famille royale de la XVIIIe dynastie égyptienne. Toutefois les résultats concernant le chromosome Y n'ont pas été révélés par l'étude de Zahi Hawass et ses collègues et, selon Carsten Pusch, un des généticiens ayant participé à l'étude, ce qu'affirme la société iGENEA est « simplement impossible »...  le débat a toujours lieu et d'autres tests génétiques sont à prévoir !

 

220px tuthankhamun egyptian museumLe célèbre masque funéraire en or de Toutankhamon - (musée égyptien du Caire).​

Suite à toutes ces conjectures et hypothèses, Nicholas Reeves propose que la momie de la Reine, possible régnante officielle pendant un an après le décès d'Akhenaton ou même officieuse pendant trois ans, ait pu d'abord reposer dans une chambre funéraire disposée au même endroit que celle de son successeur Toutankhamon, et que le décès de celui-ci (qui est mort jeune également) l'ait déplacée dans une chambre cachée au-delà de la chambre funéraire officielle du pharaon. En effet, début octobre 2015, de retour de trois jours d'exploration dans la Vallée des Rois, Nicholas Reeves a exposé au Caire son audacieuse théorie : des lignes sur les murs de la chambre funéraire de Toutankhamon, visibles seulement grâce à des scanners, démontrent qu'il existe deux portes dissimulées. Il y aurait donc deux chambres dissimulées d'après la conférence du 1er octobre 2015 à laquelle participait également le Ministre égyptien des Antiquités.

" Le tombeau de Toutankhamon au siècle dernier fut la plus grande découverte culturelle en Egypte dans l'histoire de l'Humanité. Si l'on y trouve aujourd'hui autre chose, ce sera la plus importante découverte du XXIe siècle", s'est enthousiasmé le nouveau ministre égyptien des Antiquités, Mr Mamdouh al Damati, lors de la conférence. Mais le ministre penche plutôt pour la découverte de la momie de Kiya, une épouse secondaire du pharaon Akhenaton, ou celle de sa fille, Mérytaton.

Les deux hommes s'accordent néanmoins sur un point : dans un mois, espèrent-ils, des radars sophistiqués vont sans doute révéler l'existence d'une autre chambre funéraire, au cœur du tombeau de Toutankhamon, dont la mise au jour, le 4 novembre 1922, avait été la "découverte du XXe siècle". Les spécialistes pensent donc que ces deux portes donneraient sur une vaste chambre funéraire, parallèle à celle du jeune roi Toutankhamon... mais qu'en pense notre ami Albert Fagioli qui, suite à la demande de ses lecteurs, a procédé à son habituelle recherche de radiesthésiste à distance, ne pouvant se rendre de par lui-même sur les lieux ?

 

Tombeautoutankhamon nefertiti

C'est donc à l'aide d'un plan de ce fameux tombeau de Toutankhamon qu'il fit ses recherches sur d'éventuelles salles inédites... Et d'après son impression générale et les indications de ses instruments, il y aurait bien deux salles inédites sur le côté droit de la salle du tombeau de Toutankhamon. (Symétrie par rapport à l'une des salles aux trésors).

Mais selon Mr Fagioli, il n’y aurait pas de tombeau dans ces deux chambres. Seulement un trésor, probablement archéologique.

On attend avec impatience de voir les résultats du radar de sol que le professeur Nicholas Reeves devrait pouvoir passer début novembre dans les directions indiquées par les premiers scanners. Et voir si cela correspond aux travaux à distance de Mr Fagioli.

Pour rappel, on espère toujours également une invitation que Mr Fagioli avait demandé auprès du Ministre des Antiquités Égyptiennes depuis presque 2 ans (mais celui-ci a changé depuis)... Pour confirmer des salles souterraines sous le Sphinx, des salles souterraines sous le Temple de Karnak et surtout la présence de 4 nouveaux tombeaux dans la Vallée des Rois, dont l'un aurait un long corridor de plus de 100 mètres

Dans l'un de ces quatre tombeaux, il pourrait bien y avoir celui de Néfertiti et d'un autre célèbre pharaon. 

Yves Herbo : quoiqu'il en soit, nous devrions en savoir plus courant novembre 2015, il y aura donc éventuellement une Mise à Jour de cet article...

Les pyramides d'Egypte et le Sphinx : 
http://albert-fagioli.blogg.org/les-pyramides-d-egypte-et-le-sphinx-c26554382  

La Vallée des Rois :
http://albert-fagioli.blogg.org/la-vallee-des-rois-c26554398 

Le Temple de Karnak :
http://albert-fagioli.blogg.org/le-temple-de-karnak-c26554400 

 


Egypte : la momie de Néfertiti bientôt découverte ?

 

Sources : http://www.francetvinfo.fr/sciences/archeologie/video-tombeau-de-nefertiti-l-egypte-reve-de-la-plus-importante-decouverte-du-xxie-siecle_1111101.html

http://albert-fagioli.blogg.org/les-deux-chambres-secretes-du-tombeau-de-toutankhamon-albert-fagioli-a118979386

https://fr.wikipedia.org/wiki/Tout%C3%A2nkhamon

 

Yves Herbo, Sciences, Faits, Histoires.com, 15-10-2015

Les fortifications et la porte principale de la ville biblique de Gath découvertes

Les fortifications et la porte principale de la ville biblique de Gath découvertes

 

Gath philistin 1000 av jc 2

Les fortifications et la porte d'entrée de la ville biblique de Gath des Philistins, c'est-à-dire l'endroit où se trouvait la maison de Goliath et de la plus grande ville dans la région au cours du 10e au 9e siècle avant J.C., à l'époque du «Royaume-Uni» d'Israël et du roi Achab d'Israël - a été trouvé par l'Expedition Ackerman Family de l'Université Bar-Ilan à Gath, dirigée par le professeur Aren Maeir. Les fouilles sont menées dans le parc national Tel Zafit, situé aux pieds des collines de la Judée, à mi-chemin entre Jérusalem et Ashkelon, dans le centre de l'Israël moderne...

 

Gath philistin 1000 av jcThis is a view of the remains of the Iron Age city wall of Philistine Gath. Credit: Prof. Aren Maeir, Director, Ackerman Family Bar-Ilan University Expedition to Gath

 

Le Professeur Maeir, du M.A.R.T.I.N. (Szusz) Ministère de la Terre d'Israël et d'études d'archéologie, a déclaré que la porte de la ville est parmi la plus grande jamais trouvée en Israël et est la preuve de l'état et de l'influence de la ville de Gath au cours de cette période. En plus de la porte monumentale, un mur de fortification impressionnant a été découvert, ainsi que divers bâtiment dans son voisinage, comme un temple et une installation de traitement du fer. Ces batisses, et la ville elle-même ont été détruits par Hazaël, le roi d'Aram de Damas, en Assyrie de l'époque, qui a assiégé et détruit le site aux environs de 830 avant JC.

La grille de la ville Philistine de Gath est mentionnée dans la Bible (dans I Samuel 21), dans l'histoire de la fuite de David devant le roi Saül vers Akish, le roi de Gath.

Gath philistin 1000 av jc 3

Maintenant dans sa 20e année, l'Expédition Ackerman Family de l'Université Bar-Ilan à Gath, est une recherche à long terme visant à étudier l'archéologie et l'histoire de l'un des sites les plus importants en Israël. Tell es-Safi / Gath est l'un des plus anciens tells (monticule d'anciennes ruines) en Israël et qui a été occupé presque continuellement depuis le 5ème millénaire avant notre ère jusqu'à l'époque moderne.

La fouille archéologique est dirigée par le Prof. Maeir, avec des groupes de l'Université de Melbourne, de l'Université du Manitoba, l'Université Brigham Young, Yeshiva University, l'Université du Kansas, l'université de la Vallée du Grand État du Michigan, plusieurs universités coréennes et des institutions supplémentaires à travers le monde.

