LE PREMIER PALAIS IMPÉRIAL Xia DÉCOUVERT EN CHINE ? - MAJ 05-2015
Reconstruction d'un palais à Erlitou
(il ne s'agit pas du palais impérial auquel est consacré cet article)
Des archéologues chinois auraient découvert les restes du plus ancien palais impérial du pays : il remonte à 3700 ans et serait lié à l'ancienne dynastie Xia, que de nombreux chercheurs ont longtemps considéré comme une simple légende.
Les restes du palais se situent sur le site de l'âge de bronze d'Erlitou dans le centre-nord du pays (province du Henan). Des archéologues ont découvert des fondations en pisé, ainsi que pas moins de trois cours. Le palais couvre une superficie totale de plus de 2100 mètres carrés.
Xu Hong, le responsable de l'équipe archéologique du site et directeur du Département de l'Archéologie Xia-Shang-Zhou à l'Académie chinoise des sciences, a déclaré: " Le complexe du palais d'Erlitou est une découverte étonnante, c'est le premier palais impérial de Chine. "
Le rapport affirme que c'est le palais le mieux conservé sur le site et peut être un prototype de la dynastie suivante, les Shang.
Les premières dynasties chinoises sont généralement considérées comme légendaires, mais les découvertes archéologiques de ces dernières décennies montrent que ces légendes ont une base réelle.
Bronze Xia ? (Erlitou)
Le site d'Erlitou comprendrait quelque quatre millions de mètres carrés et contient les éléments en bronze les plus anciens trouvés en Chine. La dynastie des Xia se situerait entre 2100 avant J.-C. et 1600 avant JC. Elle a été remplacée par la dynastie des Shang, qui a été renversé par les Zhou.
C'est de la période Zhou que datent les plus anciens écrits en Chine. Ce fut aussi la période où vécu Kung Fu Tseu (Confucius).
Les chercheurs chinois travaillent depuis 1996 sur un projet visant à établir une chronologie précise de ces premières dynasties légendaires. Le chef de l'équipe archéologique, Xu, ajoute: "Construit il y a environ 3.700 ans, le complexe du palais est soigneusement conçu; avec les bâtiments environnants, il forme le centre de l'ancienne capitale. Bien qu'il représente seulement un septième de la taille des Palais impériaux des dynasties Ming et Qing, le complexe du palais d'Erlitou est le prototype de tous les palais impériaux construits en Chine plus tard."
Notez que le palais est cité comme "le premier palais impérial de Chine", mais daté de 1 700 ans AV. J.C. Or, cette première dynastie aurait régné de -2205 à -1767 AV. JC selon la chronologie traditionnelle chinoise, ou de -2070 à -1570 selon d'autres chronologies. Il s'agirait donc plutôt d'un palais tardif de la dynastie dans les deux chronologies, par rapport à un autre possible palais plus ancien. Le fait qu'il ait possiblement servit de modèle aux suivants, surtout que les Sheng et suivants ont dû réutiliser et modifier les anciennes constructions des Xia, est bien sûr très possible et même probable pour la région. Mais il peut aussi avoir prit lui-même modèle sur un temple plus ancien, y compris ailleurs...
La dynastie des Xia a longtemps été considérée comme purement mythique car peu de textes y font référence : les dynasties avaient tendance à effacer un maximum les traces des dynasties précédentes et les plus anciens documents écrits trouvés en chine ne remontent qu'à 1 000 ans avant J.C., et ils sont eux-mêmes très rares. Pourtant, les traces écrites sur les pierres et murs de certains palais prouvent que l'écriture avait pénétré bien plus tôt, mais tous les anciens parchemins ont disparus ou ont été détruits par les divers souverains et par le temps apparemment. Sauf si de nouvelles fouilles chinoises prouvent le contraire...
Des archéologues chinois ont découvert une série de complexes rituels disposés de façon symétrique sur un site de la culture Longshan à Wadian, près de la ville Yuzhou, dans la province du Henan. Sur la terrasse nord-ouest du site de Wadian ont été découverts d'énormes fossés arrondis: ils sont le signes de lieu d'occupation datant de la fin de la troisième culture Wangwan (début de la dynastie Xia) de la période Longshan. Parmi ces caractéristiques, l'Est de la fondation en terre battue a été formé à partir de plusieurs fossés en carrés homocentriques, tandis que l'Ouest de ces fondations est formé de trois architectures indépendantes.
