Nouvelle

Sortie du recueil Numero 2 de Studio Babel

Sortie du recueil Numero 2 de Studio Babel

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Voici un très bon recueil de nouvelles de 9 auteurs de fictions, et je ne dis pas ça parce qu'il contient l'un de mes textes "Sentiments Profonds"... Vous pouvez lire gratuitement ce recueil (et n'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez !) en allant ici :

et (si vous l'avez apprécié et voulez aider), vous pouvez le commander en versions imprimées ou téléchargeables ici :

Un aperçu des 10 premières pages y est aussi proposé. Voilà les auteurs : Claude JégoAdam Joffrain, Yves HerboJacques Païonni, Blanche Saint-Roch, Mehdi Saddra, Anne Springer, Jacqk, Lyvins Frédéric et illustrateurs : Tony Szabo, Lydie Blaizot.

Petit rappel du Studio Babel N° 1http://fr.calameo.com/books/00078841350787c4e19a2

Merci de vos soutiens

Yves Herbo

Dependance totale (Nouvelle)

DEPENDANCE TOTALE

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Voilà un petit texte que j'ai retrouvé et qui a été "pondu" en 1972, alors que j'avais encore 12 ans ! Le voici reproduit ici en intégralité et pour la première fois d'ailleurs. Soyez donc indulgent avec lui et pardonnez ses défauts de jeunesse (quel titre...).

DEPENDANCE TOTALE

Thaïf s'inquiétait énormément. On l'avait arraché à sa terre natale et on l'avait emporté dans un endroit sec et pauvre. Où il était avant, il se portait bien, on prenait soin de lui et l'endroit était humide à point.

Le plus incroyable était qu'on lui avait coupé toutes ses substances nourricières. Comment l'être qui prenait soin de lui voulait--il que Thaïf reprenne vie ?

Les nourrisseurs- ainsi les Guers appelaient les êtres qui prenaient soin d'eux - étaient des choses gigantesques et répugnantes, qui leur procuraient la nourriture, l'eau et le site d’implantation.

Thaïf savait qu'il avait changé de nourrisseur, et il sentait bien que ce dernier était beaucoup moins amical. Il regrettait son ancien nourrisseur. Thaïf savait également que des Guers mourraient par la faute de certains nourrisseurs. Cela allait-il lui arriver ? Jamais il ne s'en aurait douté, auparavant. Thaïf avait un peu peur. Si il aurait pu se déplacer, il se serait enfuit. Mais les Guers avaient perdu le pouvoir de se mouvoir depuis de nombreuses générations.

Les Guers étaient des êtres frêles, qui n'esquissaient plus aucun mouvement. Leur civi­lisation était fondée sur la spiritualité, et ils correspondaient entre eux par télépathie. Les Guers pouvaient vivre longtemps, ou mourir dès leur naissance. Cela dépendait exclusive­ment des nourrisseurs, et de nombreux Guers regrettaient cet état "de chose.

Les Guers n'étaient entrés qu'une fois en contact avec les nourrisseurs, il y avait des quantités immenses de générations auparavant. Mais les Guers se transmettaient leur histoire depuis toujours, et ils n'oubliaient pas.

Et la seule fois que les Guers ont pris contact avec les nourrisseurs, cela avait été pour sceller un contrat. Les conditions étaient simples, et à l'avantage des Guers. Les nour­risseurs devaient éternellement prendre soin d'eux, et de leur coté, les Guers devaient faire profiter les nourrisseurs de leur beauté. Car les Guers étaient beaux, et ils le savaient.

Et les Guers se laissèrent faire, ils s'implan­tèrent partout sur la planète et procréèrent. Mais les Guers devaient rester immobiles, afin de toujours montrer leur beauté aux nourrisseurs. En effet, si les Guers partaient après avoir été nourris, le contrat était faussé, cassé. Mais les êtres frêles, à force de rester immobiles, perdirent le pouvoir de se mouvoir et ils pro­créèrent sur place, donnant toujours aux nour­risseurs de nouveaux Guers à soigner.

Les Guers regrettaient aussi de n'avoir rien d'autre à offrir que leur beauté aux nourrisseurs. Il existait des Guers sauvages, qui s'implantaient d'eux-mêmes et qui se nourrissaient naturellement et comme ils pouvaient. Ces Guers-là étaient beau­coup moins beaux que les " civilisés ".

Parfois, Thaïf regrettait de ne pas être un Guer sauvage. Maintenant, les Guers étaient les esclaves des nourrisseurs, ils ne pouvaient plus rien contre eux, et si les nourrisseurs voulaient les laisser mourir, ils mourraient.

Les Guers regrettaient leurs grands pouvoirs télépathiques de jadis, ceux avec lesquels ils avaient pris contact avec les nourrisseurs. Maintenant, les Guers étaient contrains de se laisser faire, ils ne pouvaient plus entrer en contact avec leurs protecteurs. Ils étaient abaissés au niveau des animaux asservis.

Thaïf sentit que son nourrisseur arrivait. Allait-il enfin être bien soigné ? Il suffirait de bien peu pour qu'il reprenne vie. De l'eau, tout simplement.

Thaïf sentit soudainement l'humidité du sol. Son nourrisseur lui donnait enfin de l'eau ! Thaïf étendit doucement ses antennes nourricières. Elles se rétractèrent aussitôt. Il y avait bien de l'eau, mais il avait détecté des substances chimiques néfastes dans cette eau. Il ne pouvait pas se réhydrater. Son nourrisseur voulait-il sa mort, ou bien ne s'était-il pas rendu compte que son eau était polluée ?

Soudain, Thaïf sut qu'il allait mourir. Il dit adieu à ses congénères, leur expliquant son cas, et laissa sa beauté se flétrir. Il avait résisté très longtemps, trop longtemps. Il sentit sa parure tomber, son corps se courber.

Le nourrisseur allait-il le laisser ainsi ? N'avait-il pas de pitié ? Que faisait-il du contrat ? Ses minuscules cellules cervicales atrophiées se désagrégeaient. Il essaya de faire un mouvement, comme il l'avait si souvent tenté, mais il n'eut pas plus de succès que les autres fois. Il sentit un être reproducteur se poser sur l'un de ses organes sexuels, mais il s'envola aussitôt, probablement déçu. Les êtres reproducteurs étaient des choses minuscules, à l'inverse des nourrisseurs. Ils n'étaient pas intelligents, ils faisaient ça par besoin.

Les Guers étaient hermaphrodites, mais ils ne pouvaient plus se reproduire directement. Alors, de petits êtres transportaient les gènes d'un organe sexuel à l'autre, ensemençant ainsi. Les Guers aimaient bien les reproducteurs, car en définitive, c'était grâce à eux qu'ils pouvaient procréer maintenant. Plus aucun être ailé de se posera sur Thaïf, maintenant...

Thaïf sentit ses pointes organiques se hérisser, uniques et pauvres défenses contres les attaques. Ses membres protecteurs se flétrissaient. Soudain, une atroce douleur monta en Thaïf, partant des organes nourriciers et implanteurs. Thaïf sut aussitôt que c'était la fin. Des centaines de Guers entendirent le cri déchirant de Thaïf. On commença une cérémonie d'adieu et de tristesse...

Jamais les Guers n'auraient imaginé que les nourriciers auraient pu oublier leur contrat, pendant ces millénaires. En effet, quand les Guers les avaient connu, ils n'étaient encore que des idiots primitifs. Les Guers, eux, restaient toujours au même niveau, et ne pouvaient comprendre l'évolution, c'est ce qui les perdait...

* * *

Manuel Cortega cracha à terre et jeta sur le sol le massif d’orchidées qu'il venait d'arracher. Il avait volé cette plante il y a quelques jours, dans une belle propriété de la ville. Il aurait voulu qu'elle reprenne. Quel chic cela aurait fait, parmi les cases des voisins du bidonville !

Manuel haussa les épaules et rentra dans sa case en tôle, où ses six enfants l'accueillirent avec un bruit infernal. Agacé, il ressortit, regarda en passant les restes du beau massif d’orchidées. Mais les racines pourrissaient, les fleurs étaient flétries et les feuilles déchiquetées. Il haussa à nouveau les épaules. Drôle d'idée, qu'il avait eu de replanter une plante de riche dans un bidonville. Hier, il avait eu son jour de succès. Tout le monde venait voir son orchidée. Aujourd’hui, c'était fini.

Bah, soupira-t-il, cela avait égayé un peu sa vie de pauvre. Il se tourna vers la mer et contempla le paysage grandiose d'un air outré. Il se demanda pourquoi tant de monde venait voir Rio, capitale des bidonvilles !

Le même jour, des milliers d’orchidées moururent à Rio de Janeiro. C'était le premier geste de protestation des Guers. Mais personne n'y fit attention…

Le jour où les Guers mourront tous le même jour, par leur désespérance, peut-être les humains se souviendront-ils de leur contrat ? Qui sait ?...

FIN

© Yves Herbo - 29-03/2012

Je n'étais qu'un androïde - Extrait

Je n'étais qu'un androïde - Extrait

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Extrait de mon roman de SF " Je n'étais qu'un androïde", paru en 2011 aux éditions Baudelaire. (c) Yves Herbo.

