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Le réchauffement climatique : origine humaine ou pas ?

Le réchauffement climatique : origine humaine ou pas ?

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Etude : Le réchauffement climatique sévit depuis plus d'une centaine d'année

De plus en plus de scientifiques et d'études le disent : l'être humain n'est pas à l'origine du réchauffement climatique actuel constaté, il s'agit plus probablement de cycles naturels, qui se sont déjà produits. Une toute récente étude de l'évolution de la température des océans prouvent que ces derniers on entamé un réchauffement de leurs températures dès la fin du 19ème siècle, bien avant le grand "boum" énergétique et automobile des humains du 20ème siècle... on apprend aussi dans une autre étude que même des ingénieurs de la NASA contestent la réalité du réchauffement climatique alors qu'un autre annonce que le recul des glaciers n'est pas général du tout... :

Une étude menée par la Scripps Institution of Oceanography, à San Diego, s’est intéressée au réchauffement climatique et à ses origines. De nouvelles mesures de température ont ainsi été relevées dans les océans , via des robots immergés dans les mers et océans de planète. Cette étude a permis de lever une zone d’ombre : le réchauffement des océans aurait ainsi débuté à la fin du 19e siècle et non pas dans les années 1970 comme on a pu le croire pendant longtemps.

Cette étude situe le début du réchauffement des océans à la fin du 19e siècle. Il s'agit de la première comparaison globale de l'évolution de la température depuis le voyage historique du HMS Challenger qui a eu lieu de 1872 à 1876 et les données modernes obtenues grâce à des robots immergés dans l'eau de différentes mers de la planète.

La recherche, dirigée par l'océanographe Dean Roemmich, montre une augmentation de 0,33°C en moyenne dans les parties supérieures de l'océan, jusqu'à 700 mètres de profondeur. La plus forte hausse a été remarquée à la surface de l'océan indien avec 0,59°C de plus. Les scientifiques ont déjà déterminé que près de 90% de l'excédent de chaleur - ajouté au système climatique de la Terre depuis les années 1960 - ont été stocké dans les océans.

La nouvelle étude avance donc le début du réchauffement des océans. "L'importance de cette étude n'est pas seulement que nous voyons une différence de température qui indique un réchauffement à l'échelle mondiale, mais que l'ampleur de cette variation de température depuis les années 1870 représente le double de celles observées au cours des 50 dernières années. Le réchauffement ne concerne donc pas seulement les 50 dernières années, mais au moins les 100 dernières années".

Source : Scripps Institution of Oceanography - trad.http://www.catnat.net/

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Le recul des glaciers n'est pas général

D’après une étude menée par trois chercheurs français et publiée par la revue Nature Geosciences, si d'après les mesures réalisées en différents points du globe, les glaciers et les calottes maigrissent, il y a des exceptions, ou plutôt des anomalies, dans ce tableau général. Ainsi, dans l’Himalaya, dans l’immense massif montagneux du Karakoram (ou Karakorum), des glaciers ne perdent pas de glace, ils en gagnent même un peu.

Le Karakoram, région située à la frontière du Pakistan de l’Inde et de la Chine, est la plus grande concentration de glaciers de la Terre (plus de 15.000 km2 englacés), en dehors des pôles. Très difficiles d’accès, ces glaciers ont été très peu étudiés in situ. Certaines études indirectes ont pourtant suggéré il y a quelques années que ces glaciers ne reculaient pas, contrairement aux autres régions de l’Himalaya.

Pour obtenir une évaluation plus précise, Julie Gardelle (LGGE, Grenoble) et ses collègues Etienne Berthier (LEGOS, Toulouse) et Yves Arnaud (LTHE, Grenoble), ont utilisé des données recueillies depuis l’espace, à la fois par un instrument placé sur une navette spatiale en 2000 et par le satellite SPOT5 en 2008. Ces données couvrent la partie centrale du Karakoram, soit une surface de glace de 5.600 km2.

Julie Gardelle et ses collègues constatent qu’entre 1999 et 2008 les glaciers de cette région n’ont pas perdu de glace, ils ont même un bilan positif de 11 cm par an. Comment expliquer cette anomalie, alors que pour l’ensemble de l’Himalaya la balance entre les pertes et les gains de glace est négative ?

Le Karakoram ne subirait pas les mêmes hausses de températures que les autres massifs de l’Himalaya, d’après les relevés des stations météos depuis les années 1960. Les températures estivales seraient même en baisse. Cependant, cela ne répond pas à toutes les questions sur le comportement de ces glaciers, et il est trop tôt pour savoir si l’anomalie du Karakoram va perdurer, et combien de temps.

Ces résultats illustrent la complexité des travaux sur la réaction des glaciers de l’Himalaya aux changements climatiques. Une erreur pointée dans le précédent rapport du GIEC avait mis ce sujet sur le devant de la scène. Au-delà de la polémique, l’enjeu est considérable. Près d’un milliard et demi d’habitants dépendent des eaux des grands fleuves d’Asie -Indus, Gange, Brahmapoutre ou Yangtsé- qui prennent leur source dans ces très hautes montagnes.

Source : Nature Geoscience

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Des scientifiques de la NASA contestent le réchauffement climatique

L'origine humaine de l'accélération du réchauffement de la planète est aujourd'hui admise par la majeure partie de la communauté scientifique. Mais certaines organisations, et notamment la NASA, ont-elle accentué la responsabilité de l'homme dans ce changement ? C'est ce qu'affirment 49 anciens employés de l'agence spatiale américaine.

Quarante-neuf anciens membres de la NASA ont écrit une lettre à Charles Bolden, l'administrateur de l'agence spatiale, dans laquelle ils s'insurgent contre la façon dont le Goddard Institute for Space Science (GISS) angle ses diverses études sur le climat. Comme le rapporte le Washington Examiner, ces anciens employés de l'agence spatiale américaine accusent celle-ci d'avoir accordé trop d'importance à l'activité humaine dans le changement climatique. Ils affirment que l'origine anthropique du réchauffement climatique a été largement accentuée, et sans preuve.

"Nous croyons que les affirmations de la NASA et du GISS, selon lesquelles le dioxyde de carbone d'origine humaine a un impact catastrophique sur le changement climatique global, ne sont pas prouvées, spécialement quand elles prennent en considération des milliers d'années de données empiriques" écrivent les chercheurs dans leur lettre datée du 28 mars dernier. Parmi ces scientifiques, Harrison Schmitt, un astronaute ayant participé à la mission Apollo 17 sur la Lune, mais aussi Walter Cunningham, de la mission Apollo 7, ou encore Richard Gordon, d'Apollo 12.

Ils estiment que le lien entre les émissions de dioxyde de carbone engendrées par les activités humaines n'a jamais été clairement démontré. Une absence de preuves qui les mènent à affirmer que ce lien n'existe tout simplement pas. "Avec des centaines de climatologues bien connus et des dizaines de milliers d'autres scientifiques déclarant publiquement leur non-croyance en des prévisions catastrophiques, qui viennent particulièrement du GISS, il est clair que la science n'est PAS établie" soulignent-ils.

Une accusation à laquelle la NASA peut répondre grâce à une étude publiée en janvier dernier par le GISS. Un rapport indiquant que l'année 2011 fut la 9ème plus chaude depuis 1880, année lors de laquelle les premières mesures de températures ont été réalisées. (Ce qui ne prouve pas en soi l'origine de ce réchauffement).

Source: NASA - trad.http://www.catnat.net/

Notez qu'une autre étude semble démontrer que le niveau des mers et océans devrait monter de 12 à 22 mètres d'ici la fin de ce siècle...

Yves Herbo 04-2012

Incursion dans un domaine trop réservé : la monnaie - Part 4

Incursion dans un domaine trop réservé : la monnaie - Part 4

 

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III )

De l'échange à la vente - La valeur  - Les fonctions de la monnaie


De l'échange à la vente

Pour comprendre comment a évolué l'échange économique, revenons aux trois façons d'échanger des biens ou des services. Soit on les échange directement, immédiatement, sans monnaie, soit on se sert d'une monnaie-marchandise comme bien intermédiaire, soit on utilise la monnaie de crédit actuelle.

*

L'échange direct, sans monnaie, est la façon la plus simple d'échanger biens ou services : Alice donne des carottes à Brigitte et Brigitte donne des pommes à Alice, elles se mettent d'accord sur les quantités pour estimer que l'échange est équitable. Dès que cet échange a eu lieu, les deux parties sont quittes. Alice peut manger ses pommes et Brigitte, ses carottes. Un tel échange direct entre personnes qui se connaissent et qui ont justement, par hasard, de quoi échanger, ne peut pas s'appliquer à l'ensemble des économies depuis que la production y a cessé d'être artisanale.

Il ne reste possible qu'à deux niveaux extrêmes.

— Soit entre individus qui se connaissent assez pour se faire confiance, il s'agit alors d'échanges de services entre amis, ou entre proches qui s’entre aident. 
C'est un peu cet “échange de bons procédés” que les systèmes d'échanges locaux (SEL) organisent : leur objectif est de créer des relations d'échange entre personnes qui vivent à proximité mais qui, au départ, ne se connaissent pas. Elles n'ont donc aucune garantie que l'échange sera équitable, d'où la nécessité d'établir une véritable comptabilité des échanges, tout en laissant une totale initiative aux membres du SEL. Ce qui n'est pas simple.

— Soit entre pays, mais il s'agit alors de contrats d'échanges, impliquant une préparation, des négociations, des clauses et des modalités établies par les deux parties conformément à une juridiction au niveau international… qui pourraient être organisés par une Organisation Mondiale des Échanges pour en assurer l'équité.

*

Le second procédé consiste à utiliser l'intermédiaire d'une monnaie-marchandise. 
Dans un premier temps, Alice donne des carottes à Brigitte, qui, n'ayant pas les pommes que cherche Alice, lui donne en contre-partie un autre bien ayant une valeur marchande dont elles estiment toutes les deux que sa valeur est équivalente à celle des carottes fournies par Alice.

Après ce premier temps, Brigitte peut manger les carottes. Par contre, Alice s'est séparée de ses carottes et se retrouve avec un objet dont elle n'a pas forcément l'usage, mais dont elle a l'assurance de pouvoir l’échanger plus tard, en sens inverse, contre, par exemple, les pommes de valeur équivalente dont elle a besoin. Quand elle aura trouvé à faire ce second échange, mais alors seulement, elle aussi sera quitte et pourra manger ses pommes.

Il y a donc un laps de temps pendant lequel celui qui a reçu la monnaie-marchandise à la place de ce qu'il cherchait n'est pas vraiment quitte parce qu'il faut qu'il trouve ensuite à l'échanger contre la marchandise dont il a besoin. Pendant ce temps, il peut perdre sa monnaie, se la faire voler, le prix des pommes peut augmenter, il peut y avoir pénurie de pommes ou seulement baisse de la valeur de l'objet intermédiaire, par exemple s'il est devenu plus abondant, etc.

L'intervention d'une monnaie-marchandise retarde le moment où les deux parties qui échangent sont quittes. Mais en attendant elles possèdent toutes les deux un bien qui garde une valeur réelle, même si elle peut varier.

Ce type d'échange a disparu en même temps que la monnaie-marchandise.

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Le troisième cas comporte l'utilisation d'un reçu : Christian vend des pommes à Denise, qui n'a pas en contre-partie une marchandise de valeur équivalente. Elle remet à Christian un reçu par lequel elle s'engage à lui régler sa dette plus tard : Denise reste débitrice, Christian reste créditeur, ils ne sont pas quittes.

Bien que Christian ait fourni sa part, la vente continue à le concerner aussi longtemps que Denise n'aura pas produit la marchandise équivalant au reçu. Il peut avoir besoin de ce que sa débitrice lui doit. Quelle garantie a-t-il que Denise tiendra son engagement ? Elle peut être empêchée de le tenir par un accident, mourir ou perdre son emploi, et elle peut être malhonnête et disparaître sans avoir réglé sa dette. Et quelle garantie a Christian que quelqu'un acceptera d'accorder de la valeur à ce morceau de papier qui n'a aucune valeur propre ? Et s'il trouve quelqu'un qui l'accepte, est-ce que ce sera bien contre l'équivalent de ce qu'il a fourni ?

Au retard introduit par la monnaie-marchandise la monnaie de crédit, par son absence de tout lien avec une richesse concrète clairement définie, non seulement ajoute un risque, car la question se pose de savoir ce que vaut cet engagement à payer, mais en plus elle modifie doublement la nature de la transaction. D'une part, l'un des termes de l'échange a changé de nature, il s'est dématérialisé et pas l'autre. D'autre part, les deux échangeurs jouent maintenant des rôles différents, l'un, le vendeur, cède à l'autre un bien réel (ou un service) dont la valeur est ainsi concrétisée, alors qu'il ne reçoit de l'acheteur ni marchandise utilisable, ni service équivalent, donc incontestable : le vendeur est payé par une promesse symbolique, dont l'utilisation ensuite pour une opération en sens inverse reste aléatoire.

 

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Le bien (ou le service) ne va plus que dans un seul sens, du producteur vers le consommateur. En sens inverse c'est un symbole qui est transféré. Il n'y a plus échange mais vente et achat.

*

En fait d'échange, on ne rencontre plus dans nos économies, que cet achat-vente à l'aide de la monnaie de crédit qui est aujourd'hui en circulation : le métal des pièces est sans valeur, les billets n'ont jamais eu de valeur intrinsèque et la monnaie scripturale est faite par jeux d'écriture.

Le système actuel est donc une généralisation de la vente avec monnaie de crédit. Il y a généralisation du débiteur : tous les ressortissants du pays sont débiteurs, puisque la loi les oblige à accepter la monnaie nationale en paiement et qu'ils sont ainsi tenus d’honorer cette dette collective. Il y a généralisation du créditeur : quiconque possède de cette monnaie-reconnaissance de dette est créditeur de la nation puisqu’il a une créance sur elle.

Nous reviendrons plus loin sur les conséquences de ce système.

La valeur.

La valeur est une notion très générale, puisqu’elle va de la désignation d'un caractère abstrait quand il s’agit d’une valeur morale, celle d'un acte courageux par exemple, ou du talent manifesté par un artiste, jusqu'à une mesure aussi concrète que le prix du kilo de terre. Il faudrait au moins distinguer la valeur d'usage de la valeur d'échange.

La valeur d'usage d'un bien est très personnelle puisqu'elle relève de l'appréciation de celui qui est susceptible de l'utiliser et, comme l'a montré Ricardo, chaque homme a «un étalon personnel pour apprécier la valeur de ses jouissances» (27). Celle-ci dépend donc aussi de son environnement et de ses moyens personnels. Il en résulte qu'il n'est pas possible de définir une mesure de la valeur d'usage.

La conséquence est énorme au plan humain… car lorsque marchants, commerçants et économistes emploient le mot valeur, sans préciser, et c’est courant, chacun de nous a tendance, instinctivement, à penser à la valeur d’usage pour lui-même. Alors que c’est toujours de la valeur d'échange d’un bien qu’il s’agit. Et depuis que l'échange entre marchandises a disparu, cette valeur est devenue, de fait, le prix auquel un objet ou un service peut être vendu. Donc quand on entend parler de valeur en économie, il faut traduire par prix du marché.

… Et se demander comment ce prix est établi. Car la réalité est fort loin de la théorie classique du marché selon laquelle le prix serait la manifestation d'un équilibre établi en toute connaissance de cause par la confrontation de l'offre et de la demande venant d'agents économiques parfaitement informés et agissant de façon toujours rationnelle. En réalité, les prix sont affichés par le vendeur, et il n'y a que très rarement débat : quand un client éventuel tente de lui faire modifier son prix, on parle de marchandage et non plus de marché. La confrontation entre offre et demande ne se produit que sur les marchés des capitaux (à la Bourse des titres mobiliers ou à celle des matières premières) où le comportement des acteurs qui fixent les cours est celui des moutons de Panurge : se fiant à leurs impressions personnelles, ils cherchent à anticiper sur ce qu'ils appellent la tendance, à seule fin de profiter, en pariant à la hausse ou à la baisse, sur ce que va être, à leur avis, le comportement des autres. On ne saurait trouver témoignage plus compétent pour décrire cette attitude que celui du Directeur de la Fed (la Banque centrale desÉtats-Unis) : Alan Greenspan évoque «l'exubérance irrationnelle des marchés» !

De sorte que l'utilité générale, la finalité éthique, la qualité humaine et tous autres aspects sociaux sont des considérations qui n'entrent pas dans les préoccupations de ceux qui fixent la “valeur” économique d'une entreprise ou d'un bien.

N'est-il pas temps de réfléchir à la façon de fixer le prix de vente d'un bien plus sérieusement que les boursicoteurs… ?

(27) L'Anglais David Ricardo (1772-1823), un des premiers théoriciens de l'économie classique, est àl'origine de la “loi” de la rente foncière, et fut le premier à affirmer que le travail humain est la source de toute valeur.

 

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Les fonctions de la monnaie.

Dans quelle mesure peut-on encore admettre ce que tout manuel d'économie énonce comme étant les trois fonctions de la monnaie ?

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La première de ces fonctions est d'être étalon de valeur et unité de compte parce que la monnaie est interchangeable contre un bien, quel qu'il soit. On dit pour cette raison que la monnaie est un “équivalent général” ce qui conduit à ne pas voir l'uniformisation, la perte d'identité que cela implique quand on sait que cette expression un “bien, quel qu'il soit” inclut le temps de travail humain.

En effet, et quel que soit son nom, franc, grain de sel, euro ou unité de valeur (“UV”), l'unité de compte est, par définition, le moyen de tout ramener à une référence commune de valeur. Cela mène à l'absurde car c'est prétendre mesurer “à la même aune” des biens aussi peu comparables qu'un dessin de Léonard de Vinci et plusieurs tonnes de riz.

Il faudrait, au moins, distinguer ce qui est mesurable, quantifiable, de ce qui ne l'est pas. Une tonne de riz vaut sans doute mille fois plus qu'un seul kilo de ce riz, mais la qualité d'une peinture ou celle d'un logiciel de traitement de texte ne se compare pas à celle d'une pâtisserie. 
Ces qualités ne sont pas mesurables et il n'est pas possible de les comparer de façon objective. Même avec des grandeurs de même nature !

Un étalon, par définition, est universel et invariable. Comment peut-on employer pour la monnaie le terme d'étalon de valeur alors que même quand l'étalon monétaire était défini par une masse d'or, il n'a jamais cessé de varier, et de façon officielle ? Alors, à plus forte raison, comment l'admettre depuis qu'il n'existe plus du tout de référence réelle et que la valeur d'échange nos euros actuels, par exemple, varie à chaque instant ? Pour mesurer une richesse, il faut la comparer à une richesse de même nature, comme pour mesurer une longueur, il faut une longueur universellement reconnue et le mètre a été défini pour cela. Imagine-t-on mesurer les longueurs avec un mètre élastique ?

Compte tenu de ce que nous avons rappelé sur l'évolution de l'échange, il serait donc plus correct de dire que la première fonction de la monnaie est d'être, non pas un étalon de valeur, mais un moyen de paiement.

Et si l'on voulait cesser de mélanger l'être et l'avoir, c'est-à-dire distinguer les biens matériels et tout ce qui est impondérable, il faudrait que l'économie cessât de vouloir tout rapporter à la monnaie, mais seulement ce qui est mesurable.

*

Nous avons vu qu'en perdant toute valeur intrinsèque et toute référence à une richesse réelle et disponible, la monnaie a fait disparaître des économies modernes l'échange de biens ou de services. Donc, contrairement à une expression très courante, nous ne sommes plus, à proprement parler, dans une économie d'échanges. Les manuels d'économie énoncent pourtant que la seconde fonction de la monnaie est d'être un intermédiaire des échanges et ils ajoutent que cet instrument d'échange est «admis partout et par tout le monde, en toutes circonstances dans nos économies monétaires [ce qui suppose] qu'il existe un consensus social et la croyance que l'on peut obtenir à tout moment n'importe quel bien en échange de monnaie (28)». Confiance… ou bien obligation quand l'État impose le cours forcé et le cours légal d'une monnaie nationale sans valeur de référence ?

*

La troisième fonction de la monnaie serait d'être une réserve de valeur. Ce qui suppose que la monnaie a une valeur, pour pouvoir la garder en réserve. Alors que, depuis qu'elle a cessé d'en avoir, elle a évidemment cessé du même coup d'en être une réserve

Il est évident que pour toutes les personnes qui ne disposent que de faibles revenus, la monnaie ne constitue pas une réserve de valeur puisqu'elle est vite et entièrement dépensée ! 

Quant à celles qui gagnent plus qu'elles ne dépensent, elles s'empressent de “placer” leur argent… justement pour éviter qu'il ne perde sa valeur !

De ces trois fonctions classiques, on peut conclure que seule la première subsiste, mais à condition d'être énoncée en disant que la monnaie est un pouvoir d'achat et que dans le système actuel, il varie constamment.

Des deux autres, nous avons retenu que lorsque l'économie n'est plus faite d'échanges individuels, une monnaie reste nécessaire pour permettre le transferts des biens entre les producteurs et les consommateurs, pour en assurer la gestion, éviter les gâchis, adapter la production aux besoins, etc. et aussi pour permettre de différer le moment d'opérer un achat, pourvu que la valeur nominale de la monnaie soit garantie pendant ce délai.

*

Mais la monnaie actuelle a, de fait, d'autres fonctions, alors que les manuels classiques ne les énoncent généralement pas…:

L'une de ces autres fonctions de la monnaie “moderne” est celle de “fructifier” : en ouvrant un crédit à un de ses clients, la banque offre au titulaire du prêt le moyen d'échanger sur les marchés financiers son titre de crédit contre un capital financier, par exemple contre un titre de propriété en actions ou bien contre des obligations, susceptibles de lui rapporter régulièrement un revenu. On voit donc que la monnaie de dette actuelle a la capacité de produire une rente, donc qu'elle a pour fonction supplémentaire d'être un facteur d'enrichissement.

Il faudra se demander qui fait les frais de cette rente.

Mais ce n'est pas tout. Puisqu'“on ne prête qu'aux riches”, cette fonction d'enrichissement ne joue qu'en faveur des (déjà) riches, ceux qui peuvent offrir une “garantie” à l'organisme de crédit, notre monnaie a donc aussi une fonction de renforcement des inégalités.

*

Concluons que la monnaie actuelle, capitaliste et moderne, est :

• pour les faibles revenus, seulement une monnaie de consommation,

• pour les hauts revenus, en plus, un moyen de s’enrichir sans rien fournir. 

(28) Voir l'introduction du livre de D. Plihon “La monnaie et ses mécanismes”.