Yves Herbo
En 1995, la Chine a lancé un vaste projet visant à établir une chronologie rigoureuse pour les trois premières dynasties de son histoire, celle des Xia, des Shang et des Zhou (jusqu'à -841 pour cette dernière). L'idée était de recouper des datations au carbone-14 et des données astronomiques, concernant en particulier des éclipses, avec tout ce que les inscriptions des Shang et des Zhou pouvaient nous apprendre. Environ 200 chercheurs y ont participé et les résultats obtenus servent à présent de références aux universitaires chinois. Les dates proposées pour les Xia vont de -2205 à -1767. Les Shang auraient régné de -1766 à -1112. Le problème est que ce projet fait encore appel à l'historiographie traditionnelle et n'est donc que partiellement scientifique. (Wikipedia)
Le problème aussi est qu'on a apprit depuis 1995 que même la datation au carbone-14 n'est pas si fiable que ça. Néanmoins, des objets, notamment en bronze, ont été découverts et attribués aux Xia ces dernières années. La légende est donc en grande partie vraie, et elle nous dit que le fondateur de la dynastie Xia était, entre autres qualités extraordinaires, un forgeron et utilisait le bronze (d'ailleurs des objets en bronze ont été attribués aux Xia). Mais si on démarre la dynastie des Xia en - 2205 AV JC, ça repousse d'autant l'arrivée du bronze en Chine (l'âge du bronze ne commence en Chine qu'après -1700 officiellement).
Et si les légendes et textes parlent de la dynastie des Xia et de leur fondateur-dieu Yu le Grand, dont on déterre enfin les traces, elles parlent aussi des prédécesseurs des Xia : les Trois Augustes et les Cinq Empereurs.
Les trois Augustes et les cinq Empereurs appartiennent à une mythologie à laquelle bien peu de Chinois croient actuellement, mais de grands historiens comme Sima Qian l'ont évoquée aussi sérieusement que des faits réels. Ils sont connus par des mentions fragmentaires et parfois contradictoires dans les textes de l’antiquité et surtout des ouvrages de l’époque Hàn. Les historiens modernes pensent qu’ils sont le résultat de la fusion de personnes réelles, anciens chefs d’ethnies, et de personnages mythologiques. Ils sont représentés comme des civilisateurs utilisant leur sagesse et leurs pouvoirs dans le but d'améliorer la vie des hommes. Certains sont devenus à partir des Hàn des dieux taoïstes (Huángdì et dans une moindre mesure Fúxī, Nǚwā et Shénnóng). Huangdi a été choisi comme modèle du souverain idéal par le courant philosophique huanglao né pendant les Royaumes combattants.
Bien que les sources s’accordent sur l’antériorité des trois Augustes par rapport aux cinq Empereurs, elles proposent des versions différentes de chaque groupe.
Fúxī, qui possédait une tête humaine, un corps d'animal et une queue de serpent ; il était censé avoir inventé les fondements de l'écriture chinoise, le calendrier, l'utilisation des métaux et aurait organisé l'élevage, la pêche et la construction des maisons (-2852/-2820). Il peut prendre l'apparence d'un homme, d'un serpent, d'une tortue ou d'un dragon.
Nǚwā, sa sœur, qui aurait réparé le ciel suite à la guerre entre Gònggōng dieu des eaux et Zhùróng dieu du feu. Elle aurait aussi créé l'humanité en modelant des statuettes d'argile. Elle peut prendre toutes les apparences possibles.
Shénnóng (le Divin Laboureur) aurait inventé l'agriculture/la charrue, découvert les plantes médicinales et le thé (-2820/-2798).
Les cinq Empereurs (Di) étaient des dirigeants légendaires moralement irréprochables.
La version la plus courante est celle du Shiji, du Shiben et du Dadaiji (une des versions du Liji) :
Huángdì (-2698/-2597), l'Empereur Jaune, le plus connu, qui aurait, entre autres, mis en place l'administration chinoise, développé l'écriture, inventé l'acupuncture.
Par la suite, Yǔ le Grand fut le fondateur légendaire de la dynastie Xia, qui aurait réussi à contrôler les crues du fleuve grâce à un système de canaux.
Note : il ne faut pas confondre Huángdì « l'Empereur Jaune » (xxvie siècle av. J.‑C.) avec Huángdì qui signifie « empereur » et qui a été utilisé pour la première fois par Qin Shi Huangdi au iiie siècle av. J.‑C.