 

" (...) Le Coordinateur m’a bien tué. Alors, les terriens ont le moyen de faire renaître les morts ! Je peux bouger. Nephtys me regarde avec des yeux étonnés. Je lui souris avant de me lever. Grey me plonge dessus, il me pousse sous une racine. J’avais oublié le Chra ! Nephtys se met à ramper vers moi. Je la reçois dans mes bras. Il y a maintenant trois Chras. Ils doivent nous rechercher. Après le carnage des policiers, c’est normal.

Le Coordinateur ! Il devrait à nouveau essayer de nous tuer ! Pourquoi ne le fait-il pas ? Grey me fait signe. Il faut partir. Des militaires arrivent dans notre direction. Les questions, à plus tard !

— Où allons-nous ?  

—Nulle part. Nous nous planquons dans la jungle.

—Suis-nous !

Je ne comprends pas tellement le terme «planquer» que Grey a employé. Nephtys s’est déjà éloignée en suivant Blue. Je suis le dernier. Ça m’apprendra à me poser trop de questions. Sur ce point le Coordinateur avait raison.

Je m’élance en courant à la suite de Grey. Je me retourne un instant en entendant un bruit. Plusieurs militaires habillés en rouge, je les vois. Ils se mettent à courir vers moi. Je ne vois plus Grey. Les branches épineuses me giflent et me déchirent dans ma fuite. Tant pis ! Je fonce. Tout droit. Je sens un rayon me frôler. Un arbre à côté de moi tombe en flamme. Vite ! Encore plus vite ! Alors que je saute par-­dessus un gros tronc renversé, je sens une main me retenir par la jambe. Je suis pris. Avec l’énergie du désespoir, je me secoue. L’homme m’attire vers lui, sous le tronc.

— Qu’est-ce qui te prend ! Cache-toi !

C’est Grey ! Je n’ai pas le temps de m’excuser. Un, puis deux, bientôt des dizaines de soldats sautent par-dessus notre tronc. Personne ne nous voit. Ils poursuivent Nephtys et les autres. Espérons qu’ils leur échapperont.

Nephtys ! Pourvu que... Grey sort hors de notre cachette. Il m’attire dehors.

— Bon Dieu, secoues-toi un peu ! Il faut à tous prix trouver une bonne cachette. Ensuite, nous essaierons de rejoindre les autres.

 Nephtys !

 On n’y peut rien. Blue aura prit soin d’elle.

Je ne dis rien. J’ai peur ! Je ne m’attendais pas à être si rapidement et si souvent confronté à la violence.

— Allons par là. Grey me désigne le coin le plus épais de la jungle.

— Non ! C’est là que se trouvent les bêtes carnivores, les plantes...

— Nous n’avons pas le choix !

A ces mots, Grey se met à courir dans cette direction. J’hésite un instant, puis je le rejoins. Un groupe de soldats nous a vus, mais nous sommes trop loin pour eux, ils se contentent d’attendre leurs congénères à l’abri. Nous nous enfonçons dans la brousse, nous avançons sans nous arrêter. Sceuz est presque couché quand nous nous arrêtons. Nous sommes exténués, épuisés. Grey me tend mon arme. Je ne m’étais même pas rendu compte que je ne l’avais plus. Grey me regarde attentivement.

— Nous avons eu de la chance. J’espère que les autres aussi.

— Comment nous avez-vous sauvés ?

— Cela a été un réflexe pour moi. En vous voyant tordre de douleur, j’ai saisi mon arme et je vous ai paralysés.

— Donc le Coordinateur n’est pas aussi puissant que cela. Mais en ce moment, comment ce fait-il qu’il me laisse en vie ?

— Il doit te croire mort. Et il ne cherche plus tes pensées.

Cela m’étonne. J’ai faim. Et il me faudrait du Régéné. Grey me tend l’une des pastilles nutritives que les terriens portent tout le temps sur eux. Aucun goût. Je ne suis pas satisfait. J’ai toujours aussi faim.

Oh ! D’un seul coup, je me sens plein, comme si j’avais avalé tout un repas ! Je n’ai plus faim ! C’est prodigieux. Je ne questionne pas Grey. Il s’est endormi. Moi, je n’arri­verai jamais à dormir. Et d’ailleurs, il faut que quelqu’un veille.

Je repère un arbre et je grimpe sur l’une de ses grosses branches. De là, j’ai une bonne vue d’ensemble. Mes regards se portent vers la direction de la ville. Je ne la vois pas, mais une luminosité nébuleuse flotte au-dessus des collines.

J’entends des bourdonnements, les vaisseaux militaires n’arrêtent pas leurs rondes. Je perçois un mouvement. Loin. Très loin. Là même où les soldats ont commencé à nous poursuivre. Des rayons. Les soldats tirent sur quelqu’un. Une forme se met à courir devant eux. Un rayon... Non !

La forme s’est désintégrée !

Nephtys ! Ou un autre. Iven, Dennis, Blue ou Gain ! Si c’était Nephtys ? Il faut que j’aille voir. J’aperçois Grey, trente mètres plus bas. Je suis sur un arbre qui domine les autres. C’est un Hytuis, un arbre puissant, sage et éternel.

Je ne peux pas abandonner Grey. Les monstres, les bêtes carnivores. Que faire ? Rien. Attendre. Sceuz a disparu. La nuit tombe rapidement. Une nuit noire. Toujours noire, vu qu’aucun satellite ne tourne autour d’Edan. Je ne vois plus rien. Des ombres, des formes vagues. Des bruits. Des milliers de bruits différents.

Les animaux nocturnes sortent de leur tanière. Les monstres vont sentir les chairs pleines de vie. Des bour­donnements dans le ciel, des éclairs pourpres et jaunes. Les autres doivent se battre, se défendre. Et nous, nous sommes cachés, nous ne craignons rien. Rien, sauf les monstres. J’ai envie de partir, d’aller aider les autres. Non.

Coincé ici… Je m’ennuie. Mes yeux se ferment. Il faut que je tienne. Les monstres ne pardonnent pas les erreurs.

Je... Suis fatigué. Je sursaute. Je m’étais endormi. A peine cinq minutes, mais c’est trop, déjà. Je n’arrive pas à veiller. Il faut que je bouge, que je redescende du Hytuis. Il faut que...

Que se passe-t-il ? Des bruits, des cris, des gémissements. Je me suis endormi ! Il y a trois heures que je... Grey ! Les monstres sont là ! Il faut l’aider. Je descends rapidement. J’entends les cris désespérés de Grey. Il n’a sûrement pas eu le temps de saisir son arme. Arme ! Je dégaine la mienne. Tout en descendant, je braque le canon, avec sa torche intégrée, vers les formes qui bougent sans cesse. Je ne vois rien. Je risque de toucher Grey en tirant.

Dans mon énervement, je perds mon équilibre. Heureusement, je n’étais plus haut. Je roule au bas de l’arbre sur le tapis herbeux. Une forme bondit sur moi. Affreux. C’est un Spix, c’est énorme reptile à huit pattes et qui crache du venin. Je n’ai pas lâché mon désintégrateur. Le Spix est sur moi. Il m’étouffe ! Je suis déjà à bout de souffle quand mon index pousse maladroitement le pous­soir. Une intense lumière pourpre, un grésillement. Une odeur affreuse. Le rayon a fait éclater la tête du monstre. Je me dépêtre des lambeaux de chair qui me recouvrent. Je vois mieux. Grey a affaire à deux Kywls. Ce petit monstre volant dont la langue empoisonnée peut se projeter à des mètres du corps.

Ce monstre horrible, dont les trois yeux à facettes, proé­minents, font se figer la proie. Grey se bat avec l’énergie du désespoir. Les deux monstres n’ont pas encore pu ajuster Grey pour projeter leurs langues. Grey vient de s’écrouler, il a glissé sur l’herbe. Mes deux mains sur mon fulgurant, je tire sur le premier Kywl. Je le loupe. Je dois m’y prendre à trois fois pour désintégrer la bête. Il était temps. La lan­gue allait jaillir et tuer Grey. Le deuxième monstre fonce maintenant sur moi. Ses grandes ailes membraneuses m’enveloppent. Je suis fichu ! Non ! Un éclair jaune illu­mine la végétation alentour. Le monstre est prit d’un long frémissement et glisse le long de mon corps. La nuque arrachée par un rayon fulgurant, la bête est morte.

Je regarde Grey. Il tient encore son fulgurant braqué. Il me regarde, les yeux et le regard vide. Il lâche l’arme et s’écroule. Je remets l’arme dans sa gaine et je saisis Grey par l’épaule. Il n’a rien. Choqué, surpris, c’est tout. Il a gardé les yeux ouverts. Il me regarde en silence. Puis, après un tremblement, il se lève, soutenu par mon épaule.

— Qu’est-ce... Vos monstres carnivores ?

— Oui, un Spix et deux Kywls. Tu as eu de la chance.

— Grâce à toi...

— Non. Si je ne m’étais pas endormi, les trois monstres n’auraient pu s’approcher. C’est de ma faute. Je me suis endormi sans te demander ton avis.

— Nous étions tous les deux fatigués.

Je ramasse son arme et je lui tends.

— Ces monstres travaillent ensembles ?

— Oui, Grey, les monstres carnivores sont tous compli­ces. Ils se partagent les proies. Nous sommes tombés sur les moins dangereux, heureusement !

