Du Fer mystérieux dans une pyramide égyptienne

Du Fer mystérieux dans une pyramide égyptienne

Plaqueferpyramide mini

Cet article est aussi un complément à celui-ci, qui parle des datations des premières mines de Fer officielles et non officielles :

http://www.sciences-fictions-histoires.com/blog/archeologie/la-datation-du-debut-de-l-age-du-fer-toujours-controversee.html

Extraits de "Voyages du Duc de Raguse" Revue des Deux Mondes - 1837 - tome 11.djvu/pages 759-760

" (...) Au-delà du Caire commence une autre Égypte, celle de la primitive histoire et des anciens jours. On laisse derrière soi la civilisation nouvelle avec ses richesses et ses produits, et les pyramides, qui, du Caire, vous apparaissent dans toute leur gloire, vous dénoncent que vous mettez le pied dans un autre monde. Quand vous marchez sur elles, on croirait qu’elles s’abaissent et que leurs dimensions s’amoindrissent ; mais cette illusion n’est que passagère, et quand vous les touchez, elles se dressent devant vous comme un géant de pierre, qui vous accable de son immensité.

Les pyramides ont été visitées et fouillées tour à tour par les divers conquérants de l’Égypte, par les Perses, les Grecs, les Romains et les Français. Les dégradations que ces monuments ont subies sont l’ouvrage des hommes beaucoup plus que celui des siècles. La seconde pyramide, qui est à peu près de la même grandeur que la première, a été ouverte par Belzoni. Comme dans la première, des couloirs rapides et étroits conduisent à une chambre sépulcrale où se trouvait un sarcophage dont le couvercle était brisé. Il renfermait des ossements que l’on a jugé être ceux d’un bœuf, ce qui autoriserait à penser que le dieu Apis partageait quelquefois avec les rois d’Égypte la gloire d’avoir une pyramide pour tombeau. La troisième est d’une dimension beaucoup plus petite ; mais les matériaux qui ont servi à l’élever sont aussi beaux que ceux de la grande. Près de la seconde pyramide, dite de Céphren, étaient des constructions étendues qui appartenaient à un temple. A peu de distance et tout autour il y a encore plus d’une centaine de petites pyramides, dont plusieurs sont debout, d’autres renversées sur le sol. Toute la surface est couverte de tombeaux ruinés, et la montagne a été percée de puits qui servaient aux inhumations. C’est comme une immense ville de morts qui a recueilli les générations accumulées de la population de Memphis. (....)

Wikipedia - Pyramide de Khéops :

" Le couloir descendant, incliné de 26°26'46" et long de 105 mètres, aboutit à un couloir horizontal long de 8,90 mètres menant à la chambre souterraine. Cette dernière, ainsi qu'une grande partie de la descenderie, a été creusée dans la roche naturelle et demeure inachevée. Dans le mur sud fut ébauché un corridor de seize mètres de long ne débouchant sur rien. Un décaissement fut pratiqué dans le sol de la chambre. Les ingénieurs John Shae Perring et Howard Vyse y pratiquèrent en 1837, un puits profond de 11,60 mètres ; lequel, espérèrent-ils, les conduirait jusqu'à la chambre sépulcrale. Leurs pensées étaient alors inspirées par le voyageur grec Hérodote selon qui le corps de Khéops reposait sur une île, entourée d'un canal et située en dessous de l'actuelle chambre souterraine. Leurs recherches ne menèrent à rien.

L'aspect inachevé (ou détruit ?) de la chambre souterraine semble prouver qu'elle constitue un premier projet abandonné, l'architecte ayant opté ensuite pour un aménagement dans la maçonnerie de la pyramide. "

L'AFFAIRE DE L'ÉTRANGE PLAQUE DE FER TROUVÉE DANS LA GRANDE PYRAMIDE EN 1837

Pyramide entaillehill

" Le vendredi 26 mai 1837, J. R. Hill, membre de l'équipe du célèbre Colonel ingénieur anglais Howard Vyse, chargé de nettoyer le conduit Sud de la chambre du roi, fait une découverte sans précédent sur la façade extérieure Sud de la pyramide. Cette découverte se situe au début de la bouche de ce conduit. Plus exactement, l'objet qu'il découvre est profondément et fortement scellé à l'intérieur d'un joint interne de la maçonnerie. Pour arriver à l'extraire Hill doit utiliser de la poudre à fusil pendant plusieurs jours (et non pas de la dynamite comme beaucoup d'auteurs l'ont écrit, puisqu'en 1837 la dynamite n'existait pas encore, Nobel, son inventeur, n'ayant alors que 4 ans).

