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Nepal, Mustang: une culture inconnue dans des grottes et tunnels

Nepal, Mustang: une culture inconnue à l'origine des grottes et tunnels

 

Mustang nepal

Archéologiquement parlant, l'ancien Royaume de Mustang était principalement retenu pour son Histoire riche du fait de sa position stratégique commerciale régionale entre la Chine, le Tibet, Népal et l'Inde avant son annexion par le Népal et les combats contre les intentions chinoises sur ce territoire. Avec au moins 10000 grottes, dont beaucoup artificielles et tunnels aménagés, le site principal était considéré comme ayant une ancienneté remontant jusqu'aux premiers bouddhistes. De belles découvertes majeures y ont en effet été effectuées au 20ème siècle, avec entre autres, récemment (2007),  des magnifiques fresques représentant la vie de Bouddha, dont les plus grandes mesurent jusqu’à 8 mètres de longueur :

 

Mustang nepal fresquemuraleboudha

Mais ce sont surtout un grand nombre de manuscrits, découverts dans ces mêmes grottes, et qui sont toujours examinés de nos jours, qui en font un grand attrait archéologique sur la période bouddhique. En effet, des dizaines de milliers de manuscrit calligraphiés étaient enfouis dans ces grottes oubliées. Des traités philosophiques à l’arbitrage des conflits, ces trésors témoignent que de grands sages s’y rendaient pour y réfléchir alors que les artistes occupaient les cavernes pour y peindre l’adoration de Bouddha et des grands yogis de l’histoire bouddhiste. Une autre supposition serait que ces manuscrits proviendrait d'un monastère bouddhiste détruit et que cette bibliothèque avait été sauvée dans ces grottes...

On sait au moins qu'il y a 750 ans, le Royaume de Mustang (aboli en 2008 !), carrefour commercial régional influençant la route de la soie, était très prospère. Les manuscrits en question ont été datés du 13ème siècle de notre ère. En 2007, des explorateurs des États-Unis, d'Italie et du Népal ont découvert d'anciens arts décoratifs et peintures bouddhistes, des manuscrits et des poteries dans les grottes de Mustang près de Lo Manthang, datant du 13e siècle. Une deuxième expédition en 2008 a découvert plusieurs squelettes humains de 600 ans (14ème siècle) et a récupéré des rames de manuscrits précieux, certains avec de petites peintures connues sous le nom d'illuminations, qui contiennent un mélange d'écrits du Bouddhisme et de Bon (Bon, également orthographié Bön, est une religion tibétaine qui s'identifie comme étant distincte du bouddhisme tibétain, bien qu'elle partage les mêmes enseignements et terminologies. Elle serait née au XIe siècle et a établi ses écritures principalement à partir de termas et de visions de tertöns tels que Loden Nyingpo. Bien que les termas de Bon contiennent des mythes de Bon qui existaient avant l'introduction du bouddhisme au Tibet, "en vérité," l'ancienne religion "était une nouvelle religion.". Les théologiens actuels du Bon expliquent, (pour maintenir leur inclusion dans la dominance bouddhiste ?) que leur religion plus ancienne est due aux prémices du bouddhisme, prévus et visualisés par la leur et leurs visionnaires.

 

 

Mustang nepal himalayaregion

Mais l'attribution de ces grottes aux seuls moines bouddhistes est remis en question dès le début des années 1990, avec des découvertes faites lors d'une fouille entre 1992 et 1997 par une équipe composée d'experts du DoA et d'une troupe de fouille basée en Allemagne. C'est dans le complexe de grottes de Mhebrak dans la vallée de Muktinath dans le Lower Mustang qu'ils ont découvert de nouveaux indices, qui pourraient potentiellement révéler une partie importante de l'histoire humaine remontant à 450 avant JC minimum

Cette équipe a donc étudié deux cadavres uniques retrouvés dans ce complexe de grottes, et ont déclaré que " les caractéristiques choquantes des cadavres les rapprochent de la découverte d'une culture particulière de l'ère préhistorique ".


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Enquête archéologique aux Açores 2

Enquête archéologique aux Açores 2

 

Terceira acores 12 19 yh0(photo ©Yves Herbo)

 

Voici une petite suite à ce précédent article : 

http://www.sciences-faits-histoires.com/blog/archeologie/enquete-archeologique-aux-acores-1.html

Vous comprendrez que nous sommes, avec Loic Occhipenti, en train de monter un reportage filmé sur notre déplacement aux Açores, île de Terceira et l'étude de certaines des découvertes récentes et inédites effectuées, à l'aide du professeur Felix Rodriguez, dont la renommée auprès de tous les habitants locaux nous a bien aidé pour la visite de certaines propriétés privées...