 

Gath philistin 1000 av jc 2View of the Iron Age fortifications of the lower city of Philistine Gath​

 

Parmi les résultats les plus importants à ce jour sur le site : des temples Philistins datant du 11ème au 9 siècle avant notre ère; la preuve d'un tremblement de terre au 8ème siècle avant notre ère, éventuellement relié au tremblement de terre mentionné dans le Livre d'Amos I: 1; l'inscription la plus ancienne en Philistin déchiffrable a avoir été découverte à ce jour, qui contient deux noms similaires pour le nom de Goliath, le géant biblique; un grand assortiment d'objets de divers types liés à la culture Philistine; des débris en relation aux systèmes d'assiègement les plus anciens du monde, construits par Hazaël, roi d'Aram de Damas vers 830 avant notre ère, avec de nombreuses preuves de la capture et de la destruction subséquente de la ville par Hazaël, comme mentionné dans l'Ancien Testament Rois 2 : 12:18; la preuve de la première colonie Philistine en Canaan (vers 1200 avant notre ère); différents niveaux de la ville cananéenne antérieure à Gath; et des vestiges du château des Croisés, "Blanche Garde", où Richard Cœur de Lion est connu pour avoir séjourné...

Sources : Université Bar-Ilan, The above post is reprinted from materials provided by Bar-Ilan University.

http://www.sciencedaily.com/releases/2015/08/150803155316.htm

Goliath Et Les Peuples De La Mer

 

Yves Herbo Traductions, Sciences, Fictions, Histoires, 23-09-2015

La plus ancienne perle fine trouvée à ce jour

La plus ancienne perle fine trouvée à ce jour

2012 - up 09-2015

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© Ken Walton. Cette image est disponible à la photothèque du CNRS, phototheque@cnrs-bellevue.fr
La perle fine d'Umm al-Quwain 2 (E.A.U.), datée de 7500 ans, était associée au squelette n°4 de la nécropole.

Des chercheurs du laboratoire Archéologies et sciences de l'antiquité (ArScAn) (CNRS/Université Paris Ouest Nanterre La Défense/Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne/ministère de la culture et de la communication, Inrap) viennent de mettre en évidence la plus ancienne perle fine archéologique de l'humanité. Découverte sur un site néolithique de l'Emirat d'Umm al Quwain (Emirats Arabes Unis), elle est datée de 5500 ans avant notre ère (donc 7500 ans avant maintenant). Ces résultats, alliés aux précédentes découvertes de perles fines faites sur le littoral de l'Arabie du sud-est, attestent dans cette région du monde de la plus ancienne pratique de pêche à l'huître perlière. Publiés dans la revue Arabian Archaeology and Epigraphy, ils montrent l'importance qu'elles pouvaient avoir dans les sociétés anciennes du Golfe persique et du nord de l'océan indien, au point même de constituer un élément majeur de leur identité culturelle. Ces travaux ont été financés par le CNRS, le ministère des Affaires étrangères (MAE), le département des Antiquités et des Musées de l'Emirat d'Umm al-Quwain (UAE) et le ministère de la Culture du Sultanat d'Oman.

Jusque-là, les gemmologues avaient popularisé l'idée que la plus vieille des perles fines (datée de 3000 ans avant notre ère) provenait d'un site préhistorique japonais. La perle qui vient d'être trouvée au sein de l'habitat côtier d'Umm al-Quwain 2, aux Emirats Arabes Unis, est issue d'un niveau daté par carbone 14 de 5547-5477, 5410-5235 ans avant notre ère. Il s'agit donc de la plus ancienne perle fine archéologique connue actuellement en Arabie mais aussi au monde. Cette découverte atteste que les perles fines étaient déjà collectées 2500 ans plus tôt dans cette aire géographique, pour leur valeur esthétique voire à des fins rituelles.

La présence de perles fines dans de nombreux sites néolithiques d'Arabie confirme leur pêche non seulement dans le Golfe persique mais aussi sur le littoral de l'Océan Indien (Mer d'Oman et Mer d'Arabie du Sultanat d'Oman). Ni l'Egypte, ni la Mésopotamie, l'Inde ou la Chine n'ont fourni de perles fines très anciennes, on en connait toutefois en Mésopotamie dès 3200-3000 ans avant notre ère.

En Arabie, la totalité des perles néolithiques retrouvées (101 au total) est issue de la grande huître perlière Pinctada margaritifera et de la Pinctada radiata, cette dernière étant beaucoup plus petite, plus facile à collecter et offrant des perles de plus grande qualité. Collectées au prix d'une pêche difficile et dangereuse, les perles fines étaient triées, pour privilégier les formes sphériques. Souvent blanches, opaques et mates du fait de leur altération, certaines sont pourtant remarquablement conservées, avec des tons blancs, roses, orangés, brunâtres et possèdent encore leur lustre d'origine. La nacre des huîtres constituait quant à elle une ressource capitale dans l'économie des sociétés néolithiques locales, puisque c'est à partir des grandes valves de P. margaritifera qu'étaient produits les hameçons, destinés à capturer toute une gamme de poissons, jusqu'aux plus grands (thons ou requins).

Les perles fines occupaient une place particulière dans les rites funéraires. Ainsi, la perle retrouvée, non percée, était déposée dans la sépulture d'un individu dans la nécropole d'Umm al Quwain 2. Dans d'autres nécropoles, les perles étaient placées sur le visage du défunt, notamment au-dessus de sa lèvre supérieure. Des travaux récents ont montré qu'au Ve millénaire avant notre ère, les perles fines semi-percées étaient associées à des hommes, tandis que les perles entièrement perforées l'étaient à des femmes.


© Ken Walton. Cette image est disponible à la photothèque du CNRS, phototheque@cnrs-bellevue.fr

La perle fine d'Umm al-Quwain 2 (E.A.U.), datée de 7500 ans, était associée au squelette n°4 de la nécropole.


 

Perles archéologie


© O. Brunet /FAMUAE. 18 perles fines provenant de l'habitat néolithique d'Akab (E.A.U.), datées de 6700-6100 ans.

Références :

Vincent Charpentier, Carl S. Phillips, Sophie Méry, 2012. Pearl fishing in the ancient world: 7500 BP. Arabian Archaeology and Epigraphy 23: 1-6. Arabian Archaeology and Epigraphy, revue internationale de rang A, est diffusée par John Wiley and Sons A/S

Contacts :

Chef de la mission archéologique « Ja'alan-Dhofar » au Sultanat d'Oman du MAE l Vincent Charpentier 

Chercheur CNRS, directrice de la mission archéologique aux E.A.U du MAE l Sophie Méry

Presse CNRS l Laetitia Louis  - laetitia.louis@cnrs-dir.fr

S,F,H, 06-2012, up 09-2015

L'ÉPOPÉE DE GILGAMESH

L'ÉPOPÉE DE GILGAMESH - 2012 - up 09-2015

 

sumeria-gilgamesh-1.jpg Gilgamesh-Sumer

 

L'ÉPOPÉE DE GILGAMESH TEXTE ÉTABLI D'APRÈS LES FRAGMENTS BABYLONIENS, ASSYRIENS, HITTITES ET HOURITES

Au début du Ve millénaire, en basse Mésopotamie, la mer s'est retirée, libérant des terres nouvelles.

Venus l'on ne sait d'où arrivent les Sumériens qui, dans la vallée des deux fleuves, aux rives du Tigre et de l'Euphrate, se sédentarisent. Ils sont pasteurs, agriculteurs, et, comme leurs contemporains égyptiens, maîtrisent cette technique sans laquelle nulle vie ne serait possible: l'irrigation.

Mille ans plus tard, ils ont bâti des temples et des palais. Kish, Our, Ourouk, leurs cités-états, dessinent sur l'horizon doré l'ombre rose de leurs colossaux murs de brique. Et, pour organiser l'économie d'abord, codifier la religion, enregistrer les lois et fixer une tradition orale déjà foisonnante de mythes, de récits épiques, de poèmes, ils ont inventé l'écriture idéographique. Le plus ancien écrit du monde a d'ailleurs été retrouvé dans les ruines d'Ourouk. Il date de la seconde moitié du IVe millénaire.

Les premiers mythes d'Ourouk se perdent déjà dans la nuit des temps. Ils racontent la naissance des dieux et des hommes, la vie, la mort, le bien, le mal et le déluge dont la Bible reprendra le thème deux mille ans plus tard.
C'est à partir du déluge que les Sumériens font commencer leur histoire et datent leurs dynasties.