Plaqueferpyramide

J. R. Hill fait exploser les 2/3 des pierres formant l'entrée du conduit. Ce faisant, il défigure pour toujours la façade Sud de la Grande Pyramide en lui infligeant une grande entaille verticale au 102ème niveau. Pour le moins "explosives", les méthodes de Vyse et de son équipe furent abondamment critiquées par la suite. Mais c'était trop tard, le mal était fait. Il faut dire également, pour la petite histoire, que Hill était vraiment dangereux, n'y allant pas par quatre chemins pour obtenir des résultats. Durant ces jours-là, il manqua de décapiter un de ses collègues ; l'ingénieur John Shea Perring, qui se trouvait dans la chambre du roi sous l'arrivée du conduit Sud au moment où Hill fit tomber une lourde pierre dans le conduit ! C'est peut-être à cause de cet accident qu'on ne trouva ni Perring ni son autre collègue ingénieur James Mash sur les lieux, au moment où Hill réussit enfin à détacher sa découverte. On peut ajouter aussi que le Colonel Vyse, officier de la Garde Royale Britannique, était extrêmement pressé de faire des trouvailles. D'une part, il était en compétition acharnée avec le capitaine italien Giovanni Battista Caviglia, avec lequel il s'était définitivement fâché le 13 février 1837, se séparant de l'Italien après s'être servi de lui et de sa licence de fouille. De son côté, Caviglia faisait découvertes sur découvertes. D'autre part, Vyse devait des comptes à ses bailleurs de fonds. On sait qu'il avait dépensé 10.000 £ rien que pour l'année 1836-37, ce qui représentait une véritable fortune à l'époque. Et il n'avait toujours rien trouvé. Cette situation délicate fut largement utilisée pour mettre en doute certaines de ses découvertes, à la fois à tort et à raison, comme nous allons le voir.

UNE PLAQUE QUI DÉRANGE

Hill a donc enfin réussi à extraire la plaque tant convoitée. C'est une plaque de fer plate de 30.5 cm de long sur 8.6 cm de large, avec une épaisseur variable d'un maximum de 4 cm. Le poids de la plaque étant d'environ 750 g. On ne sait toujours pas à quoi elle servait. Certains ont avancé, en s'appuyant sur sa nature fragmentaire, que c'était peut-être une fermeture du conduit même si celui-ci a une taille plus grande (30.5 x 23.3). Mais dans ce cas pourquoi avoir profondément cimenté dans la maçonnerie cet objet et pourquoi ne pas en avoir trouvé d'autres dans les autres conduits ?

Vyse déclara au monde qu'il venait de trouver avec son équipe : " La plus ancienne pièce de fer forgé jamais trouvée ". Les ingénieurs Perring et Mash signèrent des expertises et certificats d'authenticité comme quoi la plaque avait été retirée du plus profond de la maçonnerie avec beaucoup de difficulté et d'explosifs (!) et qu'aucune ouverture, fissure ou passage n'avaient été trouvés en connexion avec la plaque et que donc, le fer n'avait pu être placé là après la construction de la pyramide mais bel et bien pendant la construction. Vyse a envoyé l'objet avec les expertises au British Museum. (Références et emplacement actuel : Egyptian Department, N° 2433, 3rd Egyptian Room, Case K, 29). Beaucoup de silence et même des accusations de faux accueillirent cette découverte. Pour les détracteurs les moins méchants, il ne pouvait s'agir que de fer météoritique (on a trouvé de rares morceaux d'acier météoritique martelés dans des objets précieux des premières dynasties).

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PROBLÈME DE DATATION

Pour vous éclairer, sachez que l'usage général du fer n'arriva pas en Égypte avant environ 1300 avant J-C et qu'il n'arriva dans le Sud de l'Europe que vers 1100 avant J-C (selon H.R.Hall, "Note on the Early Use of Iron in Egypt" Man 3, 1903). Or, le fait que cet objet puisse dater de l'époque de la pyramide voudrait dire que cette plaque daterait d'environ 3500 avant J-C. (datation "orthodoxe actuelle de la pyramide"). Ce qui veut tout simplement dire que soit la datation de la pyramide est fausse, soit que l'utilisation du fer en métallurgie était beaucoup plus ancienne en Égypte, soit les deux ! On comprend alors pourquoi cet objet embarrasse tout le monde. Il met carrément en jeu la datation officielle de la Grande Pyramide.

Or, nous allons vite comprendre que cette trouvaille est fondamentale et présente toutes les garanties d'authenticité. Le très sérieux, brillant et respecté archéologue anglais Flinders Petrie allait écrire au sujet de cette plaque en 1883 que non seulement les reçus du British Museum étaient extrêmement précis, mais qu'il y avait sur la rouille du fer, la trace d'un nummulite prouvant ainsi que la plaque avait bien été enterrée extrêmement longtemps derrière des blocs de calcaire nummulitique et était certainement très ancienne. Petrie ajouta qu'il n'y avait aucun doute sur le fait que cette pièce était authentique et utilisée par les maçons pendant la construction de la Grande Pyramide.

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LA GUERRE DES EXPERTS

Ce fut la guerre entre les différents experts, mais l'assertion dogmatique de l'égyptologie "classique" comme quoi tout fer provenant de l'Ancien Empire, de par sa très grande rareté, ne pouvait être que d'origine météoritique (donc non travaillé en métallurgie complexe), ne pouvait pas tenir éternellement. Rappelons d'abord que si le minerai de fer est fréquent sur Terre, il est beaucoup plus difficile à travailler que le cuivre et l'étain et sa métallurgie est beaucoup plus compliquée que le bronze. En effet, pour qu'il fonde, il lui faut une température de 1535° Centi