Dossier : Neanderthal

 

 

Voici un dossier regroupant tous les articles concernant l'Homme de Neanderthal présents sur ce site, servant de compilation de données récentes sur le sujet ainsi que les articles y faisant référence même si ce n'est pas le thème principal (des ajouts à venir).


 

Traces de l'Homme de Neandertal aux Amériques ?

 

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Archaic skull from Oleniy Island studied by Marija Gimbutas among other archeologists, showing the position of the mental foramen, the result probably of Neanderthal interbreeding.

 

Il y a un homme de Neandertal dans les archives des fossiles en Amérique. Et apparemment, un enregistrement de fossiles de Neandertal hybrides.

Aucune publication génétique n'a mis tous les éléments ensembles : la recherche génétique est encore dans le déni de la plupart des choses sur Neandertal. La preuve est dispersée et souvent méconnue, mais, à notre avis, il y a des preuves concluantes et visibles. Prenons l'article suivant :

Frank L'Engle Williams et Gail E. Krovitz"Ontogenetic Migration of the Mental Foramen in Neanderthals and Modern Humans" Journal of Human Evolution 47/4 (Oct. 2004) 190-219.

Le "petit trou du menton" (littéralement «mental foramen») est une caractéristique anatomique très marquée chez les Néandertaliens, une petite fossette dans la mâchoire inférieure du crâne sous les dents, ou de la mandibule. On le trouve de façon sporadique chez l'homme, où il est classé comme archaïque. Parmi les endroits où il a été identifié sont les îles Oleniy et la région de la Baltique, du Nord-Ouest de la Russie, dans Cro-Magnon, comme les types europoïdes et mongoloïdes, avec des tores occitaux «grands et massifs" ou des "bosses d'Anatolie" (Alexander Mongait, 1959; Marija Gimbutas, 1956 ); à Bakhehisarai en Crimée (Alexander Mongait, 1959), le Joman ou Ainu du Japon (Carleton Coon Stevens, 1962), et la «race des géants» continuellement mis au jour dans la côte Ouest, vallée de l'Ohio et sur de nouveaux sites archéologiques, des grottes en Angleterre et des monticules.

Des squelettes "géants" archaïques avec trou mentonnier, des bosses occipitales, une double rangée de dents et d'autres caractéristiques de Neandertal sont signalés, en fait, partout dans les Amériques. Fritz Zimmerman a rassemblé un grand nombre de preuves dans un nouveau livre intitulé Chroniques Nephilim, dont un petit extrait a été publié en Américain Ancien magazine, numéro 91, pp 24-27. Voici un des articles de journaux qu'il cite :

Nouvelles du soir (Ada, Oklahoma) 8 Novembre 1912. " Des hommes primitifs de taille gigantesque. "

" Onze squelettes d'hommes primitifs, avec le front en pente directement dans les yeux et deux rangées de dents à l'avant de la mâchoire supérieure, ont été découverts à Craigshill à Ellensburg, Washington. Ils ont été retrouvés à une vingtaine de pieds sous la surface et à une vingtaine de pieds en arrière de la surface de la pente, dans une formation rocheuse de ciment sur laquelle était une couche de schiste. Le rocher était parfaitement sec. Les mâchoires, qui cassent facilement, sont si grandes qu'elles iraient autour du visage d'un homme d'aujourd'hui. Les autres os sont aussi beaucoup plus grands que ceux d'un homme ordinaire. Le fémur est de vingt pouces (51 cm) de long, ce qui indique un homme de quatre-vingts inches de hauteur (plus de 2 mètres). Les dents de devant sont usées presque jusqu'aux mâchoires, à force, croit-on, de manger des aliments crus et de broyer des substances avec les dents. Le crâne incliné montre un stade extrêmement faible d'intelligence. " (YH : ce n'est pourtant pas du tout un critère d'intelligence...).

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The Thing

 

" Nous notons que la momie féminine, qui est un enfant connu sous le nom The Thing sur l'affiche d'une attraction en bordure de route sur l'autoroute 10 au nord de Tombstone, en Arizona, a une double rangée de dents. Il était censé être l'un des trois squelettes vendus à l'opérateur du site original pour 50 $ par un Chinois de passage. La chose est discutée dans plusieurs œuvres de David Hatcher Childress . (Mon fils et moi avons payé nos deux dollars et il l'a vu à Noël dernier lors d'un voyage sur la route.) "

Sources http://dnaconsultants.com/_blog/DNA_Consultants_Blog/post/Neanderthals_in_America/

Autres liens en relation : http://gianthumanskeletons.blogspot.com/2012/01/giant-human-skeletons-with-archaic.html

http://gianthumanskeletons.blogspot.com/2012/01/giant-human-skeletons-headlines.html

" Dans une nouvelle étude, publiée dans la revue Science, Svante Pääbo et ses collègues comparent le génome Dénisovien avec ceux des Néandertaliens et de onze hommes modernes du monde entier. Leurs résultats confirment une étude antérieure selon laquelle les populations modernes des îles de l'Asie du sud-est (Mélanésie, aborigènes d’Australie) partagent des gènes avec les Denisoviens. En outre, les génomes des populations d'Asie orientale et d'Amérique du Sud ont un peu plus de gènes en commun avec les Néandertaliens que ceux des européens ".

http://www.hominides.com/html/actualites/homme-denisova-la-famille-se-precise-0646.php

 

 

 

Neandertal en Sibérie aussi : 

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http://www.hominides.com/html/actualites/neandertal-siberie-est-0071.php

Outils néandertaliens : 