Absolument toutes ces datations sont des estimations évidemment. On retrouve dans ces histoires les mêmes légendes découvertes chez les sumériens, égyptiens ou autres civilisations antiques (y compris plus récentes en amériques) : celles de dieux- fondateurs, inventeurs et organisateurs de la vie des humains de l'époque. Le Saint-Graal de l'archéologue du futur sera la découverte physique de l'un de ces dieux-fondateurs, une apparente poignée d'hommes selon les chercheurs officiels, qui détenaient tout le savoir de l'humanité aux origines et l'ont appliqué, expliqué aux humains...
La découverte remonte déjà à plusieurs semaines mais n'en est pas moins intéressante: 5 remarquables chars et 12 chevaux, dont l'estimation de l'âge remonte à plus de 3000 ans, ont été trouvés dans la ville chinoise de Luoyang, province du Henan. En plus des chevaux et des chars ornés d'équipements dorés, l'équipe archéologique a également récupéré des bronzes et des céramiques.
Les archéologues sont convaincus que la tombe, parfaitement conservée, était celle d'un fonctionnaire ou un érudit jouissant d'un certain prestige, étant donné la richesse des dépôts funéraires: poteries, armes en métal, et inscriptions. Le tombeau, une fosse en terre verticale, a été découverte lors de la construction d'un hôpital.
MAJ 05-2015 : Selon les dernières publications des spécialistes (2012-2013), la dynastie Xia reste toujours une énigme. Tout d'abord, malgré les dires de certains archéologues , il serait faux de prétendre que des os oraculaires feraient allusion à une dynastie Xia, et à sa conquête par les Shang. Par contre, il n'est pas impossible que les habitants de la culture d'Erlitou ne se soient jamais considérés comme « Xia », bien qu'en étant les descendants directs possibles, et que cette appellation étant une pratique de leurs ennemis, elle se serait transmise jusqu'aux Zhou via les Shang...
Pour l'instant et toujours en attente de preuves plus concrètes, la culture de Erlitou est toujours considérée comme étant en réalité la Dynastie Xia ou son héritage direct, si cette dynastie mythique et légendaire (son premier empereur aurait domestiqué les crues du Fleuve Jaune via de vastes travaux non encore avérés) a réellement existé. (Mais toute légende ou mythe possède un fond de vérité, cela a été vérifié à de maintes reprises).
Un vase en terre cuite en forme de sphynx, 5ème siècle avant JC. L'une des 26 pièces similaires découvertes dans une nécropole féminine ("prêtresses de Déméter») près de Phanagorie. Exposées au musée de l'Ermitage à Saint-Pétersbourg.
Nous ne nous éloignons pas tellement des régions qui nous ont intéressées avec déjà plusieurs articles les concernant. Des régions en fait peu connues et pourtant très importantes historiquement, tant dans la Préhistoire, l'Antiquité et les temps modernes (Le Caucase, le Bosphore, la Crimée, l'Ukraine, la Georgie, la Mer d'Aral, la Mer Noire, la Caspienne, etc...)
La Fondation Deripaska Volnoïe Delo Oleg, l'un des plus grands organismes privés de bienfaisance en Russie, annonce qu'un ancien bélier naval de bronze (l'arme de guerre) trouvé dans une section immergée de l'ancienne Phanagorie, qui était à une époque la plus grande colonie grecque sur la péninsule Taman, près de la mer Noire dans le sud de l'actuelle Russie, a été nommée découverte la plus remarquable de l'année en Russie par les magazines Science et Life.
Le bélier naval de bronze a été trouvé par des archéologues parmi les vestiges sous-marins de l'ancienne ville de Phanagorie au cours de la 10e saison archéologique, en 2014. Le bélier faisait autrefois partie d'une birème, un ancien navire de guerre à rames, avec deux jeux de rames. Le navire de guerre a servi l'armée de Mithridate VI, roi du Pontus de 119 à 63 av. JC. Mithridate VI a été considéré comme le roi le plus puissant en Anatolie au cours du 1er siècle avant JC. Souvent appelé le plus grand ennemi de Rome, il a fait trois guerres contre la république romaine.