Les objectifs de notre visite étaient multiples, devant la richesse des précédentes découvertes, mais nous ne pensions pas avoir autant de surprises supplémentaires et inédites par rapport aux connaissances déjà établies. Le principal de ces objectifs était bien sûr de confirmer et factualiser le fait que les Portugais n'avaient pas été les premiers à habiter ces îles au doux climat sub-tropical. Mais il est très possible, en l'état actuel des recherches et découvertes et en considérant les âges probables de ces dernières, que les îles étaient en effet désertes quand les premiers découvreurs inconnus portugais y débarquèrent.

Quoiqu'il en soit, les évidences d'une présence intelligente et batisseuse très ancienne sont nombreuses. Il est ici utile je pense de rappeler (ou d'informer) que les îles des Açores comme Terceira, ne sont pas des petites îles entièrement construites ou connues : si on suit les relevés démographiques, sur les 56 000 habitants de l'île, 35 000 sont regroupés dans la capitale des Açores et de l'île, Angra et banlieue, et 20 000 le sont vers l'autre ville principale de l'île, Praia da Vitória, mais elle comporte de nombreux militaires issus de la base américaine locale. On peut dire que les habitants restants (hors période touristique) se partagent les 402 km ² de la superficie de l'île... qui est loin d'être défrichée de sa végétation endémique préhistorique (heureusement) et qui recèle de nombreux parcs naturels protégés. En effet, de nombreux espaces de laurisylves, forêts endémiques (des lauriers de + 40 m de hauts entre autres, des mousses géantes, etc...) souvent infranchissables et non explorées, existent encore dans toutes les îles des Açores, nous en avons approchés et leur beauté mêlé au mystère des espaces inviolés par l'homme font rêver et s'éteindre la verve du verbe. Plus un mot, juste ouvrir grand ses yeux et son esprit :

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Mexique : Découverte d'un grand Palais Maya au Yucatan

Mexique : Découverte d'un grand Palais Maya au Yucatan

 

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Institut national d'anthropologie et d'histoire (INAH)

 

Les ruines d'un palais ont été découvertes à l'est de la zone archéologique de Kuluba, un site préhispanique clé dans l'État du Yucatan au Mexique. Les vestiges du bâtiment de six mètres de haut, de 55 mètres de long et de 15 mètres de large, suggèrent que le palais a été habité pendant deux longues périodes entre 600 et 1050 après JC, a déclaré l'Institut national d'anthropologie et d'histoire (INAH) mexicain.

" Ce travail n'est que le début, nous avons à peine commencé à découvrir l'une des structures les plus volumineuses du site ", a expliqué l'archéologue Alfredo Barrera dans une vidéo partagée par l'INAH.

 

Palais yutacan fouilles2019b

 

Kuluba avait des liens importants avec les villes mayas d'Ek 'Balam et, plus important encore, Chichen Itza, tombant sous son influence et faisant partie de son réseau de commerce et de territoire. Localisé à quelque 150 kilomètres de Cancún dans le Yucatán, ce site archéologique est connu depuis les années 1930 mais ce n'est que récemment que des fouilles approfondies ont pu y être démarrées.

Si les fouilles sont encore en cours pour tenter d'excaver ses murs, les archéologues ont réussi à collecter de premières informations sur l'édifice. D'après l'INAH, il s'agirait d'un palais construit il y a plus de 1.000 ans qui aurait compté au moins six chambres ainsi que des escaliers.

L'analyse des structures et de matériau découverts sur place suggèrent que le site aurait connu deux phases d'occupation : une première durant le Classique tardif (entre 600 et 900 de notre ère) et une seconde durant la fin de la période classique (entre 850 et 1000). Une chronologie qui semble correspondre à celle de Chichén Itzá, devenue entre 800 et 900, l'une des cités les plus importantes de la région.

"Nous avons trouvé des preuves d'une architecture et de céramiques similaires à celles de Chichén, de l'obsidienne de sources similaires à celle de Chichén ainsi qu'une technique de peinture murale très similaire à celle utilisée à Chichén Itzá", explique dans une vidéo, Alfredo Barrera Rubio, archéologue qui a dirigé les recherches sur place.