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Autre donnée : http://www.lepoint.fr/sciences-nature/neandertal-aurait-conquis-l-amerique-130-000-ans-avant-christophe-colomb-27-04-2017-2123185_1924.php

Traductions par Yves Herbo S-F-H 03-2013


 

Néanderthal savait faire de très belles parures

 

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Un enfant néandertalien, une des superbes « reconstructions » réalisées par Élisabeth Daynès, qui travaille avec des paléontologues. L'Homme de Néandertal est une espèce humaine qui a vécu 300.000 ans, en Europe, en Asie et en Afrique. Son nom vient de l'endroit où le premier squelette a été découvert en 1856 : la vallée de Neander, en Allemagne. Vallée se disant thal en vieil allemand, le h est conservé dans le nom latin Homo neanderthalensis et, par certains, dans le nom francisé. © Ph. Plailly/Eurelios

Qui a façonné les superbes parures et les outils finement taillés de la grotte du Renne, à Arcy-sur-Cure, caractéristique de la culture dite châtelperronienne ? Néandertal, comme semblent le montrer les dents associées ? Nos ancêtres, comme pousse à le croire la sophistication de ces créations ? Deux études ont tranché : c’est Néandertal. L’une est toute fraîche et basée sur des datations. L’autre a 1 an et s’appuie sur une analyse statistique. Mais les conclusions diffèrent…

Oui, c’est l’Homme de Néandertal qui a fabriqué les parures et les outils de la grotte du Renne, à Arcy-sur-Cure dans l’Yonne, France. C’est bien à Homo neanderthalensis que l’on doit cet art dit châtelperronien, une culture au sens que lui donnent les paléontologues, c’est-à-dire un ensemble de techniques et de styles pour fabriquer des outils, des parures, des pigments ou des peintures pariétales. C’est le résultat de datations effectuées sur 31 objets de cette grotte (dents humaines et outils en os) et sur un fragment de tibia trouvé à Saint-Cézaire (Charente-Maritime). L’équipe internationale réunie autour de Jean-Jacques Hublin, de l’institut Max Planck (Allemagne), où figurent des chercheurs du CNRS et de l’Inrap, a réalisé une filtration poussée du collagène puis une datation au carbone 14 effectuée à Mannheim, par spectrométrie de masse par accélérateur (SMA).

Restes humains et objets façonnés à la façon châtelperronienne datent tous de -35.380 à -40.970 ans : Néandertal était bien l’artisan habile qui a créé ces jolis objets, détaille la publication dans les Pnas. En 2011, une autre équipe, formée par François Caron, Francesco d'Errico, Pierre Del Moral, Frédéric Santos et João Zilhão, travaillant sur cette même grotte, parvenait à la même conclusion grâce à une étude statistique de la répartition de tous ces restes dans les couches de terrain. La messe est dite.

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Des objets découverts dans les couches châtelperroniennes de la grotte du Renne à Arcy-sur-Cure (Yonne). 1-11 : objets de parure ; 12-16 : pigments rouges et noirs avec traces d’abrasion ; 17-23 : outils en os. Image extraite de la publication parue le 29 juin 2011 dans la revue Plos One. © 1-11 Vanhaeren, 12-16 Salomon, 17-23 d’Errico/Vanhaeren


Mais cela n’empêche les paléontologues de se questionner sur les mystérieux rapports qu’entretenaient les deux Homo de l’époque, sapiens et neanderthalensis, qui ont longuement cohabité en Europe jusqu’à la disparition du second, vers -28.000 ans. Aujourd’hui, le résumé de l’article cosigné par Jean-Jacques Hublin parle d’imitation : Néandertal, fasciné par Homo sapiens, fraîchement débarqué en Europe, aurait fait comme lui.

L’explication ne convainc pas du tout Francesco d'Errico, de l'université de Bordeaux-1. Pour lui, comme il l’explique à Futura-Sciences, ces nouvelles datations confirment que Néandertal est bien l’auteur de ces techniques châtelperroniennes mais pas qu’il s’agit d’imitations car cette culture apparaît bien trop tôt. Il n'est pas facile en effet de démêler l'écheveau de la grotte du Renne...

De Néandertal à Cro-Magnon : une stratigraphie difficile à déchiffrer

L’énigme dure depuis que le paléontologue André Leroi-Gourhan a exploré cette grotte, au milieu d’un site riche, dont les falaises calcaires ont été visitées en plusieurs endroits par d’innombrables générations. Entre 1949 et 1963, l’équipe de Leroi-Gourhan a mis en évidence une succession d’occupations entre -45.000 et -28.000 ans. Dents humaines, ossements d’animaux, outils en pierre et en os, parures et peintures pariétales : on trouve une longue série de témoignages de multiples époques.

Les niveaux les plus anciens témoignent du Moustérien, une culture attribuée sans controverse à l’Homme de Néandertal. Les couches les moins anciennes, du temps de l’Aurignacien et du Magdalénien, sont, sans équivoque, celles d’Homo sapiens, c’est-à-dire l’Homme moderne.

Entre les deux, la couche de la controverse : le Châtelperronien. Intermédiaire entre le Paléolithique moyen et le Paléolithique supérieur, la culture châtelperronienne a été décrite pour la première fois par l’abbé Breuil après des fouilles près du village de Châtelperron (Allier).

 

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La stratigraphie de la grotte du Renne, où se superposent des époques successives, témoins des activités humaines du Paléolithique : le Moustérien, le Châtelperronien, le Châtelperronien tardif (later) et le Protoaurignacien. Avec les mouvements de terrain et de matériaux qui ont eu lieu, verticalement et horizontalement, cette archive est aujourd'hui d'une lecture délicate. © J. J. Hublin et al./Pnas


Néandertal : imitateur ou créateur ?