— Les moins dangereux ? Gulp... Je ne préfère pas tom­ber sur les autres ! Maintenant que nous sommes réveillés, autant continuer notre chemin.

Je dois lui parler des autres, et de la mort probable d’au moins l’un d’entre eux...

Lui ayant tout dit, nous nous dirigeons prudemment vers l’endroit où la forme a été désintégrée. II nous a fallu deux heures pour parvenir à l’endroit. Nous avons dû éviter deux groupes de soldats. Nous avons failli être attaqués par un monstre. Maintenant, nous y sommes. Il n’y a plus personne. De nombreuses traces montrent que des dizaines de soldats sont passés ici. D’un commun accord, nous nous enfonçons dans la jungle, là où les autres ont disparu.

Nous avons trouvé des touffes de cheveux, ils appartien­nent indéniablement à Nephtys. Les chaussons métalliques laissent des empreintes assez repérables, et les bottes des soldats écrasent tout sur leur passage.

Alors que nous nous trouvons au milieu d’une petite clairière, nous entendons un bruit de branches cassées derrière nous. Nous nous retournons ensemble. Aussitôt, nous repérons deux formes tapies dans les broussailles. La nuit nous empêche de voir qui sont ces formes. Mais, par contre, la brillance des armes qui sont braquées sur nous est visible. Comme Grey, je lève les mains. Les deux formes sursautent et se lèvent ensemble. La nuit est si noire que nous ne voyons même pas la coloration des vêtements. Des «flics» ou des soldats ? Les deux formes se mettent à courir vers nous et lancent de légers cris. Grey baisse lentement ses bras et s’apprête à saisir son arme. Les deux formes arrivent.

Blue ! Nephtys ! Je ne peux retenir un strident cri de joie. Nephtys se jette dans mes bras et Blue se met à taper fortement sur l’épaule de Grey. Nous rions tous fortement, à nous crever les poumons.

D’un seul coup, des cris retentissent autour de nous. Quel bruit nous avons fait ! Sans plus réfléchir, nous nous mettons tous à courir devant nous sans même savoir où nous nous dirigeons. Des rayons jaunes et pourpres fusent derrière nous. Je ne lâche pas Nephtys de la main. Grey et Blue sont devant nous. Nous avons tous dégainé nos armes, et, parfois, Grey s’en sert pour détruire tel ou tel arbre qui nous gêne dans notre fuite.

Il faut croire que la chance est avec nous car les soldats sont retardés par une attaque de monstres. La nuit est encore là, et nous les semons facilement. Au bout d’un moment, nous grimpons tous en haut d’un Hytuis. C’est le moment de faire le point.

— As-tu des nouvelles de Gain, de Iven et de Dennis ? demande Grey à l’adresse de Blue.

Le tireur d’élite nous montre un petit appareil et nous dit que, grâce à ce mini récepteur, il avait parlé avec Gain. Gain est tout seul, il est caché dans une grotte ou un terrier d’animal, il avait mal compris. Il n’a aucune nouvelle des deux autres.

— Il faut retrouver les autres, Gain d’abord, décide Grey. Comment avez-vous échappé aux soldats ?

Nephtys répond.

— Comme tous les autres, nous avons fui à toute vitesse, nous enfonçant dans la jungle. Nous avons semé les soldats en suivant un cours d’eau. Puis, nous avons trouvé un large trou caché par les buissons, en bordure de ce cours d’eau. C’était humide et nous avons eu froid, mais nous sommes vivants !

— Vous ne savez pas quelle direction a pris Gain ? Quand l’avez vous vu pour la dernière fois ?

— Il était devant nous. Puis, nous avons tourné pour éviter des arbres, et nous l’avons perdu. Où il est ? Nous ne le savons pas !

Grey observa un temps de silence, se mordant les lèvres. Puis, il se décida.

— Nous allons attendre la fin de la nuit, après nous nous mettrons à la recherche des autres.

Tout le monde était d’accord sur ce point, mais je crus nécessaire de dire quelque chose.

— D’accord, mais nous ne pourrons pas échapper conti­nuellement aux soldats.

— Je sais. Mais j’ai un petit plan. Je vous en parlerai plus tard. Pour l’instant, dormons. Blue, tu prends le premier tour de garde ?

 — O.K., après, Markur et toi veillerez.

Nephtys protesta, mais rien ne nous fit revenir sur notre décision. Elle dormira toute la nuit, tout le restant de la nuit, plutôt. Un point c’est tout !

Le restant de la nuit s’est bien passé. Nous nous sommes tous un peu reposés et nous sommes prêts à affronter toute l’armée s’il le faut. Nous nous mettons en route. Nous ne savons pas dans quelle direction aller précisément, mais nous appellerons en route Gain, pour savoir. Il ne faut pas moisir dans le coin trop longtemps et bouger souvent. Ce sont les propres paroles de Grey.

Blue a appelé Gain. Il se trouve plus au nord. C’est à dire que nous devrons refaire tout le chemin en sens inverse. Gain s’est rapproché de la ville. Ce n’est pas prudent, mais Gain assure qu’il est en sécurité pour l’instant.

On commence à avoir très peur pour Dennis et pour Iven. L’un des deux est mort, c’est sûr. Mais l’autre ? Nous croisons de plus en plus souvent des groupes de soldats. Jusqu’ici, nous avons pu nous cacher à temps, mais d’un instant à l’autre, nous pouvons être découverts. Plus aucune nouvelle de Gain. Blue l’a rappelé deux fois, mais aucune réponse ne nous est parvenue. Notre angoisse grandit à chaque instant. Pourquoi ce silence ? Un bruit. Le bruit d’une course éperdue. Une respiration essoufflée. Des branches cassées, des appels et des rayons. Nous nous couchons tous. Un fuyard s’approche. Mais les soldats ne sont pas loin. Juste derrière... Peut-être Gain, ou un autre.

Nous écarquillons nos yeux pour savoir de quel coté le fuyard va apparaître. Le voilà ! Il vient de jaillir à ma droite.

Le temps de voir son visage. C’est Gain ! Grey a plongé dans ses jambes et l’a attiré sous les racines. Les soldats arrivent, maintenant. Plusieurs passent sans s’arrêter.

Mais, soudain, deux hommes s’arrêtent. Ils observent les traces. Les traces de Gain s’arrêtent d’un seul coup, là où Grey a saisi ce dernier par les jambes. Ensemble, les deux soldats se tournent vers les racines où se trouvent Grey et son second.

La réaction de Grey fut immédiate, mais l’un d’eux eut le temps de crier avant de se volatiliser sous un rayon. Les soldats reviennent en arrière et d’autres arrivent. Il n’y avait pas de choix. Qu’une alternative. Nous étions repérés.

Encerclés. Des dizaines de soldats, prêts à tout, surveillaient les racines où nous étions. Nous ne les voyons pas, mais ils sont là. Des branches cassées, des frémissements. Nos doigts se crispent sur les poussoirs. D’où viendront les attaques fatales ?

L’attaque se déclenche. Un rayon vient carboniser un arbre, jusqu’à ce qu’il s’écroule. Ils cherchent à nous faire bouger. Que faire ? C’est alors que je vois deux soldats. Ils rampent à ma gauche. Ils veulent surprendre Blue. Avec un sourire figé, je les ajuste tranquillement.

Je vise le premier. Un véritable tir aux... Quelle est cette expression terrienne que prononce parfois Grey dans de telles circonstances ?

Le soldat tient déjà son arme levée. Dans un sourire méchant, je vise la main qui tient l’arme. Le poussoir est sur le fulgurant. Mon doigt enfonce la touche. Avec un rictus forcé, je vois le soldat sursauter.

Il s’est couché. Il regarde, les yeux grands ouverts de surprise sa main carbonisée, presque arrachée. Un cri monte dans sa gorge. Pris de remords, je le désintègre. Sa souffrance m’a dégoûtée.

L’autre soldat n’a pas bougé, il a regardé son camarade avec une expression de terreur. Il regarde partout. Il sait qu’il est visé, maintenant. Son regard rencontre le mien. Nous restons ainsi à nous regarder pendant quelques secondes. Il me fixe, ses yeux emplis de peur, de suppli­cation. Comme dans un rêve, mon doigt s’appesantit sur la touche du désintégrateur. Il ne reste pas de cendres du soldat qui n’a même pas bronché. Je ferme un instant les yeux, puis je me mets à ramper à mon tour.

En glissant parmi les herbes, je pense furtivement que la même mort que ces deux jeunes soldats peut me cueillir à tout instant. Je n’ai pas le loisir d’y réfléchir longtemps.

Un groupe de soldats fait mouvement vers Nephtys. Avec une grimace de pitié, je règle mon arme infernale sur la désintégration. Un soldat du groupe m’a vu. Nous tirons tous ensemble. J’ai le temps de voir deux hommes disparaître avant de rouler sur le coté pour éviter les trois ou quatre rayons pourpres qui bondissaient vers moi. Avec un frisson d’horreur, je vois l’endroit où je me tenais il y a une seconde s’enflammer.

Les yeux voilés pas la sueur et mes cheveux, je tire. Je tire sans m’arrêter. Tirer, toujours tirer. Je continue à tirer même quand tous les soldats sont morts... Mes rayons n’arrêtent pas de balayer les arbres devant moi. J’entends un cri.

— Ça va Markur, merci !