Le bélier naval en bronze repêché (disposé à l'origine à l'avant du bateau)
La découverte a mis en lumière l'histoire des rebellions dans Phanagorie, qui ont conduit à l'éviction du roi. La birème, trouvée en 2012, que l'on pensait à première vue être un ancien navire marchand byzantin, s'est avérée en fait être un navire de guerre grâce à cette découverte du long bélier d'un mètre en 2014, qui indique au contraire que le navire avait été utilisé par l'armée de Mithridate pour réprimer les manifestations. L'examen des restes suggère que le navire a été incendié par les manifestants en 63 avant JC. Le navire est maintenant en cours de restauration et sera exposé au musée de l'État de Phanagorie, qui sera construit près du site archéologique.
L'historien romain Appien et l'historien grec Plutarque ont mentionné un soulèvement dans toute la ville de Phanagorie en 63 avant JC, qui a culminé avec l'incendie d'un bâtiment public énorme et l'assassinat des enfants de Mithridate et d'une de ses épouses, Hypsikratia. Cependant, il n'y avait aucune preuve matérielle de ces événements jusqu'en 2006.
fragment de vase trouvé à Phanagorie
En 2006, les scientifiques impliqués dans l'expédition archéologique de Phanagorie ont découvert une pierre tombale de marbre inscrite avec une épitaphe à " Hypsikrates, épouse de Mithridate VI." Dans ses essais, Plutarque a appelé Hypsikratia comme une femme "qui, en toutes occasions, a montré l'esprit d'un homme et d'un courage désespéré, et en conséquence le roi Mithridate VI l'a reconnu pour l'appeler son Hypsikrates [la forme masculine de Hypsikratia]." L'Archaeological Institute of America avait nommé cette trouvaille l'une des dix plus importantes découvertes en 2009. Ainsi, le Bélier du navire continue une série de nouvelles découvertes qui permettent de découvrir l'histoire du soulèvement de Phanagorie, tout en faisant correspondre les récits historiques.
Les scientifiques ont commencé à explorer la vieille ville de 2.550 années de Phanagoria de nombreuses années auparavant, quand elle est devenue une partie essentielle de l'Empire russe. La phase active de l'exploration, cependant, a commencé il y a seulement quelques années, ce qui signifie que les archéologues et les historiens sont presque certain de trouver plus d'artefacts et de renseignements relatifs à Phanagorie, une zone qui a été comme un pont entre l'Est et l'Ouest pendant 1.500 années.
La Fondation Delo Volnoe, un des plus grands fonds de bienfaisance détenu par des privés de la Russie, géré par l'homme d'affaires et industriel Oleg Deripaska, a soutenu des activités de recherches liées au site depuis 2004. La Fondation a alloué plus de 10 millions de dollars pour le site de Phanagorie au cours des 10 dernières années. Aujourd'hui, l'enquête Phanagorie est considérée comme l'une des expéditions archéologiques les mieux équipées en Russie, avec son propre centre scientifique et culturel, des équipements hi-tech de dessus du sol et de fouilles sous-marines et une équipe diversifiée de spécialistes impliqués dans le travail de terrain. Outre les archéologues et les historiens, il y a des anthropologues, pédologues, paléozoologistes, numismates et autres chercheurs. Une approche complexe de l'étude des vestiges culturels de Phanagorie a aidé à comprendre la façon de vivre des anciens résidents, les croyances religieuses, la coopération économique, ainsi que leurs rôles dans les conflits militaires.
Parmi les récentes découvertes faites dans Phanagorie, il y a les restes d'un palais de Mithridate VI en date du 1er siècle avant JC, un tombeau antique avec un plafond à gradins, le plus ancien temple découvert sur le territoire russe datant du 5ème siècle avant JC, et un certain nombre d'objets immergés, par exemple, les rues de l'ancienne ville recouvertes de sable, les structures portuaires de Phanagorie, et les débris du navire.
Les fouilles couvrent plusieurs domaines, y compris l'Acropole de 2.500 mètres carrés au centre de l'ancienne ville, la nécropole orientale, un ancien cimetière qui a servi de lieu de sépulture dès la fondation de la ville, et une section immergée de la ville.
L'Histoire de Phanagorie
Fondée au milieu du sixième siècle avant JC par des colons grecs, la ville était l'une des deux capitales du Royaume du Bosphore, un ancien état situé en Crimée orientale et sur la péninsule de Taman. Phanagorie était le principal centre économique et culturel de la région de la mer Noire, l'une des plus grandes villes grecques, la première capitale de la Grande Bulgarie, et l'une des principales villes du Khazar Kaganate. C'était aussi l'un des anciens centres du christianisme. Saint André est supposé avoir prêché dans Phanagorie. La ville possède la plus grande communauté juive dans la région de la mer Noire : la première synagogue en Russie a été construite en Phanagorie au 16e siècle de notre ère.