Dans la grotte du Renne, les parures et les outils finement taillés appartiennent à cette culture mais les dents humaines, elles, sont néandertaliennes. Conclusion des uns : l’Homme de Néandertal a fabriqué ces délicats objets. Conclusion des autres : impossible : durant tout le Moustérien, ces Néandertaliens n’ont pas fait évoluer leurs techniques, restées frustres et n’ont donc pas pu améliorer brutalement son art. Si des dents se trouvent au même niveau, c’est parce que le hasard des mouvements verticaux à l’intérieur du sol a déplacé ces objets jusqu’à les rendre voisins. La réponse réside donc dans les datations précises de tous ces objets. De nombreuses fouilles ont été effectuées depuis une quinzaine d’années mais sans permettre de conclusions définitives car il reste peu de choses.

Les interprétations ont largement divergé. Jean-Jacques Hublin, par exemple, estimait déjà, en 1997, que les objets châtelperroniens découverts avec des restes de Néandertaliens pouvaient avoir été fabriqués par Homo sapiens mais échangés lors de rencontres amicales. Pour Francesco d’Errico, tout cela ne colle pas. « Les dates du début du Protoaurignacien sont trop récentes par rapport au début du Châtelperronien » nous explique-t-il. Autrement dit : Néandertal fabriquait déjà des objets sophistiqués avant d’avoir pu admirer l’art aurignacien de l’Homme moderne. Pour lui, on fait dire à des datations ce qu’elles ne peuvent pas dire. La méthode au carbone 14 n’est pas utilisable avec les outils en pierre et les restes organiques sont bien trop fragiles. « Il suffit d’un peu de matériel contaminant pour vieillir ou rajeunir une pièce de quelques milliers d’années… »

C’est pourquoi l’étude publiée en 2011 et à laquelle il a participé portait sur la répartition de tous les éléments au sein des couches stratigraphiques et analysait les probabilités pour retrouver les associations (outils, ossements, restes d’activités…) constatées sur le terrain. Le résultat étant qu'il est fort peu probable que le hasard ait réuni ces restes de la manière dont on les a trouvés.

Quoi qu'il en soit, les deux méthodes convergent : Néandertal ne s’est pas limité aux frustres silex taillés qu’on lui attribue depuis longtemps. Notre défunt cousin, dont il a longtemps été dit qu’il ne pouvait même pas parler, reste encore mal connu…

Source : http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/paleontologie/d/neandertal-savait-faire-de-tres-belles-parures_42302/#xtor=RSS-8

YH traductions - SFH 11-2012

 

 

 


 

Les neandertaliens européens mieux outillés que les premiers hommes modernes

 

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Depuis les découvertes en 2005 des deux plus anciens cranes qualifiés à 100% d'hommes modernes, en Afrique, Ethiopie et datés assez précisémment de -195.000 ans avant maintenant (OMO1 et 2), certaines datations, migrations et possibles interactions entre différents genre d'hominidés et l'homme moderne est devenu évident. Ainsi, les datations de ce qu'on appelle l'Homme de Fiorensis, descendant direct des Erectus nous apprennent qu'il vivait encore il y a moins de 20.000 ans. La disparition totale du neandertalien est encore un mystère, même si on sait maintenant qu'une partie au moins s'est probablement assimilée à l'homme moderne (moins de 4% de l'ADN des européens actuels), mais il est maintenant certain que plusieurs sortes d'hominidés ont probablement croisé la route de l'homme moderne. Jusqu'à encore très récemment, le dogme scientifique (et devant effectivement tenir compte d'un soudain développement technique vers - 40.000 ans) était que c'était l'homme moderne qui avait eu le premier l'idée de techniques plus sophistiquées dans la taille de la pierre, mais aussi du cuir et de la peau (par exemple). 

Une nouvelle étude parue dans les PNAS de la célèbre Académie des Sciences Américaine vient complètement infirmer ce dogme. Cette recherche internationale, à laquelle plusieurs chercheurs français ont participé, dont Marie Soressi, associée à l’institut Max Planck à Leipzig (Allemagne), prouve que l'homme de Néandertal a façonné des outils en os bien avant que l'Homme moderne n'ait encore posé les pieds en Eurasie. Il est impossible d'après ces datations que ce dernier ait pu jouer le moindre rôle de professeurs envers les néandertaliens, comme l'affirmait jusqu'à présent un dogme tenace.

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Les lissoirs mis au jour dans deux sites néandertaliens en France. Leur bout arrondi suggère qu'ils ont servi à travailler des matériaux tendres et non rigides comme de la pierre. Les auteurs ont de leur côté façonné des outils similaires qu'ils ont testés sur des peaux, et ont montré que lorsqu'ils cassaient, ils laissaient des fragments identiques à ceux récoltés. Cela sous-entend qu'ils devaient bien être conçus dans ce but. © Projets Abri Peyrony et Pech-de-l'Azé

Et ce sont des lissoirs à peaux façonnés, datés de plusieurs manières de - 51.000 ans, qui affirment le haut degré de technicité des néandertaliens...

La plupart du temps, les outils en os sont identiques à ceux fabriqués en pierre. La principale différence provient bien sûr de la différence de propriétés entre ces matériaux. Rarement de textures identiques, l'os à l'avantage de pouvoir plier parfois sans rompre. C'est la raison pour laquelle (et encore très récemment), l'os a été principalement utilisé pour les lissoirs, des outils conçus pour lustrer et imperméabiliser les peaux. L'os de cerf, de rennes ou d'élan sont les plus propices.