La première fut celle de Kish. La deuxième celle d'Ourouk. Le cinquième roi de cette deuxième dynastie, disent les tablettes, fut Gilgamesh qui bâtit les murailles d'Ourouk et régna cent vingt six années. Gilgamesh allait devenir le premier héros-fondateur et inspirer la première épopée qui nous soit parvenue, la plus ancienne.

Ce géant solaire dont les bas-reliefs des temples illustrent les exploits a véritablement existé, gouverné Ourouk vers 2800 ou 2600 avant J.-C. et accompli de hauts faits. Mais, très vite, on en a fait un être surnaturel, fils de déesse, plus divin qu'humain en son corps : « Pour deux tiers il est dieu, pour un tiers il est homme » dit l'Épopée, et plus homme que dieu en son âme, car il connut l'incertitude, le doute, l'amour, la révolte, le désespoir, la sagesse, la mort.

Vers la moitié du troisième millénaire, Sumer voit changer le cours de son histoire. Venu de l'ouest, un peuple d'origine sémite, celui d'Akkad, s'est
à son tour fixé en moyenne Mésopotamie. Entre Akkadiens et Sumériens les échanges vont se multipliant. Aux seconds, les premiers empruntent
l'écriture cunéiforme et l'adaptent à la phonétique de leur langue. Dès lors, et pour plus de deux mille ans encore, la Mésopotamie utilisera deux langues.
Sumer domine économiquement, politiquement et culturellement, tandis que l'apport akkadien reste dans son ombre. Puis, Sumer connaît un premier
Déclin ; surgit alors un chef akkadien, Sargon, qui va fonder la première dynastie akkadienne, imposer la suprématie d'Akkad sur Sumer et unifier le pays. C'est probablement sous son règne que l'Épopée de Gilgamesh commence à prendre forme. Puis, de nouveau, Sumer l'emporte sur Akkad.
Puis, de nouveau, Sumer l'emporte sur Akkad. C'est l'époque, vers 21OO avant J.-C., où la fusion de ces deux cultures, de ces deux pensées dont aucune n'a perdu sa spécificité, donne une prodigieuse floraison littéraire. Poèmes d'amour, poèmes érotiques, récits historiques, textes religieux, prières, hymnes, lamentations, réflexions philosophiques et métaphysiques sur la justice divine et l'existence du mal, la vie et la mort, fables, allégories, déjà tout existe et tout s'écrit, en sumérien ou en akkadien.
Au début du deuxième millénaire, surgissent, toujours de l'ouest, de nouveaux conquérants: les Amoréens. C'est Babylone qui recueillera l'héritage de Sumer et d'Akkad, et le fera revivre. Règne glorieux dont le rayonnement politique et spirituel s'étendra, notamment au temps d' Hammourabi (1792-1750 avant J.-C.) sur tout le bassin méditerranéen.

Si l'on crée moins qu'aux temps anciens, on enregistre, on fixe, on transcrit sur les tablettes d'argile tout le patrimoine culturel de la Mésopotamie, comme si cette civilisation, se sachant mortelle, voulait à tout prix laisser un héritage. Les tablettes circulent et sont traduites. Le babylonien devient le véhicule de la pensée à travers tout le Proche-Orient, et c'est dans cette langue que les pharaons de Tell-Al-Amarna correspondront avec les Hittites, les Mitaniens, les princes de Syrie et de Palestine.

Entre temps, l'Assyrie du nord est devenue une puissance comparable à Babylone qu'elle finira par dominer. Mais cela ne change rien au phénomène culturel et, peut-être même, l'enrichit. Le roi assyrien Teglath-Phalassar Ier (1115-1077 avant J.-C.) à Assour, puis Assourbanipal (668-626 avant J.-G.) à Ninive feront copier, pour leurs bibliothèques, des milliers de tablettes, et ces copies se poursuivront même après la chute de Babylone et de l'Assyrie, environ 500 ans avant notre ère.

C'est ainsi que, au cours des millénaires, l'Épopée de Gilgamesh est devenue un des textes les plus diffusés de la littérature ancienne, traduit en Hittite, en Hourite, connu au pays d'Assour, en Anatolie, en Palestine où l'on a trouvé récemment, à Meggido, une version du XIVe siècle avant J.-C. Puis sont venus d'autres conquérants : grecs, romains, arabes. La brique des murailles mésopotamiennes s'est délitée. Le sable a enseveli sa mémoire. De cette prodigieuse étape de l' histoire des hommes, on n'a retenu que l'une des branches : la Bible, en oubliant le tronc.

Passent les siècles. Au début du XIXe s'ouvre l'ère des grandes découvertes archéologiques. Des pionniers, des amateurs, des consuls occidentaux expédiés au Proche-Orient, entreprennent des fouilles sur les lieux des villes anciennes de la Mésopotamie du nord. En l843, Émile Botta, consul de France, découvre, à Ninive, le palais de Sargon II, roi d'Assyrie. A Ninive, à Khorsabad, Victor Place et Fresnel prennent son relais. En 1857, des anglais, Hincks, Oppart Et Rawlison déchiffrent l'assyrien. Un peu plus tard, Rassam et Rawlison découvrent la deuxième partie de la bibliothèque d'Assourbanipal et expédient les précieuses tablettes au British Museum. Mais, dans les signes dont elles sont gravées, ils ne voient qu'un ornement. A partir de là, commence une étonnante aventure.

Un jeune homme de vingt et un ans, George Smith, de son état graveur en billets de banque, est devenu, par passion pour l'orientalisme, l'un des visiteurs les plus assidus du British Museum. En 1863, le conservateur du département qu'il visite a l'idée de l'engager pour l'aider à mettre en ordre et à restaurer les tablettes de Ninive. En comparant les couleurs et les formes, Smith, génialement, regroupe les tablettes, les classe, démontre qu'il s'agit bien d'une écriture, et la décrypte. Sur la première qu'il a ainsi déchiffrée il trouve.. le récit du déluge. En 1872, il fait une communication à la Society of Biblical Archeology et un quotidien anglais, le Daily Telegraph, offre un crédit de mille guinées pour que l'on continue les recherches sur place.
Smith part. Et comme si quelque dieu du destin avait décidé qu'il était enfin temps pour la culture mésopotamienne de sortir de l'oubli, une semaine après le début des fouilles, il trouve une deuxième tablette qui a un rapport évident avec le premier texte déchiffré. Il est désormais en possession de deux fragments de l'Épopée de Gilgamesh, et sait qu'il en existe beaucoup d'autres puisque le texte dont il dispose mentionne douze tablettes, vraisemblablement gravées vers l'an 2000 avant J.-C. Voilà les archéologues devant un puzzle géant. Ils mettront un siècle à le reconstituer, tantôt trouvant des fragments au cours de fouilles en Irak, mais aussi en Anatolie, en Syrie, en Palestine, tantôt les découvrant chez des antiquaires de Bagdad auxquels ils les rachètent. Les dernières trouvailles ont été faites en 1974 par une expédition allemande, et si l'Épopée de Gilgamesh comporte encore quelques lacunes, on peut cependant considérer qu'elle est pratiquement complète.

Gilgamesh, le héros taillé dans le granit le plus dur, Enkidou, son ami, son frère, modelé dans l'argile la plus tendre, revivent en un texte écrit voici plus de quatre mille ans, mais dont la tradition orale est plus ancienne encore.
Texte admirable et éternel comme les chefs-d'œuvre lentement élaborés par le divin imaginaire.

Voici celui dont le nom en akkadien signifiait « le guerrier qui est en avant » et qui pouvait signifier en sumérien « l'homme qui fera pousser un arbre nouveau » .

Le récit de Gilgamesh
Adapté par Jacques Cassabois

COMPLÉMENTS PÉDAGOGIQUES
Marie-Hélène Philippe,
agrégée de lettres classiques

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Gilgamesh ou le destin des hommes (1) Traductions-Vulgarisation

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Illustrations de Serge Creuz (c).

Un dossier? Peut-être... Un récit ?