C’est Nephtys. Mes doigts se détendent. Je roule sur le coté. Les yeux fermés. La sueur m’inonde. Je sens une pré­sence à coté de moi. Je braque la tête avant même d’ouvrir les yeux. C’est Nephtys. Je lui souris faiblement pendant qu’elle me demande si je vais bien.

— Bien sûr que je vais bien. N’importe comment, il n’y a que deux alternatives : être désintégré ou aller bien ! Alors, puisque je suis vivant, je vais bien ! A part que j’en ai marre, expression terrienne, que je suis fatigué et que j’ai pitié.

— Ne crois pas que je n’aie pas pitié de ces hommes qui obéissent aveuglément au Coordinateur. Mais il s’agit de notre vie !

Elle a raison, comme toujours. Elle m’aide à me relever et à reprendre mon souffle. Les soldats sont partout, elle m’en montre des dizaines, des centaines. Grey et les deux autres se défendent avec acharnement. Ils sont durement attaqués. Il est temps que nous allions les aider. Nous fonçons donc vers nos amis. Et nous retrouvons nez à nez avec trois soldats. Ou plutôt, nous arrivons pile dans leur dos. Un seul se retourne à temps. Sans réfléchir, nous les désintégrons sans nous arrêter, à la volée. Les trois terriens nous aperçoivent. Ils arrêtent leur tir.

Alors que nous sommes presque arrivés aux racines géantes, une vingtaine d’hommes en rouge surgissent et se mettent à tirer sur nous. Des rayons passent à coté de nous et nous frôlent. C’est un miracle si nous sommes encore vivants. Il est vrai que ces soldats couraient et que Grey et les autres se sont mis à tirer sur eux. Nous ne demandons pas notre reste. C’est drôle comme j’emploie des expressions terriennes !

Nous avons plongé dans l’herbe haute. J’attire Nephtys contre moi pour la protéger. Je me sens défaillir quand je sens son corps contre le mien. Une brusque envie de...

L’arbre sous lequel étaient Grey, Blue et Gain vient d’être touché. Il s’est écroulé. D’un effort, je me lève et, demi plié, je fonce vers l’arbre en flamme. Nephtys ne m’a pas suivie. J’aperçois Grey et Blue qui se glissent sous les feuilles. Gain m’appelle, il est bloqué sous les racines. Je m’apprête à le secourir quand une nouvelle rafale des soldats me fait plonger en avant. Avec un gémissement de désespoir, je vois les flammes gagner les racines où se trouve Gain. D’un saut, je me relève et je me retrouve en surplomb de Gain qui me tend sa main. Les rayons passent en grésillant autour de moi, mais je n’y prends garde.

Ma main prend celle de Gain et je tire, je tire. Je suis rouge de colère quand je sens que Gain commence à bouger. Je redouble d’effort et c’est dans un brouillard rouge que je vois Gain se mettre debout et me pousser vers les arbres. Gain doit me soutenir car je ne tiens presque plus debout. Aussitôt à l’abri des arbres, je m’écroule. Toujours dans un voile rouge, je vois Gain qui prend soin de moi tout en surveillant les soldats.

Soudain, il me murmure que Nephtys est en danger. Je sursaute et j’essaie de me lever, mais Gain me calme et décide d’aller aider Nephtys. Gain est partit. Je me relève difficile­ment, en m’aidant d’un arbre. Je ressens une légère douleur à la tête. Je me tâte la tête et quand je retire mes doigts, je constate avec surprise qu’ils sont pleins de sang.

C’est un flot de sang qui brouille ma vue. Avec un crache­ment de colère, je saisis une grande feuille d’un arbre et je nettoie ma plaie, qui est assez superficielle. Je vais un peu mieux. Je vais jeter un coup d’oeil au-delà des arbres.

Là, je pousse un cri. Je vois une trentaine de soldats qui encerclent Nephtys et Gain, ces derniers ont les bras levés. Je braque mon arme mais je n’ai pas le loisir de m’en servir. Deux soldats viennent d’apparaître. Juste devant moi. D’un brusque mouvement de la main, l’un des deux m’arrache mon arme. Il ne m’a même pas encore regardé.

Quand il le fait, ses yeux s’ouvrent avec effroi. Il vient de voir le commandant Markur, traître à Edan, mort hier. Ma plaie a dû l’effrayer aussi. Je ne lui laisse pas le temps de se ressaisir. Mon poing va lui écraser la mâchoire. L’autre soldat n’a même pas réagi, il va rejoindre son camarade au tapis, le nez cassé.

Je ne souffle pas, je fonce droit vers la forêt épaisse. Nephtys et Gain sont arrêtés, peut-être que les deux autres ont pu s’échapper. Au détour d’un gros arbre, je me retrouve devant un groupe de soldats. Je ne les compte pas, comme j’ai repris mon arme, je me mets à tirer dans le tas. Rien n’y fait. Je suis pris par les jambes. Allongé, je continue à tirer. Je vois un homme plonger sur moi pour me saisir, sa face grimaçante disparaît dans les flammes qui ravagent maintenant son corps. Un violent coup arrache mon arme. Plus rien à faire. Je donne des coups de poings, de pieds. Finalement, je suis complètement immobilisé.

Je me débats encore, mais une corde magnétique a raison de moi. Immobilisé, je roule des yeux furieux et j’insulte ces soldats. Inconsciemment, je les compte. Une trentaine d’hommes sont devant moi, et il en arrive sans cesse.

Puis, on me soulève et deux hommes m’emportent. Je suis à la tête d’une troupe d’une cinquantaine de soldats, saucissonné - Grey m’a dit ce qu’était cette nourriture terrienne - et porté par deux soldats. Quelle fière allure ! J’en suis presque vexé ! (...) "

 

Ce roman est disponible (en français seulement) chez votre libraire : Références : Dilicom gencode 301 241 080 0016 ou via Daudin distribution N° ISBN : 978-2-35508-672-4

sur Amazon : Je n'étais qu'un androide

Sur la Fnac : Je-n-etais-qu-un-Androide

Sur Chapitre : je-n-etais-qu-un-androide

Chez l'Editeur Editions Baudelaire : isbn=9782355086724

Autres infos ici : http://yvesh.e-monsite.com/pages/ecrits-et-sciences-fiction.html

Yves Herbo (c) SGDL -03-2012

Fiction/RP : intro de l'Alliance SQLM (Seigneurs Qui Libèrent les Mondes)

Fiction/RP : intro de l'Alliance SQLM (Seigneurs Qui Libèrent les Mondes)

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Voilà l'un de mes textes écrits à l'occasion des joutes informatiques de l'Alliance SQLM des Illuminatis de l'U21 du jeu en ligne Ogame (TM). Cela date de quelques années maintenant et la team fondatrice a depuis longtemps arrêté ce jeu, mais de très bons souvenirs se rattachent à ces moments où la petite équipe de 5 ou 6 débutants a débarqué dans cet univers de rôle-play et de jeux d'alliances galactiques, jusqu'aux grandes guerres, une équipe de plusieurs dizaines de membres parmi le peloton de tête... puis la lente mort de l'univers, le jeu devenant en partie payant et déséquilibrant le tout, que nous quittions avant la mis en place de nouvelles règles, comme les attaques groupées ou les regroupements d'univers...

 

" Tux était encore plongé dans ses pensées lorsqu'un appel de la passerelle l'averti qu'ils entraient  dans le système stellaire visé. Il courut à la Capitainerie et arriva à temps pour voir sa fiancée commencer à faire appel à son pouvoir particulier, si bénéfique à leur entreprise.La jeune femme était assise en tailleur, ses longs cheveux brillants tombaient en cascades dorées devant ses yeux clos.

Soudain, une onde éléctrique lui chatouilla l'ensemble du corps, et sembla s'étendre dans toutes les directions, à une vitesse incalculable. Chacun dans le vaisseau avait pu ressentir cette sensation rare, et partout dans ce système, chaque molécule de vie avait été mise en contact avec la Force, au même instant...

Fila resta un moment encore en méditation, attendant peut-être que sa bulle d'énergie atteigne les systèmes stellaires voisins. Puis elle s'étira d'un coup, rejetta ses cheveux en arrière d'un geste vif du cou, et ébloui ses compagnons avec un large sourire : 

" Ce système est une aubaine pour une colonisation intensive... l'un des meilleurs que nous ayons rencontré, et en plus au centre du secteur où les mystérieux vaisseaux ont été filmés. Beaucoup de planètes sont grosses et propres à la vie humanoide, les formes de vies existantes ne sont pas tres développées, mais interessantes zoologiquement..."

A ces mots, Lorn se dirigea d'un pas nonchalant vers le bar, cueillit une bouteille contenant un liquide jaune et pétillant, et dégaina son sabre laser avec un oeil malicieux :

" Celui qui ouvre cette bouteille avec mon sabre sans casser le goulot ni renverser une goutte aura l'honneur de conquérir la premiere planete de ce système... OK ?  A toi de commencer Wyco... "

Le Seigneur du Commerce était un homme vigoureux, tres grand et imposant, et nuls ne doutaient que son aspect physique l'aidait grandement lors de ses transactions. Ainsi que son pouvoir particulier, qui lui permettait de deviner l'état d'esprit de sa cible, ses intentions et désirs...