Le lien entre l'outil trouvé à Pech-de-l'Azé en Dordogne, France il y a une dizaine d'années et le métier de la peau a été établi lorsque Marie Soressi a envoyé ce fragment pour analyse auprès d'un fabriquant de produits de luxe parisien qui travaille le cuir. La compréhension de l'utilisation de l'objet préhistorique bien arrondi à son extrémité a sauté aux yeux du personnel, puisqu'il a recours lui-même à ce type d'objets pour travailler le cuir, encore de nos jours !

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Shannon McPherron, elle aussi de l’institut Max Planck, a mené une équipe qui a déterré trois autres fragments d'outils similaires à une trentaine de kilomètres, sur le site de l’abri Peyrony. Pour les auteurs, il n’y a aucun doute : les lissoirs rapportés de leurs fouilles ont bien été façonnés par des Néandertaliens. Les objets alentours sont typiques de notre cousin, tandis qu’on ne relève aucune trace d’une occupation par les Hommes modernes. Les analyses au radiocarbone ont permis de dater ces lissoirs. Le premier découvert remonterait à 51.000 ans. Les autres étaient situées dans des couches âgées entre 48.000 et 41.000 ans.

Mais (pour l'instant et officiellement, contesté bien sûr), le plus vieux site occupé par des Hommes modernes en Europe occidentale jusque-là mis au jour daterait de 42.000 ans, bien que des spécialistes pensent que leur arrivée est plus ancienne de quelques millénaires (vers -48000). Difficile malgré tout de croire qu’ils aient pu enseigner leur technologie à Néandertal 9.000 ans plus tôt. Sauf bien sûr si les hommes modernes et les néandertaliens se soient en fait rencontrés bien plus tôt, en Afrique ou dès les débuts de la première migration de l'homme moderne (dont nous ne sommes pas sûrs)... l'homme moderne étant déjà là et bien formé il y a -195000 ans en Afrique, on peut aussi avoir des doutes sur son manque de performance pendant cette si longue période en Afrique... les récentes découvertes en Afrique du Sud devraient d'ailleurs bouleverser plusieurs données "établies" jusqu'à présent...

On peut déjà noter que Harold Dibble, boursier à l'université de Pennsylvanie (USA), et non impliqué dans cette recherche, était jusque ici plutôt sceptique au sujet des capacités techniques des Néandertaliens, mais il a avoué dans Science Now que les nouvelles données étaient plutôt convaincantes. Jean-Jacques Hublin, aussi de l’institut Max Planck et qui pense que l'Homme moderne est arrivé en Europe vers - 48000 ans, dit que la théorie n'est pas à jeter à la poubelle et que la datation de -51.000 ans pourrait être légèrement surestimé, ce qui permettrait aux Hommes modernes d'être bien les professeurs des néandertaliens (un tenace du dogme).

Quoiqu'il en soit, les capacités techniques des néandertaliens et leur intelligence sont bien plus évoluées qu'admis jusqu'à présent.  Les anthropologues sont aussi d'accord pour considérer maintenant que les néandertaliens devaient posséder un langage complexe, tout comme l'homme moderne...

Sources : http://www.pnas.org/content/early/2013/08/08/1302730110  + http://www.futura-sciences.com/magazines/terre/infos/actu/d/paleontologie-neandertal-aurait-il-appris-homme-moderne-travailler-os-48312/#xtor=RSS-8

Le rapport avec de belles photos des fouilles et des schémas. Attention, assez gros et met un moment à se charger (il y a un supplément avec les artéfacts sur le site des PNAS) : pnas-201302730si.pdf

Yves Herbo-SFH-08-2013.


 

Des analyses génétiques des Néandertaliens et des Denisoviens révèlent une autre espèce inconnue

 

L'homme préhistorique s'est entrecroisé de façon effrénée entre Néandertaliens, Denisoviens et une autre espèce inconnue. Cette nouvelle espèce mystérieuse semblerait indiquer un monde proche de celui du "Seigneur des Anneaux" avec différentes créatures (issues de ces croisements). Les analyses du génome du groupe humain de Néandertal, tout comme celles de celui dénommé Denisoviens révèlent que la bonne et longue entente sexuelle semble avoir inclus un autre mystérieux ancêtre de l'homme.

Ces analyses ont été présentées à une réunion de la Royal Society de Londres, et elles comprenaient  des «extraits» du mystérieux ADN - ni Homme ni Néandertal, ni Denisovien. Elles suggèrent que le croisement était endémique et plus largement entre les groupes humains vivant en Europe et en Asie 30.000 années plus tôt qu'on ne le pensait, disent les scientifiques.

Les résultats proviennent d'une nouvelle analyse de l'ADN à partir d'une Denisovienne, une hominidé découverte après les analyses d'ossements et de dents trouvés dans une grotte de Sibérie, et publiée dans la revue Nature.

La nouvelle étude des génomes a été réalisée par David Reich de la Harvard Medical School. Il a dit : « les Denisoviens semblent plus distincts de l'homme moderne que l'homme de Néandertal. Il a ajouté : « les Denisoviens portent une ascendance venant d'une population archaïque inconnue, sans lien avec les Néandertaliens », disent de nouveaux rapports scientifiques.