Disons : une histoire. La plus belle et la plus vieille histoire du monde. Trop peu connue, pourtant, des hommes d’aujourd’hui — et c’est un scandale. Car cette épopée de Gilgamesh , nous devrions la recevoir juste après le lait maternel, avec les émerveillements de l’enfance, avant le fatras scolaire. Gilgamesh, c’est la légende du monde, c’est l’inconscient collectif, c’est le souvenir des très anciens âges, quand l’homme-dieu se dressa aux portes de la première cité, pour lancer à l’univers son défi désespéré...

Cette histoire, nous vous l’offrons à partir d’aujourd’hui. Vulgarisée, traduite du cunéiforme par des soins diligents. Fascinante, toujours, comme elle le fut depuis les origines, depuis sa toute première version, voici cinq mille ans!

Imaginez que le petit père Staline, massacreur cultivé, se fût avisé, en 1945, que la fin des temps pouvait être proche — avec cette saleté de bombe découverte par les Américains... Imaginez qu’il eût décidé de sauver, de mettre en lieu sûr tout l’héritage littéraire de l’humanité, donnant cet effet des ordres précis :

— Pendant qu’il en est temps encore, tant qu’ils existent, allez me rechercher les textes de l’âge d’or hellénique. Nous comprenons le grec, nous connaissons cette écriture, ce ne sera peut-être plus le cas dans quelques années. Allez donc, cherchez, compilez, traduisez, classez-moi tout cela dans nos archives.

Imaginez la suite : que des archéologues du futur en l’an 4300, viennent à découvrir — sous les décombres du Kremlin — la bibliothèque de papa Staline, apprenant ainsi l’existence de Périclès, celle de la Grèce antique, bref, toute une civilisation pré-russe ! Imaginez leur stupeur, leur enthousiasme ! Voilà, très exactement, ce qui s’est passé pour les Sumériens. Avec les mêmes écarts chronologiques. Avec la même résurgence miraculeuse. Et tout a commencé parce qu’un jeune Anglais de 1839 voulait aller aux Indes par la voie terrestre, un peu comme ses compatriotes actuels se tapent le joyeux pèlerinage de Londres à Katmandou...

Il s’appelait Austen Henry Layard, il était parti avec un copain. Leur chemin passait par la Mésopotamie. L’archéologie était à la mode : ils fouillèrent donc un peu, en amateurs éclairés… et tombèrent sur Ninive et sur Nimroud, capitales d’Assyrie. Oubliés, les Indes et les maharajahs ! Arrivé pour quelques semaines, Layard resta des années sur ses villes mortes, creusant, cherchant, fouillant fiévreusement. Il trouvait des palais, des lions, des taureaux ailés — dieu du ciel ! — il exhumait des colosses aux regards d’éternité, dont l’apparition frappait d’épouvante les terrassiers irakiens, Il creusa et trouva mieux encore : la bibliothèque entière, complète, quasi intacte, du Grand Roi Assourbanipal, Lion d’Assyrie et Terreur de l’Orient !

C’était fou. C’était inespéré.

Vingt-cinq mille tablettes d’argile. Des caractères cunéiformes, une écriture inconnue, une langue morte. Il fallait déchiffrer tout ça.

Incroyablement, on y parvint.

Henry Rawlinson, agent politique de Sa Majesté Britannique, officiait à Bagdad. Il avait des loisirs. Mieux encore, il avait découvert la clé du code, la «pierre de Rosette » des civilisations mésopotamiennes. Tout était là, bien visible, gravé dans le roc, lexique éternel : près de Kermanshah, il avait découvert le rocher de Behistoun, l’inscription de Darius : en vieux-persan, en élamite, en babylonien enfin — en caractères cunéiformes !

Rawlinson décoda, des nuits entières. Le British Museum encouragea la besogne, lui fournit un assistant, George Smith. Et quelle ne fut pas la sensation, quelques années plus tard — en 1872 — quand ce Smith put annoncer triomphalement, à la tribune de la « Society of Biblical Archaeology » , devant une assistance absolument bouleversée :

— Gentlemen, dans les tablettes assyriennes du British Museum, nous avons retrouvé un compte-rendu du Déluge !

On s’enflamma pour la découverte. C’était incontestable : un récit de la catastrophe biblique, dûment corroborée ! Et, en prime, les fragments d’une épopée bizarre, émouvante... Mais les textes étaient très obscurs, très incomplets. Le journal « Daily Telegraph » offrit mille guinées d’or à qui découvrirait les pages manquantes . On retourna à Ninive, on racla les fondations de la bibliothèque — et l’on trouva !

Désormais, tout était clair : Assourbanipal, roi terrible, grand écorcheur, creveur d’yeux et coupeur d’oreilles, avait voulu sauvegarder le passé, au profit des générations futures. Il avait envoyé ses scribes et traducteurs, leur donnant ordre de fouiller les antiques archives de Babylone. Il avait fait collationner des textes aussi vieux que l’écriture. Et tout cela s’étalait à présent : une civilisation inconnue, antérieure de 2400 ans au Grand Roi d’Assyrie lui-même ! Pour reprendre ma comparaison du début : comme si l’on avait découvert Eschyle et Sophocle dans la bibliothèque de Staline !

La suite allait de soi : on chercha le berceau de l’antique civilisation sumérienne, on exhuma les cités pré et post-diluviennes. Et ce furent les fouilles d’Our, d’Ourouk, Lagash, Kish, Shourroupak, Eridou, Agadé, Suse, Babylone ! Et ce furent d’autres découvertes, des fragments du même récit, infiniment plus anciens, mais à peu près identiques — les originaux en somme ! — rédigés bien souvent en  « sumérien d’église »... car bon nombre de scribes avaient utilisé une langue déjà morte, déjà savante (comme notre latin actuel), survivant à la décadence politique de tout un peuple...

Les premières versions originales furent trouvées à Nippour, en 1888. Elles dataient d’environ vingt-neuf siècles avant Jésus-Christ. Elles avaient donc, à peu de chose près, cinq mille ans d’âge.

On étendit les recherches. Et bientôt, l’on comprit que l’épopée de Gilgamesh, que cette saga perdue et retrouvée, avait été — bien avant la Bible — LE best-seller du Moyen-Orient. Jugez donc : on en retrouva une version complète, à peu près conforme, dans les archives impériales de Boghazkoï, capitale hittite : ce texte, rédigé en akkadien sémitique, datait du 2e millénaire avant J-C.

On en retrouva des traductions partielles, en hittite (langue indo-européenne) et en hourrite. On en découvrit des fragments à Sultantepe, dans l’actuel Kurdistan turc. Puis des épisodes cananéens, à Megiddo, antique cité de Palestine : les auteurs de la Bible avaient donc dû connaître cette vieille histoire !

On retrouva l’épopée dans les tablettes d’Ugarit, sur la côte syrienne. A tout le moins des adaptations, des influences directes, bien discernables dans les récits — rédigés vers 1800 avant notre ère — d’une civilisation distincte. Il y eut d’autres indices de « retombées culturelles » : il semble que l’épopée de Gilgamesh ait influencé les conteurs de la tradition crétoise, égéenne, puis mycénienne, avant de reparaître, comme un filigrane d’or et de vérité, dans la toile des poèmes homériques...

Et je vous fiche mon billet que, lorsqu’on aura déchiffré les textes de la magnifique bibliothèque royale d’Ebla — fraîchement retrouvée en Syrie — on y verra surgir quelque traduction de Gilgamesh !

Mais qui donc étaient ces Sumériens de légende? Et quel était ce Gilgamesh, dont je vous bassine depuis tantôt trois pages ?

Distinguons.

Sumer, c’est la plus antique civilisation de Mésopotamie — et l’une des plus anciennes du monde, certainement. C’est cette culture qui s’épanouit voici cinquante-trois siècles, bien avant le Déluge — ou les déluges, car il y en eut plusieurs ! — et qui se poursuivit bien après, survivant à son peuple, un peu comme notre latinité survécut au monde romain.

Sumer, ce fut le delta du Tigre et de l’Euphrate, aujourd’hui perdu dans les sables — car le golfe Persique a reculé vers le sud, mangé par les alluvions des fleuves. Ce furent cinq, puis dix cités fameuses, cernées de murs puissants, ornées de ziggourats formidables, ces magnifiques pyramides à gradins, observatoires autant que temples, préfigurations de la Tour de Babel.