Wyco s'avança et prit la bouteille. Le goulot était fermé par un systeme particulier : un bouchon de bois était maintenu par un entrecroisement de fils metalliques. Il fit la grimace et saisit le sabre laser de Lorn. Lolight s'était fabriqué un sabre multi-fonctions : il pouvait par exemple sortir une, ou deux lames, à volonté. On l'avait vu également l'utiliser en guise de simple briquet, ou sous forme de chalumeau...Il posa la bouteille sur un haut tabouret, visa le bouchon d'un air navré et fit un mouvement horizontal et sec...Il y eut un bruit aigu, une petite gerbe de liquide s'échappa de la bouteille qui vascilla un instant, avant de s'immobiliser, le goulot tranché à raz...

LOlo s'exclama, en montrant la scène du doigt : "pas mal, Wyco !  Tu as au moins sauvé la bouteille, hum..."

Il sourit, pendant que Wyco décidait de transvaser le liquide de sa bouteille dans plusieurs verres, et alla prendre une autre bouteille dans la reserve du bar... Fila, Eez Nos et Tux s'avancèrent d'un pas commun et lui dirent : 

" nous avons l'impression que tu as vraiment envie d'y aller, LOlo !  Nous ne t'enlèverons pas ce plaisir..."

"Quel choeur, quel ensemble !! je vais quand même sabrer..."

Ils se regardèrent tous trois, étonnés, et Fila marmonna :

"heu je crois que nous avons eu une unité d'esprit imprévue..."

LOlo prit la bouteille, enleva les fils metalliques en tournant simplement une extremité rapidement. La lame de son sabre se transforma subitement en un simple fil d'énergie de quelques microns d'épaisseur...  il tendit la bouteille devant lui, légèrement penchée, et fit un geste ample, de bas en haut, le long de la bouteille. Le bouchon sauta avec un son aigu et gai, et LOlo se retourna en faisant un clin d'oeil :

"Me suis à peine entrainé, j'vous assure !!"

Lorn Lolight fut donc naturellement désigné pour établir le premier chantier spatial illuminati de ce secteur si particulier...

La planete fut rapidement choisie et Lolo prit les commandes d'un colonisateur et au moment du départ, Fila intervint pour mettre en garde le Seigneur :

"j'ai pu détecter une forme de vie intelligente dans le système voisin... enfin, semi intelligente et peu évoluée mentalement, mais probablement dangereuse... ils ressemblent un peu à des singes... des singes fous... ou attardés, je sais pas trop... un peu plus loin, il y a un peuple de moines-soldats qui semble s'auto-proclamer comme Sacré... nous allons avoir de quoi faire je pense dans le coin", ajouta-t-elle en souriant de toutes ses dents...

100x120-image04-mages.jpg(c) Yves HERBO-2006

Les Rapports de Naar-Loor, l'Observateur-26

Les Rapports de Naar-Loor, l'Observateur-26

Naar-Loor, rapport 26, Secteur Sol

4,2 Milliards d’années après création – 600 millions d’années avant le Présent pour Sol

mars-hubble.jpgMars-Hubble

Les Dimonons ont continué leurs quêtes aux ressources de part l’Univers et ont conquis de nouveaux mondes non développés, modifiant souvent sans vergogne les conditions atmosphériques ou climatiques pour les adapter au mieux à leurs conditions. A nouveau attirés par le système Solaire, je les ai détecté à l’approche des limites du bouclier final de Sol, aux limites du Système, visant nettement celle qui deviendra Mars… Cette planète a connue dans son passé une période de plusieurs millions d'année de chaleur, d'eaux de compositions diverses et d'une atmosphère plus dense. Des bactéries du même type, unicellulaire, que la Terre y sont apparues à cette période. Ces organismes sont en état "suspendu" et pourront se réactiver en cas de modifications des conditions climatiques de la planète, par "terraformation" par exemple, ou dans quelques milliards d'années, quand Mars aura prit la place de la Terre dans cette zone plus chaude...

J’ai donc enclenché immédiatement la priorité définie par les codex primaires et immuables afin de protéger les intérêts légitimes des Adamites, héritiers désignés de la Terre. Ceci nécessite une accélération du processus de colonisation par cette race, mais en maintenant les conditions nécessaires à son adaptation propre et au développement d’une vraie culture locale, nouant le lien de la l'humanité à sa planète par un apprentissage commun de leurs existences plus ou moins longs suivant les expériences acquises (et les mutations biologiques). Les Adamites se préparent tranquillement à leur future colonisation en établissant des liens commerciaux et comptoirs dans les systèmes de l’Alliance les plus proches de Sol et commencent à définir de nouvelles routes spatio-temporelles en étudiant les fluctuations dimensionnelles par secteurs. Ils ont des millions d’années encore pour organiser cette grande aventure si on se base sur les données de cette dimension. Beaucoup moins ou plus de temps suivant les autres… il s’agit évidemment d’en profiter, comme toujours.

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Autrement dit, nous ne pouvons attendre la venue (aléatoire mais néanmoins certaine dans la durée) d’une comète ou d’un astéroïde provenant d’une autre nébuleuse, chargé de matières lourdes spécifiques, ou encore d’un gros caillou survivant du nuage primordial de Sol, chargé en quantité suffisante de ces matières lourdes…

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Comme je l’ai dis dans un précédent rapport, les premières « briques » de la vie (pour reprendre un terme terrien) sont apparues très tôt sur ce monde (dès Rapport 3-Système Sol). Il s’agit de bactéries unicellulaires, immuables et éternelles, et se reproduisant juste en se divisant en deux mais qui peuvent muter par accident. Cet accident ne peut être provoqué par l’apport soudain et d’en assez grandes quantités de matières lourdes non présentes à la surface de la planète : toute la matière lourde primordiale, issue du nuage qui a créé Sol (et qui a lui-même été créé à l’origine par une étoile explosive (supernovae), a été absorbée par le Soleil et le cœur des planètes, par simple gravité. Les seules matières lourdes subsistant à la surface ou proche de la surface sont des débris issus des dernières météorites chargées en matières lourdes du système (de l’or, du tangstène, de l’uranium, etc…) et qui sont toujours exploitées. Ces rochers sont évidemment de plus en plus rares, car plus lourds et plus facilement attirés par le Soleil ou les grosses masses, il va néanmoins en subsister des millions de tonnes dans la région appelée « la Ceinture », entre Mars et Jupiter. Le premier processus va donc être de détourner certains types d’astéroïdes (ici c’est le métal appelé or qui est visé) et de provoquer un bombardement suffisant de cette matière aux bons endroits sur la planète. Chose assez aisée à produire grâce aux rayons tracteurs, et avant l’arrivée des Dimonons sur Mars (qui vont être mieux placés pour exploiter éventuellement la Ceinture et ses matières lourdes…).

Ce bombardement stratégique de matières lourdes toxique, à des endroits immergés mais proches de la surface de l’eau (et qui émergeront plus tard) va provoquer la mutation de certaines bactéries, qui parviendront au processus de multiplication cellulaire, puis de l’algue sécrétant du calcaire, des premiers invertébrés et « crabes » de la planète. Cette première étape permettra aussi, toujours dans cette stratégie d’accélération des processus naturels due à la présence Dimonienne, d’aider à la modification atmosphérique et à un apport en oxygène.

algue-multicellulaire.jpgalgue-multicellulaire

Me fiant à mes méditations sur les probabilités des différentes réalités disponibles, je sais que les Dimonons vont s’installer dans ce système contre l’avis de l’Assemblée et entamer le pillage de ressources normalement destinées aux Adamites… je peux même déjà entrevoir le pire, ceci est donc déjà un premier avertissement à l’Assemblée…

Yves Herbo (c) pour le texte 01/2012

Les photos ou illustrations sont protégées par les lois sur les droits d'auteurs. L'exploitation commerciale de cette oeuvre est prohibée, aussi bien pour le texte que les illustrations, sans demande écrite à l'auteur en ce qui concerne le texte. (Les illustrations ou photos, vidéos sont sous copyright et leurs auteurs doivent également être contactés).

La Pierre Dans la Montagne : Extrait

La Pierre Dans la Montagne : Extrait


Studio Babel N°1

Voici le tout début du texte :

"La pierre dans la montagne"

par Yves Herbo

Nord du Missouri, vers les Greats Falls, septembre 1865. La nuit tombante était dégagée, l’air était doux et James Lumley s’arrêta un instant pour boire quelques lampées d’eau de sa gourde. Lumley était un trappeur d’expérience, né du côté de Putnam County, il y avait un peu plus d’un demi-siècle. Cela faisait 35 ans qu’il chassait et tannait des peaux entre les Rocheuses et Great Falls, du Montana au Missouri. Cet après-midi, il avait repéré une famille de castors établie sur un des petits cours d’eau qui allait nourrir le Mississippi plus bas dans la vallée, et n’avait pas voulu trop s’en éloigner. Tant pis pour sa cabane installée plus haut, il avait de quoi camper, la nuit devrait être douce et sans vent. Il se dirigea vers un campement idéal repéré plus tôt dans la journée, un abri naturel créé par un gros bosquet de centaurées au nord, protégeant de l’air frais et d’un mur de gros rochers en forme de L qui fermait l’espace à l’est et au sud.