Sources : http://www.france.attac.org/ et multiples références

 

Yves Herbo/MPSA/2014

Augmentation des cancers et centrales nucléaires

Augmentation des cancers et centrales nucléaires

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Fukushima Dai’ichi

Aux Etats-Unis, l'incidence du cancer de la thyroïde (ainsi que le cancer du foie) augmente plus rapidement que n'importe quelle autre tumeur maligne.  De 1980 à 2006, l’incidence du cancer de la thyroïde a presque triplé (1).

L’amélioration du diagnostic a été proposée comme cause de cette augmentation, tandis que d’autres chercheurs comme Joseph J. Mangan montrent que cette augmentation, ajustée à l’âge est fonction du lieu géographique comme en Pennsylvanie, au New Jersey ou dans le sud de New York.  En fait, ce chercheur montre que dans un rayon de 145 km (90 milles) autour des centrales nucléaires, les cancers de la thyroïde explosent, à cause des émissions d’iode radioactif (1).

Cette hausse importante de l'incidence de cancer de la thyroïde, principalement le cancer papillaire, aux États-Unis se retrouve dans de nombreux autres pays développés qui possèdent des centrales ou installations nucléaires, notamment en Écosse, en France, en Italie, aux Pays-Bas, en Pologne, en République tchèque, en Suisse, en Australie, en Angleterre, aux Pays de Galles, et au Canada. (2-11)

En fait, il n’y a pas que le cancer de la thyroïde qui augmente près des centrales nucléaires, mais tous les cancers et plus particulièrement les leucémies (12).  C’est ainsi qu’entre 1975 et 2004 l’incidence de la leucémie chez les enfants a augmenté de 28,7% (13).

Une étude faite en Allemagne et publiée en 2009, montre une augmentation de 60% de tous les cancers et une augmentation de 120% des leucémies chez les enfants à moins de 5 km des centrales nucléaires (14, 15).

Quelles sont les causes de cette augmentation de cancers près des centrales nucléaires (16)?

Plusieurs scientifiques se sont posé la question et ont proposé plusieurs hypothèses qui ne semblent pas avoir été toujours vérifiées.  Parmi les plus crédibles, on retrouve celles qui sont associées avec les activités normales des centrales nucléaires comme :

• Rayonnement direct causé par les radiations gamma et de neutrons en provenance du cœur des réacteurs nucléaires ;

• La diffusion,  dispersion "skyshine" des neutrons de base réfléchie vers la terre par les atomes d'azote (N), de carbone (C), et d'oxygène (O) dans l'air;

• Le rayonnement électromagnétique provenant des lignes électriques à proximité des centrales nucléaires;

• Les émissions de vapeur d'eau des tours de refroidissement des centrales nucléaires (remarque : comme on peut le voir dans le reportage ci-dessous, certaines centrales renvoient directement dans les rivières, les fleuves ou les océans les eaux de refroidissement) ;

• L’irradiation avant la conception des parents qui travaillent dans les centrales nucléaires;

• Les rejets de substances chimiques dans l'environnement, et

• Les rejets radioactifs dans l'environnement (voir reportage ci-dessous).

Parmi ces causes les plus vraisemblables, on retrouve l’émission des gaz radioactifs par ces centrales comme les isotopes de Krypton (Kr), d’Argon (Ar), de Xénon (Xe), de Tritium (H-3) et de Carbone 14 (C-14).  En effet, des chercheurs montrent, à partir de données de Santé Canada (17), que les concentrations de Tritium présent dans la végétation ou les végétaux alimentaires augmentent plus on se rapproche des centrales nucléaires canadiennes (18).

Que faut-il faire pour éviter cela ?

Puisque les enfants en bas âge sont plus souvent atteints de leucémie aux abords des installations nucléaires, les femmes en âge de procréer et les enfants devraient ne pas résider à proximité de ces installations.

Les résidents locaux ne devraient pas manger les produits de leurs jardins ou les aliments sauvages.  Ils ne devraient pas consommer les produits (viandes, lait et produits laitiers) issus des animaux herbivores qui vivent près de ces centrales nucléaires.

Les résidents locaux devraient être informés des conditions météorologiques et des directions des vents et éviter de sortir lorsque les vents soufflent dans leur direction en provenance des centrales nucléaires.

Finalement et le plus important, les états devraient développer les énergies renouvelables et sortir du nucléaire civil comme c’est le cas de pays intelligents comme l’Autriche (1978), la Suède (1980), l’Italie (1987), la Belgique (1999), l’Allemagne (2000) et la Suisse (2011) (19)

Interrogation :

À Trois-Rivières au Québec, on peut être étonné, par exemple, de voir qu’une majorité de la population souhaite (57%) que la seule centrale (Gentilly-2) dans cette province demeure en opération, pour des raisons économiques utopiques, comme le montre un sondage mené par la firme Segma-Recherche pour le compte du Nouvelliste et d'Info Astral (20).  On peut se demander si cette population est bien informée ou si elle préfère choisir le cancer chez sa progéniture plutôt qu’un avenir sécuritaire et une bonne santé, tout cela pour des raisons mercantilesDoit-on, au nom de l’argent, sacrifier nos enfants ?

Déchets: Le cauchemar du nucléaire

Références :

1) Mangano JJ. Geographic variation in U.S. thyroid cancer incidence and a cluster near nuclear reactors in New Jersey, New York, and Pennsylvania. Int J Health Serv. 2009;39 (4):643-61.

 2)  Reynolds RM, Weir J, Stockton DL, Brewster DH, Sandeep TC, Strachan MW. Changing trends in incidence and mortality of thyroid cancer in Scotland. Clin Endocrinol (Oxf). 2005 Feb; 62 (2):156-62.

3) Leenhardt L, Grosclaude P, Chérié-Challine L; Thyroid Cancer Committee. Increased incidence of thyroid carcinoma in france: a true epidemic or thyroid nodule management effects? Report from the French Thyroid Cancer Committee. Thyroid. 2004 Dec; 14 (12):1056-60.

4) Casell C and Fusco M. Thyroid cancer. Epidemiology and Prevention. 28(2 Suppl) : 88-91, 2004.

5) Duijpens J.L., et al. Thyroid cancer in Southeastern Netherlands, 1970-1989: trends in incidence, treatment, and survival. Ne. Tijdschr Geneeskd. 138(9):464-468, 1994.

6) .Roskowska H. and Gorynski P. Thyroid cancer in Poland in 1980-2000. Przegl Epidemiol. 58(2):269-276, 2004.

7) Murbeth S. et al. Thyroid cancer has increased in the adult populations of countries affected by Chernobyl fallout. Medical Science Monitoring. 10(7):300-306, 2004.

8) Verkooijen H.M., et al. Diagnostic changes as a reason for the increase in papillary thyroid cancer incidence in Geneva, Switzerland. Cancer Causes and Control. 14(1):13-17, 2003.

9) Fahey T.J., Reeve T.S., and Delbridge L. Increasing incidence and changing presentation of thyroid cancer over a 30-year period. British Journal of Surgery. 82(4):518-520, 1995.

10) dos Dantos Silva I., and Swerdlow A.J. Thyroid cancer epidemiology in England and Wales: time trends and geographical distribution. British Journal of Cancer. 67(2):330-340, 1993.

11) Liu S., et al. Increasing thyroid cancer incidence in Canada 1970-1996: time trends and age-period-cohort effects. British Journal of Cancer. 85(9):1335-1339, 2001.

12)  Mangano JJ, Sherman J, Chang C, Dave A, Feinberg E, Frimer M. Elevated childhood cancer incidence proximate to U.S. nuclear power plants. Arch Environ Health. 2003 Feb;58(2):74-82.

13)  Mangano J, Sherman JD. Childhood leukaemia near nuclear installations. Eur J Cancer Care (Engl). 2008 Jul;17(4):416-8.

14) Kaatsch P, Spix C, Schulze-Rath R, Schmiedel S, Blettner M. Leukemias in young children living in the vicinity of German nuclear power plants. Int J Cancer. 2008;122:721-726.

15) Spix C, Schmiedel S, Kaatsch P, Schulze-Rath R, Blettner M. Case–control study on childhood cancer in the vicinity of nuclear power plants in Germany 1980–2003. Eur J Cancer. 2008;44:275-284.

16) Fairlie I. Hypothesis to explain childhood cancer near nuclear power plants. Int J Occup Environ Health. 2010 Jul-Sep;16(3):341-50.

17) Health Canada. Environmental radioactivity in Canada. Radiological Monitoring Report. Ottawa: Government of Canada; 2001.

18) Fairlie I. Uncertainties in doses and risks from internal radiation. Med, Conflict and Survival. 2005; 21:2: 111-126.

19) Sortie du nucléaire civil.  Wikipedia.  http://fr.wikipedia.org/wiki/Sortie_du_nucl%C3%A9aire_civil

20) Les citoyens divisés sur l'avenir de Gentilly-2. Publier dans le Nouvelliste du 11 avril 2011. http://www.cyberpresse.ca/le-nouvelliste/actualites/201104/11/01-4388497-les-citoyens-divises-sur-lavenir-de-gentilly-2.php

Autres documents intéressants :

State Cancer Profiles. Dynamic views of cancer statistics for prioritizing cancer control efforts in the nation, states, and counties. National Cancer Institute.  http://statecancerprofiles.cancer.gov/ 

- De Fukishima à Trois-Rivières, Les répercussions économiques d’un accident nucléaire de l’envergure de Fukushima à Gentilly-2. Février 2012. Greenpeace Canada http://www.greenpeace.org/canada/Global/canada/report/2012/02/rapport-gentilly-2.PDF 


LES EXPLOSIONS DES CENTRALES NUCLÉAIRES DE FUKUSHIMA AURAIENT FAIT QUELQUES 14 000 MORTS AUX ÉTATS-UNIS.

Les explosions des centrales nucléaires de Fukushima Dai’ichi consécutivement au séisme et au tsunami du 11 mars 2011, ont libéré de grandes quantités de radioactivité dans l’air qui se sont réparties sur le Japon et sur le monde entier.

Les retombées radioactives de Fukushima sont arrivées sur le sol américain six jours après le séisme contaminant l’air, l’eau et le lait.

À partir des données de l’U.S. Environmental Protection Agency (EPA) qui enregistrent chaque semaine les décès par tranches d’âge dans 122 villes des États Unis (ce qui représente environ 25 à 35 % des décès nationaux), les chercheurs Joseph Mangano et Janette Sherma (1) ont observé une augmentation des décès de 4,46 % durant les 14 semaines qui ont suivi l’arrivée du nuage radioactif sur le sol américain en 2011, par rapport aux 2,34% des décès qui précèdent ce tremblement de terre.  Cela représente une augmentation de la mortalité de 2,12% (+4.46% – 2.34%). Pour cette même période, le nombre de décès d’enfants a augmenté de 1,80% par rapport à une diminution de 8,37% l’année précédente.

Par projection, les chercheurs Joseph Mangano et Janette Sherma concluent qu’il y aurait eu 13 983 décès dont 822 décès de nourrissons suite à ces retombées radioactives.  Ces chiffres sont comparables aux 16 500 décès ayant été constatés 17 semaines après la catastrophe nucléaire de Tchernobyl en 1986.

Au Canada, les autorités de la santé de la Colombie-Britannique (province de l’ouest) avaient observé durant cette même période, 21 morts subites de nourrissons comparativement à 16 décès l’année précédente. De plus, le nombre de mort subite de nouveaux nés, en Colombie-Britannique, avait soudainement augmenté de 1 à 10 pour les mois de mars, avril, mai et juin 2011 après l’arrivée du nuage radioactif de Fukushima comparativement à la même période en 2010 (2).

Pourquoi les nourrissons sont ils plus vulnérables aux retombées radioactives?

Le fœtus humain et les nouveaux nés sont particulièrement sensibles aux radiations, compte tenu de leur croissance rapide, de l’intensité des divisions cellulaires, ainsi que de leur taille réduite. Ainsi, proportionnellement à leur taille, ils reçoivent une dose plus grande.  Les retombées radioactives exposent les humains à différents types de radiation incluant les rayons X, alpha, bêta et gamma.  Les conséquences sur la santé du fœtus dépendent du moment de l'exposition in utero aux radiations, et peuvent aussi varier que des avortements spontanés, des accouchements prématurés, un poids faible à la naissance, une mortalité périnatale, des malformations congénitales, et des lésions cérébrales.

Il est important de savoir que toute vie est sensible à l'exposition aux radiations nucléaires, y compris les plantes, les champignons, les insectes, les araignées, les oiseaux, les poissons, et les autres animaux (3).  Les effets sur les animaux et notamment sur le groupe le plus étudié (les oiseaux) au pourtour du site de Tchernobyl montrent une diminution de 50 % de la diversité de cette espèce et une baisse de 66 % de cette population dans les zones les plus contaminées, comparativement aux zones non contaminées de cette région (4).

Autres conséquences à prévoir : une augmentation des cancers de la thyroïde.

Plus important encore, l’Agence de protection environnementale américaine (EPA) montre que durant mars et avril 2011, 13,4% des échantillons de lait et 22,2% des échantillons d’eau potable étaient contaminés par l’iode radioactif 131 (5).  Compte tenu de la persistance des niveaux élevés d'iode radioactif, les experts de la santé publique américaine prévoient que l'incidence des maladies thyroïdiennes, comme l'insuffisance de la thyroïde chez les nouveaux nés et le cancer de la thyroïde chez les enfants et les adultes, vont augmenter (6, 7).

Les chercheurs de cette étude trouvent regrettable que les gouvernements non seulement du Japon mais aussi en Amérique du Nord et en Europe n’étudient pas suffisamment les effets sur la santé suite à l'exposition à la radioactivité des retombées de Fukushima (1).

Un quart de siècle après la catastrophe de Tchernobyl, et plus de 60 ans après les attentats à la bombe d'Hiroshima et de Nagasaki, les effets sur la santé humaine se font toujours sentir en particulier sur les enfants et les très jeunes enfants. 

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Carte de dépôt au sol de césium-137 suite à l'accident de Fukushima-Daichii. CEREA (8)

Références:

1)  Joseph J. Mangano and Janette D. Sherma. AN UNEXPECTED MORTALITY INCREASE IN THE UNITED STATES FOLLOWS ARRIVAL OF THE RADIOACTIVE PLUME FROM FUKUSHIMA: IS THERE A CORRELATION? International Journal of Health Services, 2012, Volume 42, Number 1, Pages 47–64, 201.  http://www.radiation.org/reading/pubs/HS42_1F.pdf

2)  Fong, P. Sudden infant deaths on rise in B.C. Toronto Star, July 6, 2011. www.thestar.com/news/canada/article/1020924-sudden-infant-deaths-on-rise-in-b-c 

3)  Moller, A. P., and Mousseau, T. A. Reduced abundance of insects and spiders linked to radiation at Chernobyl 20 years after the accident. R. Soc. Biol. Lett., 2009. http://royalsocietypublishing.org

4)  Mousseau, T. A., and Moller, A. P. Landscape portrait: A look at the impacts of radioactive contamination on Chernobyl’s wildlife. Bull. Atomic Sci. 67(2):38–46, 2011

5)  U.S. Environmental Protection Agency. Radnet Laboratory Data: Japanese Nuclear Emergency—Radiation Monitoring. http://www.epa.gov/japan011/rert/radnet-sampling-data.html#precipitation

6)  Yablokov, A. V., Nesterenko, V. B., and Nesterenko, A. V. Chernobyl: Consequences of the Catastrophe for People and the Environment. New York Academy of Sciences, New York, 2009

7)  Sherman, J. D. Life’s Delicate Balance: Causes and Prevention of Breast Cancer, pp. 57–66, 234–235. Taylor and Francis, New York, 200

 8)  Atmospheric dispersion of radionuclides from the Fukushima-Daichii nuclear power plant. CEREA. http://cerea.enpc.fr/en/fukushima.html

Source : http://adn109.over-blog.com/

Yves Herbo 04-2012

Incursion dans un domaine trop réservé : la monnaie - Part 3

Incursion dans un domaine trop réservé : la monnaie - Part 3

 

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II) suite

Liquidités et agrégats, un autre monde

La monnaie scripturale s'étant considérablement développée, on distingue maintenant les moyens de paiement courants, que tout le monde utilise au quotidien, et tout ce qui permet de constituer un capital financier, par exemple les actions d'une société cotée en Bourse ou un livret d'épargne. Ce qui a conduit à la définition des agrégats monétaires, liés à la liquidité, c'est-à-dire à la disponibilité des moyens de paiement.

L'agrégat le plus "liquide”, appelé M1, ou ensemble de la monnaie circulante, regroupe tous les moyens de paiement immédiatement disponibles, c'est-à-dire la monnaie fiduciaire et les comptes à vue.

Le second agrégat, M2, est constitué de M1 auquel on ajoute tout le crédit à court terme, c'est-à-dire les sommes déposées sur des livrets ou sur des comptes à terme et disponibles en moins de deux ans. Une somme donnée peut passer d'un agrégat à l'autre, par exemple un dépôt de billets déposé au guichet pour être mis sur un livret passe de M1 à M2. Et si, étant dans M2, la banque le prête, elle le met sur un compte de dépôt et il repasse dans M1.

Pour former l'agrégat M3, on ajoute à M2 d'autres titres de créance et des titres du marché monétaire, qui sont de purs crédits.

L'endettement intérieur total regroupe tous les crédits, que ce soit sous forme de prêts bancaires ou d'émission de titres, et qu'il s'agisse de crédits aux entreprises, aux administrations publiques ou aux particuliers.

Quelques chiffres font comprendre que la monnaie circulante, celle qu'on manipule tous les jours, et à laquelle on pense quand il s'agit de monnaie, n'est en réalité presque plus rien en comparaison de tous ces crédits dont dépend l'économie, c'est-à-dire par rapport à l'ensemble des moyens de paiements : en 1999, l'agrégat M1 était évalué, en France, à 358 milliards d'euros alors que l'endettement intérieur total était près de six fois plus grand, presque 2.100 milliards d'euros, … soit plus d'une fois et demie le produit intérieur brut du pays !

Les moyens de paiement qui servent aux transactions sur les marchés financiers sont donc d'un montant bien plus considérable que la seule monnaie circulante. D'autant que ces transactions portent sur toutes sortes de titres négociables, non seulement les obligations émises par des entreprises pour financer leurs investissements, et qui sont du crédit, mais aussi sur les actions qui sont des titres de propriété. Nous y reviendrons.

Il y a ainsi beaucoup plus d’argent qui est dû aux banques que celui qui est en circulation. Il est évident que la dette ne peut jamais être complètement remboursée : si tous ceux (particuliers, industriels, commerçants ou État) qui ont un crédit dans une banque décidaient de rembourser leur banque, non seulement tout l’argent disponible serait nécessaire et il n’y en aurait donc plus du tout en circulation, mais, en plus, cela serait loin de suffire, il en manquerait encore beaucoup plus. Or, comment rembourser quand on n’a pas l’argent nécessaire ? — En empruntant à une banque, à qui il faudra payer des intérêts, etcC’est un cercle vicieux, une spirale ouverte vers l’infini.

Le système bancaire, un garde-fous ?

La Banque de France a été chargée d'apporter un certain sérieux à cette organisation.

Nous avons évoqué le fait qu'elle est l'Institut d'émission de la monnaie légale, c'est-à-dire que c'est elle qui commande la fabrication des pièces et des billets. C’est par paiements aux guichets des banques commerciales que ces “espèces” entrent en circulation : lorsque ces banques manquent de “cash” pour leurs clients, ou bien elles se procurent des “liquidités” déjà en circulation en “se refinançant” auprès d’institutions financières privées (le marché interbancaire), sinon elles s’adressent à la Banque centrale. Celle-ci joue alors pour elles le rôle de “prêteur en dernier recours” en leur fournissant de la monnaie centrale en échange de titres de créances qu'elles avaient “en pension” et qui sont dits alors “réescomptés”. La monnaie centrale ainsi créée en contre-partie de titres de créance est dite monnaie de crédit de premier niveau.

D’autre part c’est la Banque centrale qui tient des comptes courants de toutes les banques commerciales (qu'on dit secondaires pour les distinguer dans cette hiérarchie) y compris celui du Trésor public. Elle est donc “la banque des banques” dont elle exige qu'elles lui déposent des réserves obligatoires en monnaie fiduciaire, qu'elle porte sur leurs comptes et qu'elle inscrit à son passif. Ces réserves, dont le montant dépend de la taille de chaque banque, c'est-à-dire des crédits que cette banque émet, ont été, à l'origine, instituées pour obliger les banques à se garantir en cas de demandes massives de monnaie légale de la part de leurs clients.

Cette fonction est le moyen qui a été trouvé de permettre à la Banque centrale d'exercer une pression sur la création monétaire ex nihilo par les banques secondaires et autres institutions financières. Mais remarquons bien qu'il ne s'agit que d'une pression indirecte, la variation du taux de réserves ne permettant à la Banque centrale que d'encourager ou de freiner la création de monnaie par les banques commerciales.

Et y regardant de plus près, on découvre qu'il existe deux types de taux d'intérêts, suivant celui qui prête et celui qui emprunte.

Quand ce sont les clients qui prêtent aux banques (comptes courants, livrets d'épargne, plans d'épargne-logement), il s'agit de taux créditeurs. Pour attirer l'épargne populaire, ces taux sont garantis et souvent réglementés, mais ils sont peu élevés ou même nuls dans le cas des comptes courants traditionnels. La marge de manoeuvre des banques sur ces taux créditeurs est donc faible.

Mais quand au contraire ce sont les intermédiaires financiers qui ouvrent des crédits à leurs clients, ils leur appliquent des taux dits débiteurs, et bien que l'argent, dit-on, n'ait pas d'odeur, ces taux sont fixés cette fois “à la tête du client”, ils dépendent de la “qualité de l'emprunteur”, c'est-à-dire de ses capacités de paiement. En fait il existe un taux débiteur de référence, dit taux de base, qui est lié aux taux directeurs, ceux du refinancement des banques auprès de la Banque centrale. Ce taux de base est le même pour tous mais il ne correspond qu'à ce qui est demandé aux emprunteurs “de première catégorie”, ceux dont leur banque juge qu'ils “ont les reins solides”. Pour les autres clients, les banques appliquent une marge au-delà du taux de base, marge d'autant plus grande que le client est jugé moins sûr. Et en plus de ces taux d'intérêts débiteurs, les banques font en général payer à leurs clients des frais divers, frais de commission, frais de gestion de dossiers, etc., qui sont rarement affichés, et qui peuvent beaucoup varier d'une banque à l'autre. Ces taux libres peuvent être très élevés; on dit simplement qu'un intermédiaire financier prend un taux “usuraire” quand, commissions comprises, il dépasse de 33 % du taux moyen tel qu'estimé par des enquêtes !