Mark Thomas, un généticien évolutionniste à l'University College London, qui était présent lors de la présentation, a dit : " c'est ce qui commence à me faire penser que nous sommes à la recherche d'un monde du type " Seigneur des Anneaux " - qu'il y avait de nombreuses populations d'hominidés. " (YH : sans oublier les "Hobits", les petits Hommes de Flores)

Cela vient après les virus anciens hérités de Néandertaliens qui ont été trouvées dans l'ADN de l'homme moderne.

Les scientifiques étudient les liens possibles entre les « rétrovirus endogènes », qui sont contenus dans l'ADN, et les maladies modernes telles que le sida et le cancer.

Les chercheurs ont comparé l'ADN de l'homme de Néandertal et celui des Denisovans à celui obtenu à partir de patients atteints de cancer.

Ils ont trouvé des preuves de virus de Neandertal et Denisovien dans l'ADN moderne, ce qui suggère qu'ils proviennent d'un ancêtre commun il y a plus d'un demi-million d' années.

Les Néandertaliens ont coexisté avec nos ancêtres en Europe pendant des milliers d'années, mais appartenaient à une autre sous-espèce humaine. Ils ont finalement disparu il y a environ 30.000 ans.

Environ 8% de l'ADN humain est constitué de rétrovirus endogènes ou VRE, qui sont des séquences d'ADN laissées par les virus qui passent de génération en génération.

Ils font partie des 90 pour cent du génome, parfois appelé ADN « poubelle», qui ne contient pas de codes d'instructions pour fabriquer des protéines.

 

L'analyse a inclus des « extraits » du mystérieux ADN ni humain, ni de Neandertal

Le Dr Gkikas Magiorkinis, du Département de zoologie de l'Université d'Oxford, qui a co-dirigé la recherche, a dit : « Je ne voudrais pas le considérer comme un 'junk' parce que nous ne savons pas ce qu'il fait encore. Dans certaines circonstances, deux « virus indésirables » peuvent se combiner pour causer la maladie. Nous l'avons vu à maintes reprises chez les animaux déjà. Un VRE a été démontré causer le cancer lorsqu'il est activé par des bactéries chez des souris dont le système immunitaire est affaibli.

L' équipe d'Oxford envisage maintenant de chercher des liens possibles entre ces virus anciens, appartenant à la famille HML2 des virus et le cancer ainsi que le VIH / sida.

« Comment les patients ayant le VIH répondent à HML2 est lié à la vitesse à laquelle un patient va vers le sida, il y a donc clairement un lien là-bas, » a déclaré le Dr Magiorkinis.

« Les patients VIH ont également à risque beaucoup plus élevé de développer un cancer, pour des raisons qui sont mal comprises. Il est possible que certains de ces facteurs à risques soient génétiques, et peuvent être partagés avec HML2.

« Ils deviennent également réactifs dans le cancer et l'infection au VIH, de sorte que pourraient s'avérer utiles en tant que cible thérapeutique dans le futur. "

Le co- auteur, le Dr Robert Belshaw, de l'Université de Plymouth, a déclaré : « En utilisant le séquençage de l' ADN moderne de 300 patients, nous devrions être en mesure de voir dans quelle l'ampleur ces virus sont dans la population moderne.

« Nous nous attendons à ce que des virus sans effets négatifs se soient propagés dans la plupart de la population moderne, car il n'y aurait pas de pression évolutive contre eux.

« Si nous constatons que ces virus sont moins fréquents que prévu, cela peut indiquer que les virus ont été inactivés par chance ou qu'ils augmentent la mortalité, par exemple grâce à une augmentation du risque de cancer.

L'étude, publiée dans la revue Current Biology, a été financée par le Wellcome Trust et le Conseil de recherches médicales.

Est-ce que les Néandertaliens ont donné le langage à l'homme moderne ?

Néandertalien - reconstitution - Spy, Belgique

Des scientifiques prétendent que notre langue moderne peut être retracée jusqu'à l'homme de Néandertal qui vivait il y a un demi-million d'années.

La recherche semble indiquer de plus en plus que nos proches cousins, les Néandertaliens, étaient beaucoup plus semblables à nous qu'on ne l'imaginait. Des chercheurs néerlandais soutiennent que le dernier ancêtre commun que nous partagions avec les Néandertaliens il y a environ un demi-million d'années, possédait la parole et un langage commun avec l'homme moderne.

Ils croient que les origines de la langue moderne sont dix fois plus anciennes qu'on ne le pensait.

Les scientifiques de l'Institut Max Planck aux Pays-Bas sont intéressés par les implications pour la compréhension actuelle de la diversité linguistique de nos jours.

L'opinion populaire est qu'ils parlaient en grognements primitifs, mais homme de Neandertal a habité avec succès de vastes étendues de l'ouest de l'Eurasie pendant plusieurs centaines de milliers d'années, au cours des âges difficiles et des périodes interglaciaires plus douces.

Les chercheurs en psycholinguistique Dan Dediuand et Stephen Levinson ont déclaré que loin d'être des brutes lentes, leurs capacités cognitives et leur culture étaient comparables à la nôtre.

Le duo, qui s'est penché sur les résultats passés en détail, fait valoir que le langage et la parole essentiellement modernes sont une ancienne fonctionnalité de notre lignée qui remonte au moins à l'ancêtre le plus récent que nous avons partagé avec les Néandertaliens et les Denisovans (une autre forme de l'humanité qui est surtout connue à partir de son génome).

Leur interprétation de la preuve rare contredit un scénario populaire bien considéré par la plupart des scientifiques des langues, qui pensent que notre langue moderne a commencé avec l'arrivée soudaine de la modernité vraisemblablement due à une ou quelques mutations génétiques qui ont donné naissance à la langue.