Les premières étoiles commençaient à apparaître dans le ciel violacé quand, du coin de l’œil, Lumley fut surpris par un soudain éclair, ou une luminosité de quelques dixièmes de seconde dans le ciel, vers l’ouest. Il tourna la tête dans la direction et s’immobilisa, aux aguets. Ses instincts de chasseur-poseur de pièges s’étaient aussitôt alarmés, et il ressentait un imperceptible changement dans l’atmosphère. Un silence anormal semblait résonner dans ses oreilles, même les oiseaux s’étaient tus, et tout était figé, comme si le temps lui-même s’était arrêté.

Soudain, entre deux battements sourds de son cœur, le trappeur entendit comme un grondement de tonnerre, long et en augmentation, alors qu’un nouvel éclair illuminait le ciel vers l’ouest et qu’une grosse étoile grossissait au-dessus des Rocheuses.

Les étoiles filantes ou traînées de bolides n’étaient pas exceptionnelles pour lui, tout comme les orages violents, les tempêtes de neige ou de sable suivant les saisons, les tornades même et les crues imprévues. Mais ce point lumineux, tirant sur le rouge-orangé, surmonté d’un panache blanc, ne provenait pas des régions du ciel habituelles, plus hautes. Il était presque à l’horizontale, entamant à peine une légère descente. Et surtout, il grossissait à vue d’œil et se dirigeait dans sa direction, dans une trajectoire oblique le menant à passer au nord de sa position, vers Cadotte Pass. À peine cinq secondes s’étaient écoulées, semblant durer beaucoup plus longtemps, que l’objet lumineux éclata en de multiples morceaux, comme un feu d’artifice ou une boule de pollen soufflée par le vent.

Etonné mais ravi par cette magnifique vision, il repartait en direction de son abri quand le bruit d’une explosion résonna en direction du nord, puis la terre se mit à trembler, à vibrer légèrement. Quelques oiseaux affolés s’envolèrent d’un bel ensemble, alors qu’un bruit semblable à une forte pluie s’amplifia un instant et qu’un puissant vent courba la cime des arbres alentours. L’air s’était aussi rempli d’une odeur particulière, ayant un caractère sulfureux. Le tout s’arrêta deux minutes après, et la nature reprit aussitôt ses droits, une chouette plongea sur un rongeur, un coyote gémit au loin… Lumley rejoignit son campement et se promit d’aller voir ce qu’il en retournait dès le lendemain. " (la suite ci-dessous)...

 

Ce recueil de nouvelles de 8 auteurs de fictions contient l'une des miennes "La Pierre Dans la Montagne", écrite spécialement à cette occasion. Vous pouvez lire gratuitement ce recueil (et n'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez !) en allant ici :

http://fr.calameo.com/books/00078841350787c4e19a2

et (si vous l'avez apprécié et voulez aider), vous pouvez le commander en versions imprimées ou téléchargeables ici :

http://www.lulu.com/browse/search.php?&fKeywords=Babel+Studio+Fiction

Un aperçu des 10 premières pages y est aussi proposé. Voilà les auteurs : Jacques PaïonniLaurent SalipanteSiléasSylvain BoïdoYves HerboAdam JoffrainTerry MontcalmPhilippe Giroud et illustrateurs : Tony SzaboJépéhLeslie Lavaud.

A priori, le N°2 de Studio Babel est dans sa finalisation, il y a aura peut-être aussi l'une de mes participations dans ce numéro au thème humoristique.

Yves Herbo 01/2012

 

Les Rapports de Naar-Loor, l'Observateur-12

Les Rapports de Naar-Loor, l'Observateur-12

Naar-Loor, rapport 12, Secteur Sol

Sol + 2.85 Milliards d’années locales après création

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Ce rapport fait suite à la Grande Assemblée de l’Amas Galactique Agrath qui s’est tenue récemment. La Voie Lactée se trouvant dans cet Amas, le sort de Sol a été étudié en même temps que les problèmes de ses voisins sectoriels. Ce rapport n’a pas ambition de conter ni commenter les multiples débats de l’Assemblée concernant les attributions de systèmes stellaires aux multiples races peuplants nos Galaxies. Des règles, qui ne concernent pas les Guilgaa dans la mesure où ils se sont par eux-mêmes défaits des contraintes « raciales » ou « ethniques », mais qui concernent avant tout l’égalité de représentation des races composantes de l’Assemblée.

Effectivement, les nouveaux systèmes habitables ou en cours de « terraformations », donc dénués de vies naturelles locales, sont attribués à tour de rôle aux différentes races, à charge à leurs représentants de la prendre en charge et de la faire évoluer afin qu’elle rejoigne un jour à son tour l’Assemblée. A contrario, si de nouvelles races intelligentes sont trouvées (ou nous trouvent), une adhésion sera proposée après longue étude du mode de civilisation, ou tout au moins un suivi discret sera effectué en cas de non compatibilité de niveau de civilisation. Après délibérations et votes, le système Solaire a été attribué à la Race Adamite, au grand dam des Dimonons, qui affirment avoir découvert en premier le système intéressant. Neutres mais honnêtes, les Guilgaa admettent que c’est tout à fait vrai, mais leur avis est que les Dimonons recherchent un peu trop de systèmes stellaires alors que ce n’est pas leur tour d’en conquérir un nouveau…

Néanmoins, les Guilgaa, connaissant de par leur grande ancienneté les tenants et aboutissants, les conséquences toujours inéluctables ont émis une grande réserve concernant l’avenir de ce système suite aux interventions des Dimonons. Les Adamites sont prévenus mais n’ont pas du tout la même façon de voir que la race dite reptilienne des Dimonons : nous entrevoyons de nombreuses futures difficultés, y compris pour l’Assemblée…

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Sur la Terre, la pluie a cessé de tomber en continu, même si l’atmosphère est encore très dense, l’activité volcanique s’est réduite et l’air devient nettement plus respirable par le vivant. En cette période, l’activité tectonique n’existe pas encore, ou plutôt plus du tout. En effet, par gravité, tous les éléments les plus lourds d’un astre s’enfoncent vers son centre : on peut considérer ça comme une tectonique de base. Le noyau de la Terre, très lourd et composé de fer, s’est très vite constitué et stabilisé. Les Adamites vont donc découvrir ce nouveau territoire à coloniser assez tôt dans l’histoire de ce jeune monde, ce qui est évidemment un atout supplémentaire concernant sa valeur. A l’heure actuelle, seules quelques grandes îles émergent de l’océan qui couvre la planète entière, mais ça sera suffisant pour les premiers colons Adamites

Notre propre participation consistera à ajuster les taux de gaz atmosphériques pour les Adamites et à accélérer avec eux les processus de vies animales et végétales, indispensables pour les débuts de la colonie.

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Je transmets ici également les coordonnées de trois vaisseaux-mondes Dimonons en approche lente d’un système stellaire très proche de celui de Sol : dans la mesure où aucune planète tellurique n’y existe, nous pensons à une manœuvre d’espionnage ou d’intimidement de leur part. Nous aviserons s’ils décident d’y rester, ce qui est peu probable.

Yves Herbo (c) pour le texte 12/2011

Les photos ou illustrations sont protégées par les lois sur les droits d'auteurs. L'exploitation commerciale de cette oeuvre est prohibée, aussi bien pour le texte que les illustrations, sans demande écrite à l'auteur en ce qui concerne le texte. (Les illustrations ou photos, vidéos sont sous copyright et leurs auteurs doivent également être contactés).

Les Rapports de Naar-Loor, l'Observateur-4

Les Rapports de Naar-Loor, l'Observateur-4

 

Naar-Loor, rapport 4, Secteur Sol

180 millions d’années environ après le rapport 3. Comme prévu la Lune a absorbé la majeure partie des deux petites lunes (qui sont composées des mêmes matériaux que la Terre puisque nées localement et au même moment que la planète) présentes à son arrivée : vu leurs proximités, les petits astres sont entrés en collision avec le plus grand à une vitesse relative très faible. Le mouvement d’éloignement de la Lune a balayé toute son orbite, déstabilisant tous les corps s’y trouvant ou passant à proximité, et le premier petit astre (un quart de la Lune environ) s’est écrasé lentement sur la face cachée, formant une sorte de crèpe épaisse sur presque tout l’hémisphère, le deuxième, plus petit que le premier, était un peu plus rapide mais plus éloigné et est arrivé alors que la croûte formée par la chute du premier se refroidissait déjà fortement : il y créa un assez gros cratère, encore visible maintenant dans le sud de la face cachée. Parallèlement à ces chocs énormes sur la face cachée, une forte poussée de matières en fusion vers la face visible de la Terre eu lieu, formant les « mers » de laves solidifiées visibles actuellement, et les quelques astéroïdes encore présents dans les environs y tombèrent tous, et aussi sur la Terre.

1er impact NasaMoon-face cachée  

 

 

 

 

 

 

 

facecachée

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Comme prévu également, la Vie était toujours présente sur la Terre, déjà plus tout à fait les premières « briques » observées précédemment, mais bien des premiers organismes unicellulaires vivants et se reproduisant. La chimie de l’atmosphère allait évoluer, d’abord  lentement puis de plus en plus vite au fur et à mesure que la Vie se répandrait et qu’une certaine biodiversité se produirait. La pluie tombait maintenant en abondance sur la planète dont l’atmosphère était saturée de vapeur d’eau et de CO2 : elle durera des siècles et formera lentement un immense océan recouvrant toutes les terres. Les premières vies organisées naîtront évidemment dans ce fluide idéal brassé par des marées encore importantes et chauffé par un sous-sol dont le volcanisme est important.