 

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La démocratie confisquée

Jusqu'au début des années 1980, l'essentiel du financement de l'économie était ainsi assuré par des crédits octroyés par les banques et les institutions financières. Or celles-ci appartenaient en majeure partie au secteur public. En France, en 1984, les banques nationalisées
contrôlaient 87% des dépôts à vue et 76% des crédits distribués. C'est ce qu'on a appelé "l'économie d'endettement administré".

Ce régime, au cours des "Trente glorieuses", a permis de créer un environnement adapté aux besoins de l'économie en favorisant la croissance rapide des investissements productifs. Pouvant octroyer à certains secteurs des financements privilégiés, grâce à des prêts à taux bonifiés, inférieurs aux cours du marché, la politique avait un peu de pouvoir sur l'économie. Bien qu'abandonnée aux banques depuis longtemps, la création monétaire était, en majeure partie et de façon indirecte, régulée par la Banque centrale, qui assurait ainsi “l'encadrement du crédit”. Et l'État conservait, par cet intermédiaire, un "certain" contrôle sur l'activité financière du pays.

Et puis, patatras, en quelques années, tout ceci a été bouleversé, au nom d'une idéologie qui s'est imposée à toutes les économies dites “développées, les unes après les autres :

Au milieu des années 80, sous la pression des Think Tanks (20) inspirés des économistes tels que ceux de l'école de Chicago, dans le sillage du monétariste Milton Friedman, ou de Friedrich von Hayek, ce régime a fait place au régime "d'économie de marchés financiers libéralisés".

(20) Lire à ce sujet Les évangélistes du marché, par Keith Dixon.

Dès 1985 la part des crédits à taux administrés a été progressivement réduite.En 1987 c'est l'encadrement du crédit qui a été supprimé. Et en 1989 ce fut le tour du contrôle des changes.

Parallèlement, à partir de 1986, les banques nationalisées et les principales institutions financières ont été privatisées. (YH : historiquement, c'est bien la "gauche" qui a fait le travail que la "droite" n'avait pu faire avant avec le président Valery Giscard d'Estaing, bien que le mouvement ait été enclanché par les modifications de lois du président Pompidou...)

À la même époque a été créé le “marché unique des capitaux”, ce qui signifie que toutes les transactions, qu'elles soient au comptant, à court ou à long terme, sont maintenant accessibles à tous les agents économiques, qu'ils soient ou non financiers, qu'ils soient nationaux ou étrangers.

Le grand, le super-, l’hyper-marché des capitaux

Cette création du marché “unique” des capitaux fût l’explosion d’un marché… multiple, qui consacra la mainmise de la finance sur l’économie, mainmise d’autant plus totale que même l’État fut soumis à ce marché par la loi de 1993 (voir ci-dessus “quand l’État est contraint d’emprunter au privé").

Énumérons, sans insister, ses multiples facettes.

Citons d’abord le marché interbancaire qui permet aux banques de s’arranger entre elles, les unes pouvant avoir des liquidités disponibles dont les autres ont besoin. Il revient à la Banque centrale d’en fixer ce qu’on appelle les taux directeurs : le taux “de refinancement du marché interbancaire”, qui y sert de référence, et les deux taux dits “de facilité”, les taux plafond et plancher entre lesquels les taux d’intérêt peuvent évoluer. En fait, ces taux varient au jour le jour, de sorte que ce n’est pas la politique monétaire qui les impose au marché interbancaire, mais la loi de l’offre et de la demande, c’est-à-dire la loi du marché.

Le marché dont le public entend le plus souvent parler est le marché financier, c’est-à-dire la Bourse. Deux sortes de titres (ou “valeurs mobilières”) s’y achètent et s’y vendent : les actions des entreprises “cotées” et les obligations.

Acheter des actions d’une entreprise c’est acheter une fraction de son capital. Cela comporte évidemment un risque : si l’entreprise prospère, sa cote, ou plutôt la cote de ses actions, monte et il est possible de réaliser une plus-value si on réussit à les vendre plus cher qu’on les a achetées. Il peut même arriver, si les bénéfices sont très élevés, que l’assemblée générale des actionnaires décide d’en verser une fraction (un dividende) à tous les actionnaires. Mais rien n’est garanti et l’entreprise peut voir ses actions baisser, par exemple si un bruit qui court permet de penser qu’elle rencontre des difficultés. En échange de ce risque qu’ils partagent ainsi, les actionnaires ont le droit de participer à l’élection du Conseil d’administration de l’entreprise qui en désigne le patron et est censé le contrôler. Mais tout ceci se passe en général entre “gros” actionnaires, initiés, et les petits ne font pas le poids (une exception récente fera date : les petits actionnaires d’Eurotunnel viennent de réussir à s’entendre pour changer la direction, dont le comportement s’était révélé vraiment catastrophique).

En achetant les obligations émises par une entreprise, il ne s’agit plus d’en devenir copropriétaire, mais de lui prêter de l’argent. En effet, quand une entreprise a besoin d’un crédit et qu’elle ne souhaite pas le demander à une banque, elle émet des obligations en s’engageant sur la durée et le taux d’intérêt de cet emprunt. Ainsi assuré d’une rémunération et d’un remboursement à date fixée, l’acheteur de ces titres de dettes prend beaucoup moins de risque qu’en achetant une action et il n’a, par conséquent, aucun droit d’intervention dans la politique interne de l’entreprise.

Les marchés financiers servent ainsi à pomper l’épargne vers les grandes entreprises. Et cette pompe marche si fort qu’en 2003 elle avait pompé dans le monde la bagatelle de 19.554 milliards de dollars (à comparer avec le PIB mondial qui était de l’ordre de 30.000 milliards).

L’explosion des marchés financiers s’est aussi manifestée par la naissance d’un nouveau commerce, celui des contrats qui se négocient sur le marché des produits dérivés et qui servent aux entreprises à se protéger contre toutes sortes de risques financiers, tels que la variation des taux d’intérêt, la fluctuation des cours des monnaies et même le pris des matières premières.

Pour tous ces “produits financiers”, on distingue le marché du neuf du marché de l’occasion. C’est sur le premier, dit aussi marché primaire, que les nouveaux titres mobiliers sont offerts au public, alors que sur le marché secondaire sont négociés les titres émis antérieurement et revendus (éventuellement par des spéculateurs professionnels).

Depuis 1991, le marché bousier national est aussi organisé en compartiments : il y a le premier marché, l’officiel, où les valeurs sont déterminées au jour le jour, le second marché, créé en 1983, destiné aux PME (petites et moyennes entreprises), le nouveau marché, ouvert en 1996, orienté vers le financement des “jeunes pousses” technologiques, et le marché hors-cote concernant les entreprises qui ne sont pas encore ou ne sont plus cotées au marché officiel.

Citons pour finir le marché hypothécaire, qui facilite le financement de l’immobilier en donnant aux établissements de crédit la possibilité de vendre leurs créances hypothécaires. Ce marché a donné lieu à une innovation aux Etats-Unis, appelée la titrisation des créances. En gros, disons qu’elle permet aux prêteurs (banques et autres organismes de crédit) de se refinancer en vendant leurs créances à des investisseurs non bancaires et donc de gérer plus sûrement les risques liés à ces prêts.

Le but affiché de toutes ces transformations, qui constituent ce qui s'appelle une révolution, était de faciliter la confrontation mondiale de toutes les offres et demandes de capitaux, sous quelque forme que ce soit. De ne plus réserver aux banques le choix d'investir pour qu'il soit désormais exercé par “la main invisible du marché” sous prétexte qu'un tel marché à l'échelle planétaire était la clé du développement et de la prospérité, que les pays pauvres allaient avoir ainsi accès à celle des pays riches. C'était la fin de la pauvreté…

Or la réalité est à l'opposé de ces promesses : ce sont les grandes entreprises des pays riches qui ont profité de ce type de développement, au détriment des populations pauvres. Parce que le fonctionnement de cette “main” est une fable, comme l'explique un témoin, J.E.Stiglitz, et on
peut lui faire confiance puisqu'il fut chargé de la politique du développement en tant que Vice-président de la Banque mondiale, en 1997-1999.

Voici ce qu'en dit cet expert, Professeur dans cinq universités prestigieuses (Yale, Oxford, Stanford, Princeton et Columbia) : «La fameuse “main
invisible”, régulatrice du marché ? Elle est invisible parce qu'elle n'existe pas. Le marché ne se régule pas de lui-même. La “théorie du ruissellement”, chère à Reagan, pour qui l'enrichissement des riches “ruisselle” toujours sur les pauvres ? C'est tout simplement faux.» (21)

 

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La monnaie est devenue… capital (e)

En 1999, presque toutes les banques, en France comme dans tous les pays industrialisés, étaient revenues au secteur privé, et les marchés des capitaux avaient pris, dans le pilotage de l'économie, une part croissante par rapport aux financements bancaires. Qu’on se rassure, les banques n’y ont rien perdu, elles ont tout simplement élargi leurs activités pour participer autrement à l'économie mondiale, en y jouant un rôle supplémentaire grâce aux marchés financiers. Par exemple, qu’il s’agisse de la mise en vente de nouvelles actions lors d’une introduction en Bourse ou d’une augmentation de capital, ou d’une émission d’obligations, les sociétés sont obligées de passer par l’intermédiaire d’une banque, à qui elles doivent alors, bien entendu, verser une commission correspondante. Ce qui ne signifie pas que les banques ont renoncé pour autant à leur privilège d'ouvrir des crédits ex nihilo. En ce domaine, le taux de couverture (22), en leur fixant une limite, est en quelque sorte une bride sur leur cou. Les banques admettent que cette réserve obligatoire soit pour elles une garantie contre la faillite, mais si la bride est trop serrée, elles craignent de voir leurs clients investisseurs aller chercher ailleurs, c’est-à-dire sur les marchés financiers, leurs financements. On voit donc que les investissements, c’est-à-dire le dynamisme de l’économie, dépendent encore plus de ce taux depuis le grand tournant vers “l’économie de marchés financiers libéralisés”. De plus, les grandes banques américaines ont établi des systèmes d’évaluation de leurs risques, ce qui leur permet de déterminer elles-mêmes leur taux de réserve ce qui n’est évidemment pas sans conséquence sur la concurrence entre banques. Et c’est ainsi que l’ère du “ratio Cooke” (c = 0,8) vient de se terminer par un accord conclu à Bâle le 11 mai 2003 : le ratio “Bâle II” ne sera pas universel, il sera plus souple. Et s’il aidera, comme le dit un Professeur à Dauphine (ancien PDG de Paribas) “les meilleurs investissements” en faisant “payer les risques un à un”, il augmentera encore la marge de manoeuvre des géantes américaines. (YH  : prouvé de nos jours (2014) : Goldman Saks et JP Morgan par exemple, même avec quelques déboires... tiennent le monde entre leurs mains !)

Même sans comprendre le sens et la portée de toutes ces réformes, le grand public peut constater dans les bulletins quotidiens d'information, et depuis plusieurs années, que les mouvements de la Bourse ont la vedette, et même en général avant ceux du football, ce qui n'est pas peu dire ! On voit qu'il s'agit d'inciter le commun des mortels à jouer son avenir à la Bourse, de le persuader que rien ne vaut le marché pour lui faire gagner la fortune dont il faut qu'il rêve.

Ces bouleversements financiers ont effectivement laissé aux capitaux la bride sur le cou et l'économie a ainsi été mise à leur service. Mais les  bienfaits annoncés de cette manne se répandant sur les pays dits en voie de développement ne sont pas au rendez-vous. Les mouvements altermondialistes demandent un moratoire pendant lequel il serait possible de faire le point sur ces retombées. Ce moratoire est toujours refusé, et pendant ce temps, le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) constate que 840 millions de personnes souffrent toujours de malnutrition, dans un monde qui n'a jamais tant produit… (en 2003). - 1 milliard en 2010...

Du crédit “à l'ancienne” au crédit “moderne”

Toutes ces transformations témoignent donc d'un changement radical dans les habitudes monétaires. Mais ce changement est insidieux parce que la grande majorité de la population continue à ne voir dans la monnaie qu'une valeur servant à acheter des biens économiques réels, et éventuellement une réserve pour différer ses achats. Effectivement, et nous y reviendrons, il n'y a plus d'échanges de marchandises, l'échange économique est devenu la vente-achat d'un bien ou d'un service contre de la monnaie, dont la nature est différente. Parmi ces transactions, les plus nombreuses, au quotidien, sont d'un montant relativement peu élevé, de sorte que le public ne voit de monnaie que la monnaie circulante. Il n'est pas conscient que la monnaie est devenue un symbole que les experts appellent la contrepartie du capital financier. Or ce symbole cache un pouvoir immense sur l'économie réelle, et il est un outil de décision utilisé pourtant de façon irrationnelle, car on sait bien que sur LE marché, devenu unique, la motivation rappelle plutôt celle
de joueurs au casino que celle de responsables de l'avenir du monde.

Sans que soient changés les mécanismes de la création monétaire, les attributions des banques ont donc été élargies, diversifiées et étendues à d'autres organismes financiers, également privés, et agissant magistralement sur l'économie en général, mais toujours avec pour seul objectif leur propre intérêt. Et le capitalisme a pu déployer son imagination, inventer de nouveaux marchés sur lesquels il est maintenant possible de faire fortune ou de se ruiner en vendant ou en achetant du risque, des options, etc. La spéculation est un art, réservé aux initiés, dont le menu peuple peut faire les frais, mais il ne peut pas le savoir.

Ainsi, pendant des millénaires, des Assyriens jusqu'à la Dame de Fer, soit, en gros, de 2.000 ans avant à 2.000 ans après J-C, le crédit a correspondu au délai entre le choix d'un achat et son paiement ; mais, comme l'exprime F. Rachline (23), «au départ comme à l'arrivée, indépendamment de la durée du crédit, une matière fait le poids», soulignant par ces termes le fait que les opérations bancaires sont toujours restées liées à des activités commerciales ou agricoles, qu'elles n'aboutissaient alors jamais à un commerce autonome, purement spéculatif, comme c'est le cas maintenant. Ce “crédit à l'ancienne” vient de faire place à un crédit pur qui «n'est fondé sur rien d'autre que sur lui-même», une avance comme une tête de pont qui serait lancée par-dessus un fleuve dont l'autre rive, si elle existe, est invisible.

Du franc à l'euro

Le principe de concurrence ayant été placé au coeur de la construction de la Communauté européenne, il était fatal que, dès sa création, l'euro soit placé sous un seul “contrôle”, celui du Marché. La création de l'euro n'a donc pas non plus changé l'essentiel du mode de création monétaire. Pire, le contrôle public tend un peu plus à disparaître. La Banque centrale européenne (BCE) décide maintenant du taux d'escompte de l'euro, mais elle n'est pas plus dirigée par des élus que ne l'était la Banque de France et il est moins possible que jamais de maîtriser l'évolution de la masse monétaire. Son Président est tenu à une complète indépendance vis-à-vis des gouvernements, il ne doit pas obéir à leurs directives, il n'a même pas à leur rendre compte.
Un seul objectif lui a été imposé par le traité de Maastricht : éviter que l'inflation dépasse environ 2% par an… pour ne pas pénaliser les investisseurs.

Tout se passe donc comme si les financiers, et les “économistes” à leur service, constituaient un monde à part, une espèce d'État international exerçant sa politique propreCet État a une organisation qui lui est propre et il gère ses affaires de façon autonome (24). En Europe, par exemple, son gouvernement est le directoire de la BCE, il établit ses lois financières, il a ses préfets, ce sont les banques centrales nationales, ses grands électeurs, ce sont les Ministres des finances des États, et ses administrés sont les opérateurs financiers.

Notons toutefois une nuance entre le rôle attribué à la BCE et celui de son homologue états-unien, la FED. En Europe, le traité de Maastricht impose respectivement et indépendamment à la BCE de veiller sur l'inflation et aux gouvernements de limiter leur déficit, quelles que soient les circonstances. Alors qu'aux États-Unis, les relations entre la FED et l'administration sont plus souples, c'est ce qui a permis au président G.W.Bush de diminuer les impôts tout en augmentant ses dépenses militaires pour atteindre le record de déficit déjà évoqué. Ainsi l'Europe copie sa révolution néolibérale sur les États-Unis, mais en y ajoutant une rigueur, sur ce point, qui entrave a priori sa compétitivité face à sa plus grande rivale !

 

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«Votre argent m'intéresse !»

Ce développement sans précédent de la finance internationale a bouleversé l'économie mondiale. Alors qu'avant «la fonction du système financier international était d'assurer le financement du commerce mondial et des balances de paiement, les flux financiers internationaux ont connu une progression explosive, sans commune mesure avec les besoins de l'économie mondiale» (25). En 1998, par exemple, 1.600 milliards de dollars, soit l'équivalent du PIB annuel de la France, ont transité, chaque jour, par les marchés des changes. Ces opérations financières sont en moyenne 50 fois plus importantes que celles qui sont liées au commerce des biens et services.

La finance internationale a dérivé du financement de l'économie pour suivre maintenant sa propre logique, comme le dénonce René Passet : «Quand le banquier nous fait savoir, dans une publicité qui eut son heure de gloire, que notre argent "l'intéresse", c'est bien de notre argent qu'il s'agit, mais c'est lui qui en retire puissance et influence. On peut en dire autant de toutes les institutions qui concentrent nos moyens de paiement : banques et sociétés de courtage, fonds de pension gérant l'épargne par laquelle les salariés entendent financer leur future retraite, hedge funds ou fonds de performance, constitués à des fins purement spéculatives, mutual funds, fonctionnant comme nos SICAV. Ces institutions concentrent une "puissance de feu" redoutable, très supérieure à celle des états» (26). Les institutions financières (banques, assurances, fonds de placement et autres fonds de pension) n'ont pour objectif que la recherche du meilleur rendement, passant d'une monnaie à l'autre, d'euros en dollars, de dollars en yens, d'une action à l'autre, d'une obligation à une autre. Et c'est pour mettre ces mouvements financiers à l'abri des fiscalités nationales, protégeant ainsi la criminalité financière, qu'ont été créés les paradis fiscaux.

Anonymat de l'argent et secret bancaire permettent le blanchiment et le placement lucratif de l'argent, propre ou sale (celui de la drogue, des armes, des mafias, etc.), de sorte que les entreprises et les terroristes utilisent les mêmes moyens pour faire prospérer leurs finances.

La taxe proposée par le libéral Tobin pour remettre un peu de régulation ne pénaliserait que les transferts spéculatifs sur le marché des changes et non pas ceux qui sont nécessités par les échanges du commerce international, car les premiers se distinguent des seconds par leur fréquence : «Le long terme, dit un de ces spéculateurs, c'est pour moi dix minutes !»

Évolution du FMI : protéger les investisseurs, pas les populations.

En 1944 à Bretton Woods, quand fut créé le Fonds monétaire international (FMI) pour réguler le marché monétaire international, le droit des particuliers et des entreprises à investir leurscapitaux à l'étranger avait été limité par la plupart des pays, dont les États-Unis, pour éviter que la
spéculation nuise aux relations commerciales. Mais les gestionnaires de capitaux ont fait pression sur les gouvernements républicains soutenus par un électorat fortuné (Reagan, puis Bush), pour que soient levées de telles barrières. Après quoi c'est l'administration démocrate (Clinton) qui a saisi cette initiative républicaine pour financer ses campagnes électorales ; et la charte du FMI fut amendée… Elle est alors devenue, aux dires des plus modérés, le manager du système de crédit, ayant pour objectif, à court terme d'assister les créditeurs internationaux, et, à long terme, d'augmenter le rendement de leurs capitaux. Par contre, le FMI n'est pas concerné par la dette intérieure, par exemple celle du consommateur états-unien, qui en moyenne, à la fin de 2002, devait 40 % de son revenu.

Ceci nous amène au problème de la Dette du Tiers monde. En effet, que se passe-t-il quand l'économie d'un pays, en général du Tiers monde, est malade et que ses entreprises locales sont amenées à emprunter à l'étranger ? — Le FMI intervient car «en dehors d'un accord conditionné avec le FMI, il n'y a pas de prêt international possible» et il oblige les gouvernements des pays emprunteurs à prendre, sous le nom de "pactes d'ajustement structurel" (PAS) les mesures nécessaires pour assurer le plus vite possible le remboursement des créditeurs internationaux, c'est-à-dire pour maintenir le cours de la devise locale. Ces mesures, qui impliquent privatisations, austérité pour limiter les importations et faciliter les exportations, réduction des dépenses publiques et interruption des investissements productifs, ce qui entraîne une aggravation du chômage et la baisse de la production, donc des revenus, etc. forment ce qu'on appelle le consensus de Washington. Elles sont dans la logique du système de crédit, même si elles sont désastreuses pour les populations. Parce que le FMI n'a pas été conçu pour venir en aide aux habitants des pays en difficulté, mais pour éviter aux prêteurs internationaux d'être lésés, c'est-à-dire de ne pas être remboursés intégralement et avec intérêt.

Les investisseurs invoquent ce risque pour exiger des intérêts d'autant plus élevés qu'il paraît possible que le pays emprunteur ne soit pas en mesure de les rembourser. Mais le comble est que ce n'est pas eux qui assument ce risque, parce que si, malgré les PAS, un pays ne peut pas payer, c'est le FMI qui paie, et aux frais des contribuables !

(21) Joseph E. Stiglitz, dans Quand le capitalisme perd la tête, éd Fayard, 2003

(22) Voir ci-dessus “la création ex nihilo par les banques

(23) François Rachline, «Que l'argent soit. Capitalisme et alchimie de l'avenir».

(24) On trouvera des précisions sur l'organisation de la BCE dans l'ouvrage La Banque centrale européenne, par Francesco Papadia et Carlo Santini. Mais ce petit livre, publié par Banqueéditeur et rédigé par deux banquiers, le premier de la Banque centrale européenne, le second de la Banque d'Italie, est surtout une défense, sans la moindre critique, des directives données à la BCE par le traité de Maastricht. Pour l'analyse et la critique, lire L'euro sans l'Europe, manière de voir N°61, janvier-février 2002, éd le Monde diplomatique.

(25) D.Plihon, Le nouveau capitalisme.

(26) Dans René Passet, Eloge du mondialisme. Chapitre I, Les véritables maîtres du monde, pages 31-32.