Au cours des 9° ou 10° siècles, les résidents ont abandonné la ville pour des raisons encore inconnues (la montée des eaux ?). Phanagorie est entourée de la plus grande nécropole de la Russie, couvrant une superficie de plus de 300 hectares. Le volume total des couches culturelles se compose de 2,5 millions de mètres cubes de sol avec une profondeur jusqu'à sept mètres. Aucune construction ne s'est produite dans la ville depuis les temps anciens, ce qui a contribué à préserver les ruines et les artefacts historiques. Des expéditions archéologiques régulières ont été menées dans Phanagorie depuis la fin des années 1930. De nos jours, seulement deux pour cent de la zone connue de la ville ont été étudiés.
Phanagorie est située sur la côte asiatique de l’actuel détroit de Kertch, l’antique Bosphore Cimmérien, entre la presqu’île de Kertch et la presqu’île de Taman. Phanagorie a été fondée au milieu du VIe siècle avant JC (vers -543), par des fuyards de la cité de Téos, en Asie Mineure, qui, selon Hérodote, avaient dû quitter leur patrie menacée par les Perses. Elle joua, face à Panticapée, l’actuelle Kertch, un rôle majeur durant toute l’Antiquité. C’était, en quelque sorte, la seconde capitale, orientale, du royaume grec du Bosphore. La ville cessa définitivement d’exister au début du Xe siècle, pour des raisons inconnues pour l'instant.
Le site photographié d'avion en 1960
La cité était installée en bordure du golfe de Taman et s’étageait sur deux plateaux, l'inférieur ayant été submergé. La partie aujourd’hui visible du site couvre une surface d’environ 1 000 m sur 400 m, auxquels il faut ajouter ce qui a été submergé par les eaux du golfe. La ville ancienne couvre en réalité une superficie de plus de 60 hectares. Particulièrement riche, la couche archéologique, de 6 à 7 m d’épaisseur, recèle une très grande quantité de vestiges archéologiques qui se sont accumulés au cours des quelque seize siècles de l’existence de la cité. En effet, à la différence des autres sites grecs de la presqu’île de Taman, et de nombre d’autres villes antiques de la mer Noire et de la Méditerranée, Phanagorie a été construite non pas sur le rocher, mais sur un sol sableux ou argileux (loess), si bien que les niveaux d’occupation, peu ou pas nivelés au cours du temps, s’y sont superposés depuis l’époque archaïque jusqu’à l’anéantissement de la ville, offrant une stratigraphie d’une grande richesse.
Vue de la nécropole (au premier plan) et du site de Phanagorie en 1859 (dessin de
K. Goertz).
Malheureusement, l’état de conservation des vestiges architecturaux est très mauvais. Faute de carrières proches, les habitants ont, au long des siècles, pillé les structures anciennes, réutilisant leur matériau pour construire. D’un bâtiment ne reste, dans la plupart des cas, qu’un ou deux fragments de murs, ce qui rend souvent extrêmement aléatoire la restitution du plan et des dimensions des maisons. À Phanagorie, pendant les périodes grecque et romaine, on construisait les bâtiments d’habitation en pierre pour les fondations et en brique crue pour les murs. Les restes de maisons en briques crues appartenant à la plus ancienne période de l’histoire de la ville sont rares. Les maisons de cette époque étaient de construction simple et de dimensions modestes : de plan carré ou rectangulaire, elles avaient une surface de 15 à 20 m2. Les bâtiments de Phanagorie étaient séparés par des rues et des ruelles, les plus grandes faisaient environ 2,50 m de large, et les petites ruelles 0,50 m tout au plus.