Une base a été installée sur la face visible de la Lune, un point d’observation de la Terre idéal caché au fond d’un cratère, bien que la Lune n’ait pas encore perdu toute son atmosphère issue des poussières et dégazages consécutifs aux collisions. L’autre base consiste en un vaisseau-mère posé sur l’un des astéroïdes « troyens » de la Terre situé dans l’un des points de Lagrange stable du sytème Terre-Lune. Cet astéroïde qui a une orbite en forme de haricot restera longtemps difficile à observer de la Terre car caché en permanence par la lumière solaire.

1er asteroïde troyen découvert 1er astéroîde troyen terrien découvert

 

 

 

 

 

 

 

 En juillet 2011, un amateur terrien a pris ces images de nos renforts arrivant vers notre base lunaire en vue des évènements locaux à venir prochainement. Comme tous les témoignages de ce type, il n'a eu aucune conséquence sur la compréhension humaine limitée par sa propre société...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il n’y aura pas lieu à intervenir dans ce système pendant plusieurs millions d’années locales : les forces gravitiques et magnéto-électriques locales vont se développer et les perturbations cycliques n’apparaîtront pas avant cet important délai. Une surveillance automatique est mise en place pour les perturbations aléatoires toujours possibles, la région dans laquelle se trouve le Soleil étant encore très perturbée par les panaches d’étoiles jeunes.

Les planètes géantes ont continué à s’éloigner lentement du Soleil, attirant les restes du grand disque d’accrétion des planètes telluriques (d’où sont issus Mercure, Vénus, la Terre et Mars et d’autres astres disparus depuis) là où se tenait Jupiter au tout début, formant ainsi la ceinture d’astéroïdes toujours présente. Une planète se créera un jour à cet endroit, lorsque Jupiter se sera encore éloignée de cette ceinture d’accrétion future et cessera (presque) d’en empêcher la cohésion…

(c) Yves Herbo pour le texte (08/2011)

Les photos ou illustrations sont protégées par les lois sur les droits d'auteurs. L'exploitation commerciale de cette oeuvre est prohibée, aussi bien pour le texte que les illustrations, sans demande écrite à l'auteur en ce qui concerne le texte. (Les illustrations ou photos, vidéos sont sous copyright et leurs auteurs doivent également être contactés).

Sortie du recueil Numero 1 de Studio Babel

Sortie du recueil Numero 1 de Studio Babel

 

Studio Babel N°1

 

Une très bonne nouvelle car ce recueil de nouvelles de 8 auteurs de fictions contient l'une des miennes "La Pierre Dans la Montagne", écrite spécialement à cette occasion. Vous pouvez lire gratuitement ce recueil (et n'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez !) en allant ici :

http://fr.calameo.com/books/00078841350787c4e19a2

et (si vous l'avez apprécié et voulez aider), vous pouvez le commander en versions imprimées ou téléchargeables ici :

http://www.lulu.com/browse/search.php?&fKeywords=Babel+Studio+Fiction

Un aperçu des 10 premières pages y est aussi proposé. Voilà les auteurs : Jacques Païonni, Laurent Salipante, Siléas, Sylvain Boïdo, Yves Herbo, Adam Joffrain, Terry Montcalm, Philippe Giroud et illustrateurs : Tony Szabo, Jépéh, Leslie Lavaud.

Et j'en profite pour répéter que mon roman de SF "Je n'étais qu'un Androïde" avait été réédité mi-juillet par les Editions Baudelaire ici :

 isbn=9782355086724 

et pour remercier ce site qui parle de mon roman  ici :

http://www.lejournalderobinson.fr/?p=5666

Les rapports de Naar-Loor, l'Observateur-3

Les rapports de Naar-Loor, l'Observateur-3

Naar-Loor, rapport 3, Secteur Sol

« Presque 95 millions d’années après le rapport 2, les conditions orbitales et gravifiques sont optimales. Les grandes planètes se sont éloignées comme prévu pendant que nous faisions en sorte que le satellite d’Uranus ne suive pas le mouvement, et au contraire se stabilise sur une orbite excentrique le menant au bon endroit, au bon moment. Pendant ce temps, les débris balayés par les grandes planètes se retrouvent en partie dans un large anneau commençant au niveau de l'orbite de la petite Pluton, et plus loin encore dans une vaste sphère de milliards de débris rocheux ou gazeux qui entoure tout le système. Une protection minimale contre les objets filant dans l'espace, mais indispensable en ce qui concerne les nuages de poussières. Un agréable cadeau nous attend à proximité de la 3ème planète : elle s’est elle-même dotée de deux petits satellites, qui tournent très vite et assez prêt de l’atmosphère, composée d’une bonne proportion de CO², suite au dégazage des roches et à la précipitation des matières lourdes vers le centre de la planète, créant et alimentant le noyau, puis les manteaux et les croûtes terrestres qui se forment avec le refroidissement.

Agréable cadeau car la planète s’est déjà suffisamment refroidie pour précipiter son surplus de vapeur d’eau d’origine volcanique sous forme de pluies continues, et que ces petits satellites (qui ne survivront pas à l’arrivée de la Lune) ont déjà commencé à créer des mini marées dans l’océan d’eau en train de se créer… Nos sondes sont affirmatives : les acides aminés amenés par les comètes et débris déjà cités ont déjà pu assembler des premières molécules autoreproductrices : ces dernières ne quitteront plus jamais cette terre accueillante. Petite aide du CTC ou hasard relativiste, cette présence des briques de la vie déjà en phase d’interactions chimiques va d’autant accélérer notre but. De plus, la présence des deux petits satellites, créés au voisinage et en même temps que la Terre, va permettre d’éviter un choc (qui aurait ralentit par contre notre processus) direct entre les deux gros corps principaux.

Nos calculs sont très précis et offrent peu de chance au hasard : le moment venu, nos créateurs de puits gravifiques ralentissent la Lune (qui a perdu un tiers de sa masse pendant son voyage glacé, ses rencontres de matières, a à peu près la taille de Mars maintenant) pour qu’elle se fasse « capturer » par l’attraction terrestre. Nous nous arrangeons pour que ce satellite ne frappe pas la Terre, mais la frôle seulement, ce qui suffit à lui arracher suffisamment de matières, issues de la croûte jeune et du premier manteau terrestre qui, avec l’aide de l’impact des deux satellites, eux-mêmes constitués en grande partie des mêmes matériaux que la Terre, va pouvoir très rapidement reconstituer un corps solide (le satellite originel d’Uranus étant disloqué par le choc) de la taille que nous jugeons intéressante pour l’avenir de la planète. La mécanique céleste et l’orbite donnée à cette lune devraient stabiliser la Terre sur son orbite actuelle. Cette lune va d’ailleurs se synchroniser d’elle-même avec le temps pour ne plus présenter qu’une face à la Terre, ce qui facilitera beaucoup nos observations futures. La rotation de la Terre, sur elle-même et autour du Soleil, qui est très rapide à l’heure actuelle, va ralentir et l’inclinaison légère de la planète va créer des saisons, alors que la Lune va brasser avec plus de puissance que les deux petits satellites l’océan d’eau, et pouvoir y accélérer les processus chimiques nécessaires à la vie.

Les premières traces de possibles future vie biologique ont déjà été repérées car nous avons détecté un vaisseau d’origine indéterminée aux abords du Soleil, les premières études semblent montrer qu’il s’agit d’un vaisseau-robot d’une civilisation de scientifiques que nous connaissons. C’est un peu trop tôt à notre avis pour une propagation des coordonnées de Sol, nous avons décidé d’effacer à distance les mémoires du vaisseau-robot et de le renvoyer en perdition d’où il venait

En ce qui concerne notre mission, c’est un succès car nous estimons que les premiers organismes vivants et unicellulaires naîtront d’ici 100 à 200 millions d’années après ce rapport. La Lune va se reconstituer très rapidement, en moins d’une centaine d’années terrestres et va petit à petit s’éloigner de la planète pour alléger son influence gravifique, créatrice de marées puissantes, certes, mais aussi de séismes et perturbations tectoniques, et la pesanteur terrestre. Nous installerons une base sur un astéroïde présent sur la même orbite que la Terre, situé dans l’un de ses points de Lagrange, ainsi que sur la Lune, dès qu'elle sera stabilisée et refroidie. »

(c) Yves Herbo pour le texte (07/2011)

Les photos ou illustrations sont protégées par les lois sur les droits d'auteurs. L'exploitation commerciale de cette oeuvre est prohibée, aussi bien pour le texte que les illustrations, sans demande écrite à l'auteur en ce qui concerne le texte. (Les illustrations ou photos sont sous copyright et leurs auteurs doivent également être contactés).

 

Les rapports de Naar-Loor, l'Observateur-2

Les rapports de Naar-Loor, l'Observateur

 

Collisions mini

Naar-Loor, rapport 2, Secteur Sol

Voici le deuxième rapport concernant le secteur Sol de la galaxie « Voie Lactée », année + 1,10 milliard d’années après la naissance de Sol (+ 9.17 milliards d’années solaires après « Big Bang »).