Autant de découvertes qui laissent penser que Kulubá était une enclave de la célèbre cité maya :

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Grèce : après le guerrier griffon, deux tombes princières découvertes

Grèce : après le guerrier griffon, deux tombes princières découvertes

 

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Une extraordinaire découverte, celle d'un possible roi de l'âge du bronze ou d'un grand guerrier minoen ou mycénien, avait été relatée dans un précédent article en 2017 :

http://www.sciences-faits-histoires.com/blog/preuves-autre-histoire/grece-une-decouverte-remet-en-cause-une-mythologie-antique.html

C'est en élagissant le champ des investigations et avec de l'instinct, que deux nouvelles tombes de la même époque ont été trouvées, non loin de ce riche site de la Grèce Antique, connu comme étant notamment le lieu du palais de Nestor, cité par Homère dans ses poèmes.

Jack Davis et Sharon Stocker, archéologues du département des classiques de l'UC (Université de Cincinnati, USA), ont trouvé les deux tombes en forme de ruche à Pylos, en Grèce, l'année dernière alors qu'ils enquêtaient sur la zone autour de la tombe d'un individu qu'ils ont appelé le «guerrier Griffon», un homme grec dont le dernier lieu de repos a été découvert à proximité en 2015.

Comme la tombe du guerrier Griffon, les tombes princières surplombant la mer Méditerranée contenaient également une multitude d'artefacts culturels et de bijoux délicats qui pourraient aider les historiens à combler les lacunes dans notre connaissance de la civilisation grecque primitive.

L'équipe de UC a passé plus de 18 mois à fouiller et à documenter la découverte. Les tombes étaient jonchées de débris de feuilles d'or qui tapissaient autrefois les murs.

" Comme pour la tombe de "Griffin Warrior", à la fin de la première semaine, nous savions que nous avions quelque chose de vraiment important ", a déclaré Stocker, qui a supervisé les fouilles.

" Il est vite devenu clair pour nous que la foudre avait de nouveau frappé ", a déclaré Davis, chef du département des classiques de l'UC.

Le Griffin Warrior est nommé d'après la créature mythologique - Le Griffon, en partie aigle, en partie lion - gravée sur une plaque d'ivoire trouvée dans sa tombe, qui contenait également des armures, des armes et des bijoux en or. Parmi les objets d'art inestimables, il y avait une pierre de sceau en agate représentant un combat mortel avec des détails si fins que le magazine Archaeology l'a salué comme un «chef-d'œuvre de l'âge du bronze».

 

Anneau grece 3500b

Un anneau en or représente des taureaux et de l'orge, la première représentation connue d'animaux domestiques et d'agriculture dans la Grèce antique.
CRÉDIT - UC Classics

 

" Les artefacts trouvés dans les tombes princières racontent des histoires similaires sur la vie le long de la Méditerranée il y a 3 500 ans ", a déclaré DavisUn anneau en or représentait deux taureaux flanqués de gerbes de grains, identifiés comme de l'orge par un paléobotaniste, qui a consulté sur le projet.

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Tablettes cunéiformes et crétules découvertes en Irak

Tablettes cunéiformes et crétules découvertes en Irak

 

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La découverte, annoncée fin novembre 2019 et passée inaperçue, a été officialisée et concerne la découverte en Irak d'une centaine de fragments de tablettes comportant des textes cunéiformes, dont huit entières ou presque, encore en partie protégées par des crétules gravées, quatre-vingt dix d'entre elles. Ce sont l'Université de Pise en collaboration avec l'Université de Sienne et celle d'al-Qādisiyyah pour l'Irak qui ont collaboré à ces fouilles et découvertes, dans ce site qui a été identifié comme faisant partie de l'antique ville de Marad, et qui seront renouvellées en 2020.

Il y a des milliers d'années en Mésopotamie, pour échanger des informations de toutes sortes, des lettres étaient écrites sur des tablettes qui étaient ensuite envoyées dans des "sacs" d'argile. Trois grandes portions de ces "enveloppes" font partie d'une découverte exceptionnelle, en termes de quantité et d'état de conservation des trouvailles, mise au jour lors d'une campagne de fouilles en Irak. En particulier, les archéologues ont trouvé une centaine de fragments avec des textes cunéiformes datant du début du deuxième millénaire avant JC (dont jusqu'à huit tablettes entières ou presque entières) ainsi qu'un riche répertoire de céramiques et plus de quatre-vingt-dix "crétules", c'est-à-dire des blocs d'argile protecteurs avec des scellés ou des empreintes de corde appliquées lors de la fermeture de ces conteneurs.