Source : DailyMail

 

Yves Herbo Traductions-S-F-H, 11-2013

 

Génétique : Heidelbergensis n'est pas l'ancêtre de Néandertal

 

Homo heidelbergensis2 mini

Les théoriciens de l'évolution et pour certains, leur logique d'évolution linéaire avaient commencé à ancrer dans les esprits une succession d'évolutions d'un genre humain X parvenant jusqu'à nous. La théorie était (et est encore pour beaucoup) un beau tableau ordonné avec une séparation quelque part d'abord d'un primate inconnu et non encore identifié en deux branches, l'une donnant l'australopithèque et l'autre les grands singes. De l'Australopithèque, une ou plusieurs branches aurait créée (s) diverses possibilités adaptatives (plusieurs sortes d'Australopithèques donc suivant les régions) donnant à leur tour diverses espèces : Homo Rudolfensis, Homo Habilis, Homo Ergaster, Homo Robustus, Homo Antecessor...). On note aussi ici une toute autre espèce, très mystérieuse et dont la nomination comme "hominidé" n'est pas obligatoirement reconnue par tous : les Paranthropus, très rares. La théorie actuelle fait de Homo Habilis l'ancêtre de Homo Erectus, qui mènerait lui (éventuellement) à l'Homo Heidelbergensis, puis à Homo Floresiensis, Homo Dénisoviens, Homo Neanderthalensis et Homo Sapiens.

Déjà, de plus en plus d'anthropologues commencent à repousser purement et simplement du genre Homo et mêmes des genres "hominidés" tous les Australopithèques. Pourquoi ? Tout simplement parce que le concept de les prendre pour des ancêtres du genre Homo ne repose que sur 1 fait : il est parfaitement bipède, sa démarche ressemblait à celle de l'Homme grâce à la disposition de son bassin. Absolument rien d'autre ne le distingue du genre primate et singe, juste sa démarche... ce qui n'est pas suffisant.

" Les paléo-anthropologues admettent donc aujourd'hui que l'australopithèque n'est pas un maillon entre les grands singes et l'homme, comme on le supposait auparavant dans la théorie classique de l'évolution. Comme les grands singes (chimpanzé, gorille, orang-outan), ils sont trop éloignés de l'homme pour ce qui est du cerveau et du corps pour en faire des ancêtres du genre humain.

En 1978, en Tanzanie, sur le site de Laetoli, une série d'empreintes de plusieurs animaux ayant marché sur un sol meuble (cendre volcanique) a été retrouvée par l'équipe de Marie Leakey. Parmi ces empreintes, celles de 2 (ou 3 ?) êtres bipèdes sont bien visibles : ce sont deux pistes de pas parallèles s'étendant sur une vingtaine de mètres. La taille des traces indique que les individus faisaient environ 1,20 m de haut. La piste de gauche est faite de petites empreintes : femelle ou jeune, on ne sait pas ; les grandes empreintes de droite semblent dues à deux individus mâles, l'un ayant peut-être marché dans les pas de l'autre. En raison de la datation, les paléontologues disent qu'il s'agit d'empreintes d'Australopithèques.

La découverte du premier primate bipède a mis en émoi le monde entier. Aux vues de cette bipédie, à une époque où la théorie classique de l'évolution était considérée comme un "fait" admis, les chercheurs ont pensé trouver les traces de l'ancêtre de l'homme. Cependant, au cours des années qui ont suivi, de nombreux ossements d'australopithèques ont été dégagés et c'est ce nombre de fossiles qui a permis d'établir avec certitude les caractéristiques simiesques des australopithèques.

Réflexion sur le poids de la théorie évolutionniste

Un élément a fortement joué dans l'idée que les Australopithèques pouvaient être les ancêtres de l'homme : c'est la théorie de l'évolution. C'est en effet parce que beaucoup croient en cette théorie que l'on a cherché pendant des décennies les fameux "chaînons manquants" entre les espèces, supposées dériver les unes des autres. L'idée que l'homme descend du singe est un pré-supposé qui oriente les paléo-anthropologues dans leur interprétation des ossements retrouvés. L'exemple de l'homme de Néanderthal en est une autre illustration.

L'homme de Néanderthal a été décrit jusque dans les années 70-80 comme un homme presque singe, un pré-homme en quelque sorte. Les crânes de cet homme ont de fortes arcades sourcilières. Pour certains scientifiques, c'était forcément un caractère « primitif » qui faisait de lui une brute mi-homme, mi-singe, voûtée et simple d'esprit. Cette idée a été répandue par Gabriel de Mortillet, préhistorien de la fin du XVIIIème siècle, anticlérical avéré. Pour les tenants de l'évolution, un chaînon entre les singes et l'homme avait été trouvé. Plus exactement : entre certains grands singes et certains hommes. En effet, pendant l'entre-deux guerre, époque où le racisme était de mise, on a dessiné des arbres "généalogiques" des différentes races humaines. L'homme blanc été montré comme "descendant" du chimpanzé et de Cro-Magnon (le premier homo sapiens identifié comme tel), tandis que l'homme noir aurait été issu d'une lignée parallèle venant du gorille et passant par Néanderthal. Et, pour forcer la réalité à rejoindre la théorie Darwinienne, l'on a fait force reconstitutions "animalisantes" de ce dernier. Aujourd'hui, heureusement, la rigueur scientifique a prévalu sur les préjugés et l'on reconnaît Néanderthal comme le vrai homme qu'il est.