 

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Premières conclusions

À ce stade de notre étude, nous pouvons conclure qu'au moins deux idées fausses sont très répandues. D'abord on raisonne le plus souvent comme s'il existait une quantité d'argent fixée et qu'il faudrait “faire avec”. Alors qu’en fait, une telle contrainte ne s'exerce plus que sur l'État. Il semble également que beaucoup de gens soient persuadés que c'est le gouvernement d'un pays qui décide de la masse de sa monnaie en circulation, alors que ce sont au contraire des banques d'intérêt privé qui émettent la monnaie scripturale, qui en tirent profit et ont, en plus, le pouvoir de choisir les bénéficiaires de cette manne.

Nous avons compris que depuis qu'elle peut être créée très facilement, par de simples jeux d'écritures, la monnaie-symbole a perdu la garantie que constituait son lien avec une richesse matérialisée. L'évolution, d'abord progressive, insidieuse, mais qui s'est accélérée au cours des dernières décennies, fait qu'on constate aujourd'hui (écrit en 2003 et inchangé depuis...) :

• que la création monétaire échappe à toute décision politique, qu'elle n’a pas l'intérêt général pour objectif et qu'elle augmente les inégalités;

que ce mode de création ne permet pas, par exemple, de financer une entreprise d'utilité publique mais non "rentable", parce qu'elle ne pourrait pas rembourser, ni, à plus forte raison, payer les intérêts liés à la création bancaire. On peut citer mille exemples de conséquences dramatiques de la nécessité de rentabilité de tout financement. Par exemple, la recherche fondamentale : il n'y a que l'État qui puisse financer une recherche scientifique fondamentale, qui ne débouche pas immédiatement ou même jamais, sur une application marchande et rentable. Dans le cas particulier de la médecine, des laboratoires pharmaceutiques privés, de plus en plus gros, financent la recherche de médicaments dits “porteurs”, attendus par une clientèle riche, et ils en exigent l'exclusivité du marché par des brevets ; par contre, la recherche concernant les maladies dites “orphelines”, parce que rares, est abandonnée, la clientèle potentielle n'étant pas suffisante pour attirer l'investissement ! On rencontre en permanence des situations analogues dans tous les domaines : une commune, ou une région, se trouve en face d'un besoin manifeste, par exemple la construction d'un pont, d'une crèche ou d'une route, pour lesquels existent les compétences, les architectes, les ouvriers disponibles, et tous les matériaux et les machines nécessaires. Ne manque que le crédit. La construction ne peut pas se faire parce que les besoins humains ne commandent pas la création monétaire et que les pouvoirs publics sont soumis à ces contraintes ;

que ce mode de création monétaire ne pèse pas seulement de cette façon directe sur la société dans tous les domaines publics : il oblige toute entreprise qui a besoin de crédits à rembourser plus qu’elle n’a emprunté. Cette obligation oriente les choix des entreprises qui sont ainsi amenées soit à compenser cette augmentation de leurs coûts par des “économies” faites sur les conditions de travail ou à négliger “par économie” certaines précautions jugées trop coûteuses, soit à adapter leurs prix de vente pour pouvoir payer les intérêts de leurs emprunts, auquel cas ce sont les clients qui paient ces intérêts, et donc qui versent une rente au système bancaire.

Impossibilité de financer des entreprises non rentables, obligation de croissance des bénéfices, nécessité de réduire les coûts, ce mode de création monétaire pèse sur la société dans tous les domaines : santé, conditions de travail, environnement, connaissance, évolution, culture…

Ce qui devrait amener l'opinion à poser quelques questions :

• D'où vient ce choix du mode de création monétaire ?
— Nul débat politique n'est à son origine.

• A-t-il été spontané ?
— L'histoire a montré, en plusieurs circonstances (dont, en France, deux coups d'État napoléoniens) la pression exercée sur le pouvoir en place pour imposer les privilèges dont les banques jouissent encore.

 Ce choix est-il immuable ?

— Rien ne l'est, et surtout pas la monnaie, elle a changé tout au long de son histoire… (YH : et il y a même eu, il y a seulement 450 ans encore, des civilisations entières qui s'en passaient, sans faire non plus de troc...)

Sources : http://www.france.attac.org/ et multiples références

Yves Herbo 04-2012

Incursion dans un domaine trop réservé : la monnaie - Part 2

Incursion dans un domaine trop réservé : la monnaie - Part 2

 

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I) suite

La création ex nihilo par les banques

Expliquons cet effet à l'aide d'un exemple :

Imaginons que vous fassiez un dépôt de 1.000 euros en billets (monnaie centrale dite aussi “de premier niveau”) auprès de votre banque. Non seulement cette banque peut alors disposer à son gré de ces 1.000 euros, tout en sachant qu’elle vous les doit (c’est inscrit dans sa comptabilité), mais en plus, du fait de ce dépôt, elle est autorisée à ouvrir, pour un autre client, un crédit d’un montant légèrement inférieur, la différence étant ce qui correspond aux “réserves obligatoires”. Si cette réserve est fixée à 10 pour 100, soit un “ratio de réserve” ou “taux de couverture” c = 0.1, votre dépôt de 1.000 euros permet à votre banque d’ouvrir 1.000 x (1 -0,1) = 900 euros de crédit supplémentaire (ou crédit de second niveau) pour un autre client. Celui-ci, en le dépensant, tire un chèque qui va fatalement aboutir à une banque, la même ou une autre, et celle-ci pourra alors ouvrir, elle aussi, un crédit supplémentaire de 900 moins les 90 de réserve obligatoire, soit 810 euros de crédit de troisième niveau. Cette banque aura de ce fait 900 + 810 = 1.710 euros sur son compte de dépôt. Au quatrième niveau de cette chaîne de crédits, une autre banque créera de même 729 euros, une cinquième 656 euros, etc. Il s’agit d’une série mathématique dont la théorie montre que la somme de tous ces crédits ouverts à partir des 1.000 euros initiaux est 1/c, soit ici 1/0,1 = 10 fois la somme de départ. Autrement dit, si l’obligation de réserve impose un taux de couverture c, les banques peuvent multiplier les crédits qu’elles créent par le facteur multiplicateur N = 1/c

Jusque dans les années 1970 chaque pays était libre de fixer son propre taux de couverture. Mais l’activité des banques étant devenue de plus en plus internationale, il a fallu harmoniser ces taux. Un premier accord a été signé à Bâle, en 1974, puis une valeur commune a été adoptée d’abord par une dizaine de grands pays occidentaux, et acceptée ensuite par plus de 100 pays, en 1988, il s’agit du ratio Cooke, qui fixait la réserve obligatoire à c = 8%Ce système donnait donc alors aux banques secondaires la possibilité de multiplier par 12,5 le montant de la monnaie scripturale en circulation.

La seule limite à cette création est le risque que court la banque, si elle prête à des clients incapables de la rembourser, d’être entraînée dans leur faillite. Cette “couverture” n’avait pas d’autre raison d’être que d’éviter ce danger aux banques.

 

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Un pouvoir arbitraire, méconnu et dangereux

Ce privilège de prêter N fois plus que ce qui leur est confié confère aux banques privées et autres institutions de crédit un pouvoir arbitraire sur l’économie : elles ont le choix des clients pour qui elles créent cette monnaie, et elles en tirent tout le bénéfice grâce aux intérêts qu'elles en exigent. Alors qu'elles n'en supportent pas tous les risques parce que les crédits qui sont ainsi ouverts constituent une monnaie privée sans garantie légale, contrairement à la monnaie centrale.

C'est un énorme pouvoir dissimulé, donc méconnu, parce que monnaie privée et monnaie centrale alimentent les mêmes comptes à vue, qui permettent de tirer les mêmes chèques. Ainsi monnaie privée et monnaie légale se confondent à l’usage, les crédits créés ex nihilo servent bel et bien de monnaie pour ceux qui reçoivent des chèques en paiement, quelle que soit la façon dont ont été provisionnés les comptes sur lesquels ces chèques sont tirés.

Tout va bien tant que les clients ont confiance dans ce système bancaire. Mais quand ils viennent tous en même temps retirer “du liquide” soit-disant équivalent à leurs avoirs, c’est l’effondrement du système et la ruine pour tous ses clients, comme cela s'est vu fin 2001 en Argentine, s’était produit en 1998 en Russie, un peu plus tôt en Thaïlande, et en Malaisie, et en Indonésie, etc. Où la prochaine fois ?

Or les institutions de crédit ont non seulement le pouvoir de créer l’argent et de le ramener à elles, ce qui leur permet d’acheter ce qu’elles veulent, mais elles ont, du même coup, un droit sur le patrimoine de leurs débiteurs quand ceux-ci sont défaillants. Pour le comprendre, utilisons encore un exemple : vous possédez un terrain et vous avez besoin de 10.000 euros pour construire votre maison dessus; vous êtes obligé pour cela d’emprunter ces 10.000 euros à votre banque. Celle-ci, pour vous ouvrir ce crédit, ne les prend pas à un autre client. Elle inscrit dans sa comptabilité que vous lui devez 10.000 euros, plus tant pour cent d’intérêts (ce qui, à terme, peut faire, disons, 18.000 euros), et elle prend une hypothèque sur vos biens. Si, à terme, vous lui payez les 18.000 euros, elle annulera votre dette, mais elle encaissera les 8.000 euros d’intérêts

Et si vous ne pouvez pas régler les 18.000 euros, elle est en droit de se payer sur la vente, à laquelle elle vous forcera, de votre terrain ou de votre maison. De sorte que la permission donnée aux banques de créer de la fausse monnaie, pardon, de la monnaie privée, les rend gagnantes dans tous les cas, sauf si elles ont prêté à des clients insolvables.

On comprend tous les efforts, enquêtes, publicités, démarches, souvent en connivence avec des agences immobilières et autres commerçants (qui sont preneurs dans les ventes à crédit organisées, c’est le cas par exemple des concessionnaires d’automobiles) pour organiser la chasse aux clients à qui prêter pour en tirer le maximum, voire pour les… plumerLa lutte contre le surendettement vise à discipliner les clients piégés, mais pas à interdire ces pratiques. On comprend aussi pourquoi les sièges des banques sont des bâtiments somptueux… Comparez le bureau dans lequel votre banquier vous reçoit pour conclure un crédit, avec le “local” dans lequel vous reçoit l’instituteur de vos enfants pour parler de leur avenir !!

Comment, sinon par ces créations de monnaie ex nihilo, des entreprises comme France Télécom, Vivendi et combien d’autres encore, auraient-elles pu acheter tant “d’actifs” au point que leurs entreprises se sont retrouvées endettées de plusieurs dizaines de milliards d’euros…? Qui peut, non pas gagner des millions, mais s’endetter de tant de milliards ?

Ces quelques exemples laissent entrevoir le rôle joué par le crédit sur l’ensemble de l’économie. Et cet aperçu donne le vertige. On découvre que les organismes bancairesqui ne produisent rien de tangible, ont en fait, grâce à cette monnaie privée qu’elles créent de toute pièce (si on peut dire…), le contrôle des destinées des nations et de l’économie mondiale : elles peuvent contrôler les ressources monétaires mondiales, amener les gouvernements à quémander, elles peuvent même les manipuler, et donc faire et défaire des nations entières.

Imaginez, c'est de la fiction pure, qu’une de ces banques repère un homme politique suffisamment vénal pour qu’il accepte de lui emprunter de l’argent afin de se constituer une formidable machine à détruire, qu’elle l’incite ensuite à piller tout un pays pour lui rembourser sa dette avant de s’effondrer… il sera temps alors qu’elle prête à ce pays l’argent pour se reconstruire et fasse en sorte que les contribuables lui paient les intérêts… Ceci nous conduit à penser aux engagements financiers de l'État. 

Le Trésor public

L'institution chargée d'appliquer la loi de finances, qui fixe, pour chaque année civile, les recettes et les dépenses de l'État est le Trésor public. Cette mission lui pose deux problèmes d'équilibre. D'une part au quotidien, parce que le montant des recettes que perçoit l'État un jour donné n'est évidemment pas égal à celui des dépenses qu'il effectue le même jour. D'autre part le budget annuel de l'État est rarement équilibré, il est pratiquement toujours en déficit, de sorte que le Trésor doit, pour assurer la totalité des dépenses, jouer aussi un rôle de trésorier, et pas seulement de gestionnaire, pour trouver un financement supplémentaire aux rentrées fiscales, supplément qui constitue la dette publique.

Comment fait le Trésor public pour réaliser ces deux équilibres ? Il dispose d'abord de la monnaie divisionnaire, puisque l'État a le contrôle de sa fabrication comme nous l'avons rappelé. 

Mais cela fait très peu puisque le montant de toutes les pièces n'est guère qu'un pour cent de la masse monétaire en circulation. L'essentiel de la monnaie dont dispose le Trésor est essentiellement sous forme scripturale, mais, contrairement aux autres banques, sans avoir le droit d'en créer. Cette monnaie est constituée par les dépôts sur le compte du Trésor public et sur les comptes-chèques postaux (les CCP). Les premiers sont effectués par les correspondants du Trésor. Avant le 1er janvier 2002 n'importe quel particulier pouvait être correspondant du Trésor, c'est-à-dire y avoir un compte, mais depuis cette date, c'est interdit et les correspondants du Trésor ne sont plus, exclusivement, que des organismes publics ou semi-publics et des collectivités locales. Par contre, tout particulier, toute association et toute entreprise, publique ou non, peut avoir un CCP. Ces comptes courants sont gérés, comme des comptes bancaires, par la Poste (8), mais ils figurent au passif du bilan du Trésor.

Expliquons ceci : quand vous disposez d'un revenu, par exemple d'un salaire ou d'une retraite, vous avez le choix de le déposer soit sur un compte bancaire soit sur un CCP. Si vous choisissez un compte bancaire, la banque à laquelle vous vous adressez inscrit cette somme à son passif, ce qui veut dire qu'elle s'engage à vous la rembourser (et vous lui faites confiance), et elle inscrit en même temps cette somme à son actif, ce qui veut dire qu'elle en devient propriétaire, ce qui lui permet d'en disposer, par exemple pour le prêter ou pour ouvrir des crédits, qui rapporteront des intérêts à ses actionnaires. Si vous choisissez un compte aux chèques postaux, la Poste inscrit cette somme au passif du Trésor, ce qui veut dire que l'État s'engage à vous la rembourser (ce qui est une garantie a priori plus sérieuse que celle d'une banque privée), le Trésor peut alors en disposer, mais contrairement aux banques commerciales, pas pour ouvrir de nouveaux crédits et seulement pour lisser, au jour le jour, les recettes et les dépenses de l'État.

Et au passage que tout citoyen, et à plus forte raison tout fonctionnaire, n'ait pas scrupule à choisir un CCP pour aider plutôt les services publics, qui nous concernent tous, que les intérêts privés des banques, surtout depuis qu'aucune de celles-ci n'est nationalisée, c'est-à-dire que l'État ne les cautionne pas. Il est probable que cette attitude résulte, là encore, de l'ignorance du public vis-à-vis de tous ces mécanismes, ignorance doublée d'un état d'esprit entretenu par des idées toutes faites : par exemple la Poste est souvent désignée avec mépris comme “la banque des pauvres”, ce qui n'a pas de sens. (YH : Notez ici que même la Poste a perdu son statut d'intermédiaire avec l'Etat et a été privatisée depuis par les derniers gouvernements libéraux français !)

 

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Quand l'État est contraint d'emprunter… au privé

Puisque les dépôts sur les comptes du Trésor public ne constituent pas des ressources pour l'État, on se demande quelles ressources supplémentaires par rapport aux recettes fiscales le trésorier de l'État peut trouver quand le budget est en déficit. On découvre alors que la banque de l'État souffre d'un autre handicap par rapport aux banques commerciales. Parmi les attributions de la Banque centrale, nous y reviendrons, elle est le “prêteur en dernier recours” pour toutes les banques commerciales qui peuvent ainsi faire appel à elle quand elles ont besoin de financement

On pense naturellement que le banquier de la France peut, comme les autres, faire appel, si besoin, à la Banque de France. C'était possible, et celle-ci accordait alors un crédit à l'État, directement sur le compte du Trésor public, ce qui correspondait à une création directe de monnaie centrale
 

Mais la loi du 4 août 1993 a mis fin à cette possibilité en redéfinissant le statut de la Banque de France (qui comme beaucoup d’autres banques avait été nationalisée en 1945). Pour préparer l'Union économique et monétaire en Europe, cette loi imposait l'indépendance des Banques centrales vis-à-vis des gouvernements. Dans son article 3 elle interdit à la Banque de France «d'autoriser des découverts ou d'accorder tout autre type de crédit au Trésor public ou à tout autre organisme ou entreprise publics». La banque de l'État se voyait ainsi interdire les moyens dont disposent les banques de tous les particuliers et de toutes les entreprises ! Notons au passage qu'un tel transfert d'une partie des pouvoirs du gouvernement venait d'être jugé inconstitutionnel par le Conseil constitutionnel… Qu'à cela ne tienne, on a trouvé un arrangement !

Alors, quelles ressources reste-t-il à l'État, qui doit pouvoir faire des investissements publics, pouvant éventuellement profiter à plusieurs générations, alors que ses recettes courantes ne peuvent pas les assurer ?

Bien entendu, le gouvernement peut décider de “vendre les bijoux de famille”, tant qu'il en reste, c'est-à-dire vendre son patrimoine immobilier (9), privatiser les entreprises publiques, vendre les actions que détient encore l'État par exemple dans Air France, EDF, la SNCF, etc.

Et, bien sûr, faire appel au privé.

Le Trésor émet à cette fin des bons du Trésor, négociables à moyen terme, 2 à 7 ans, et des obligations à plus long terme. Ainsi les personnes qui en ont les moyens peuvent avancer, sans risque, de l'argent à l'État, et celui-ci est tenu, non seulement de les rembourser à échéance mais aussi de trouver un supplément de ressources pour leur payer les intérêts, qui sont également garantis.

L'État met ainsi un placement sûr à la disposition, peut-être pas des plus riches car ceux-ci préfèrent des rendements meilleurs et plus rapides, mais de tous ceux qui disposent de plus de moyens qu'ils n'en ont l'usage immédiat.

Et puisque les banques, elles, ont gardé le droit de créer de la monnaie, elles peuvent, comme les autres établissements de crédits privés, comme les fonds de pension américains ou autres, …prêter à l'État pour en tirer des intérêts garantis !

En résumé, comme il ne fait pas partie des “établissements de crédit ayant reçu l'agrément des autorités monétaires pour la création de monnaie scripturale” et qu'il a abandonné l'essentiel de son droit régalien de battre monnaiel’État est obligé, quand les rentrées fiscales sont insuffisantes pour investir dans le domaine public et pour financer le service public, d’emprunter à ces organismes privés. Et les contribuables doivent par conséquent les rembourser, en leur versant en plus des intérêts.

Dans un manuel de la collection “les Fondamentaux” de Hachette-enseignement supérieur, collection qui constitue la “Bibliothèque de base de l'étudiant en droit, politique, économie et gestion”, écrit par un Professeur à l'Université de Strasbourg, on lit que lorsqu'une collectivité de paiement, la France par exemple, a des besoins de financement qui dépassent ses capacités de paiement, «c'est le rôle» du système financier de combler ce déséquilibre par la création monétaire, qui constitue le mécanisme par lequel le système bancaire répond aux besoins quand la collecte de fonds ne suffit pasPoint. C'est enseigné comme si c'était une loi de la nature, une obligation aussi incontournable que l'attraction universelle. On semble ignorer, ou considérer que c'est sans importance puisqu'aucune allusion n'y est faite, le fait que cette façon dont est créée la monnaie condamne l'ensemble des contribuables à verser une rente aux institutions financières...

De sorte que personne ne se demande si ce n'est pas, au contraire, la banque de l'État qui devrait avoir seule le droit de création monétaire, quitte, bien entendu, à limiter ce droit par des règles de façon à ce que la monnaie soit créée dans la limite des possibilités productives du pays, mais dans l'intérêt général, sans paiement d'intérêts du public vers le privé.

 

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Une rente servie au privé par le contribuable

Ce n'est pas le fait que de la monnaie soit créée ex nihilo qui est anormal. Il est tout à fait nécessaire qu'une monnaie soit créée en préalable à une production, il est naturel que des fonds soient avancés et utilisés pour permettre de réunir les moyens de produire. Ce qui est intolérable c'est de donner à quelques particuliers le pouvoir de décider de ces investissements pour en dégager un profit pour eux et payé par les contribuables.

Car ces paiements d'intérêts, qu'on appelle élégamment le service de la dette, sont loin d'être de l'ordre de grandeur de “frais généraux”. Il est au contraire ahurissant de constater leur importance, ce qu'on peut faire facilement en lisant, tout simplement, la feuille envoyée chaque année par le Ministère des finances avec le formulaire de déclaration des revenus. Ce service correspond en effet à l’une des plus importantes lignes budgétaires :

En 2001, après la plus grosse dépense, celle consacrée à préparer l'avenir, c'est-à-dire l'éducation et la recherche (21 %), venaient cinq lignes budgétaires de même importance (entre 12 et 13 %) et le service de la dette, soit 240 milliards de francs, était l'une d'elles ! Le contribuable versait alors pratiquement autant pour payer ces intérêts, nés du choix du mode de création de notre monnaie, que pour l'ensemble de la justice, de la sécurité, de l'environnement, de la culture et de l'agriculture (soit 244 milliards de francs) !

Pour 2003, dans la répartition programmée des dépenses de l’État, la plus importante part est encore, heureusement, celle qui prépare l'avenir, soit 21 % pour l'ensemble de l’éducation, la recherche et le développement. La deuxième ligne, soit 15 %, est prévue au profit des collectivités locales (le gouvernement ayant entrepris de décharger l'État sur elles, il faut bien qu'une part du budget leur revienne). Et le service de la dette vient en troisième ligne, juste derrière, avec 12 % du budget, soit à égalité avec la dépense pour la défense nationale (10). Ainsi l'État a plus dépensé en 2003 pour “le service de la dette publique” que pour assurer l'emploi et la solidarité, soit 10 % du budget (11). Les contribuables ont payé 2 % de plus pour verser cette rente au privé que pour tenter de réduire “la fracture sociale”... (YH = on parle là de 2003... mais écoutez ces politiciens qui ne parlent que de rigueur et d'augmentations de taxes, TVA, remboursement de dettes partout dans le monde en 2012... comme si cela n'avais pas déjà été fait depuis des lustresen vain...)

En comparant aux rentrées budgétaires, on constate que les deux tiers des impôts sur le revenu des contribuables servent à payer ces intérêts à des particuliers privés.