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Université de Pise

 

Les investigations archéologiques conclues en novembre concernaient Tell as-Sadoum dans le centre-sud de l'Irak. Le site de 50 hectares, à l'est de Najaf, sur une branche de l' Euphrate, a été identifié comme Marad, une ancienne ville du sud de la Mésopotamie, dont l'histoire couvre une longue période chronologique de la protodynamique (3e millénaire avant JC) au néo-babylonien ( I millénaire avant JC). En particulier, les fouilles ont impliqué un grand temple au sommet de la colline principale et deux quartiers, l'un résidentiel et l'autre productif, où la plupart des textes et des crétules ont été trouvés.

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Enquête archéologique aux Açores 1

Enquête archéologique aux Açores 1

 

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(photo ©Yves Herbo)

 

Je suis actuellement sur une enquête filmée aux Açores, ce qui explique le manque actuel de nouveaux articles. Un départ un peu précipité par l'obtention des autorisations militaires par le professeur Felix Rodrigues, notre correspondant physicien passionné d'archéologie aux Açores (et qui a un fils diplômé en archéologie d'ailleurs), car une partie des structures à étudier se trouvent dans l'enceinte d'une forteresse militaire en activité, sur l'île de Terceira.

Nous sommes arrivés vendredi 6 décembre 2019 au soir via un vol Barcelone-Lisbonne, puis un vol Lisbonne-Terceira (qui avait une heure de retard à son départ). Notez que les Açores ont deux heures en moins actuellement par rapport à la France. Dès le samedi, tôt le matin, nous avons entamé, avec le professeur Rodrigues, un premier périple sur le site de Grota do Medo qui recèle de véritables merveilles, dont j'ai déjà parlé un peu dans un précédent article (lien en bas) et qui sont indéniablement des structures mégalithiques très semblables à ce que nous trouvons dans toute l'Europe : deux dolmens à couloir bâtis l'un au-dessus de l'autre. Ces structures sont datées en Europe, la plupart du temps, du néolithique...

 

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Grota do Medo aux Açores à gauche (crédit F. Rodrigues pour ce comparatif)

 

Journée très fatigante car des heures de marche, montées et descentes dans une forêt parfois dense, avec des passages parfois barrés par des chutes d'arbres suite au récent cyclone, qui a d'ailleurs fait beaucoup de dégâts sur la petite île de Flores. Je peux déjà vous dire que les journées de dimanche et lundi ont aussi été très intenses et épuisantes, avec également des kilomètres de marche en des endroits parfois un peu dangereux, escarpés, parfois glissants à cause du taux d'humidité assez élevé aux Açores, malgré un très beau soleil et de bonnes températures : nous avons eu 20°C samedi, 21°C dimanche et le lundi beaucoup plus humide, avec de hautes pressions atmosphériques et tout de même 19°C... moites. Il faut savoir que les Açores bénéficient d'un climat semi-tropical tout au long de l'année, avec des températures très constantes aussi bien le jour que la nuit.

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142 nouveaux géoglyphes découverts à Nazca, Pérou

142 nouveaux géoglyphes découverts à Nazca, Pérou

 

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Des chercheurs de l'Université Yamagata et d'IBM Japon ont utilisé une technologie d'intelligence artificielle appartenant au centre de recherche IBM Thomas J. Watson de New York pour localiser 142 géoglyphes, dont on pense qu'ils datent d'une période comprise entre 100 ans avant notre ère et 300 ans après notre ère. Une multitude de créatures vivantes sont représentées dans cette œuvre d'art ancienne, allant des poissons et des oiseaux aux singes, aux camélidés et aux humanoïdes.

Ils ont été construits en enlevant des roches, laissant une image négative dans le sable blanc en dessous. (YH : ce qui est difficilement datable précisément, d'autant plus que, puisque comme cet art "rituel" a été pratiqué pendant des millénaires, selon les archéologues, les poteries et artefacts trouvés sur place peuvent dater de différentes époques (ce qui est le cas) et ne datent pas les géoglyphes eux-mêmes...).