Sumer, ce fut un peuple mystérieux, « venu du nord ou de l’est ». Du Caucase ? Des hauts plateaux iraniens ? Du lointain Sinkiang ? Des steppes de Mongolie ? De la vallée de l’Indus ? Allez donc savoir... Peut-être venaient-ils d’un paradis perdu, tout simplement, situé « à l’Est d’Eden », guidés par les fils et petit-fils d’un Adam déchu, recru de fatigue, de regrets et d’amertume …

Ils arrivèrent, en tout cas, quatre mille ans avant notre ère, et s’installèrent dans le delta, y fondant leurs premières cités. Oh ! Ils n’inventèrent pas toutes choses : avant eux, il y avait déjà une culture, des poteries remarquables, des huttes, des bourgades. Qui peut dire l’origine et les premières fondations d’Obeid, de Harappa, de Mohenjo-Daro, de Jéricho? D’ailleurs, en Egypte aussi, une civilisation pré-dynastique florissait depuis la nuit des temps... (5000 avant J-C.?).

Toujours en est-il que ces Sumériens organisèrent quelque chose de structuré. Des villes. De petits Etats. Des réseaux d’irrigation. Des greniers. Des temples. Un clergé de mages et d’astronomes, nantis de grands pouvoirs, détenteurs des Augures et du Calendrier des Semailles. Toujours en est-il qu’ils travaillèrent le cuivre et l’or, qu’ils connurent les arts de la paix et les sciences de la guerre, qu’ils eurent des phalanges armées de piques, précédées de chariots à quatre roues, eux-mêmes tirés par quatre onagres semi-domestiqués. C’était mieux qu’un peuple, cela : c’était une nation !

Bien avant le Déluge, ils eurent des rois. Car on a retrouvé leurs listes dynastiques, assez complètes et tout à fait formelles : la royauté, le pouvoir, étaient tombés du ciel ! Affirmation séduisante, énigmatique, dont vous ferez ce que vous voudrez, selon votre tempérament plus ou moins romanesque.

Etait-ce à dire que le pouvoir se réclamait du droit divin? « Moi, Goudea, par la grâce de Ningirsou, roi de Lagash ».,.. Ou bien que le sceptre avait été arraché aux prêtres, aux sorciers-mages, descendu du « ciel ». des ziggourats pour être installé dans le palais des guerriers laïcs ? Le sabre l’aurait ainsi emporté sur le goupillon… lequel n’en conserverait pas moins d’immenses et mystérieux pouvoirs. D’ailleurs, il y avait des prêtres-rois, dans certaines cités...

Faut-il croire, avec les tenants de la colonisation extra-terrestre, que le pouvoir avait été conféré par des « dieux-cosmonautes » venus d’ailleurs ? On connaît le texte fameux de la Genèse : « Les fils des dieux (elohim) virent que les filles des hommes étaient belles, et ils en prirent pour femmes parmi toutes celles qui leur plurent... Or, les géants étaient sur la terre en ces jours-là, et cela après que les fils des dieux furent venus vers les filles des hommes, et qu’elles leur eurent donné des enfants ; ce sont là les héros renommés des temps anciens ».

Les écritures sumériennes ne nous éclairent pas beaucoup quant à ces intéressants métissages. Mais elles nous apprennent quand même que Gilgamesh était un héros, qu’il était « trois quarts dieu, un quart homme » .... et qu’il était costaud.

Un pouvoir tombé du ciel, trois explications. Au fait, elles ne sont pas incompatibles…

Gilgamesh, nous le savons aussi, vécut réellement. Il fut cinquième roi d’Ourouk, sur la liste dynastique post-diluvienne. Il descendait même, en ligne directe, d’un personnage tout à fait remarquable : à savoir du fameux Utnapishtim, citoyen de Shourroupak-la-Submergée, c’est-à-dire du Noé sumérien !

Avec un tel ancêtre terrien, avec d’autres ascendants divins, notre Gilgamesh ne pouvait être un personnage ordinaire. A quoi donc ressemblait-il ? Nous avons des représentations, des portraits, des sceaux royaux, qui nous le montrent en monarque sémite, barbu, chevelu, vêtu d’une robe somptueuse, coiffé de la tiare, paré de bijoux comme une femme, mais fort occupé à étrangler deux lions ! Ces images ne sont pas véridiques : Sumérien de souche ancienne, Gilgamesh n’était nullement Sémite et pas davantage « Indo-Européen ». Il ne ressemblait pas aux Egyptiens hamitiques, ni aux Touraniens, ni aux Mongols... En fait, personne ne sait exactement ce qu’étaient ces Sumériens agaçants, mal identifiables, ces trapus aux épaules charnues, avec leur grosse tête ronde, leur nez court et droit, leurs grands yeux en amande. « De race divine » ? C’est commode…

Dieu par son âme invincible, homme par son corps vulnérable : tel fut sans doute Gilgamesh, géant, roi, héros, paladin d’épopée, qui parcourut le monde en riant, avec son copain Enkidou. Gilgamesh, qui chercha l’amour, trouva l’amitié, chercha l’aventure, trouva la mort, chercha l’éternité, trouva le destin.

Gilgamesh ! Cinq mille ans depuis, des exploits toujours résonnants, des angoisses qui ne nous ont jamais quittées. Un poème épique, une littérature qui enfanta toutes les autres — et combien s’abstiendraient d’écrire, s’ils savaient tout ce qui fut déjà dit, et dans quels termes ! — Un indice d’immortalité, dans la poussière des siècles. La survivance de la Geste, par-delà la chair périssable...

Gilgamesh.

Gilgamesh ou le destin des hommes (2)

gilgamesh2-serge-creuz.jpg Illustrations de Serge Creuz (c).

1. L’INCONNU DU DÉSERT

Gilgamesh, seigneur de Koulab, grande est ta gloire !

Il fut le sage connaissant toute chose ; il fut le roi parcourant l’univers. Il était savant, il détenait les clés des mystères et des secrets. Il nous retrouva la connaissance des jours anciens, d’avant le Déluge. Il partit pour de longs voyages, revint harassé et recru de travaux.

Cela ne pouvait durer. Les hommes se plaignirent aux dieux, les dieux firent appel au Père Anou :

— Il est né d’une déesse, il et fort comme un taureau sauvage. Il prend les fils et les filles. Est-ce là le Roi, le berger de son peuple ?

Anou entend ces récriminations, médite, échafaude un plan :

— Voyons, il lui faut un égal, un reflet de lui- même, un coeur aussi tempétueux que le sien. Ils seront rivaux et lutteront sans fin ; ça les occupera, pour la plus grande paix d’Ourouk, pour la tranquillité des citoyens. C’est l’affaire d’Arourou.

Arourou, c’est la déesse de la création. Elle conçoit en son esprit l’image du rival. Elle trempe ses mains dans l’eau, modèle de l’argile, qu’elle lance ensuite dans l’espace. C’est ainsi que naquit le noble Enkidou. Il avait les vertus de Ninourta lui-même (1). Il avait la peau rude et couverte de poils épais. Mais il était inconscient de toutes choses, innocent comme les animaux sauvages, dont il partagea tout d’abord l’existence.

Enkidou, donc, broutait les herbes du désert, en compagnie des gazelles. Il jouait avec les fauves,au crépuscule, près des abreuvoirs ;il se réjouissait de l’eau et du vent.

