Arménie

Mélusine: affinités avec les déesses-mères de l’Asie Mineure?

Mélusine : quelles ressemblances avec les déesses-mères de l’Asie Mineure ?

 

Melusine lusignan vienne

Le sentier de Mélusine vous conduit sur les lieux de la rencontre entre Mélusine et Raymondin. Mélusine-Lusignan-Vienne

 

A la suite de sa proposition, voici un texte de l'auteure Lousiné Terteryan, qui constitue sa première contribution à une collaboration entre écrivains partageant des passions proches. Auteure du livre "La Plume magique" aux Editions Edilivre, un conte pour enfants et adultes restés jeunes dans leur tête, je partage les messages de ce conte qui sont, comme elle le dit dans son interview : " Il y a trois messages dans cette histoire : le premier, l’écologie , la Mère Nature, il faut l’aimer, la respecter et la protéger, le deuxième ne pas couper les liens entre son enfance et sa vie d’adulte, donc rester toujours un peu un enfant et enfin le troisième croire à la magie de la vie. "

https://www.edilivre.com/rencontre-avec-lousine-terteryan-auteur-de-la-plume-magique/

 

Laplumemagique

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Mélusine, un personnage féminin légendaire très ancien, pour les mythologues est la “mater lucina" romaine qui présidait aux naissances, ou une divinité celte, protectrice de la Font-de-Sé (fontaine de la soif). Il pourrait également s’agir de la Lyké des Grecs, de la Mélugina des Ligures ou de la Milouziena des Scythes, dont le peuple serait issu d’Héraclès et d'Echidna, elle-même a une queue de serpent et des ailes de chauve-souris. Pour les Gaulois, elle serait plutôt une sorte de Parque du nom de Mélicine (la tisseuse), d’où le thème de la destinée, très présent dans le mythe de Mélusine. (https://mythologies.blog4ever.com/melusine-ancienne-terra-mater)

Mais ce personnage semble être plus ancien car elle ressemble plutôt à celles de divinités mésopotamiennes telles qu’Ishtar (vénérée chez les Akkadiens, Babyloniens et Assyriens), Inanna (déesse sumérienne), Sémiramis (déesse assyrienne). Toutes ces déesses incarnaient la fécondité, l’amour et la beauté dans les panthéons respectifs.

Selon certains spécialistes Mélusine signifie “merveille" ou “brouillard de la mer”. Pour les Lusignan, on l’appelle “Mère Lusigne” (la mère des Lusignans), fondatrice de leur lignée. Dans le dictionnaire Littré, elle est appelée “Merlusigne”, ce qui pourrait faire penser à une connotation aquatique. (https://mythologies.blog4ever.com/melusine-ancienne-terra-mater)

Enfin, Mélusine possède des traits qui la rendent encore plus ancienne : elle possède des caractères de la déesse-mère remontant à la période du matriarcat.

Pour quelqu’un qui connais le folklore et la mythologie arménienne, Mélusine rappelle la légende de Sémiramis la fameuse reine bâtisseuse assyrienne, transmise dans “L’histoire d’Arménie” de Moïse de Khorène (historien arménien du Ve siècle).

Pour révéler les ressemblances entre Sémiramis et Mélusine, il suffit de connaître la légende d’Ara le Beau et de Sémiramis. Dans les légendes, issues de l’historiographie médiévale arménienne, Sémiramis est une reine assyrienne amoureuse d’Ara le Beau - le roi d’Arménie.

 

Jpg ara le beau et semiramis

couverture du livre (ARA AND SEMIRAMIS - Book 20 in the Baba Indaba Children's Stories – Anon E. Mouse)

 

Quelle est l’histoire de la légende d’Ara le Beau et de Sémiramis ?

 

Ara était un roi arménien et très beau. La rumeur de sa beauté parvint aux oreilles de la reine Sémiramis, femme de Ninos qui se met alors à le désirer en secret. Celle-ci profite de la mort de son mari pour le courtiser (selon une autre version, elle demande de son mari le règne pour une seule journée. Ce jour-là, elle ordonne qu’on exécute le roi).

Alors, Sémiramis envoie des messagers chargés de cadeaux pour faire venir Ara à Ninive auprès d'elle et en faire son époux. Mais Ara était fidèle à sa femme. Sémiramis, folle de rage qu'il repousse ses avances, déclare la guerre à Ara le Beau, tout en enjoignant à ses généraux de l'épargner.

Au cours de la bataille, Ara trouve la mort. Quand elle découvre son cadavre, elle ordonne de le mettre sur la terrasse de son palais. La reine Sémiramis avait une réputation de magicienne, elle ordonne aux dieux nommés aralez (créatures mythiques - chiens-ailés) de lécher ses blessures pour le ramener à la vie. Le cadavre commence à se putréfier, alors elle le fait enterrer en secret et monte une supercherie en déguisant un autre homme qu'elle désigne au peuple en disant : « Les dieux ont léché Ara, l'ont ramené à la vie ».

Il faut souligner que l’historien chrétien du Moyen Âge, Moïse de Khorène présente cette légende en tant qu’histoire vraie. C’est-à-dire, il rédige tout ce qui lui semble invraisemblable. La légende ne nous est pas parvenue dans sa forme initiale où Ara le Beau devrait revenir de l’au-delà, c’est-à-dire, renaître. (YH : selon d'autres mythographes, la reine assyrienne Sémiramis plaça le cadavre d'Ara le Beau sur une haute montagne afin que les Aralez viennent lécher ses blessures de guerres pour le guérir. En attendant sa résurrection, Sémiramis déguisa un homme qui lui ressemblait et l'habilla comme Ara).

 

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