(9) Il envisagerait même de vendre des bâtiments publics, tels que les préfectures, les mairies ou les écoles… sans doute pour les louer ensuite à leurs propriétaires ? (YH = notez qu'en Grèce, en 2012, il est devenu possible de louer les services et matériels de la police nationale..., que la majorité des ports et des services ferroviaires grecs sont passés à des intérêts totalement privés et... chinois...)

*

Tous les pays sont aujourd'hui endettés, mais le pompon revient aux États-Unis dont la dette nationale atteignait déjà 6.116 milliards de dollars en août 2000. Or ce déficit public vient d'être considérablement accru par les baisses d'impôts, par d'autres mesures fiscales et par l'augmentation des dépenses militaires de l'administration de G.W. Bush. En octobre 2003 il atteignait 400 milliards par an, que les prévisions du Congrès, ajustées le 17 novembre, faisaient passer à 480 milliards pour 2004 (12), n'entrevoyant un équilibre possible, on ne sait d'ailleurs pas comment, qu'à partir de 2012 (YH on sait aujourd'hui que c'est encore pire et qu'on ne parle plus d'équilibre mais de "limitations"). Pour financer cette dette de l'État fédéral, les États-Unis cherchent évidemment à vendre, en dollars, des emprunts d'État. Ils en doivent déjà pour la bagatelle de 3.500 milliards. Or depuis quelques années, les bons du Trésor américain étaient surtout achetés, non pas par quelques riches Américains (qui préfèrent aujourd'hui investir en Europe où les taux d'intérêt sont plus élevés…) mais beaucoup (40 %) par les Banques centrales du Japon et de la Chine.

 

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Bien qu'on en parle beaucoup plus, la dette des pays les moins avancés est moindre que celle du pays réputé le plus riche du monde, mais elle dépasse 2.500 milliards de dollars au total. Celle de la France est passée de 1.782 milliards de Francs (271.66 milliards d'euros) en 1990 à 948 milliards d’euros en 2003 (6.218 milliards de Francs)...

(10) dont le fameux désamiantage du Clemenceau qui vient d'errer à travers la Méditerranée sans trouver un port...

(11) Aux dernières nouvelles (2 mars 2004), la Dette publique de la France serait de près de 1.000 milliards d'euros, et son “service” serait de plus de 40 milliards d'euros, soit le deuxième budget civil après celui de l'éducation nationale.

(12) mais en février de cette même année il atteint déjà 540 milliards de dollars.

Partie II) 

Évolutions

De la fascination exercée par l'or, aux mesures empiriques prises dans l'urgence pour que le public ne perde pas confiance dans le système bancaire, jusqu'à l'installation récente de la dictature des marchés sur toute l'économie, l'histoire de la monnaie, sous chacune de ses trois formes, apparaît comme la lutte permanente entre l'avidité de ceux qui veulent en faire l'instrument de leur puissance et le souci de ceux qui sont chargés de limiter les dégâts.

Le système de l'étalon-or

Pendant des siècles, la monnaie de la France était définie par un certain poids d'or, c'est-à-dire qu'elle faisait partie du système dit de l'étalon-or. Cette référence ne garantissait pourtant pas la stabilité, le poids d'or de l'unité monétaire ayant diminué progressivement au cours du temps. Ainsi, le franc de Jean le Bon pesait 3,87 grammes d'or fin, tandis qu'en 1785, celui de Louis XVI n'en pesait plus que 0,29 grammes (13). La Convention, qui donna à la livre le nom de franc (14) et définit la taille et le poids des pièces (15), fixa par la loi du 7 germinal (28 mars 1803), la valeur du franc germinal à 0,290 grammes d'or fin. Mais les dévaluations ont continué (16 depuis).

Au milieu du XIXe siècle, le régime de l'étalon-or était perçu comme le moyen «d'unifier la performance et la politique économique des nations» (17). Il a effectivement régné pendant une cinquantaine d'années, l'or étant alors la référence unique des monnaies de 59 pays, ce qui facilitait les échanges entre elles. Ces monnaies restèrent convertibles jusqu'à la Première Guerre mondiale. Aux États-Unis la crise de 1929 entraîna de si nombreuses faillites bancaires (18 que, dès son arrivée au pouvoir en 1933Roosevelt fut obligé d'abord de fermer toutes les banques pour arrêter la ruée du public venant réclamer aux guichets son dû en or, puis d'abandonner la convertibilité du dollar, conservant néanmoins sa référence à l'or (35 dollars l'once, soit 31 grammes) pour les échanges contre les autres monnaies.

 

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Les accords de Bretton Woods, signés en 1944 entre 44 nations, instauraient un système international qui fixait les taux de change. L'or continuait à jouer un rôle monétaire à l'échelle internationale, par l'intermédiaire du dollar, qui garda de ce fait un rôle prépondérant sur les autres monnaies. Mais le déficit de la balance des paiements des États-Unis, lié à leur guerre contre le Viet-Nam, altéra la confiance des autres pays et la convertibilité externe du dollar n'y résista pas, Nixon la supprima officiellement le 15 août 1971. Depuis, les créanciers des États-Unis ne peuvent plus, comme l'avait fait De Gaulle, réclamer le paiement en or des sommes qui leur sont dues. La démonétisation de l'or au niveau international est effective depuis 1976 (accords de Kingston), lorsque toute référence à l'or a été supprimée dans les statuts du Fonds monétaire international (FMI). L'or n'est plus, nulle part au monde, une monnaie légale, mais les banques centrales en conservent tout de même dans leurs coffres, parce que ce métal est toujours considéré comme une valeur sûre…

(13 En 1541, l'écu d'or (2 livres) de François Ier n'en pesait plus que 1,46 grammes.

En 1602, l'écu d'or de Henri IV (3 livres 5 sous) pesait 0,99 grammes.

En 1640, le louis de Louis XIII (10 livres) pesait 0,62 grammes.

En 1700, celui de Louis XIV, 0,44 grammes.

En 1726, celui de Louis XV (24 livres), 0,31 grammes.

(14) loi du 18 germinal (7 avril 1795)

(15) loi du 28 thermidor (15 août)

(16) Celle du 25/ 6/1928 réduit le franc à 0,059 g d'or fin, soit 20,3% du franc germinal 

1/10/1936 0,044 g 15,2 %

21/ 7/1937 0,039 g 13,5 %

12/11/1938 0,025 g 8,6 %

8/11/1942 0,021 g 7,2 %

26/12/1945 0,0075 g 2,6 %

20/ 9/1949 0,0025 g 0,86 %

24/ 7/1958 0,0021 g 0,72 %

27/12/1958 0,0018 g 0,06 %

1/ 1/1960 0,000018 g 0,001 %

11/ 8/1969 0,000016 g 0,00005 %

(17) John Kenneth Galbraith Money, whence it came, where it went.

(18) (659 faillites en 1929, 1.352 en 1930 et jusqu'à 2.294 en 1931)

Le choix de l'or comme étalon n'était pas la panacée pour de nombreuses raisons. La référence à un métal, quelles que soient ses qualités physiques, est totalement arbitraire et le fait que ce choix n'assure pas la stabilité de la monnaie n'est pas son plus grand défaut. Il confère en effet un pouvoir injustifié aux producteurs de ce métal, du simple fait que la masse monétaire disponible dépend d'eux. C'est ainsi que l'économie européenne, au seizième siècle, a été dominée par les importateurs d'argent extrait des mines de l'Amérique du sud nouvellement conquise, alors que ce métal était, en fait, loin d'être une matière première vitale pour l'économie de l'Europe. De même on sait l'âpreté de la ruée vers l'or du Klondike et le pouvoir exercé par les propriétaires des mines d'or d'Afrique du sud. Non seulement le rôle économique du métal choisi ne correspond pas à la réalité, mais il n'y a pas non plus de raison objective qui fasse que la variation de la masse de métal extraite des mines soit celle qui convient aux besoins monétaires de l'économie.

En fait, c'est l'abandon de toute référence de la monnaie à la réalité qui est lourd de conséquences. Si elle n'est plus gagée sur une quantité physique mesurable, et si l'État ne s'en porte pas garant, il est si facile d'en augmenter arbitrairement la masse qu'on ne peut pas savoir ce qu'on reçoit quand on accepte cette monnaie en paiement.

 

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Les aléas de la monnaie légale

À propos de l'origine des billets de banque, nous avons vu que leur usage s'est d'abord librement répandu, puis qu'un groupe de banquiers acquit le privilège de pouvoir, seuls, les émettre, sous prétexte de limiter ainsi leur prolifération anarchique.

Plusieurs crises de confiance ayant eu lieu, qui se transformèrent parfois en paniques, il a fallu trouver des “instruments” pour éviter une catastrophe qui ferait perdre au public sa foi dans le système bancaire. Lesquels ? « Le précurseur de tous les instruments de réforme fut la Banque d'Angleterre. Aucune institution économique n'a jamais joui aussi longtemps d'un tel prestige… et c'est une réputation bien méritée, car l'art de gérer la monnaie, aussi bien que la presque totalité du mystère dont il est empreint, est né là.» écrit J.K.Galbraith (19) en expliquant comment la Banque d'Angleterre, de 1720 à 1780, s'affirma dans le rôle de gardienne de l'offre de monnaie et de gérante des problèmes financiers du gouvernement. Elle commença par éliminer les billets de ses concurrents londoniens. Ses propres billets étaient alors facilement convertibles en monnaie métallique, de sorte que… personne n'en demandait la conversion ! Les billets de ses petits concurrents étant loin d'inspirer la même confiance, la Banque d'Angleterre devint pratiquement la seule source de monnaie papier, les autres n'étant que des banques de dépôts, qui ne consentaient en prêt que ces dépôts. Puis quand un peu plus tard la Grande-Bretagne eut deux guerres à mener, contre ses colonies américaines et contre Napoléon, et qu'il fallut pour cela de l'argent, la Banque d'Angleterre suspendit la convertibilité de ses billets en monnaie métallique : ses billets avaient alors cours forcé.

En 1844, après plusieurs péripéties, le Premier ministre, Sir Robert Peel (1788-1850,) fixa, par le Bank Charter Act le montant global des émissions de billets autorisées (14 millions de Livres à l'époque), ce montant étant garanti par des bons d'État. Au-delà, les billets ne seraient garantis qu'à proportion du métal en caisse. La Banque d'Angleterre n'était plus en mesure de remplir une des fonctions qui aurait évité une catastrophe : fournir les fonds nécessaires si tous les titulaires de comptes venaient réclamer leur dû aux guichets des banques. L'application de la loi fut néanmoins suspendue à chaque fois qu'elle aurait trop gêné la Banque centrale…

De même, en France, le gouvernement dut intervenir chaque fois qu'une crise de confiance menaçait. Jusqu'en 1848, les billets n'avaient pas cours légal, c'est-à-dire que personne n'était obligé de les accepter en paiement, mais ils étaient convertibles. Au moment de la révolution de 1848, le cours légal et le cours forcé furent déclarés, puis alternativement supprimés et rétablis, et définitivement rétablis depuis 1939.

C'est donc l'exemple de la Banque d'Angleterre qui a été suivi par les autres pays pour définir les rôles des Banques centrales, comme la Banque de France ou le groupe des Banques constituant la Réserve fédérale (en abrégé la “Fed”), instituée aux États-Unis par le Federal Reserve Act du 13 décembre 1913.

La Banque de France n'a jamais été tenue de conserver un rapport entre le montant de son encaisse métallique et le montant de ses billets en circulation. Elle escomptait des effets de commerce et consentait des avances sur titres. La quantité de billets émis dépendait, en principe, des besoins du commerce, mais cette émission fut limitée en 1870 à un maximum fixé par la loi. Mais quand ce plafond menaçait d'être crevé… une nouvelle loi le rehaussait ! 

Tout changea en France avec la déclaration de la Première Guerre Mondiale. Dès le 5 août 1914 les "porteurs" de billets se précipitèrent aux guichets de leurs banques pour se faire remettre leur dû. Or il y avait évidemment trop de billets pour que l'engagement de rembourser, qui y était pourtant inscrit, puisse être honoré ! Alors le gouvernement décida que la Banque de France était dispensée de tenir sa promesse : il décréta le moratoire et le cours forcé des billets, qui, puisqu'ils n'avaient pas de valeur intrinsèque, ne représentaient désormais plus rien.

Une convertibilité très partielle fut rétablie de 1928 à 1936, mais depuis cette date les billets de la Banque de France ont eu cours légal et cours forcé, jusqu'à ce qu'ils laissent la place aux billets de la Banque centrale européenne.

(19)  dans Money, whence it came, where it went on trouvera toute l'épopée de la création des banques centrales et de la définition de leurs attributions.

Incursion dans un domaine trop réservé : la monnaie - Part 1

L'argent : Dossier vulgarisation sur l'économie

 

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Ce dossier regroupe tous les articles concernant l'explication sur notre système économique actuel, dans l'ordre des parutions, pour faciliter leur lecture et compréhension, ainsi qu'une proposition de réorganisation financière. Rappelons que la monnaie d'échange (argent) a été inventée il y a presque 3 000 ans et que toutes les corrections et apports suivants, au fil des siècles, ont été dans le même sens : empirer son utilisation au profit de quelques-uns. Plusieurs publications d'ethnologues et historiens affirment même que cette invention, suivi très rapidement de l'invention du commerce réel, a amené très rapidement la création de classes diverses, la plupart dominées par une seule, la famine, l'esclavagisme, les premières guerres entre humains et les grands empires... il serait temps pour l'humanité d'évoluer sur ce sujet, cela devient urgent...

 

Incursion dans un domaine trop réservé : la monnaie - Part 1

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Je reviens sur une très bonne étude faite par le groupe indépendant ATTAC qui non seulement revient sur l'historique fondamental qui nous a mené à la situation économique actuelle de la planète entière, mais avait largement expliqué et anticipé les risques qui sont survenus depuis cet ouvrage qui date de 2004... Le groupe continue ses observations et interventions, et je suis personnellement assez en accord avec leurs conclusions, ainsi que l'historique :

Incursion dans un domaine trop réservé : la monnaie

Avant-propos

Les thèmes principaux d’ATTAC, que ce soit la taxe sur les transactions entre monnaies, les paradis fiscaux et la criminalité financière, l’abolition de la Dette du Tiers monde et le rôle des institutions financières internationales (FMI, OMC, Banque mondiale), la retraite et les fonds de pension, la privatisation des services publics et le brevetage du vivant, tous tournent autour de l’argent. Et pourtant ce thème central n’y est pas directement abordé.

Pourquoi le citoyen qui refuse de subir la dictature des marchés ne remettrait-il pas en question l’outil de cette dictature ? Laisser ce domaine aux experts, c’est en faire un domaine réservé échappant à tout contrôle citoyen.

Même si la complexité des questions monétaires est rébarbative et décourageante, nous avons tenu à les aborder pour tenter de jeter un pont sur le fossé qui sépare ceux qui savent, et peuvent en tirer parti, de ceux qui ne savent pas, et en subissent les conséquences.

*

Nous partions avec une idée très familière de l’argent : c’est ce qui permet de faire des échanges avec notre entourage, c’est donc un lien social. Et nous étions prêts à croire que la monnaie n’est que cet intermédiaire entre les gens, autrement dit qu’elle est politiquement neutre.

Nous savions bien que sa forme avait évolué au cours de l’histoire, mais nous étions persuadés que cette évolution avait suivi naturellement celle des techniques, qu’elle n’avait donc pas d’autre conséquence sur les rapports entre les gens que faciliter leurs échanges… Certains d’entre nous étaient même persuadés, sans s’être vraiment posé la question, que la monnaie d’un pays était naturellement créée par décision de son gouvernement !!!

Nous avons compris d’abord que “l’argent”, dont nous parlons toujours, n’a plus cours. Nous avons découvert, mais avec stupéfaction, que la création de la monnaie légale relève, pour l’essentiel, de l’intérêt privé. Puis avons appris, entre autres choses,qu’elle n’est plus garantie par aucune richesse réelle, ce qui a ouvert le marché, fort lucratif, du risque. Et que les monnaies parallèles, comme celles des SEL, n’étaient pas plus illégales que des tickets-restaurant, les bons d’achat et autres cartes de fidélité que des chaînes commerciales offrent à leurs clients à titre publicitaire.

*

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Amenés à revenir sur bien des idées reçues, nous nous sommes posé beaucoup de questions. La discussion nous a conduit à quelques conclusions et propositions :

D’abord, que dans une démocratie, c’est au débat politique que devraient revenir les décisions essentielles relatives à la monnaie du pays, à savoir : sa création, sa masse totale et les rôles qui lui sont attribués.

Ensuite, que la masse monétaire d’un pays devrait représenter la richesse qu’il produit pour la mettre en vente.

Et enfin, qu’on cesse de confondre l’être et l’avoir en mélangeant, dans une même comptabilité, les matériaux avec les ressources humaines. Celles-ci, par nature, ne sont pas mesurables.

*

Ce qui nous amène à défendre une transformation de la monnaie, que nous esquissons pour terminer. Avec cette nouvelle transformation, l’économie serait la gestion des biens matériels.
Et le revenu que reçoit un individu ne serait plus le prix auquel il parvient à se vendre lui-même, il serait fondé sur ses besoins personnels et destiné à lui donner les moyens de s’épanouir selon ses goûts, ses aspirations et ses aptitudes.

Mais pour y parvenir, il faut d’abord qu’une majorité de citoyens prennent conscience de ces enjeux liés à la monnaie.

Merci à Jean-Pierre, Gerty, Gilbert, Guy, Jean et Annie pour les longues soirées passées ensemble, depuis juin 2000, à tenter de débroussailler ce domaine.

Sommaire

Contrairement à tout manuel classique d'économie qui aborde le chapitre sur la monnaie en affirmant que celle-ci a trois fonctions (unité de compte ou étalon de valeur, intermédiaire des échanges et instrument de réserve de valeur), nous avons préféré, pour comprendre le sens et surtout la portée de ces affirmations, commencer par faire connaissance, dans une première partie, avec les trois formes que peut prendre la monnaie : monnaie-marchandise, billet de banque et monnaie scripturale.

Dans un premier chapitre, nous examinons donc, pour chacune de ces trois formes, quelle est sa nature, quel est son mode de création et quelle garantie elle présente ; et, dans un second chapitre, nous rappelons comment a évolué au cours de l'histoire l'utilisation de ces trois formes de monnaie jusqu'aux transformations les plus récentes de libéralisation et de dérégulation.

Le troisième chapitre incite à réfléchir à la base sur laquelle tout échange économique est fondé et à la notion de valeur, avant d'énoncer les trois fonctions classiques attribuées à la monnaie pour les comparer à la réalité actuelle.

Dans le quatrième chapitre sont brièvement rappelées les grandes théories monétaires, celles des écoles de pensée classique et néoclassique, de Keynes et de Marx.

Cet ensemble permet de réfléchir aux relations entre monnaie et société qui sont abordées dans la deuxième partie.

Dans le cinquième chapitre sont évoquées les conséquences, tant au plan national qu'au plan international, du fait que la monnaie est une dette qui engage une collectivité nationale :
- exploitation du risque lié à cette forme de monnaie, effet boule-de-neige du prêt à intérêt et dette du Tiers monde. L'intérêt bancaire lié à la création monétaire est-il légitime ? Qui gagne et qui perd à la lutte contre l'inflation monétaire qui a été donnée comme seul objectif de la Banque centrale
européenne ?

Le sixième chapitre passe en revue les monnaies parallèles, qu'elles aient la forme, largement la plus répandue, de bons d'achat ou de cartes émises par de grandes chaînes commerciales pour fidéliser leur clientèle, ou bien celle de monnaies locales destinées à pallier des inconvénients de la monnaie officielle pour la population.

En conclusion, la troisième partie tente de répondre à la question : quelle autre transformation de la monnaie officielle pourrait supprimer les effets néfastes sur la société des transformations qui ont abouti à la monnaie actuelle ? Quelles pourraient en être les modalités et quelles ouvertures offrirait-elle ?

Première partie

« Les alchimistes du Moyen-âge s’efforçaient de fabriquer de l’or avec quelque vil métal, nos alchimistes modernes, qu’on aptise banquiers, ont découvert le moyen de faire de l’argent avecun peu d’encre.» Jacques Duboin (Les yeux ouverts).

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I)
Ni blé, ni oseille, l’air d’une promesse

Il n’existe pas de définition de la monnaie sur laquelle les économistes se soient mis d’accord. Alors les manuels d'économie commencent en général par affirmer que la monnaie remplit trois fonctions, comme s'il s'agissait d'une définition. Nous préférons commencer par rappeler l'origine et le mode de création des trois formes de la monnaie dont la première, la monnaie-marchandise, a été prépondérante pendant des millénaires, et la troisième, la monnaie scripturale, est, et de très loin, la plus importante depuis moins d'un siècle.

Les trois formes de la monnaie qui circule.

Les pièces, qui constituent la première forme de notre monnaie, sont le souvenir de la monnaie-marchandise primitive. Celle-ci, apparue quelque 5.000 ans avant notre ère, était un bien de consommation, comme des grains ou du bétail(1), destiné à être utilisé ou bien échangé plus tard contre un autre bien de consommation.

Le choix de cette marchandise intermédiaire a évolué ensuite vers le métal (cuivre, argent et or) préféré aux autres pour ses qualités : inaltérable, inoxydable et maniable. Les premières pièces métalliques seraient les statères d'électrum (alliage naturel d'or et d'argent) apparus en Lydie vers 680 avant J-C : un inconnu avait eu l'idée de fondre les lingots en petites plaques de même poids et de même titre, pour éviter d'avoir à les peser à chaque transfert puisqu'il suffisait désormais de les compter.

Mais dans les espèces qu'on dit “sonnantes et trébuchantes” de notre monnaie divisionnaire actuelle, il n'y a plus de métal précieux.

(1) troupeau se dit pecus en latin d'où vient le mot pécunier.

*

Même si on peut faire remonter son origine à la civilisation sumérienne, le billet de banque, la seconde forme de notre monnaie, vient de l’insécurité des routes au Moyen âge, qui faisait craindre aux marchands d’être dévalisés et ruinés s’ils transportaient leurs pièces d’or. Au XVIIe siècle, les voyageurs anglais prirent l’habitude de les confier aux orfèvres de la Cité de Londres, contre un reçu les assurant de pouvoir les récupérer quand bon leur semblerait, moyennant paiement d’un droit de garde justifié. Puis ces reçus, les goldsmith notes, ou bank-notes, furent utilisés comme mode de paiement et la population prit l'habitude de les accepter comme de la monnaie parce qu'ils étaient plus maniables que les pièces et que celui qui les recevait avait la garantie de pouvoir à tout moment les rééchanger contre l’or déposé.