Mais un soir, les troupeaux s’avancèrent vers le domaine des hommes et c’est ainsi, près d’un étang, qu’un trappeur aperçut Enkidou. Il le vit trois soirs de suite, face à face, et chaque fois fut pétrifié de frayeur. Finalement, le trappeur abandonna sa chasse et rentra chez lui, sans grand gibier, au surplus terrifié. Longtemps, il resta songeur et silencieux. Finalement, dans un murmure, il osa se confier à son père :

— J’ai vu un homme dans les collines... Mais peut-être était-ce une bête, ou un dieu ? Il a toute la force du monde, il ressemble aux immortels venus du ciel. Il parcourt le désert avec les troupeaux sauvages, il mange de l’herbe. Maintenant, il s’avance sur nos terres, se repose près de nos puits. J’ai peur, je n’ose l’approcher. Il comble mes fosses, il détruit mes pièges, il libère le gibier qui s’y fait prendre. De quoi vivrons-nous désormais ? Le père parla, dans la sagesse de son âge

— Fils, tu connais Gilgamesh, roi d’Ourouk. Personne ne peut l’affronter, il est de taille à décrocher les étoiles. Va donc dans la cité d’Ourouk, va trouver Gilgamesh, expose-lui la force de cet inconnu. Demande-lui une prostituée du temple d’Ishtar, une enfant du plaisir. Ramène ici cette femme, pour qu’elle maîtrise l’homme sauvage. Lorsqu’il reviendra aux points d’eau, il la trouvera, il la couvrira de son étreinte. Alors les animaux se détourneront de lui, il sera seul et vulnérable.

(1) Ninourta, Ningirsou : dieu guerrier, vent du sud, irrigateur. Il endigua les flots de l’enfer et perfora plusieurs monstres.

Ainsi fit le trappeur, qui se mit en route, trouva Gilgamesh, lui fit ses doléances et présenta sa requête. Le roi d’Ourouk trouva la chose plaisante :

— Ton père a raison. Prends donc une prostituée du temple, emmène-la dans le désert, offre-la à cet inconnu. Elle parviendra sans doute à l’apprivoiser.

Puis, dressant une pierre, il y grava tout le récit. Quand les dieux créèrent Gilgamesh, ils lui donnèrent un corps parfait. Shamash-le-Glorieux lui accorda la beauté, Adad-la-Tempête le

remplit de force. Les grands dieux le voulurent de beauté parfaite, surpassant tous les autres. Ils le firent dieu pour deux tiers, homme pour le reste.

Il construisit les murs d’Ourouk, le puissant rempart, et le temple Eanna pour Anou-du-Firmament et pour Ishtar-l’Amoureuse. Regarde-les aujourd’hui : le grand mur extérieur, dont la corniche étincelle de cuivre ; et le mur intérieur qui n’a point d’égal. Approche et considère le seuil, vois comme il est ancien. Admire la maison d’Ishtar, notre dame de l’Amour et de la Guerre ; aucun homme vivant, aucun roi à venir ne pourra égaler cette merveille. C’est l’Eanna, c’est le temple d’Ourouk. Monte au rempart, fais-en le tour, considère ces épaisseurs, examine cette maçonnerie: n’est-ce pas de la bonne brique, brûlée pour l’éternité ? Sept sages en ont posé les fondations.

Note du récitant : une fois pour toutes, Shamash est le nom sémitique du Dieu-Soleil (aujourd’hui encore : Shamsh chez les Bédouins, Shemesh en hébreu, Shems en arabe...). Mais à l’époque de Gilgamesh, l’astre du jour portait encore son nom sumérien : Outou. Nous conserverons cependant l’appellation, plus tardive, des relations principales.

Anou, c’est le Dieu-Père, primordial et cosmogonique, celui qui plane au-dessus de la mêlée. Adad, c’est évidemment le Thor sumérien, le maître des pluies et des tempêtes. Quant à Ishtar, redoutable et superbe, c’est à la fois la soeur et l’épouse de Shamash : elle préside aux Amours et aux Guerres, ces deux véhicules des conquêtes et des souffrances...

Reste le culte de la brique, qu’on croyait particulier aux peuplades belges. Force est de constater que les Sumériens nous ont devancés, en ce domaine comme en d’autres. Ils appréciaient particulièrement la brique « brûlée », bien plus solide que la brique cuite au soleil, mais beaucoup plus chère aussi, car le combustible était rare. Faut-il en déduire que Gilgamesh aurait fait, parmi nous, un promoteur heureux ?

Mais laissons ces considérations et retournons au corps du récit.

Gilgamesh avait été la fierté, le champion d’Ourouk-aux-puissantes-murailles. Il avait multiplié les randonnées guerrières, dépensant en tous lieux sa jeune force bouillonnante. Mais nulle part, il n’avait trouvé d’adversaire à sa taille : tout homme pliait devant lui. Désenchanté, il revint donc en sa ville, qui bientôt retentit de plaintes et de lamentations :

— Il est intenable ! Son désoeuvrement est une calamité pour tous les citoyens. De jour, de nuit, son arrogance n’a pas de limites. Il sonne le tocsin pour s’amuser. Aucun père ne garde ses fils, car Gilgamesh les rassemble pour ses folles expéditions. Et pourtant, le Roi devrait être un berger pour son peuple ! Aucun amant ne trouve de fille vierge ; le noble ne peut conserver sa femme, le guerrier se voit arracher ses filles, car Gilgamesh les veut toutes, dans sa  lubricité. Et pourtant, voilà le berger de la cité, qui devrait être sage, bienveillant, résolu.

(Nous présentons nos regrets à Gisèle Halimi, car toute cette histoire est absolument scandaleuse.  Mais les Sumériens étaient d’affreux machos, vigoureusement phallocrates, qui n’avaient jamais entendu parler du M.L.F. Au reste, vous feriez mieux de ne pas lire la suite et de brûler ce journal.)

Le trappeur se confondit en gratitude, trouva la spécialiste et l’emmena comme convenu.  En trois jours de voyage, ils parvinrent aux points d’eau.

Là, le trappeur et la femme s’assirent en silence, face à face, attendant le  gibier. Trois jours passèrent encore : on ne voyait que de petits animaux, apeurés et furtifs. Mais enfin parurent les grands troupeaux sauvages et Enkidou parmi eux. Et elle l’aperçut, massif et velu, descendant au loin des collines. Alors le trappeur lui adressa la parole :

— Le voici. Maintenant, femme, n’aie aucune honte, découvre ta poitrine. Fais bon accueil à ton désir, provoque-le au besoin. Montre-toi nue, offre-lui ton corps. Laisse-le t’approcher, couche-toi près de lui, apprends à cet homme sauvage ta science de femme, enchaîne-le par les sortilèges. Car alors les bêtes du désert, dont il partageait l’existence, s’éloigneront de lui.

Elle n’eut aucune honte, elle le provoqua, elle accueillit calmement son désir. Il fut d’abord surpris, comme fasciné, un peu méfiant. Puis la curiosité l’emporta… Elle lui apprit alors les ressources de son art. Ils eurent beaucoup de choses à se dire, pendant six jours et sept nuits, car Enkidou avait oublié l’eau, le vent et les errances dans les collines. Mais quand il fut satisfait, il voulut repartir et rejoindre les animaux. Et tout aussitôt qu’une gazelle l’aperçut, elle s’enfuit en bondissant. Etonné, il chercha de grands fauves : eux aussi s’éloignèrent en grondant. Enkidou eût aimé les poursuivre, les rattraper, mais il lui semblait avoir perdu une

partie de sa force. Ses membres étaient comme liés, ses genoux fléchissaient sous la course.(2). Enkidou se retrouva seul et faible, avec des pensées d’homme dans l’esprit, des émotions d’homme dans le cœur. Pensif et triste, il revint vers la femme qui l’avait attendu. Et alors elle lui parla :

— Te voilà plein d’une sagesse nouvelle. Te voilà pareil aux dieux. Pourquoi veux-tu courir en sauvage avec les animaux du désert ? Viens avec moi. Je te mènerai dans Ourouk-aux-fortes-murailles, je te montrerai le temple d’Ishtar et d’Anou, l’Eanna de l’amour et du ciel. C’est là que vit Gilgamesh,  le très fort, celui qui règne sur les hommes comme un taureau indompté.

Enkidou mit du temps à comprendre, mais finalement fut séduit. Il venait de découvrir la solitude humaine, il cherchait un compagnon à qui ouvrir son cœur.

— Je viens avec toi, femme. Je veux voir cette ville, ces murailles, ce temple et cet homme, moi qui suis né dans les collines, moi qui suis le plus fort de tous.