Le plus long géoglyphe identifié est plus grand que la Statue de la Liberté, mesurant plus de 100 mètres d'un bout à l'autre, et le plus petit mesure 5 mètres, ce qui correspond à peu près à la même taille que le David de Michel Ange (statue de un peu plus de 5 mètres) exposé à Florence, Italie.

 

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Géoglyphe 1 de type B d'un humanoïde. - UNIVERSITÉ DE YAMAGATA - Il semblerait que sur ces comparaisons, l'entourage soit prédéterminé et ne reflète pas l'ensemble du géoglyphe original : une tête pourrait manquer au-dessus

 

Les chercheurs ont divisé les géoglyphes en deux catégories, en fonction de leur taille, de leur âge et de leur conception. Le premier groupe (type A) sont des dessins au trait et ont tendance à être plus grands, mesurant 50 mètres ou plus. Le deuxième groupe (type B) comprend les surfaces de couleur unie de 50 mètres et moins.Les deux catégories peuvent également être distinguées par leur âge. Les types Bs étaient plus anciens et auraient été construits entre 100 avant notre ère et 100 ans pendant notre ère au cours de la période initiale de Nazca ou avant. Par contre, il est probable que le type As soit construit entre 100 et 300 ans Après JC.

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Pérou : le site de Wat'a passé au LiDAR avant fouilles

Pérou : le site de Wat'a passé au LiDAR avant fouilles

 

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La colonie qui doit être étudiée se trouve dans une zone archéologique connue sous le nom de Wat'a, qui signifie "île" dans la langue autochtone locale, à une altitude d'environ 13 000 pieds. C'est environ 5 000 pieds (1524 mètres) plus haut que le Machu Picchu, considéré comme le couronnement de la civilisation inca. Ce site n'est pas le Wat'a proche de Cuzco, mais un autre, le Wat'a de Huánuco.

L'explorateur du National Geographic, Albert Lin, ainsi que les archéologues Adan Choqque Arce et Thomas Hardy, ont utilisé une technologie révolutionnaire appelée LiDAR (détection et télémétrie par la lumière) pour révéler l'étendue de cette cité référencée en 2007 dans le dictionnaire Teofilo Laime Ajacopa, Diccionario Bilingüe Iskay simipi yuyayk'ancha, La Paz, 2007 (dictionnaire quechua-espagnol).

Wat'a (en quechua pour "île", orthographe hispanisée: Huata) est un site archéologique au Pérou. Il se situe dans la région de Huánuco, province de Huamalíes, district de Singa, dans la petite communauté de Bella Flores au nord de SingaWat'a est situé à une altitude d'environ 3 889 mètres (12 759 pieds) au sommet d'une montagne qui est bordée par les petites rivières Tawlli (Taulli) et Aqu (Aco).

 

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Vue du complexe Wata (Huata) depuis la route qui commence à San José de Paucar - Crédit : Waterloo1883 - Trabajo propio - CC BY-SA 4.0

 

L’existence de cette zone était connue des chercheurs, mais jusqu’ici ils avaient utilisé des méthodes archéologiques traditionnelles. Les chercheurs ont découvert des traces de tombes, de places de cérémonie, de zones résidentielles et d’un grand mur d'enceinte.

Avec cette enquête LiDAR - la première fois que cette technologie a été utilisée sur le site - les archéologues ont pu révéler de nombreuses caractéristiques inédites. Les archéologues avaient déjà compris que ce site datait de bien avant les Incas, mais que c'était eux qui l'avaient agrandit et érigé en véritable petite ville locale.

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Mexique : découverte de 27 sites mayas sur une carte LiDAR

Mexique : découverte de 27 sites mayas sur une carte LiDAR

 

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Un archéologue très observateur a utilisé une carte en ligne LIDAR librement disponible pour localiser 27 sites cérémoniels mayas au Mexique.

Selon le New York TimesTakeshi Inomata, professeur d'archéologie à l'Université de l'Arizona, a découvert de nombreux sites inconnus à l'aide d'une carte LiDAR (Détection de la lumière et télémétrie) trouvée en ligne l'an dernier. La technologie LiDAR exploite un laser pour mesurer les distances à la surface de la Terre et peut s'avérer extrêmement utile pour étudier ce qui est caché dans les zones à végétation dense.

 

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La carte LIDAR en question, republiée par le New York Times

 

La carte de 2011, qui couvre 4400 km 2 des états mexicains de Tabasco et de Chiapas, a été publiée par l'Institut national de la statistique et de la géographie du Mexique, a rapporté le Times.