A l'inverse, dans les représentations qui ont été faites de l'australopithèque et que l'on retrouve encore dans certains livres ou documentaires, on a volontairement humanisé ce singe, au point d'en faire un "presque homme", toujours pour les mêmes raisons. Depuis les années 2000, cependant, la prise en compte des données scientifiques a été faite par la majorité.

Il faut donc faire très attention à ce qui est présenté comme étant une vérité prouvée : même en science, nos préjugés et croyances l'emportent souvent sur les faits réels et une vérité ne l'est que pour la génération qui y croit. "

Et cela vient encore d'être confirmé par les dernières découvertes faites (12-2013 la publication) avec la réussite du décodage de l'ADN de Homo Heidelbergensis... qui modifient à nouveau ce beau tableau des ancêtres éventuels de Homo Sapiens.

 

Homo 1

 

Reconstitution Homo heidelbergensis - Homme de Sima

" C'est un exploit scientifique sans précédent. A partir d'un os découvert dans une grotte espagnole, des scientifiques ont reconstitué l'ADN d'un être humain vieux de 400 000 ans. Jamais personne n'avait percé les secrets d'un code génétique si ancien.

Nous ne sommes probablement pas des descendants de "cet homme de Sima" (baptisé ainsi car trouvé dans le Sima de los Huesos (le "gouffre des os") à Atapuerca, dans le nord de l'Espagne). Mais cette prouesse pourrait permettre de remonter suffisamment dans le temps pour suivre les traces de nos ancêtres, s'enthousiasme une étude publiée mercredi 4 décembre dans la revue Nature (en anglais).

Entre l'Homo heidelbergensis, le Néandertalien et le Dénisovien

 

Homo heidelbergensis2

Un crâne d'homo heidelbergensis, trouvé dans la grotte "Sima de los Huesos", près de Burgos (Espagne) en 1992 (CESAR MANSO / AFP)

 

Ces fossiles humains sont classés par les spécialistes parmi les Homo heidelbergensis, bien qu'ils possèdent aussi des traits typiques des Néandertaliens. L'analyse de leur ADN montrent qu'ils sont en fait liés aux Dénisoviens : un groupe d'hominidés appelés aussi "hommes de Denisova", proches cousins de Néandertal et de l'homo sapiens (l'humain moderne), qui ont transmis certains de leurs gènes aux habitants actuels de l'Asie du sud-est, en particulier aux Papous, en Nouvelle-Guinée.

Mais attention, s'il partage bien des traits avec les Dénisoviens, cet "homme de Sima" en a divergé quelque 700 000 ans avant notre ère, souligne l'étude. Ainsi, cette prouesse "ouvre la voie à l'analyse des gènes des ancêtres des Néandertaliens et des Dénisoviens", résume Svante Pääbo, directeur de l'Institut Max Planck (Allemagne) et mondialement connu pour ses travaux sur la génétique des hominidés. Jusque-là, le plus ancien génome humain séquencé était âgé de "seulement" 70 000 à 80 000 ans. " - Extrait Par Francetv info avec AFP

Voilà plein d'informations intéressante dans ce petit extrait d'article. On nous dit à la fois que les Dénisoviens sont des cousins des Neandertaliens et Sapiens, et que les Heidelbergensis proviennent d'une branche qui s'est séparée des Dénisoviens il y a 700.000 ans... et que cet exemplaire espagnol en est un dernier représentant, qui s'est donc mélangé aussi avec Neandertal entre 500.000 ans et 400.000 ans (datation de ces ossements). Néandertal étant supposé être apparu vers -300.000 ans (une autre branche des dénisoviens possible ?), disparus vers -30.000 ans et Sapiens apparu vers -200.000 ans, il est maintenant admis que les Dénisoviens ont vécus au moins entre -1 millions d'années et - 30.000 ans, et se sont mélangés avec Sapiens de l'Asie du Sud-Est et à Néandertal ailleurs. Et les Heidelbergensis, que sont-ils devenus ? On voit qu'ils proviennent d'une divergence d'avec Dénisovien il y a 700.000 ans (due à migrations, changements climatiques, mutation subite, croisement avec une race X ?), mais on estime qu'il a disparu complètement il y a 200.000 ans (juste à la "naissance" de Sapiens donc...), après s'être largement mélangé avec Néandertal... qui disparaît lui à peu près en même temps que les dénisoviens, il y a 30.000 ans.

Le tableau "darwinien" serait donc maintenant quelque chose comme - Homo Erectus (apparu en Afrique ou Asie (mêmes datations) vers -2 millions d'années) vers Homo Antecessor, (apparu en Europe (?) vers -1.2 million d'années, vers Dénisoviens apparus vers - 1 million d'années (ou Antecessors et Dénisoviens sont les mêmes en fait, ces derniers ayant migrés vers le Caucase et l'Asie après ?), vers Heidelbergensis (issus donc il y a 700.000 ans des Dénisoviens), qui ne donne donc pas Neandertal vers -350.000 ans et n'ont aucun rapport avec les Sapiens qui apparaissent subitement il y a -300.000 ans (Maroc) et qui n'ont donc aussi que des cousins néandertaliens et dénisoviens, trouvés dans l'ADN de certains humains modernes (mais pas tous).