Ils marchèrent donc et, chemin faisant, elle l’étourdissait de ses paroles :

— Tu verras sa face. Je connais bien Gilgamesh de la grande Ourouk. Tu verras, Enkidou, les gens sont vêtus de robes somptueuses, chaque jour est une fête, les garçons sont beaux et les filles sont superbes. Et comme ils sentent bon ! Tu aimes la vie, Enkidou, tu aimeras la cité.

Tu verras Gilgamesh, l’homme heureux, dans sa radieuse virilité. Il est parfait de force et de beauté, il ne se repose jamais. Il est plus fort que toi, aussi laisse tomber tes vantardises. Shamash-le-Glorieux l’a comblé de faveurs, et Anou-du-Firmament, et Enlil aussi. Le sage Ea lui a donné l’entendement de toutes choses. Je te le dis : dans ses rêves, Gilgamesh sait déjà tout de toi et de ta venue.

De fait, au temple dOurouk, Gilgamesh était allé trouver sa mère, la grande déesse Ninsoun :

— Mère splendide, laisse-moi te conter mon rêve de cette nuit. Je marchais, sous la voûte cloutée d’étoiles. J’étais plein de joie, entouré des jeunes héros, et soudain un météore nous tomba du ciel. Je voulus le soulever, mais il était trop lourd. Et les nobles d’Ourouk voulaient lui baiser les pieds. Et je l’aimais comme on aime une femme. Et il était comme une hache, que je porterais à mon flanc. Et tu me le donnas pour frère. Quel est donc ce rêve étrange, ô Ninsoun ?

(2) Pas étonnant, après de pareils excès…

Ninsoun, sage et clairvoyante, lui répondit aussitôt :

— Cette étoile du ciel, cette hache brillante, c’est ton compagnon qui te secondera dans les périls. Sa force est immense, Il a vécu parmi les bêtes sauvages, dans les herbages des collines désertes. Il te sera comme un frère. Voilà l’explication de ton rêve. Et Gilgamesh se retira tout songeur.

Cependant, la prostituée du temple guidait toujours Enkidou. Elle avait partagé ses vêtements, lui en donnant la moitié, lui apprenant à se vêtir. Le menant par la main, elle fut une mère pour lui, elle le conduisit chez les bergers de la plaine. Ceux-ci, craintifs et respectueux, s’assemblèrent autour de lui, offrant du pain et du vin. Mais Enkidou ne connaissait que l’herbe et le lait des ânesses sauvages.

Il était là, stupide, ne sachant que faire du pain et du vin. Et la femme parla encore :

— Enkidou, mange ce pain, bois ce vin, ce sont les sources de la vie.

Il mangea et but du vin tort, sept gobelets bien remplis. Il devint joyeux, son coeur enfla et son visage s’empourpra. Il lissa les poils de son corps et s’oignit d’huiles parfumées : Enkidou devenait un homme. On lui choisit des vêtements appropriés, il apparut superbe. Puis il découvrit l’usage des armes et chassa les lions, afin que les bergers puissent trouver le repos au long des nuits. Il tua des loups et des lions, il fut l’invincible gardien du campement, et les bergers se confièrent en sa force. Et, toujours, la femme était son initiatrice (3)...

Il vivait heureux parmi les bergers, oublieux d’Ourouk et de ses merveilles. Mais voici qu’un jour, sur la piste lointaine, il aperçut un voyageur isolé.

— Femme, quel est donc celui-là ? Pourquoi est-il venu ? Je veux savoir. Va le chercher.

Elle courut, ramena l’étranger, qui se désaltéra, mangea et puis expliqua sa venue :

— J’arrive d’Ourouk-aux-fortes-murailles. Gilgamesh est entré parmi l’assemblée du peuple. Ils s’étaient réunis pour choisir une épousée, pour l’un de nos jeunes hommes d’une famille considérable. Mais lui se moque et défie tout le monde. Il s’est arrogé des droits fort étranges. Il prétend passer en premier auprès de l’épousée : le roi d’abord, l’époux ensuite.

Il dit que cela fut ordonné par les dieux, depuis que fut tranché le cordon ombilical du monde. Mais à présent les tambours battent dans l’enceinte d’Ourouk, et toute la cité gronde en fureur. Et pourtant, qui pourra affronter sa force ?

Entendant cela, Enkidou se dressa et devint très pâle. Sa voix s’éleva comme un mugissement :

— J’irai en cette ville, où Gilgamesh règne sur le peuple. Je lui lancerai mon défi. Je crierai très haut, sur les places d’Ourouk : je suis Enkidou, je suis venu pour changer l’ordre ancien, car je suis le plus fort ici !

Ayant dit, Enkidou quitta le campement et marcha vers la ville.

Et, toujours, la femme le suivait.

(3) Ainsi donc, les Sumériens admettaient la théorie de l’évolution ! Enkidou, le sauvage, passe de l’inconscience animale à la condition humaine le voilà chasseur et pasteur, avant de devenir citadin. Un saisissant raccourci !

Gilgamesh ou le destin des hommes (4)

Ceci continue l’épopée de Gilgamesh, feuilleton héroïque, érotique, métaphysique et sumérien. Vieux de six mille ans, le récit n’a rien perdu de son pouvoir de fascination. Suivons le roi d’Ourouk dans son plus étrange voyage, celui de l’aventure intérieure...

5. LES RIVAGES LOINTAINS 

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Illustrations de Serge Creuz (c).

 

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Un changement climatique a anéanti la civilisation de l'Indus

Un changement climatique aurait causé l'effondrement de la civilisation Harappéenne

 

Harappan small figures rouesLes harappéens connaissaient la roue d'après ces petites figurines découvertes. La date et le lieu de l'invention de la roue est d'ailleurs toujours controversée...

 

Une nouvelle étude combinant les derniers éléments archéologiques et les connaissances géoscientifiques ont démontré que le changement climatique a été un ingrédient clé dans l'effondrement de la grande civilisation de la vallée de l'Indus ou civilisation harappéenne il y a près de 4000 ans.

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Les Harappéens se sont appuyés sur les crues du fleuve pour alimenter leurs excédents agricoles. Aujourd'hui, de nombreux vestiges des colonies harappéennes sont situées dans une vaste région désertique, loin de toute rivière qui coule. (Crédits : Liviu Giosan, Woods Hole Oceanographic Institution, Stefan Constantinescu, Université de Bucarest;. James PM Syvitski, Université du Colorado)

Cette étude résout également un débat de longue date sur la source et le sort du fleuve Sarasvati, fleuve sacré de la mythologie hindoue.

S'étendant sur plus de 1 million de kilomètres carrés à travers les plaines de l'Indus, depuis la mer d'Arabie jusqu'à l'Himalaya et le Gange (sur ce qui est maintenant le Pakistan, l'Inde et au nord-ouest est de l'Afghanistan), la civilisation de l'Indus fut la plus importante, mais la moins connue, des premières grandes civilisations urbaines comme celles de l'Egypte et de la Mésopotamie.
Comme leurs contemporains, les Harappéens vivaient près des rivières qui fertilisaient les terres chaque année. "Nous avons reconstruit le paysage dynamique de la plaine, où la civilisation de l'Indus s'est développée il y a 5200 ans, a construit ses villes, puis s'est lentement désintégrée il y a 3000 à 3900 ans", a déclaré Liviu Giosan, un géologue de la Woods Hole Oceanographic Institution (WHOI) et auteur principal de l'étude. "Jusqu'à présent, les spéculations ont abondé sur les liens entre cette ancienne culture et ses mystérieuses rivières puissantes et vivifiantes."

Aujourd'hui, de nombreux vestiges des colonies harappéennes sont situées dans une vaste région désertique, loin de toute rivière qui coule.

Cette culture extraordinairement complexe d'Asie du Sud a eu une population qui à son apogée a pu atteindre 10 pour cent des habitants de la planète.
Une vague de recherches archéologiques au Pakistan et en Inde a permis de découvrir une culture urbaine sophistiquée avec une myriade de routes commerciales internes et des liaisons maritimes bien établies avec la Mésopotamie. On y trouve aussi des normes pour la construction des bâtiments, des systèmes d'assainissement, arts et l'artisanat, et un système d'écriture en cours de déchiffrage.