Collisions 1

« Comme prévu, l’instabilité et les forces gravitationnelles entre le Soleil et la plus grosse masse de matières créée en même temps que lui dans son voisinage, et par sa propre énergie, a forcé un changement d’orbite de cette dernière masse principale (qui sera nommée plus tard Jupiter). Un changement d’orbite c’est effectué et cette masse s’est considérablement rapprochée du Soleil durant l’interval de notre dernier rapport, attirant à sa suite les trois autres masses gazeuses (plus tard Saturne, Uranus et Neptune). Comme prévu également, les masses planétaires plus petites à l’intérieur du système ont eu fortement à souffrir de ce passage de la masse la plus puissante du système (après le Soleil et son compagnon lointain) et il ne reste plus qu’un anneau de rochers plus ou moins grands là où se trouvait précédemment l’énorme masse. L’intrusion a provoqué la collision et fusion de plusieurs planétoïdes, dont l’un est aller déstabiliser une autre grosse masse gazeuse du système (Uranus dans le futur) en se satellisant autour. Ce gros nouveau satellite, créé par la collision de planétoïdes lors du voyage de Jupiter, s’est satellisé et agrégé autour de la masse gazeuse et a mis quelques millions d’années à la faire basculer sur son axe par rapport au plan orbital. Du côté des planètes telluriques internes, il ne subsiste plus que quatre mondes « solides », les cinq autres planétoïdes ou masses souvent ferreuses ont disparu, absorbés, éclatés lors de collisions ou éjectés hors du système.

 Formationplanete 1

Des quatre planètes telluriques observées, toutes, avec quelques modifications, pourraient un jour donner la vie et une biodiversité intéressante. Nos calculs et incursions (légères et peu poussées à cette étape) dans certains plans temporels futurs du système nous montrent que la priorité va être donnée à la troisième planète du système, cette dernière c’étant stabilisée sur un plan presqu’idéal concernant la température et le magnétisme du soleil. Jupiter, par effet de ressort, rebondit à l’heure actuelle, et va à nouveau s’éloigner et normalement se stabiliser à une orbite plus lointaine que précédemment. Les autres masses gazeuses ou telluriques plus lointaines s’éloignent également, repoussées par Jupiter par effet mécanique de son orbite assez rapide pour sa masse. Les nombreux débris de roches, de particules et glaces encore présents dans ces secteurs du système sont balayés également à cette occasion, et un nuage de ces débris se forme aux confins du système, dans lequel des réactions chimiques et énergétiques ont encore lieu, formant des comètes et astres glacés.

 

Planeteejectee 1

La première intervention pour aider la troisième planète (la Terre plus tard) à pouvoir accueillir assez facilement la vie est décidée très vite. Il y a urgence car cette première étape, à elle toute seule, va mettre plusieurs millions d’années à se concrétiser : Il s’agit de donner un satellite à cette planète encore en train de se refroidir de la fournaise de sa création. Le candidat est tout désigné : Ce satellite sera celui qui a déstabilisé Uranus. Trop gros par rapport à la Terre, nous allons le « remorquer » sur une orbite excentrique afin qu’il se satellise le moment venu autour de la Terre, et il perdra de la masse lors de ce long voyage. Les différents chocs gravitiques et collisions vont y engendrer une chaleur et volcanisme interne, mais c’est sans grande importance pour l’instant, nous avons juste besoin d’une masse. La satellisation sera effective vers +1.2 Milliards d’années après Sol, ce qui stabilisera d’autant l’orbite de la planète, même si le choc sera important pour les deux masses. Les effets devraient être rapides, ce sera l’objet du prochain rapport. »

Debutplanete 1

 (c) Yves Herbo pour le texte (07/2011)

Les photos ou illustrations sont protégées par les lois sur les droits d'auteurs. L'exploitation commerciale de cette oeuvre est prohibée, aussi bien pour le texte que les illustrations, sans demande écrite à l'auteur en ce qui concerne le texte. Les illustrations ou photos sont sous copyright et leurs auteurs doivent également être contactés).

Les rapports de Naar-Loor, l'Observateur

Les Rapports de Naar-Loor, l'Observateur - 1

Explosionsspatiale

Les Guilgaa sont les représentants d’une race apparue +5.55 milliards d’années après « Big Bang », elle a donc plus de sept milliards d’années d’existence. Elle est loin d’être la plus ancienne race de l’univers, mais c’est l’une des rares à avoir été suffisamment aidée et contactée par le Créateur de Toute Chose (CTC), pour se consacrer entièrement à sa mission universelle. Après avoir subit une évolution très lente et être passée par tous les stades d’organisations sociales connus, son intelligence a pu la sauver de ses propres erreurs et des cataclysmes naturels, cycliques ou non. Leur évolution, tant physique que mentale, a continué très longtemps, leurs vies et intelligences ont atteint une certaine immortalité, leur donnant la possibilité d’accomplir pleinement leur mission sacrée : faire en sorte d’aider à l’apparition et au développement plus rapide, sécuritaire de civilisations intelligentes qui les rejoindront dans leur mission sans fin…

 

Les documents apparaissants ci-dessous, ou à venir, concernent principalement les rapports transmis par l’Observateur Naar-Loor qui est en charge depuis la découverte du système solaire par les Guilgaa il y a environ 4 milliards d’années. Il sera fait aussi mention des traductions de vieux parchemins, retrouvés principalement en Asie (Chine, Tibet, Inde…) ou même gravés dans la pierre ou des tablettes (Aratta, Sumer…). Tous ces documents sont classifiés être « religieux », ou « mythes et légendes », ou encore poèmes lyriques… tout sauf de simples témoignages ou rapports, ce qu’ils sont en réalité, même déformés…

Attention, ces rapports ne seront pas diffusés dans leur ordre chronologique (certains étant classés « réservés » aux seuls Guilgga) mais uniquement pour révéler en partie certaines vérités importantes que la race humaine à besoin de connaître d’urgence, le cycle actuel de son environnement temporel devant se renouveler sous peu, comme il le fait naturellement.

 

Naar-Loor se réserve lui-même la possibilité de répondre ou de faire répondre aux éventuelles demandes d’éclaircissement ou de confirmation de la part des humains. Les Guilgga possèdent de gros moyens scientifiques et agissent dans les différents plans de l’univers (appelés univers parallèles par les Terriens) qui sont en fait différents plans temporels et de quantum d’un seul univers pouvant coexister ou non sur un seul plan. L’utilisation de ces mécanismes par les Guilgaa (et d’autres races) lui permettant d’agit aussi bien dans l’Espace physique d’un plan mais aussi son ou ses Temps cycliques, l’organisation, les prévisions, la mémoire des évènements sont entre autres des données primordiales accumulées au cours de l’histoire de l’Univers pour aider les Intelligences créées a se développer suffisamment pour s’intégrer d’elles-mêmes au CTC, qui est en final l’Univers lui-même…

 

Création système stellaire 1

 

Naar-Loor, rapport 1, Secteur Sol

* note : La langue étant traduite pour être compréhensible à l’être humain, les lieux, temps et appellations connues de ces derniers seront également traduits si connus des humains. Les unités de mesures temporelles ou géographiques humaines seront également utilisées.

 

Voici le premier rapport concernant le secteur Sol de la galaxie « Voie Lactée », année + 0.8 milliard d’année après la naissance de Sol (+ 9.17 milliards après « Big Bang »). :

 

« Découverte du système Sol, étoile naine jaune banale de type G2, accompagnée d’un cortège intéressant de matières planétaires en concentration finale : plusieurs planètes telluriques et gazeuses formées ou en cours de formation… Le système gravitationnel est encore fortement instable et de nombreuses collisions sont encore à prévoir après seulement 800 millions d’existence. Sol a subit une légère « expulsion » de l’amas stellaire de sa création et s’éloigne de sa nébuleuse moléculaire, située dans le bras d’Orion, à la vitesse de 54 km/seconde relatifs, supérieure donc pour l’instant à la vitesse de révolution de la galaxie (nommée la Galaxie ou Voie Lactée) qui est de 238 km/s en ce moment, vitesse à laquelle tourne le plan dans lequel se trouve le Soleil. Cette vitesse actuelle du système solaire, à 292 km/s devrait se réduire assez vite pour rejoindre la stabilité orbitale de cette galaxie géante spirale-barrée en phase de ralentissement de sa révolution sur elle-même. Un Observateur va rester sur place, nous proposons un retour avec moyens d’interventions techniques sur ce système vers années + 1.5 milliard. Naar-Loor, ici l’auteur, s’est porté volontaire pour cette mission d’observation prometteuse, surtout dans ce secteur assez éloigné des plans spatiaux centraux de la plupart des races de ce cadran cosmique. Des 16 boules de matières concentrées présentes dans le système (phase c dans photo ci-dessous), il devrait en subsister un grand nombre, le vaisseau Vala standard de l’Observateur restera au point le plus stable du système actuel, le Point de Lagrange situé entre le système et ses « jumeaux » stellaires, nés en même temps que lui, et encore proches. Il effectuera bien sûr des incursions de contrôles de stabilisation du système pour pouvoir s’en approcher et y rester par la suite… »

 

Création système stellaire type1

 

(Rapport 1 : 01/07/2011)

Ceci est une oeuvre de fiction-réalité (ou l'inverse ?) sans début ni fin confirmée

(c) Yves Herbo pour le texte (07/2011)

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