La Phanagorie de l’époque classique était une cité grecque typique, comme en témoignent les nombreux objets associés aux différentes activités retrouvés au cours des fouilles. On prendra donc garde à l’opinion très répandue considérant le Royaume du Bosphore comme un État gréco-barbare. Sans doute l’explication psychologique de ce point de vue repose-t-elle avant tout sur le facteur géographique : le Royaume, situé aux confins de l’oikouménè grecque, était entouré de nombreuses tribus barbares. Les partisans de cette manière de voir les choses s’appuient sur plusieurs arguments, qui vont de la présence de constructions non grecques, comme les huttes, et de celle de tumuli scythes (les kourganes) sur le territoire des nécropoles des villes bosporanes, jusqu’à l’existence d’un art dit « gréco-scythe », mais jusqu’à présent aucune tentative systématique pour justifier ce point de vue n’a été entreprise. Cette thèse prête néanmoins à bien des objections, aussi bien d’ordre général que très concrètes. Ainsi, la cité grecque était un monde clos et la présence d’étrangers, y compris des barbares, ne changeait point sa structure.
Selon les sources écrites, les villes du Bosphore fournissaient à la Méditerranée du blé, en échange de vin, d’huile d’olive, etc. Étant donné la fertilité du sol dans la presqu’île de Taman, il semble que l’essentiel du blé du Bosphore y ait été produit. Nous ignorons les dimensions du territoire agricole dont Phanagorie tirait sa subsistance, mais, à en juger par la localisation des cités voisines, il mesurait quelques dizaines de kilomètres carrés. Quoi qu’il en soit, il est évident que Phanagorie était l’un des principaux fournisseurs du blé qui, par l’intermédiaire de Panticapée, approvisionnait Athènes et d’autres cités méditerranéennes au IVe et au début du IIIe siècle av. notre ère. D’où l’abondance d’amphores et d’autres objets importés dans la couche du IVe siècle par rapport aux siècles précédents et suivants. À cette époque, Phanagorie était un marché qui centralisait l’échange de marchandises avec les régions adjacentes à la partie asiatique du Bosphore, comme Strabon le rapporte pour des temps plus récents (XI.2,10).
Une des trouvailles les plus remarquables est celle d’un trésor de monnaies d’argent de l’époque archaïque. Les premières monnaies apparaissent sur le territoire du futur royaume du Bosphore au milieu ou dans le troisième quart du VIe siècle av. notre ère. Elles étaient frappées à Panticapée et portaient sur l’avers un mufle de lion et sur le revers un quadratum incusum. Le trésor de Phanagorie a été découvert dans une petite olpè ionienne cachée dans le mur en briques crues d’une maison. Elle contenait 162 pièces dont 8 sont des drachmes. On a donc trouvé d’un seul coup à Phanagorie plus de pièces du VIe siècle av. notre ère qu’on n’en connaissait jusque-là.
On notera une trouvaille exceptionnelle au sein d’un tumulus, dans lequel on a découvert une construction faite de deux murs parallèles en pierre, l’un à l’est et l’autre à l’ouest, avec une couverture de rondins entièrement décomposés. Une fois les rondins enlevés est apparue une structure inhabituelle dont il était bien difficile de comprendre d’emblée la destination fonctionnelle. Elle était composée de blocs travaillés de calcaire coquillier disposés en cercle en six assises qui formaient comme une sorte de rosette à multiples pétales imbriqués. La clé de cette énigme est apparue après l’enlèvement des deux blocs couronnant l’ensemble de la construction. Cette dernière s’est révélée un caveau rond en pierre avec une voûte en encorbellement dont la rosette à multiples pétales formait l’extérieur. Au caveau conduisait un dromos en forme de corridor couvert de gros rondins. Le caveau avait 2,87 m de haut et 2,45 m de diamètre. Il était vide. Trois blocs manquaient dans le coin droit supérieur de l’entrée qui était barrée de pierres. C’était par là que les pillards étaient entrés. Quasiment aucun vestige d’inhumation n’y fut retrouvé, si ce n’est, sur le sol, des traces de bois témoignant de ce qu’il y avait eu là un sarcophage en bois. Un seul objet, une monnaie en bronze de Panticapée datée du IVe siècle av. notre ère, a été trouvé sur le sol de la chambre.
On connaît à l’heure actuelle dix-huit tombes à voûtes en encorbellement, dont la majorité ont été découvertes en Crimée. Elles sont toutes de plan carré ou rectangulaire. Celle de Phanagorie représente un nouveau type de tombeau, avec une chambre de plan circulaire à coupole arrondie. Les tombes à voûte en encorbellement constituent un phénomène caractéristique de l’architecture funéraire du royaume du Bosphore. De longue date les chercheurs tâchent d’en retracer les origines.