Les orfèvres ne tardèrent pas à s’apercevoir qu’on ne leur réclamait jamais tout l’or qu’ils avaient en dépôt, mais seulement une très faible partie. Ils en conclurent qu’ils pouvaient sans trop de danger, prendre le risque de signer beaucoup plus de reçus qu’ils n’avaient d’or dans leurs coffres et ils utilisèrent de tels reçus “à découvert” pour leurs propres emplettes… Les anciens banquiers d'Italie et d'Amsterdam, qui délivraient, eux aussi, des récépissés de dépôts quand on leur déposait des espèces, procédèrent comme les orfèvres de la City de Londres. D'où la génération spontanée de billets de banque, copies multiples du reçu d'un seul dépôt. L'intérêt de l'opération est considérable pour celui qui la met en circulation : en effet, quand la monnaiecessant d'être marchandise, devient simple morceau de papier, faire de la monnaie permet d'obtenir la contre-valeur des billets en les écoulant sur le marché. C'est ce qu'ont compris tous les faux-monnayeurs depuis longtemps !

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Mais si n'importe qui pouvait ouvrir une banque, le risque était grand, surtout en période de troubles, que le public vienne réclamer son or en échange de tous ces billets trop nombreux et s'aperçoive ainsi que leur convertibilité prétendue était un leurre… Pour écarter ce risque, un groupe de banquiers entreprit d'obtenir l'exclusivité du droit de se livrer à cette opération. Mais pour l'interdire aux autres, il fallait l'intervention de l'Etat. Saisissant l’occasion d’un besoin d’argent de leur souverain, un groupe de banquiers anglais, en échange d'une avance, obtint de Guillaume III qu'il leur cède le droit régalien de battre monnaie (les autres droits régaliens étant le droit de lever une armée, de rendre la justice, de faire la guerre ou de signer un traité de paix). C'était un privilège ahurissant puisqu'il s'agit de la création de la monnaie nationale ! Mais c'est ainsi qu'est née la Banque d’Angleterre en 1694 (2)Et un scénario semblable, qui avait déjà été pratiqué en Suède, se produisit dans la plupart des autres pays à la même époque. La Banque de France, par exemple, est née à la faveur de deux coups d’État

En 1799, la Révolution étant proche de sa fin, deux banquiers parisiens, l'un répondant au nom remarquable de Jean-Barthélémy Le Coulteux de Canteleu et l'autre à celui de Jean-Baptiste Perrégaux, envoyèrent à Bonaparte, alors en Égypte, un messager chargé de lui proposer de l'argent pour, selon l'historien Dauphin-Meunier(3), fomenter un coup d'État. Quelques jours plus tard le Directoire était renversé «pour sauver la République» et deux semaines après, nos deux banquiers mirent 12 millions de Francs à la disposition du nouveau gouvernement. Bonaparte
saura les remercier : non seulement il les nommera sénateurs, mais peu après son coup d'état du 18 Brumaire, 13 février 1800, il accepta les statuts qu'ils lui présentèrent d'une nouvelle banque, privée bien qu'appelée Banque de France, au capital de 30 millions, dont ils devinrent administrateurs avec Bonaparte et ses frères, et avec deux autres "conjurés" Cambacérès et Lebrun. L'objet de cette banque était d'escompter des effets de commerce, mais elle avait des concurrents, dont le principal était la Caisse d'escompte et de commerce, que Bonaparte essaya d'abord de discréditer. N'y parvenant pas, il alla jusqu'à envoyer la troupe pour en saisir la comptabilité et en chasser le personnel. Et comme cette banque refusait encore de céder, le Consul Bonaparte, par la loi du 14 avril 1803(4) donna à sa banque une constitution organique et lui
concéda le monopole d'émettre des billets pendant quinze ans à Paris et dans les grandes villes où elle aurait des succursales. Puis, comme, à ses yeux, ses banquiers cherchaient à prendre trop d'indépendance, Napoléon en remania la constitution en lui donna des “statuts fondamentaux”, qui restèrent en vigueur jusqu"en 1936, selon lesquels elle avait à sa tête un gouvernement de type monarchie constitutionnelle : les actionnaires élisaient toujours les régents et les censeurs, mais la direction était sous la tutelle d'un gouverneur et deux sous-gouverneurs nommés par l'empereur. En outre, son privilège était prolongé de 25 ans et son capital porté à 90 millions. Ce privilège lui fut ensuite renouvelé, et après la révolution de 1848, devint exclusif sur l'ensemble du territoire.

C’est ensuite pour avoir fourni à Napoléon III les 12 millions dont il avait besoin pour faire ratifier son coup d’État du 2 décembre 1851 que cette banque, toujours appelée “de France”, obtint son indépendance.

*

La troisième forme, la monnaie scripturale, est née avec les premières banques : au temps des Grecs et des Romains, des virements entre comptes courants de marchands étaient déjà effectués par des banquiers.

Au XIVe siècle est inventée la lettre de change, ou traite, pour les règlements à distance : le banquier, moyennant rémunération, s'interpose entre les marchands pour centraliser les lettres de change, les évaluer et effectuer les opérations de compensation et de change entre monnaies différentes.

Au XVIIIe siècle est apparu l'escompte : la banque, en achetant une traite à son client, fait du crédit.

Ce n'est qu'au XXème siècle que la monnaie scripturale s'est diffusée dans le grand public, qui n'en est pourtant pas souvent conscient, ce que commente ainsi John Kenneth Galbraith : « Le processus par lequel les banques créent de l’argent est si simple que l’esprit en demeure confondu.(5) »

Cette monnaie n'est en effet qu'un jeu d’écriture dans la comptabilité des établissements qui la créent, et elle se transfère d’un compte à l’autre par l’intermédiaire d’un ordre, qui peut être écrit (un chèque) ou informatisé (une carte bancaire). Plus précisément le processus de création de la monnaie scripturale est l’augmentation simultanée de l’actif et du passif d'un compte tenu par un établissement financier.

(2) deux ans après sa fondation, elle avait émis 1.750.000 de livres en billets alors qu'elle n'avait en réserve que 36.000 livres d'or.

(3) Lire “Les banquiers de Bonaparte” par J-M Vaslin dans Le Monde Économie du 5 novembre 2002.

(4) Loi du 24 germinal an XI.

(5) John Keneth Galbraith "Money, whence it came, where it went", en traduction française "L'argent".

C'est si facile qu’on pourrait croire que l’émission de cette forme de monnaie est réservée aux pouvoirs publics, qui l’emploieraient pour adapter la masse monétaire nationale aux besoins de l’ensemble de la population… Eh bien, et aussi ahurissant que cela paraisse, non seulement cette facilité ne leur est pas réservée, mais elle n'est même pas du ressort des gouvernements !

Elle est le privilège de certaines banques et d’autres organismes de crédit définis en ces termes :
«Tout établissement de crédit ayant reçu des autorités monétaires un “agrément” pour la mise à la disposition de la clientèle ou la gestion de moyens de paiement et qui effectue des opérations financières avec les agents non financiers (c’est-à-dire les entreprises, les particuliers ou les
administrations) peut créer de la monnaie scripturale.» 

En France, ce privilège de “gestion des dépôts à vue transférables” était, en 1999, à 70,9 % réservé aux banques commerciales, à 9,4 % aux chèques postaux, à 6,2 % aux Caisses d’épargne (depuis 1978), à 11,6 % au Trésor public et à 1,9 % aux autres (dont la Banque de France). Mais au 31 décembre 2001, ce privilège a été supprimé pour le Trésor public

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Notre monnaie sous sa forme scripturale est donc créée par des établissements financiers qui sont en majorité des groupes d'intérêts privés.

La double inscription, ou “provision” d’un compte en banque peut être provoquée :

soit par la remise d’espèces (billets et pièces), soit par virement d’un autre compte, soit enfin grâce à un crédit accordé par la banque.

Dans ce dernier cas, le crédit donne lieu à une double inscription, exactement comme s’il y avait eu dépôt réel, ce qu’on exprime parfois en ces termes : «les crédits font les dépôts

Ce troisième procédé de provisionnement, généré par un dépôt virtuel tel qu’une traite, c’est-à-dire une promesse, génère donc ex nihilo de la monnaie scripturale : il est assorti des mêmes instruments de paiement (chéquiers ou cartes bancaires (6),) que dans les deux procédés liés à un dépôt non fictif, il provoque donc l’augmentation de la masse monétaire en circulation quand les flux de ces crédits nouveaux sont supérieurs aux flux des remboursements de crédits antérieurs.
Les crédits ouverts ainsi par une banque commerciale représentent plusieurs fois les sommes qui lui ont été déposées… et ceci grâce au miracle d'un procédé que nous rappellerons après avoir réfléchi à la garantie liée à chacune des trois formes de la monnaie.

La garantie ? — De moins en moins assurée

Lorsqu'elles étaient d'or ou d'argent, les pièces de monnaie avaient une valeur intrinsèque, celle du métal qu'elles contenaient. Cette valeur était garantie : fabriquées sous le contrôle d'un souverain, son effigie y figurait, ce qui attestait qu'il se portait garant de son poids et de son “bon aloi”. Le problème de cette forme de monnaie fut longtemps la diversité des pièces, après qu’au démembrement de l’empire de Charlemagne, tout seigneur voulut sa monnaie, valable dans son fief. Pendant des siècles, les rois échouèrent à reprendre ce droit pour établir l’unité des monnaies dans tout le royaume, malgré le nom de Franc que Jean II, dit le Bon, donna en 1360 à cette monnaie qui servit à payer la rançon qui le libéra des Anglais, qui l'avaient fait prisonnier. Il fallut attendre la Convention (avril 1795) pour que l’unité monétaire soit établie, en même temps que celle des poids et mesures.

Mais aujourd'hui nos pièces métalliques, sans métal précieux, n'ont plus aucune valeur intrinsèque et les billets de banque ne sont plus convertibles contre l'or dont ils sont censés attester le dépôt.

Et pourtant, et aussi incroyable que cela paraisse quand on découvre ce fait, ce sont ces deux seules formes de la monnaie qui constituent la monnaie légale ! On les désigne aussi par monnaie fiduciaire, du latin fiducia, la confiance. Pourquoi ? Parce que seule la monnaie sous la forme des pièces et des billets a “pouvoir libératoire illimité”, ce qui signifie que sa validité en tant que moyen de paiement est garantie, et elle l'est parce qu'elle est créée sous contrôle de la Banque centrale : celle-ci met en circulation les pièces métalliques qui sont fabriquées sur son ordre par l'Administration de la Monnaie et des Médailles et elle a gardé le monopole, acquis comme on l'a rappelé, de la fabrication des billets. Ce contrôle apparaît donc comme une sorte de survivance du droit régalien de battre monnaie et c'est ce reste d'un droit souverain qui confère à la Banque centrale le nom d'Institut d'émission.

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C'est probablement de ce terme que s'est largement répandue l'idée (ou le sentimentque toute la monnaie est créée sur ordre d'une institution d'État. Mais c'est une illusion. En réalité la monnaie légale, ou “fiduciaire”, n'est que de l'argent de poche ! Elle ne constitue qu'une part insignifiante, moins de 15%, de la masse monétaire en circulation. Car le montant des pièces est si peu élevé qu'elles ne servent que pour de menus achats. Et pour les paiements honnêtes et de montants un peu plus élevés, même pour les achats quotidiens, on préfère de plus en plus les chèques et les cartes bancaires aux billetsqui servent donc surtout pour le blanchiment de l'argent sale parce que leur anonymat permet de les transporter discrètement. Sans cet usage pervers, le montant total des billets serait donc encore bien moindre.

(6) qui sont souvent appelées “cartes de crédit” alors qu'elles sont des cartes de paiement par prélèvement d'un compte.

*

L'essentiel de la masse monétaire est donc de la monnaie scripturale (NDLR : des lignes comptables et informatiques). Or celle-ci n'a, par nature, aucune valeur intrinsèque et, en plus, contrairement à la monnaie fiduciaire, elle ne bénéficie en général d'aucune garantie légale. La confiance que chacun lui attache n'est que celle du client envers la banque commerciale qui tient son compte. Comme cette monnaie n’est qu’un jeu d’écritures dans les registres ou dans la mémoire de l’ordinateur de la banque, elle disparaît en effet si la banque fait faillite. Quand, client d’une banque, vous déposez des espèces ou remettez un chèque à son guichet, la somme correspondante est inscrite à l’actif de la banque : elle en est donc désormais propriétaire. La même somme est également inscrite à son passif, puisqu’il est entendu qu’elle vous la doit. Elle est désormais votre débiteur, vous êtes son créditeur. Et si elle est un jour déclarée en faillite, c'est-à-dire si elle est mise dans l'impossibilité d'acquitter ce qu'elle doit, vous n’êtes que l’un de ses nombreux créditeurs, dont certains sont souvent déclarés “prioritaires”…

Le risque que présente la monnaie sous la forme scripturale vient de son mode de création. Du seul fait qu'il est possible d'inscrire n'importe quelle somme sur un compte, il n'existe aucune limite naturelle à la masse monétaire sous cette forme. Nous verrons plus loin que cette facilité ayant évidemment mené à des abus, des règles et des contrôles ont été successivement introduits, modifiés, supprimés, etc. Auparavant, essayons de comprendre par quels mécanismes les banques commerciales, contrairement à une idée fausse mais souvent bien ancrée dans les esprits, sont loin de se contenter pour vivre de prêter à certains de leurs clients ce que d'autres leur ont déposé. Elles ont en effet acquis le pouvoir, d'autant plus grand que les dépôts qui leur sont confiés sont plus élevés, de créer de l'argent à partir de rien, “ex nihilo”. Et non seulement elles ont ce pouvoir de prêter ce qui ne leur appartient pas, mais en plus, elles ont celui de le prêter plusieurs fois, parce qu'elles profitent de ce qu'on appelle pudiquement “l'effet multiplicateur du crédit”.

Nous allons entrer un peu dans les détails pour expliquer ce mécanisme, tant il nous paraît déterminant pour toute l'économie (Part 2). Au préalable, montrons par trois citations que nous ne sommes pas seuls de cet avis.

D’abord celle de Thomas Jefferson, troisième Président des Etats-Unis : « Je crois que les institutions bancaires sont plus dangereuses pour nos libertés qu'une armée debout. Celui qui contrôle l'argent de la nation contrôle la nation. » Ensuite cette réflexion du célèbre industriel américain Henry Ford :« Si les gens de cette nation comprenaient notre système bancaire et monétaire, je crois qu'il y aurait une révolution avant demain matin ». Enfin Maurice Allais, “prix Nobel” d’économie, décrivait le processus en ces termes : « Dans son essence, la création de monnaie ex nihilo actuelle par le système bancaire est identique […] à la création de monnaie par des faux-monnayeurs […]. Concrètement elle aboutit aux mêmes résultats. La seule différence est que ceux qui en profitent sont différents» (7) !

(7) Dans “La crise mondiale aujourd’hui” éd. Cl Jouglar.

Sources : http://www.france.attac.org/

Pour faire une pause après cette première partie importante mais déjà compliquée pour les moins habitués à l'économie (mêlée à l'Histoire), voici une vidéo du Mini-Show qui tente d'expliquer le processus de création monétaire, en 2010... Saurons-nous sortir de la spirale infernale ?... :

 

Petit Rappel : en automne 2008, 3 scénarios étaient donnés pour "sortir de la crise "...
 

Scénario A : La banque centrale refinance massivement les banques commerciales...

Nous l’avons vu, le problème actuel est un problème de liquidités (il manque aux banques commerciales de l’argent « banque centrale »). Certains peuvent se dire : facile ! Puisque ce n’est plus de l’or, les banques centrales n’ont qu’à mettre en marche la planche à billets, refinancer les banques commerciales et tout rentrera dans l’ordre (si les clients de ces banques viennent chercher des billets en masse, elles pourront fournir, pas de panique !).

Par ailleurs, d’un point de vue politique, il est intéressant de constater qu’une telle décision ne pourrait être prise que par une personne non élue (M. Trichet, gouverneur de la BCE en Europe ou M. Ben Bernanke, président de la FED aux Etats Unis ! (NDLR : à l'époque)). On notera qu’ils ont fait des gestes, notamment en baissant les taux d’intérêt ! Tout ceci est bien beau, mais aurait comme inconvénient de faire perdre confiance en la monnaie elle même ! (alors qu’aujourd’hui, c’est dans les banques que la confiance est perdue). En effet, comment pourrait-on croire que l’argent est « réserve de valeur » (une des propriétés que doit posséder l’argent) si on en émet autant qu’on veut, sans lien avec la richesse économique du pays ? En fait, ce scénario A est très inflationniste, et s’il était pratiqué à grande échelle, il y aurait des risques à ce que nous nous trouvions dans la même situation qu’au Zimbabwé (inflation de 100 000 % par an). La monnaie ne voudrait alors plus rien dire, et serait sans doute substituée par d’autres formes d’échange !

Scénario B : Les Etats rachètent les banques...

Si les banques ne sont pas refinancées par la banque centrale, une des solutions pourrait être celle utilisée jusqu’alors : les Etats eux mêmes rachètent les banques (en les nationalisant) et garantissent leurs solvabilités : Ainsi, les banques peuvent donner des billets aux déposants qui viennent chercher leurs dépôts puisque leur nouveau propriétaire (l’Etat) leur a donné des liquidités. D’un point de vue politique, cela pose un problème « éthique » : ce sont les contribuables qui vont éponger les faillites des banques ! Mais surtout ce scénario B n’est pas crédible car les Etats sont déjà eux-même hyper endettés. Ainsi, par exemple, la dette française atteint 1250 milliards d’euro au premier trimestre 2008, soit 63 % de son PIB ! Aux Etats Unis, la situation n’est pas meilleure : la dette fédérale atteint 10 000 milliards de dollars !

Autant dire, on demande à un borgne atteint de cataracte de conduire l’aveugle ! Avec le risque que les Etats eux même ne puissent un jour rembourser leurs dettes et être eux même insolvables, avec toutes les conséquences que cela implique : les fonctionnaires, les retraités, non payés, les bons du trésor non honorés etc !

Scénario C : Rien n’est fait : situation de crédit crunch

Un autre scénario pourrait être celui où les pouvoirs publics ne font rien. On se retrouve dans ce cas dans la même situation que celle de 1929, connue sous le nom de crédit crunch et décrite par Irving Fischer : en laissant faire, les faillites bancaires se multiplient, et nombre de déposants sont floués ! La conséquence, c’est qu’une bonne partie parmi eux se trouvent insolvables, sans argent, et il y a un effet domino. En fait, dans cette situation tout le monde recherche des liquidités et pour cela est prêt à vendre ses biens : il y a donc, sur l’ensemble des marchés de très nombreux offreurs et très peu d’acheteurs : les prix dans tous les domaines s’effondrent (on est dans le cas contraire que dans le scénario A), personne ne veut acheter, les entreprises n’arrivent pas à vendre leur production...  --  par €ric

Avril 2012 : on remarquera immédiatement qu'aucune réelle solution n'a été trouvée depuis ces scénarios de 2008, sinon plutôt un choix toujours ahurissant et contraire aux intérêts des citoyens, c'est à dire le scénario B sans même garantir réellement la possibilité d'un quelconque remboursement futur : protéger le privé et faire endosser les dettes passées, présentes et futures aux citoyens, avec toute l'aide possible des appareils d'Etats détournés de leurs objectifs initiaux, et en ne renationalisant que le plus évident... mais en évitant surtout de reprendre un quelconque contrôle ou une part du système scriptural... 

Yves Herbo 29-09-2014 - idem à ce jour : (2019) tout est confirmé...  crise 2020 : les banques centrales injectent des centaines de milliards virtuels (non fabriqués) pour soutenir la bourse... à suivre...

SPAM d'un parti politique - Message web diffusé

SPAM d'un parti politique - Message web diffusé

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Je ne sais pas pour vous, mais en tout cas mon entourage proche et des amis ont été littéralement spamés par un parti politique français, l'UMP pour ne pas le nommer. Plusieurs messages provenant de ce parti (qui n'a pas plus de droits qu'une association en principe) sont arrivés dans nombre de boîtes Emails de personnes qui n'avaient absolument pas sollicité ces envois. Pire, au lancé de ce message, qui consiste en fait à une semi-adhésion déguisée pour le site de campagne de l'UMP pour son candidat Nicolas Sarkozi, il est mentionné en bas de cliquer sur un lien pour pouvoir se désabonner. Il y a là déjà une grossière infraction aux règles anti-spam : le destinataire de ce message non désiré se retrouve abonné d'office s'il ouvre simplement "l'enveloppe" du message -avant même de lire le contenu - et de plus, ce lien est mal indiqué car un autre lien plus visible consiste lui à confirmer l'abonnement (et c'est ce lien qui est proposé avant le désabonnement !)... Autrement dit, ce parti politique utilise les mêmes semi-escroqueries connues et pratiquées par certaines entreprises de ventes par correspondance (de plus en plus douteuses commercialement)...

Bel exemple donné par un parti politique qui est censé prôner de bien meilleures valeurs...

Un autre message reçu dans plusieurs boîtes emails ces derniers jours n'utilise pas le même genre de procédé mais réclame juste sa diffusion volontaire... ce que je faits ici car je suis en accord en grande partie avec ce message, qui est plus intéressant, logique et réaliste que le précédent cité. En partie car la diminution nécessaire des représentants des citoyens doit, à mon sens, s'accompagner d'une meilleure répartition de ces représentants suivant les courants réels existants en France, mais également être assorties de mesures anti-corruption visant à réduire et interdire par la suite le carrièrisme fonctionnarial (permettre à des individus d'assoir toute leur vie sur un pouvoir administratif (légitime ou non) est un danger pour la démocratie en soit), par une participation plus répandue et renforcée des citoyens à l'administration de sa société... 

Yves Herbo

Voilà le message reçu, à diffuser partout si vous êtes d'accord avec ce fait évident et très réaliste... :

Subject: tr: ECONOMIES faites tourner !

Qui osera faire le ménage ? A diffuser encore et encore…..

A l'heure où Mario Monti renonce à son salaire et qu'on nous annonce qu'en Russie il n'y a qu'une centaine de députés, ce mail mérite de faire du bruit.....

Moi, je fais tourner.....je crois qu il faut faire exploser le web français avec ce message plein de bon sens. Quel homme politique, de gauche comme de droite, aura le courage de l'admettre et surtout de se battre pour le faire?????

C'est peut-être le plan de rigueur que l'on va nous annoncer un jour....Je ne sais pas si les chiffres sont bons, mais pour le principe, puisqu'on supprime 1 fonctionnaire sur 2, voire 2 sur 3, on devrait alors supprimer 1 sénateur sur 2 et 1 député sur 2. À l'heure où la situation financière est telle que l'on cherche en hauts lieux désespérément de l'argent et que l'on va encore s'acharner sur le peuple pour le faire payer et en trouver, une réflexion s'impose !