 "Nous avons estimé qu'il était grand temps pour une équipe de scientifiques interdisciplinaires de contribuer au débat sur le sort énigmatique de ces habitants", a ajouté Giosan.
La recherche a été menée entre 2003 et 2008 au Pakistan, depuis la côte de la mer d'Arabie jusque dans les vallées fertiles irriguées du Pendjab et du nord du désert de Thar.

L'équipe internationale comprend des scientifiques des Etats-Unis, du Royaume-Uni, du Pakistan, de l'Inde et de Roumanie avec des spécialités en géologie, géomorphologie, archéologie, et mathématiques.
En combinant des photos satellites et des données topographiques recueillies par le Shuttle Radar Topography Mission (SRTM), les chercheurs ont crée et analysé des cartes numériques des reliefs construits par l'Indus et les rivières voisines. Des sondages ont ensuite été effectués par forage, carottage, et même manuellement en creusant des tranchées.
Les échantillons collectés ont été utilisés pour déterminer l'origine des sédiments (ont-ils été portés et façonnés par les rivières ou les vents) et leur âge afin de développer une chronologie des changements dans le paysage.

"Une fois que nous avons obtenu des nouvelles informations sur l'histoire géologique, nous avons pu réexaminer ce que nous savions sur les zones de peuplement: ce qui était cultivé par les habitants et à quel moment, et comment l'agriculture et les modes de vie ont évolué," a déclaré Dorian Fuller, archéologue de la University College London et co-auteur de l'étude, "cela a donné de nouvelles perspectives dans le processus de déplacement de la population vers l'est, la réduction de la taille des communautés agricoles, et le déclin des villes pendant les périodes harappéennes tardives."

La nouvelle étude suggère que la diminution des pluies de mousson a conduit à un affaiblissement de la dynamique fluviale, et a joué un rôle essentiel tant dans le développement que dans l'effondrement de la culture harappéenne.

En effet, la civilisation de l'Indus s'appuyait sur les crues du fleuve pour produire ses excédents agricoles. Cette nouvelle étude dresse un tableau convaincant de 10.000 ans de changement dans les paysages.
Avant que la plaine ne soit massivement occupée, le sauvage et puissant fleuve Indus, et ses affluents, s'écoulaient des vallées découpées de l'Himalaya dans leurs propres dépôts et laissaient des bandes de terres interfluviales entre eux.
Dans l'Est, les pluies de mousson ont soutenu la pérennisation des rivières sillonnant le désert et laissant derrière elles leurs dépôts sédimentaires à travers une vaste région.

Parmi les caractéristiques les plus frappantes les chercheurs ont identifié une plaine en forme de monticule, de 10 à 20 mètres de haut, de plus de 100 kilomètres de large, et longue de près de 1000 kilomètres le long de l'Indus, qu'ils appellent la "méga-crête Indus". Elle a été construite par la rivière qui déposait des sédiments le long de son cours inférieur.
"A cette échelle, rien de semblable n'a jamais été décrit dans la littérature géomorphologique", a déclaré Giosan"la méga-crête est un indicateur surprenant de la stabilité du paysage de la plaine de l'Indus sur les quatre derniers millénaires. Des restes de colonies harappéens gisent encore à la surface de la crête, plutôt que d'être enterrés dans le sol."

Cartographiées au-dessus de la vaste plaine indo-gangétique, les données archéologiques et géologiques montre que les colonies ont fleuri le long de l'Indus de la côte vers les collines donnant sur l'Himalaya.

Une autre grande découverte: les chercheurs pensent avoir résolu une longue controverse concernant le sort du fleuve mythique Sarasvati

Les Védas, les anciennes écritures indiennes composées en sanskrit il y a plus de 3000 ans, décrivent la région ouest du Gange comme "la terre des sept rivières." l'Indus et ses affluents actuels sont facilement reconnaissable, mais la Sarasvati, dépeinte comme "dépassant en majesté toutes les autres eaux" et "dans son cours de la montagne à l'océan" a été perdu.
Basé sur les descriptions bibliques, on a cru que la Sarasvati était alimenté par les glaciers de l'Himalaya. Aujourd'hui, la Ghaggar, une rivière intermittente qui ne coule que pendant les fortes moussons et qui se dissipe dans le désert le long du parcours sec de la vallée Hakra, pourrait être le meilleur emplacement de la mythique Sarasvatî. Mais son origine Himalayenne, si elle a été active aux temps védiques, reste controversée.
Des preuves archéologiques soutiennent qu'il y a eu un peuplement intensif pendant les périodes harappéennes le long de la Ghaggar-Hakra. Les nouveaux éléments géologiques (les sédiments, la topographie) montrent que les rivières étaient en effet importantes et très actives dans cette région, mais plus probablement en raison des fortes moussons.
Cependant, il n'existe aucun indice de larges vallées encaissées comme le long de l'Indus et de ses affluents et les chercheurs n'ont pas trouvé de connexions avec l'une des deux proches rivières, Sutlej et Yamuna, provenant de l'Himalaya.
La nouvelle étude fait valoir que ces différences cruciales prouvent que la Sarasvati (Ghaggar-Hakra) n'était pas alimentée par l'Himalaya, mais un cours d'eau alimenté en permanence par les moussons, et que l'aridification l'a réduit à de courts flux saisonniers.

"Ainsi, les villes se sont effondrées, mais les petites communautés agricoles ont pu prospérer..."

Il y a 3900 ans, avec l'assèchement des rivières, les Harappéens avaient une issue à l'est du bassin du Gange, où les pluies de mousson restaient soutenues. "Nous pouvons imaginer que cette évolution a entrainé un changement vers des formes d'économies plus localisées: des petites communautés locales reposant sur une agriculture pluviale et la diminution des cours d'eau", explique Fuller, "cela peut avoir produit une diminution des excédents, insuffisants pour les grandes villes."
Un tel système n'était pas favorable à la civilisation de l'Indus, qui s'était construite sur les excédents de récoltes exceptionnelles le long de l'Indus et des rivières Ghaggar-Hakra.
"Ainsi, les villes se sont effondrées, mais les petites communautés agricoles ont pu prospérer. La plupart des arts urbains, comme l'écriture, ont disparu, mais l'agriculture a continué et s'est diversifiée", ajoute Fuller.

D'après Giosan: "Une quantité incroyable de travail archéologique a été accumulé au cours des dernières décennies, mais cela n'avait jamais été lié correctement à l'évolution du paysage fluvial. Nous voyons maintenant que la dynamique des paysages avait un lien crucial entre le changement climatique et les populations..."

SourceWoods Hole Oceanographic: "Climate Change Led to Collapse of Ancient Indus Civilization, Study Finds"

Autres liens : http://www.sciences-fictions-histoires.com/blog/archeologie/la-mysterieuse-civilisation-de-l-indus.html

http://www.sciences-fictions-histoires.com/blog/archeologie/des-chercheurs-japonais-aident-a-demeler-les-mysteres-de-la-civilisation-de-l-indus.html

http://www.sciences-fictions-histoires.com/blog/archeologie/aratta-les-sumeriens-n-ont-pas-invente-l-ecriture.html

http://www.sciences-fictions-histoires.com/blog/archeologie/la-culture-vedique-de-l-inde.html

http://www.sciences-fictions-histoires.com/blog/archeologie/inde-la-cite-engloutie-de-dwarka-remet-l-histoire-en-question.html

http://www.sciences-fictions-histoires.com/blog/archeologie/des-outils-du-microlithique-dates-de-10000-ans-trouves-en-inde.html

http://www.sciences-fictions-histoires.com/blog/archeologie/decouverte-d-une-ville-antique-entiere-en-inde.html

http://www.sciences-fictions-histoires.com/blog/sciences/les-cites-englouties-de-khambhat-et-dwarka.html

http://www.sciences-fictions-histoires.com/blog/archeologie/les-mysteres-du-balochistan-au-pakistan.html​

http://www.sciences-fictions-histoires.com/blog/archeologie/rakhigarhi-l-enorme-ville-de-la-civilisation-de-l-hindus-se-devoile.html

 

Yves Herbo Relai, Sciences, F, Histoires, 06-2012, up 07-2015