Mais notons aussi que les faits génétiques reconnus pour l'instant (en attente de plusieurs vérifications et contre-vérifications), basés sur l'ADN mitochondrial, sont ici détaillés : http://acces.ens-lyon.fr/evolution/evolution/enseignement-de-levolution/analyses/adn-mitochondrial

Le séquençage possible de Heidelbergensis est très exceptionnel dans le sens ou l'on n'avait pu séquencer jusqu'à présent que des fossiles datant de -80.000 ans maximum (donc des néandertaliens, des sapiens et un os de dénisovien) et aucun provenant éventuellement d'Erectus. On espère que les analyses pourront donc remonter jusqu'à l'erectus qui devait prédominer avant les 700.000 années trouvées pour la séparation de Heidelbergensis... et prouver encore plus que Erectus est bien l'ancêtre commun à tous les hominidés suivant, y compris Sapiens.. ou l'infirmer... donc pour l'instant, il semble plutôt que Heidelbergensis ait eut Dénisovien comme ancêtre, s'est croisé avec Néandertal et a disparu sans laisser de gènes chez un descendant.

Yves Herbo, Sciences, Faits, Histoires, 04-05-2014


 

Les Néandertaliens étaient des marins

 

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Reconstitution de l'Homme de néandertal trouvé à Spy (Belgique)

 

Il semble bien que les Néandertaliens aient battu les humains modernes sur les mers. De plus en plus de preuves suggèrent que nos cousins ​​disparus ont sillonné la Méditerranée dans des embarcations il y a 100.000 ans - et tout le monde n'est pas convaincu qu'ils n'étaient seulement que de (très) bons nageurs...

Les Néandertaliens vivaient autour de la Méditerranée il y a 300.000 ans. Leurs outils moustériens particuliers en pierre se trouvent sur ​​le continent grec et, curieusement, ont également été trouvés sur les îles grecques de Leucade, Céphalonie et Zante. Cela pourrait être expliqué de deux manières : soit les îles n'étaient pas des îles à l'époque, ou alors nos lointains cousins ​​ont navigué sur l'eau en quelque sorte.

Maintenant, George Ferentinos de l'Université de Patras, en Grèce dit que nous pouvons écarter la première hypothèse. Les îles, dit-il, ont été coupées du continent bien longtemps avant que les outils ont été mis sur elles.

Ferentinos a compilé des données qui montraient que le niveau de la mer se trouvait 120 mètres plus bas il y a 100.000 ans, parce que l'eau a été beaucoup plus retenue sur les calottes de glace de la Terre. Mais le fond marin au large la Grèce d'aujourd'hui tombe à environ 300 mètres, ce qui signifie que lorsque les Néandertaliens étaient dans la région, la mer aurait été au moins avec 180 mètres de profondeur (Journal of Archaeological Science, DOI: 10.1016/j.jas.2012.01.032) .

Ferentinos pense que les Néandertaliens avaient une culture maritime depuis des dizaines de milliers d'années. Les humains modernes sont censés avoir pris les mers il y a seulement 50.000 ans, lors du passage à l'Australie...

Fig.1. Lower Palaeolithic to Mesolithic sites in the Ionian Islands and Greek mainland Fig.2. Structural map of the southern Ionian Islands shelf showing the major tectonic… Fig.3. Predicted relative sea-level curve (dashed line) in central Aegean Sea compared… Fig.4. Air-gun profile S5 across the Kefallinia basin showing the basin controlled by… Fig.5. 3

Fig.6. 3 Fig.7. 3-D time–space models of palaeo-shoreline configuration in the southern Ionian…  Fig.8. Palaeoshoreline reconstruction when the sea level was at−80 and−120m showing…

 

Les voyages à destination des îles grecques du continent étaient assez courts - de 5 à 12 km - mais selon Thomas Strasser de Providence dans le Rhode Island College, les Néandertaliens ne s'arrêtent pas là. En 2008, il trouve des outils de pierre semblables en Crète, qui, dit-il ont au moins 130.000 ans. La Crète a été une île depuis quelques 5 millions d'années et est à 40 kilomètres de son plus proche voisin - suggérant des voyages beaucoup plus ambitieux...

Strasser accepte que les Néandertaliens étaient marins bien avant les humains modernes, dans la Méditerranée au moins. Il pense que les premiers hominidés ont fait un usage beaucoup plus important de la mer que ce qu'on suspectait, et ont peut-être utilisé les mers comme une route, plutôt que de les voir comme un obstacle. Mais les détails restent perdus dans l'histoire. Toutes les embarcations ont été vraisemblablement fabriquées à partir de bois, qui a pourri depuis longtemps. Le plus ancien bateau connu de la Méditerranée, une pirogue du lac de Bracciano en Italie, date de seulement 7000 ansFerentinos spécule que les Néandertaliens ont peut-être fait quelque chose de semblable.

Il y a une explication plus simple pour savoir comment ils ont atteint les îles, dit Paul Pettitt de l'Université de Sheffield, au Royaume-Uni : peut-être qu'ils ont nagé là-bas (? !)Pettitt souligne également que les outils sur les îles n'ont pas été chimiquement datés, de sorte que les estimations de leur âge sont entièrement basées sur leur style.

Même si Ferentinos dit juste, les Néandertaliens n'étaient probablement pas les premiers hominidés de mer. Des outils de pierre ayant des millions d'années (? !) ont été trouvés sur l'île indonésienne de Flores, là où un autre hominidé a été découvert (Nature, DOI: 10.1038/nature 08844). Quelque chose, peut-être l'Homo erectus primitif, a traversé la mer de Flores avant les Néandertaliens même plus évolués...

by Michael Marshall  traduit par Yves Herbo

 

Yves Herbo traductions, S.F.H, 03-2012 - up 06-12-2014


 

 

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Date de dernière mise à jour : 04/09/2020