Phanagorie est un terrain favorable pour l’archéologie sous-marine. À peu près un tiers du site est submergé par les eaux du golfe de Taman. On notera que la mer n’y est profonde que de trois mètres. Dans la zone située près de la côte, on peut voir non seulement de nombreux fragments de céramique antique et médiévale mais aussi des vestiges de constructions en pierre. La carte bathymétrique a montré que la partie submergée de Phanagorie correspondait à une bande qui apparaît marquée par diverses nuances de jaune et mesure de 200 à 270 m de largeur du nord au sud, sur environ 1 km de longueur d’est en ouest. Il en résulte que la partie submergée de Phanagorie couvre environ de 22 à 25 ha. Quant à l’élévation du niveau de la mer au cours des deux derniers millénaires et demi, nos observations sous-marines montrent qu’elle n’a pas excédé trois mètres (tout de même). Dans la partie submergée de Phanagorie, les fonds sont couverts par une couche de sable et de vase dont l’épaisseur varie de 30 à 70 cm.
Non loin de la limite occidentale du site, à 120 m du littoral, on a trouvé l’angle d’un bloc de marbre. Le fond à cet endroit est couvert de sable et d’algues. Après nettoyage, par une drague suceuse, d’un secteur d’une superficie de 100 m2 on a découvert sous la couche de sable un amas de pierres qui se sont révélées être des blocs de construction, des détails architecturaux, des fragments de statues en marbre et des inscriptions. La plus grande partie appartenait à un bâti de bois fait de grosses poutres. Quatre inscriptions présentent un intérêt très particulier. La première inscription porte sur la restauration d’un portique ; la deuxième est une dédicace du roi Aspourgos ; la troisième orne le piédestal d’une statue du roi Sauromatès II ; quant à la dernière, elle n’est autre que l’épitaphe de la femme de Mithridate VI Eupator, Hypsikratia, appelée par son surnom masculin, le même décrit par Plutarque.
Ces inscriptions repêchées sont très importantes historiquement car elles confirment des écrits historiques de Plutarque et même informent sur le nom d'un roi et son origine inconnue jusqu'à présent (voir le lien sur la communication archéologique ci-dessous pour plus de détails).
Caraibes et archéologie : les découvertes en République Dominicaine
Quand on parle des Caraïbes, on cite souvent les pirates et les corsaires, le rhum, Christophe Colomb, les tropiques et le sable fin. Certains parlent parfois du Triangle des Bermudes, ou encore de l'Atlantide et de Bimini, de pyramides englouties au large de Cuba... mais on n'entend jamais personne se soucier d'antiquité ou de préhistoire dans ces régions. Pour une majorité de gens, ces territoires sont jeunes et étaient vierges, voir inconnus avant les débuts de l'esclavagisme et de l'arrivée des conquistadores espagnols...
Quelle ne fut donc pas la surprise de Sir Robert H. Schomburgk lorsqu'en 1849, il découvrit les grottes de Borbon ou " del Pommier " et leurs peintures rupestres étonnantes. Ses écrits, publiés en 1854 à Londres, restent parmi les plus anciens connus parlant des peintures rupestres au niveau mondial. C'était tellement inattendu d'ailleurs pour la science de l'époque, que cette découverte faite en République Dominicaine (ou île Hispaniola, où Colomb établi ses quartiers à son arrivée) retomba assez vite dans l'oubli... : Voir ci-dessous :
Situées à environ 35 kilomètres à l'ouest de Santo-Domingo (Saint-Domingue) et à côté du village de Borbon, c'est 55 cavités qui ont été localisées dans un petit karst composé de collines boisées atteignant les 170 mètres de hauteur. Ces grottes sont en majorité des abris sous roche, des grottes horizontales d'environ 200 mètres de développement, ou de grottes plus importantes accessibles par des puits et des dolines d'effondrements (sur 10 à 40 mètres) et recoupant des galeries ou tunnels importants.
Une pyramide ou un temple mégalithique découvert dans le lac de Tibériade
Les archéologues ont découvert au fond de la mer de Galilée (appelé également lac de Génésareth ou lac de Tibériade) en Israël une pyramide géante de forme conique construite à partir de blocs de basalte et de roches. La pyramide pèse quelque 60 000 tonnes et a 10 m de haut.
Selon certaines hypothèses, de telles constructions ont été utilisées comme tombeaux.
La pyramide mystérieuse a été détecté pour la première fois en été 2003 pendant l'échosondage du fond de la mer. Ensuite elle a été étudiée par des plongeurs.