Sachant en plus ce qui suit :

 - Etats-Unis : 300 millions d'habitants, 100 sénateurs et 435 représentants
 - France : 60 millions d'habitants, 350 sénateurs et 577 députés.
Ne pensez vous pas, que nous pourrions carrément supprimer, sans être méchant et perturber en quoi que ce soit le "bon" fonctionnement de notre
beau pays, la bagatelle de 250 sénateurs et 142 députés?

Je vous laisse le soin de calculer au plus juste, mais il me semble qu'à la louche cela ferait :

6.000 EUR x 392 = 2.352.000 par mois et donc 28.224.000 EUR par an : Sans commentaire !!!

Ne rigolez pas, c'est notre pognon !! À défaut on pourrait au moins envisager de baisser leur salaire, non ???
577 députes, 343 sénateurs, 30 ministres et secrétaires d'état, si on leur baissait leur salaire de 1.000 EUR, on ferait 950.000 EUR d'économie chaque 
mois.950.000 EUR X 12 = 11.400.000 EUR

En 3 minutes j'économise plus de 11 millions d'euros par an, sans toucher à la TVA, sans toucher aux retraites !!

ON VA VOIR SI ON PEUT FAIRE TOURNER ÇÀ DANS TOUTE LA FRANCE !!!

ALORS FAITES CIRCULER !!!

Un citoyen réaliste

04-2012

La voiture volante : la solution ?

La voiture volante : la solution ?

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Un nouveau type d'OVNI risque de rendre la perception du vrai phénomène plus difficile encore pour l'être humain dans le futur : la voiture volante. En effet, la recherche est en plein boum sur le sujet, et les premiers prototypes confirment les progrès effectués en la matière :

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Premier test réussi pour la voiture volante

Le rêve d'une voiture volante renaît grâce à la compagnie néerlandaise PAL-V (Personal Air and Land Vehicle), qui a complété avec succès ses premiers tests aériens au cours des deux dernières semaines. 

Le véhicule breveté fonctionne comme un gyrocoptère, aussi appelé autogire, utilisant une grande hélice au sommet pour s'élever dans les airs et une petite hélice pliante à l'arrière pour se propulser vers l'avant. 

Le PAL-V respecte les normes de transport actuellement en vigueur dans les grandes régions du monde, autant sur route que dans le ciel. En tout temps, sa vitesse de pointe s'établit à 180 km/h. Il dispose également d'une autonomie en vol allant de 350 à 500 kilomètres, dépendamment de la charge qu'il transporte. Son moteur consomme de l'essence, mais le fabricant promet une version biodiesel/bioéthanol dans un avenir rapproché.

Un système breveté d'inclinaison permet à ce trois-roues de se comporter comme une moto. Les accélérations, par ailleurs, s'avèrent dignes d'une voiture sport. 

Parce qu'il décolle et atterrit à basse vitesse, le PAL-V demeure facile à contrôler. En fait, seulement 20 à 30 heures de formation sont nécessaires pour obtenir un permis de pilote. Pour quitter le sol, le véhicule a besoin d'une piste de 165 mètres, qu'elle soit en asphalte ou en gazon. 

 

http://www.auto123.com/fr/actualites/premier-test-reussi-pour-la-voiture-volante?artid=142263

La voiture volante pourrait devenir réalité

Aux Etats-Unis, la firme Terrafugia a annoncé le succès du premier vol d'essai de sa voiture volante ce mardi. Le prototype baptisé "Transition" --un petit avion qui peut circuler sur route avec les ailes repliées-- a volé pendant huit minutes, ouvrant la voie à sa commercialisation d'ici un an, a précisé la firme Terrafugia .

«Avec ce vol, nos équipes ont montré leur capacité à rendre réel ce qui était jusqu'à maintenant considéré comme un rêve impossible à réaliser», se félicite le fondateur de l'entreprise, Carl Dietrich. D'une autonomie de 787 kilomètres, «Transition» est large de 2,3 m en version voiture, ce qui lui permet de se garer dans un garage classique, et de 8 m quand ses ailes sont déployées pour voler.

Pour s'envoler, l'engin a besoin d'une piste de 762 mètres de long, rendant de fait impossible le rêve de s'envoler au-dessus des embouteillages, sauf à prévoir son décollage à l'avance.

De nombreuses entreprises ont déjà tenté de vendre une voiture volante, mais aucune n'est parvenue à céder plus de quelques modèles. D'un coût de 279.000 dollars, "Transition" a déjà été commandé à une centaine d'exemplaires, assure Terrafugia. Les constructeurs espèrent aussi d'ici là séduire les forces de l'ordre, la police aux frontières ou même l'armée, en plus des passionnés d'aviation.

 

http://www.lexpressiondz.com/autres/automobile/151565-la-voiture-volante-pourrait-devenir-realite.html

Yves Herbo 04-2012

Le changement climatique a déjà provoqué une accélération des épisodes violents ?

Le changement climatique a déjà provoqué une accélération des épisodes violents ?

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Dans un article de la revue Nature Climate Change, Dim Coumou et Stefan Ramstorf, du Potsdam Institute for Climate Impact Research, affirment que changement climatique a déjà provoqué une accélération des épisodes violents.

La question de ces événements violents - néfastes pour l’homme, la production agricole et l’environnement - dans un climat transformé par l’intensification de l’effet de serre (plus de 30 milliards de tonnes de CO2 émises par le seul secteur de l’énergie chaque année) est posée depuis plus de vingt ans. Quand Jim Hansen, le climatologue du Goddard Institute for Space Studies, a déclaré en 1988 : «Le changement climatique est déjà là.» Depuis, les scientifiques ont tenté de prévoir l’évolution, suggérée par la physique, de ces extrêmes climatiques. Un climat plus chaud se traduit nécessairement par des vagues de chaleur plus intenses et nombreuses, mais dans quelles proportions ? Une atmosphère basse plus chaude intensifie l’évaporation, favorisant d’importantes sécheresses sur la partie des continents où l’air est sec. A l’inverse, une plus grande quantité de vapeur d’eau sera disponible dans l’atmosphère du fait de l’évaporation de l’eau de mer. La fréquence des épisodes de fortes pluies pourrait donc se multiplier, là où la circulation atmosphérique pousse des masses d’air humides. Enfin, des océans tropicaux plus chauds favoriseront la formation de cyclones.

Ces considérations, cependant, ne suffisent pas à faire des prévisions fiables. Les simulations du climat ne sont pas assez détaillées pour anticiper les cyclones. Et, à cette échelle, les précipitations sont moins prévisibles que les températures. Du coup, les scientifiques se tournent vers la période récente pour tenter de discerner un début d’évolution, perceptible au-delà des variations naturelles et interannuelles. Une observation qui ne se réduit pas à compter les étés chauds et les cyclones : Il faut étudier des statistiques de longue durée et modéliser avec précision le fonctionnement du climat pour vérifier que les événements observés sont liés à son évolution. Ce qui n’a rien de trivial. Plus un événement est extrême, plus il est rare… Et moins les statistiques sont fiables. Ainsi, il ne faut pas attribuer un épisode lié à une oscillation climatique, comme El Niño et La Niña dans le Pacifique, uniquement au changement général en cours.

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Ces précautions prises, les deux scientifiques ont étudié les événements des dix dernières années qui dépassent les records précédents à l’aide de 86 articles scientifiques. On y trouve les canicules, sans précédent depuis 500 ans, en Europe de l’Ouest (2003) et en Russie (les grands incendies et la chute de la production de blé en 2010), les inondations dramatiques au Pakistan (20 millions de personnes affectées et au moins 3 000 morts en 2010), les pluies les plus intenses jamais enregistrées dans l’est de l’Australie (1,8 milliard d’euros de dégâts en 2010). Et les précipitations qui se sont abattues sur la Grande-Bretagne au printemps 2007, les plus importantes depuis 1766.

Pour les deux chercheurs, la fréquence et l’intensité des canicules des dix dernières années sont liées au changement climatique. Les épisodes de pluies et les inondations catastrophiques également. Une relation qui ne peut être démontrée que là où des observations météorologiques denses et fiables existent sur une longue durée (Etats-Unis, Europe et Australie).

Pour les cyclones, l’exercice est plus délicat. Année record, 2004 a vu le doublement des ouragans les plus violents (2 à 4) et un cyclone a été observé pour la première fois dans l’Atlantique Sud. En 2007, le plus puissant jamais recensé s’est déchaîné en mer d’Arabie. Autant d’épisodes amènent les scientifiques à noter que l’augmentation de ces phénomènes entre 1980 et 2005 pourrait être due au refroidissement de la stratosphère - conséquence de l’intensification de l’effet de serre. Mais ils estiment qu’il n’y a pas encore suffisamment de preuves d’un effet du changement climatique sur leur nombre et leur intensité.

Un début. C’est le futur qui est inquiétant. Car nous ne sommes qu’au début du bouleversement provoqué par les émissions de gaz à effet de serre. Ainsi, vers 2070, l’été caniculaire de 2003 en Europe de l’Ouest sera devenu un été moyen. Enfin, les deux scientifiques relèvent une mauvaise compréhension de la réponse favorite des climatologues - «Je ne sais pas» - à la question : «Tel événement est-il lié au changement climatique?» Cette réponse est souvent comprise comme un non. Alors qu’elle signifie simplement que les scientifiques «ne peuvent pas l’affirmer de manière rigoureuse». Et les deux chercheurs de conclure que les pluies et les chaleurs extrêmes, dues à notre action sur le climat, sont déjà là.

Source : Nature Climate Change

04-2012

Chômage aux États-Unis : la descente aux enfers continue

Chômage aux États-Unis : la descente aux enfers continue

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L’ensemble de la presse est unanime, l’économie US va mieux et le chômage est en forte baisse... C’est pour cette raison que le nombre de SDF explose partout aux USA. New York a ainsi dépassé le cap des 17 000 enfants SDF ! 

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Le nombre de femmes SDF est lui aussi en pleine explosion, du jamais vu (graphique ci-dessus) !

Source : http://www.coalitionforthehomeless.org/ - http://etat-du-monde-etat-d-etre.net/de-la-societe/economie/chomage-aux-etats-unis-la-descente-aux-enfers-continue

De plus, la durée moyenne du chômage s’envole vers des sommets passant de 38,2 semaines en janvier 2012 à 39,1 en février 2012. Une semaine de plus en 1 seul mois, c’est vrai, tout va mieux !
Source : http://research.stlouisfed.org/fred2/series/LNU03008275?cid=32451

En fait, comme en Europe, les chiffres du chômage sont tronqués et les Etats ne comptabilisent que ce qu'ils veulent : on sort du comptage les gens qui ne sont plus indemnisés, on créé des cases suivant certaines catégories a exclure, etc... Alors bien sûr, le chômage baisse quand on exclus d'un seul coup une case du comptage (ce qui arrive souvent peu avant une campagne électrorale, hum), mais c'est artificiel et aucun problème n'est résolu pour personne, sinon l'augmentation de l'exclusion, de la discrimination, et en plus pour des gens qui coûtent beaucoup moins cher qu'un seul PDG ou actionnaire qui se plante et fait couler son entreprise... La mode des gens de droite est aussi très souvent de s'en prendre aux chômeurs ou à ceux qui, soit-disant, profitent du système... en ne voulant pas admettre que ceux qui profitent le plus du système sont obligatoirement les plus riches, qui ont tous les moyens et n'hésitent pas à tricher, détourner, blanchir, corrompre... et tout faire pour que le système en question ne soit pas remis en cause...

Les meilleures preuves que ce système économique est défaillant dans tous ces objectifs (sauf enrichir et entretenir les mêmes détenteurs des grandes fortunes mondiales) est que l'antre même du "capitalisme" se noie dans une boucle infernale qu'il n'a jamais vraiment su faire fonctionner vu les récurrences des "crises" passées, présentes et futures... Et rien du tout n'est réglé d'ailleurs, tous les Etats fuient en avant, promulguent essentiellement le fait de faire payer à leurs citoyens les escroqueries bancaires (qu'ils ont cautionnés auparavant d'ailleurs) et personne n'a envisagé de refuser purement et simplement, comme les Islandais, de rembourser quoique ce soit... Les mafias connues génèrent 500 milliards de dollars d'argent blanchi chaque année ? Les Etats n'ont qu'à les saisir, dans la mesure où ils sont les vrais responsables de toutes ces escroqueries boursicotières, immobilières et autres. Les Etats n'ont qu'à exiger, sous peine ne non remboursement de dettes publiques, à tous les banquiers de prélever sur les comptes mafieux (obligatoirement connus de ces chers banquiers) l'équivalent de TOUTES les dettes mondiales... (en fait, cet argent n'existent pas réellement : il n'y a pas assez de billets, de quelque monnaie que ce soit, dans le monde pour pouvoir rembourser l'ensemble de cette dette d'un coup..., il s'agit surtout de lignes comptables et virtuelles = des crédits accordés avec de l'argent "comptable" non existant physiquement, qui ont été dépensés pour X raison, donc la ligne comptable a juste changé de compte (générant au passage des intérêts qui eux, peuvent être matérialisés physiquement et donc créer de l'argent réel, puis on réclame la dette aux citoyens (et non pas au banquier privé qui avait prit le risque de la chose, vu que les Etats ont "sauvés" les banques privées en reprenant leur dettes !), qui vont la rembourser avec du vrai argent évidemment via les augmentations de TVA et taxes...)

Les citoyens doivent refuser l'allégeance de leurs propres gouvernements aux banques et mafias, refuser toute augmentation de taxes, impôts pour payer à nouveau les mêmes qui ont créés le problème (et le recréeront à volonté puisque ça marche = le public stupide paye, et repaye toujours pour la même chose, vu que leurs représentants n'y comprennent rien (ou sont corrompus) et votent à volonté ?). Personnellement, je n'ai vu aucun candidat remettre réellement en question le système tel qu'il est monté, je n'ai entendu personne remettre en question le pouvoir financier réel... autrement dit, personne pour remettre en question le système de crises en boucles et systématiques depuis des décennies...

Un autre exemple de ce que donne le capitalisme et le libéralisme ? Voilà encore pour le champion du système, ce n'est pas récent mais les choses ont plutôt empirées depuis, plutôt que l'inverse... :

Le maire de New-York exporte ses pauvres à Granville, station balnéaire normande. 
voir blog : http://avranchesinfos.canalblog.com/ 
source : F2 JT mercredi 12 août 2009, édition 20h00

Voilà le système que tous ces économistes, politiques et "bien pensants" encensent et veulent perpétuer... et comptent bien sur vos voix pour le faire... les amis américains sont l'exemple à suivre, n'est-ce pas ?...

Yves Herbo 04-2012

Inquiétude chez Total : importante fuite de gaz au large de l'Ecosse

Inquiétude chez Total : importante fuite de gaz au large de l'Ecosse

plateformed-elgin.jpgplateforme Total du gisement d'Elgin-Franklin (TOTAL E&P UK LTD /SIPA )

Il s'agit du "plus gros incident pour Total en mer du Nord depuis au moins dix ans" selon un porte-parole de la compagnie pétrolière française. Une importante fuite de gaz a été détectée dimanche sur la plateforme Total du gisement d'Elgin-Franklin, en mer du Nord. Une situation qui a obligé le groupe à déclencher un plan d'urgence mardi 27 mars. Tour d'horizon des questions que pose cet accident.

• Que s'est-il passé ?

Une fuite a été détectée dimanche 25 mars 2012 sur la plateforme d'Elgin-Franklin, au large de l'Ecosse. La fuite provient d'un puits qui a été percé en 1997 et qui est fermé depuis environ un an (France-info).Du liquide s'est d'abord échappé, a expliqué Total, entraînant la formation d'une nappe fine d'hydrocarbure d'environ 12 km². Selon les estimations de Total données mardi matin, 23 tonnes de gaz se sont échappées depuis 48 heures. Mardi soir, le nuage de gaz, visible à onze kilomètres à la ronde, enveloppe toujours le site.

Le groupe pétrolier, cité par Les Echos, indique que "la fuite [proviendrait] de la partie de la plate-forme située au-dessus du niveau de la mer, ce qui rendrait probablement plus faciles les opérations de réparation." Mais des études sont encore en cours "pour analyser les causes de la fuite et déterminer les actions à mettre en oeuvre".

• Comment a réagi Total ?

Dans la nuit de dimanche à lundi, le groupe a fait évacuer, par précaution, les 238 personnes travaillant sur la plateforme et coupé l'électricité afin de limiter les risques d'explosion. Mardi, l'inquiétude a gagné la compagnie anglo-néerlandaise Shell : les 85 employés de deux de ses installations, situées à quelques kilomètres de là, ont été à leur tour évacués.

Une zone d'exclusion maritime de 3,7 km a également été mise en place autour de la plateforme. Les avions ou hélicoptères sont eux interdits de survol sur 5,5 km. Cela "permet aux équipes qui interviennent sur la fuite de travailler en toute sécurité", a expliqué une porte-parole des garde-côtes. Pour l'instant, le groupe suit l'évolution de la situation grâce à des navires déployés à proximité.

• Quels impacts sur l'environnement ?

La compagnie se veut rassurante. Dans un communiqué publié mardi en fin d'après-midi, Total assure que "les premières indications montrent qu'il n'y pas d'impact significatif sur l'environnement". Ce n'est pas l'avis de Frederic Hauge du groupe de défense de l'environnement norvégien Bellona. Ce dernier suit de près l'exploitation pétrolière en Mer du Nord. Selon lui, "le problème échappe à tout contrôle". Pour Simon Boxall, océanographe à l'université de Southampton, interviewé par la BBC, la fuite a dégagé un nuage de gaz sur la zone, qui peut présenter des risques d'inflammation et de toxicité.

• Quelles pistes pour la réparer ?

Pour réduire l'ampleur du nuage, le groupe pourrait réaliser un puits d'intervention, afin de diminuer la pression sur le puits principal. Mais ce type d'opération pourrait prendre au moins six mois, selon David Hainsworth, responsable de la sécurité et de l'environnement chez Total au Royaume-Uni, interrogé sur la BBC. Selon certains professionnels, le groupe pourrait aussi recourir à d'autres solutions, en colmatant la fuite une fois celle-ci identifiée.

• Quelles conséquences pour l'action Total en Bourse ?

La perspective d'un incident majeur a fait lourdement chuter le titre Total à la Bourse de Paris. Il a ainsi perdu 5,96% à 38,56 euros à la fermeture. Le titre accuse ainsi son plus fort recul depuis décembre 2008. FTVi avec AFP et Reuters

Ceci est un avertissement de plus à l'intelligence humaine : l'exploitation intensive des fluides de la Terre (pétroles, gaz, ...) vide des poches et cavités essentielles à la cohésion de la croûte terrestre par des pertes de pressions importantes, des écroulements en profondeurs de ces cavités et des séismes liés, et diminue sa lubrification tectonique par disparition de matières huileuses... L'humanité accélère sa propre décadence en ne comprenant pas son esclavage à son propre système économique boiteux, qui l'empêche en final de réaliser quoique ce soit de vraiment essentiel à l'Humanité : sa survie future. A quoi sert ce système " capitaliste" si en final personne au monde  ne peut ou ne veut réunir assez d'argent pour sauver l'humanité, ou simplement sauver sa réelle et première maison : la Terre de sa propre folie...

Yves Herbo 03-2012

Un gigantesque centre d’espionnage en construction

Un gigantesque centre d'espionnage en construction

nsadatacenter.jpg

Dans la petite ville de Bluffdale, au creux d’une vallée reculée de l’Utah, cœur du pays mormon américain, la National Security Agency (NSA) construit actuellement le plus grand centre de collecte et d’analyse de données des Etats-Unis, auquel le magazine Wired consacre sa couverture cette semaine.

Ce centre puissamment gardé devrait être opérationnel en septembre 2013. La NSA a consacré 2 milliards d’euros au chantier, qui doit permettre d’abriter quatre halls à serveurs de 2 300 mètres carrés chacun, plus 8 hectares de bâtiments destinés au support technique et à l’administration du site. L’ensemble sera complètement autosuffisant. Des réservoirs d’essence seront capable d’alimenter des générateurs de secours trois jours durant ; des installations de pompage d’eau pourront produire 6,4 millions de litres d’eau par jour, un système d’égouts et d’air conditionné aidera à maintenir ces serveurs à une température raisonnable. L’électricité sera fournie par une station autonome de 65 mégawatts, pour un coût total énergétique de 40 million de dollars par an (30 millions d’euros), selon une estimation publiée par Wired.

L’objectif de cette Babel du renseignement est de capter, décoder et analyser des données issues de communications classiques (courriels, conversations téléphoniques, recherches sur Google), de tous types de données personnelles (factures de parking, itinéraires de voyages, achats en librairies…) et de données issues du « Web profond », non directement accessible (informations financières, transactions boursières, accords commerciaux, communications militaires et diplomatiques étrangères, documents légaux, informations personnelles confidentielles…).

En 2005, le New York Times avait déjà révélé que la NSA s’était lancée sans mandat juridique dans un vaste programme d’écoute des communications sur le sol américain, depuis l’échec cuisant du 11 septembre. L’institution, créée comme un outil du ministère de la défense après le désastre de Pearl Harbor, avait entrepris une profonde refonte de son travail, dont ce centre est un aboutissement. « Même s’il y a peu de preuves que la NSA soit aujourd’hui plus efficace — après tout, malgré de nombreuses opportunités, elle a raté la tentative d’attaque du « terroriste en caleçon » en vol pour Détroit en 2009, et l’attentat à la voiture piégée de Times Square en 2010 — il n’y a pas de doute sur le fait qu’elle est devenue l’agence de renseignement la plus vaste, la plus secrète et potentiellement intrusive jamais créée, » écrit Wired.

Le centre de données de l’Utah puise ses sources en se branchant directement sur les « prises » des compagnies de télécommunications (un système déjà exposé par le New York Times en 2005) en surveillant les stations terrestres du réseau AT&T, de gigantesques paraboles qui gèrent les communications entre Etats-Unis, l’Europe, le Moyen-Orient, l’Asie et la zone Pacifique.

Pour décoder les données protégées ainsi collecter, la NSA travaille avec un superordinateur, situé dans le « bâtiment 5 300″ du centre de Bluffdale, appelé sobrement « Zone de recherche multiprogrammes ». Des responsables de la NSA ayant participé à la création du site déclarent à Wired que l’équipe en charge du décryptage a récemment réussi « une percée » technologique, mais qu’elle a besoin de plus de capacité de traitement pour la mettre en action. C’est dans l’Utah qu’elle prévoit de le faire.

La NSA souhaiterait mettre en route un ordinateur capable de coordonner la collecte, la lecture et le classement de ces milliards de données à travers le monde d’ici 2018. Selon l’un des responsables anonymes cités par Wired : « Tout le monde est une cible ; toute personne qui communique est une cible. »

(Sources : Big Browser  - Etat du Monde)

03-2012

Les météorologistes inquiets

Les météorologistes inquiets

secheresse-piaui.jpgMare en train de s'assécher

Ce n'est pas parce que la période s'appelle "éléctorale" que le monde ne continue pas de tourner, de moins en moins bien de toute évidence, mais il tourne encore. Et ceux qui n'ont pas quitté des yeux des évènements et faits autrement plus importants commencent à rappeler ces dernières réalités. Le nucléaire et l'écologie ont été plus ou moins placés en second plan par rapport aux problèmes financiers (générés par un système non remis en cause par aucun candidat pratiquement !). Par exemple les météorologistes, depuis quelques semaines donnent des résultats sur l'anomalie de températures liés aux anti-cyclones alizéens trop hauts depuis plus d'un an, sur l'Atlantique. Mais en cette période, il est à croire qu'il ne faut pas "en rajouter" et donner trop de mauvaises nouvelles... même si elles existent... ajoutez ça à "l'Epoque 2012" (on va sûrement en parler dans les livres du futurs, de cette période "maya"...), les médias sont de plus en plus frileux ont dirait (alors que les températures montent !)...

Voilà par exemple ce qu'on peut lire sur plusieurs sites ou forums traitant de météorologie ou d'observations atmosphériques, les sources en fin d'article :

" - Il faut bien se rendre compte que la situation actuelle est très particulière car les températures sont habituellement beaucoup plus basses en cette saison, l’Amérique du Nord vit également une vague de chaleur absolument sans précédent et cela fait plus d’un an que nous connaissons un temps particulièrement chaud et sec. L’addition de tout cela commence à faire beaucoup…

- En France, les prochains jours verront une confirmation et même une accentuation du phénomène. D’une part, le temps ensoleillé et très doux gagnera les régions du Sud et du Sud-ouest. D’autre part, la remontée des températures se poursuivra et l’on pourrait même parler de chaleur sur certaines régions à partir du début de la semaine prochaine ! Cette chaleur venue tout droit du Maroc et d’Algérie, touchera l’Espagne, le Portugal et le Sud-ouest de la France avec des températures proches de 25°C en France et de 30 à 35°C au Maghreb.

- Un changement de temps pourrait se produire au début du mois d’avril (toute fin de semaine prochaine) mais les différents scénarios restent assez contradictoires et selon le modèle Américain GFS, l’anticyclone resterait et la sécheresse s’accentuerait encore. " Jeudi 22/03/2012

entre 18 et 22-03-2012 :

La vague de chaleur historique qui touche tout l’Est du continent Nord Américain engendre une débâcle des rivières liée à la fonte des neiges au Québec. Une partie de la province est inondée. Les températures sont extraordinairement élevées puisque l’on bat souvent les records pour un mois de mars avec 31°C à Chicago, 28°C dans les provinces maritimes du Canada et 26°C à Montréal (record quotidien battu d’au moins 12°C !! et record mensuel également battu). Cet épisode est vraiment unique en son genre. "

La vague de chaleur et la sécheresse qui ont lieu aux USA engendrent des incendies dans le N-E du Colorado où 300 personnes sont évacuées – incendies dans la prairie dans le Dakota du Sud. "

Avec l’arrivée d’air plus frais et plus sec par l’ouest, des tornades se forment sur les plaines centrales des USA (notamment Nebraska,Texas et Ohio où les orages ont provoqué de gros dégâts).

Une tornade touche la ville de Townsville (Australie) "

" La sécheresse s’aggrave de jour en jour en Europe où la persistance de l’anticyclone devient problématique.

*Alors que l’extrême sud et nord du Chili endurent une période de précipitations intenses, les habitants de la zone centrale chilienne subissent une sécheresse dévastatrice depuis plusieurs mois. "

" Vendredi 16 mars 2012, le pic de chaleur est atteint sur le Bassin Parisien avec 25,5°C à Auxerre, 25°C à Melun et St-Maur, 24,5°C au centre de Paris (St-Germain-des-Prés) et 23,5°C à Paris-Montsouris où le record du 16 mars 1961 est battu. "

L'anomalie déjà constatée en 2010 a perduré majoritairement toute l'année 2011 et est déjà revenue pour 2012 :

anomal10.jpg

La NOAA (météo américaine) montre des anomalies (écarts aux normales) très puissantes. Celles-ci sont un bilan des 7 derniers jours. Les verts/jaunes (notamment sur Europe occidentale, mais il y a bien plus fort ailleurs) indiquent des excès de pression, les bleus des déficits (de part et d'autre de l'Amérique, par exemple). Noyaux des unes et des autres très accusés actuellement : logique (principe des vases communicants  trop d'un côté provoque un déficit de même niveau à proximité). 
JJ Thillet, le 28 septembre 2011.
Sécheresse : Bilan de la situation au 15 mars 2012 :
Depuis le début de l’année 2012, des conditions anticycloniques ont prédominé sur une grande partie de l’Europe et notamment sur la France, protégeant  le pays du passage des perturbations et conséquemment des précipitations. Ces conditions font suite à un automne déjà remarquablement sec sur toute la France à l’exception des régions méditerranéennes.
De ce fait, les quantités d’eau recueillies durant la période de recharge des nappes souterraines sontnettement déficitaires sur l’ensemble du territoire avec des conséquences sur le remplissage des réservoirs. L’absence de pluie au cours des dernières semaines a par ailleurs entraîné un assèchement précoce des sols superficiels sur certaines régions, notamment dans le sud de la France.
Conditions générales durant la période de recharge :
Les précipitations recueillies entre septembre 2011 et mi-mars 2012, période propice à la recharge des nappes souterraines, ont été déficitaires sur tout la quasi totalité du territoire. Les déficits sont très marqués sur l’Ouest et le Sud-Ouest atteignant 30 % sur la Basse-Normandie, la Bretagne, les Paysde-la-Loire, Poitou-Charentes, l’Aquitaine et jusqu’à 50 % sur Midi-Pyrénées. A l’échelle de la France, la période de recharge est déficitaire de près de 20 % : le déficit atteint est sensiblement plus sévère qu’en 2011 et proche de celui de 2005. Ces faibles  précipitations n’ont donc pas favorisé le remplissage des nappes souterraines. Selon le Bureau de Recherches Géologiques et Minières (BRGM), 80 % des réservoirs affichaient au 1er mars 2012 un niveau inférieur à la normale.
Conditions durant l’automne (septembre-octobre-novembre) :
Les pluies de l’automne ont été très contrastées. Elles ont été nettement excédentaires sur les zones méditerranéennes, mais très largement déficitaires partout ailleurs. Dans l’Ouest, le Sud-Ouest et le Nord-Est, les déficits de précipitations ont été souvent supérieurs à 50 %, parfois même à 60 %.
Avec un déficit global à l’échelle du pays supérieur à 40 %, septembre 2011 s’inscrit parmi les mois de septembre très secs, sans être pour autant exceptionnel. Seules la Haute-Normandie, la Picardie et certaines zones proches des Pyrénées ont connu des précipitations supérieures à la normale.
A l’instar du mois précédent, octobre 2011 a été particulièrement sec avec un déficit global à l’échelle du pays de l’ordre de 45 %. Seule, une partie du Languedoc-Roussillon a été copieusement arrosée.
Les précipitations ont été très contrastées en novembre 2011. Elles ont été abondantes sur les Pyrénées et plus encore sur les régions méditerranéennes où les cumuls de pluie ont été souvent trois à quatre fois supérieurs à la normale. Les records pour un mois de novembre y ont d’ailleurs étébattus pour de nombreuses communes. A l’inverse, les précipitations ont été extrêmement faibles sur le reste du pays, notamment dans le Nord-Est où les déficits ont été souvent  supérieurs à 70 %.
Conditions durant l’hiver (décembre-janvier-février) :
Après un mois de décembre abondamment arrosé à l’exception notable des régions méditerranéennes, les précipitations de janvier n’ont concerné que le Nord-Est et le nord des Alpes, précédant un mois de février remarquablement sec. Sur l’ensemble de l’hiver, le bilan pluviométrique est extrêmement déficitaire sur les régions méditerranéennes avec des cumuls de pluie souvent inférieurs à 20 % de la normale : cet hiver s’y classe parmi les plus secs depuis 1959. En décembre 2011, les précipitations ont été abondantes sur la majeure partie du territoire avec des cumuls de pluie souvent une fois et demie à deux fois supérieurs à la normale. Moyennée sur l’ensemble du pays, la quantité d’eau recueillie en décembre représente un peu plus de 150% de la normale. Toutefois, les régions méditerranéennes se distinguent sensiblement avec des cumuls de précipitations très faibles, le plus souvent inférieurs à 10% de la normale.
Le mois de janvier 2012 a été marqué par une pluviométrie contrastée. Très déficitaires sur les régions méditerranéennes ainsi que sur une large moitié ouest du pays, les pluies ont été légèrement supérieures à la normale dans le Nord-Est ainsi que sur le nord des Alpes. Avec l’arrivée du froid, les précipitations neigeuses ont été fréquentes en fin de mois sur une grande partie du pays.
Avec la prédominance de conditions anticycloniques, février 2012 a été extrêmement sec. Sur la moitié sud du pays, les cumuls de précipitations représentent généralement moins de 20 % de la normale et ne sont qu’à peine plus élevés sur la moitié nord.
Conditions depuis le début du mois de mars 2012 : Les précipitations ont été rares durant la première quinzaine de mars, seul l’extrême nord ayant connudes pluies conséquentes. Humidité des sols superficiels à la mi-mars. Les sols superficiels sont encore bien humides sur de nombreuses régions, notamment dans le nord de la France et sur les massifs montagneux, mais sont déjà relativement secs en Midi-Pyrénées, sur le Languedoc-Roussillon et la Provence. Toutefois,  l’absence de pluie depuis plusieurs semaines a contribué à un assèchement précoce des sols sur l’ensemble du territoire. A l’exception de l’extrême Nord, la plupart des régions présentent un état d’humidité des sols proche de celui d’un mois d’avril, voire parfois même d’un mois de mai sur le sud du pays. 

 

activité solaire

0212 ssn

Notre cycle actuel (24) avec le 23 (en rouge), superposé aux cycles 22+23 (en jaune) , arrêté à fin février 2012 (avant les éruptions de mars 2012 donc)

L'activité du soleil a connu depuis deux ans une baisse de régime atypique. Que se passe-il ? Alors  que le soleil aurait du entrer dans son cycle 24, il tarde, les tâches solaires apparaissent puis se dissipent, les vents solaires sont au plus bas et son spectre lumineux est très atypique. Ces évolutions ne sont ni dramatiques ni anormales. Ces cycles de 11 ans en moyenne sont sujets à variation. L'activité solaire, tâches, intensité lumineuse et magnétisme, varie selon des modalités que la science peine encore à décrire et plus encore à modéliser. 

Les polémiques sur le climat ont conduit les experts à comparer ces variations avec les phénomènes climatiques. Or, la posture actuelle rappelle les périodes froides, froides relativement aux moyennes de notre millénaire. Ainsi, ce calme et ses enchaînements ressemblent beaucoup aux postures qu'a connues le soleil lors des années les plus froides du petit âge glaciaire, notamment entre 1645 et 1715. Lorsque les glaciers envahirent à nouveau les vallées d'Europe, lorsque les affluents de la Seine gelaient pendant trois mois à Paris, provoquant des millions de morts et des famines comme au sortir du moyen-âge au 14ème siècle. Ces minimas sont bien connus : minimum de Maunder et minimum de Dalton qui provoqua la famine et... la Révolution française !

Le débat fait rage pour savoir si ce ralentissement ne concerne que le démarrage du 24ème cycle du soleil, auquel cas une conséquence peut effectivement être d'augmenter les anomalies saisonnières. Ou s'il se prolongera au-delà du 24ème cycle amorçant un refroidissement de nature à infléchir le réchauffement. Dans ce cas, les simulations par les modèles de l'IPCC montreraient que l'impact du CO2 sur le climat serait tout juste compensé. Cela stabiliserait les températures avec des épisodes extrêmes plus nombreux. Cela ne réglerait évidemment pas le problème de l'assèchement climatique source de très nombreux désordres régionaux avec les déforestations massives et les pertes de biosphère.

Certains experts estiment même que cet affaiblissement pourrait contribuer au réchauffement dans une seconde phase.  En effet, même si la puissance lumineuse totale émise par le Soleil diminue pendant la phase descendante du cycle, la quantité de lumière visible, celle qui chauffe la basse atmosphère, serait, elle, en augmentation. L'hypothèse est donc qu'en 2100, la température serait de plusieurs degrés supérieures à ce qu'elles étaient lors du petit âge glaciaire, même avec un soleil durablement faiblissant.

Mike Lockwood, de l'Université de Reading (Royaume Uni) a compilé données météo et tâches solaires sur les quatre derniers siècles. La corrélation entre ces phénomènes et la rigueur des hivers apparaît nettement. La compréhension du phénomène est ardemment recherchée : il serait lié à la trajectoire des courants d'altitude  qui empêcheraient les masses d'air chaud d'atteindre l'Europe et le continent nord américain. Si cette analyse était exacte, le refroidissement européen ne remettrait pas vraiment en cause le réchauffement climatique global.

Il demeure que ces phénomènes exceptionnels risquent de ne plus apparaître comme tels d'ici quelques années si ces évolutions se trouvaient confirmées.

Dans cette hypothèse, de nombreux spécialistes estiment que cette accalmie solaire soulagerait de nombreuses infrastructures critiques menacées par les orages magnétiques : satellites de communication, transformateurs, etc. En 1859, l'événement dit Carrington baptisa le grand orage magnétique jamais observé. Il eut lieu lors d'un cycle solaire faible. A l'époque, la totalité du système téléphonique mondial avait flanché.

Source : Met Office, Geophysical Researchhttp://www.glaciers-climat.fr/meteo/environnement-climatique.htm

precipitations-sur-6-h-22-03-2012.gif22-03-2012 : pluie sur 6h : l'hémisphère sud entre dans l'autome et est déjà saturé de pluies et humidité. Enorme zone sèche ou chaude qui s'étend des amériques aux Indes depuis plusieurs jours, avec des remontées sur l'europe de l'ouest et l'est des USA jusqu'au Quebec. Une forte dépression s'approche à l'ouest de la France pour début avril mais les modèles américains prévoient une bonne résistance de l'énorme anticyclone (qui a de quoi se renforcer en plus à priori)... 

Quoiqu'il en soit, le nombre et les effets de ces anomalies sont en évidente augmentation : la NASA a conseillé a tous ses employés et familles de faire des stocks de 3 mois de nourritures et autres produits de 1ere nécessité, juste au cas où de évènements majeurs (probables) se produisaient, la FED a fait de même officiellement. Les européens considèrent peut-être les américains comme des paranos, ou plutôt, comme l'Etat russe, ils considèrent que c'est peut-être un bon moyen de se débarasser des plus vieux, plus fragiles ou plus pauvres (donc des plus coûteux) ? Un programme d'information et d'incitation à la constitution de stocks en vivres et produits de soins (conservables sans énergie) et de produits importants devrait être exister aussi en Europe, particulièrement en direction des personnes âgées ou en précarité. Les nombreux décès en europe dûs à une vague de froid, certes soudaine mais pas exceptionnelle en soit, sont une anomalie pour des systèmes qui se disent démocratiques et intégrés à un système européen. Je pense à la Pologne et aux pays de l'Est notamment, où beaucoup de décès sont dûs à des conditions de chauffage matériels impropres à la dignité d'Etats dignes de ce nom : c'est la preuve ultime que l'argent ne va pas là où il doit aller en priorité : la sauvegarde et l'amélioration des conditions de vie des propres citoyens de ces pays...

Les décès dûs à la sécheresse et vagues de chaleurs seraient déjà moindre si l'information était permanente sur les mesures individuelles et familiales à prendre, et si des kits complets de 1ère nécessité (kits de survie de quelques semaines) étaient facilement trouvables partout en Europe. Attention, je n'incite pas à un nouveau marché commercial en Europe (qui existe aux USA) car, dans la mesure où je considère que c'est responsabilité d'un Etat de prendre soin de ses propres citoyen qui le composent, ce genre de kit devrait être gratuit (et oui, recherchés, fabriqués et distribués par l'Etat, sans intermédiaires, comme tous les produits de santé d'ailleurs)... mais il ne faut pas rêver, les Etats inféodés au capital et à la mafia liée n'ont pas cette priorité mais seulement celle de l'argent : les dirigeants de ces Etats sont des gestionnaires de budgets et c'est leur seule priorité : la vie humaine des citoyens n'a pas vraiment d'importance en final... tout est censé être réglé par l'argent...

Yves Herbo 03-2012

Economie : memoires d'un piege-3

Economie : mémoires d'un piege-3

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Des confirmations historiques, des aveux (de culpabilité et d'impuissance) des politiques et économistes... il suffit de lire la presse entre les lignes pour s'en rendre compte... 2012, c'est peut-être aussi (enfin !) la révélation d'un système qui a trop (mal) duré... 

FED : Fraude Extrêmement Dangereuse... la BCE, c'est pire

 

 
Cette vidéo est à diffuser à vos contacts sceptiques sur la situation financière mondiale en mode "autodestruction".
 
 
Pour les nouveaux lecteurs de ce blog encore sceptiques sur l'effondrement inévitable de notre système économique. Cette vidéo pédagogique vous offre une base de connaissance sur la création monétaire.
 
 
Vous découvrirez le fonctionnement de la FED (machine à dette perpétuelle américaine).
 
 
Sachez que la BCE (Réserve Fédérale Européenne) utilise le même procédé, et plutôt que d'échanger son papier sans valeur réelle avec du papier d’État sans valeur réelle (bons du Trésor), elle le prête aux banques commerciales qui, elles-mêmes le prêtent aux États surendettés en achetant des bons du Trésor...

Ce mode opératoire de création monétaire est l’œuvre d'une entreprise criminelle hautement organisé qui a été dénoncé par les présidents Abraham Lincoln, John Fitzgerald Kennedy et aujourd'hui par le candidat, Ron Paul...
 
Pauvres européens, ce procédé est encore plus dangereux que la FED...
 
Bienvenue hors de la matrice et sur ce blog... J'espère pour vous que le réveil ne sera pas trop difficile... 

 

 

Source : http://gold-up.blogspot.com/2012/03/video-fed-fraude-extremement-dangereuse.html

 

«L'État et les banques, les dessous d'un hold-up historique» par Myret Zaki et Etienne Chouard

La Fonderie Kugler présente deux conférences de décembre 2011 en partenariat avec le journal bimensuel La Cité (http://www.lacite.info/) - (http://www.usinekugler.ch/)

Myret Zaki, rédactrice en chef adjointe du magazine Bilan, «L'État, otage du secteur financier»

Étienne Chouard, professeur d'Économie-Gestion à Marseille, chercheur indépendant, «Enjeux pour le peuple du contrôle public de l'État et de la banque». Pour y accéder directement : http://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&list=UUuqKwvlBmW_Z...

Modération par Fabio Lo Verso de La Cité

 



En complément à la conférence de Myret Zaki, un article qui revient sur les convives du dîner du 8 février 2010 :

http://blogs.mediapart.fr/blog/netmamou/030112/un-diner-de-malfrats-pour-mett...

Un autre article sur les agences de notations : Qui se cache derrière Standard & Poor's : http://www.abadinte.com/2011/12/qui-se-cache-derrire-standard-poors/

En complément à la conférence d'Etienne Chouard, une analyse qui questionne l'importance de la "loi de 1973" : http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/12/29/la-loi-pompidou-giscard-rothsc...

La réponse point par point d'Etienne Chouard : http://etienne.chouard.free.fr/Europe/forum/index.php?2011/12/30/178-analyse-...

Transcription écrite de la conférence réalisée par le blog creersamonnaie / (merci à eux:) http://creersamonnaie.over-blog.com/article-crise-financiere-grecque-origine-...

03-2012

Qui atteindra le point le plus profond de la terre?

Qui atteindra le point le plus profond de la terre?

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Les milliardaires-explorateurs se lancent des défis les plus insensés. Le dernier en date: atteindre le point le plus profond de l'océan. Sont en course: le réalisateur James Cameron, le patron de Virgin Richard Branson et l'ancien PDG de Google, Eric Schmidt.

Une nouvelle lubie à plusieurs millions stimule depuis un petit temps ces explorateurs des temps modernes qui dépensent sans compter pour mettre au point le sous-marin capable d'atteindre le "Challenger deep", le point le plus profond de la terre, évalué à 11.000 mètres de profondeur, situé dans la fosse des Mariannes, dans l'océan Pacifique, au large des îles Mariannes.

Avatar 2

Dans cette lutte pour atteindre "Challenger deep", James Cameron, le réalisateur de "Abyss", "Titanic" et "Avatar", semble avoir une longueur d'avance sur ses concurrents. "James Cameron y travaille depuis de très longues années et est très bien entouré. Il peut y arriver cet été", estime Bruce Jones, en charge d'un projet américain appelé Triton 36000.

Cameron envisage de descendre seul, à près de 11 000 mètres sous le niveau de la mer. "Je ne dépenserais pas autant d'argent pour un sous-marin, si je n'avais pas prévu de monter à bord", a-t-il glissé récemment. Un voyage au centre de la terre qui devrait par ailleurs être exploité pour les besoins du deuxième volet d'Avatar. Il aurait planifié une dizaine de plongées au coeur de l'été 2012.   

SpaceShipTwo

Mais il n'est pas le seul sur la balle. Eric Schmidt et Richard Branson rêvent eux aussi de découvrir ce fond marin. L'un et l'autre auraient, selon Atlantico, respectivement dépensé 25 et 6 millions pour réaliser leur rêve et rejoindre Don Walsh et Jacques Picard, les seuls hommes à avoir atteint les profondeurs de la fosse des Mariannes, en 1960. S'il n'y arrive pas, Richard Branson pourra se consoler avec SpaceShipTwo, son vaisseau censé assurer les premiers vols spatiaux pour civils (à 144.000 euros le billet), annoncés avec optimisme pour début 2013. Reste à voir si ce voyage abyssal fera naître une nouvelle forme de tourisme? 

Source : http://www.7sur7.be/

03-2012