 

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Vue de l'ouest du site de La Carmelita. (Crédit :Takeshi Inomata)

 

Inomata a déclaré à Fox News que cette découverte faisait suite à ses recherches sur le site de Ceibal au Guatemala, où un complexe cérémoniel datant de 1000 à 900 avant JC a été découvert.

« Nous sommes ensuite allés dans cette région (Tabasco) en pensant qu'il pourrait y avoir des complexes cérémoniels similaires de cette période », a-t-il expliqué. « C'était formidable de voir qu'il y avait plus de sites de ce type que prévu. Il est également remarquable qu'ils aient des formations rectangulaires très standardisées ».

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Egypte, Luxor : des découvertes multiples s'enchaînent

Egypte, Luxor : des découvertes multiples s'enchaînent

 

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Crédit: Ministère des Antiquités Egypte

 

Le 11 octobre 2019, une publication dans les médias annonçait la découverte d'une véritable "Zone industrielle" remplie d'objets royaux, composée de 30 ateliers et d'un grand four à céramique, un site tentaculaire découvert dans la Vallée des Singes de Louxor. C'est maintenant plus de 20 sarcophages intacts, scellés et peints, en parfait état, qui viennent d’être découverts dans une cachette à El Assasif, sur la rive ouest de Louxor. Une annonce officielle est prévue samedi 19 octobre 2019.

" Chaque atelier avait un but différent ", a déclaré l'archéologue Zahi Hawass, qui a dirigé les fouilles, lors d'un entretien téléphonique avec CNN. " Certains étaient utilisés pour fabriquer de la poterie, d'autres pour produire des artefacts en or et d'autres encore pour fabriquer des meubles ".

Sur le site, qui s'étend sur environ 75 mètres dans la vallée, l’équipe de Hawass a découvert des perles de marqueterie, des bagues en argent et du papier doré - des objets couramment utilisés pour décorer les cercueils en bois de la royauté antique égyptienne. Selon la déclaration, certains des artefacts représentaient les ailes d’Horus, une divinité associée à la mort et à la résurrection.

 

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L'équipe de fouilles a découvert 30 ateliers utilisés pour produire des objets tels que des poteries, qui ont été placées dans les tombeaux royaux parsemant les vallées environnantes. Crédit: Ministère des Antiquités Egypte

 

" Ceci est sans précédent ", a déclaré Hawass à propos des trouvailles. " Jusqu'à présent, tout ce que nous savions sur la région (de Louxor) provenait des tombes elles-mêmes, mais cette nouvelle découverte nous permettra de faire la lumière sur les outils et techniques utilisés pour produire les cercueils royaux et le mobilier placé dans les tombes ".

Selon Hawass, cette découverte marque la première fois que des ateliers de fabrication d'ornements funéraires à "l'échelle industrielle" sont découverts en Égypte. Il a ajouté que le site fournirait des informations supplémentaires sur la vie des ouvriers qui y travaillaient.

" Nous avons trouvé des pièces de stockage contenant de l'eau et de la nourriture, ainsi qu'un réservoir d'eau dans lequel les travailleurs pouvaient boire ", a-t-il expliqué.

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Vix, France, une nouvelle tombe celte découverte ?

Vix, France, une nouvelle tombe celte découverte ?

 

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L'emplacement de ce qui pourrait être une autre sépulture a été trouvé sous le tumulus de la princesse de Vix : c'est l'un des premiers enseignements des nouvelles fouilles entreprises sur le site, qui ne sont pas finies puisqu'elles durent jusqu'en novembre de cette année 2019. Découverts et partiellement fouillés en 1953, le tumulus de la princesse de Vix et son trésor ont été datés à l'époque au 6ème siècle avant notre ére. Il serait intéressant de refaire de nouvelles datations avec les nouvelles calibrations et techniques.

Durant l’hiver 1953, dans des conditions difficiles, la tombe de « la Dame de Vix » fut fouillée par René Joffroy. Dans la chambre funéraire, parementée de bois, les quatre roues d’un char étaient déposées le long d’une paroi. Au centre, une femme d’environ 40 ans reposait sur la caisse du char. Elle était richement parée avec notamment un torque en or, des fibules en bronze décorées d’or, de corail et d’ambre... Un gigantesque cratère grec en bronze – le plus grand vase métallique de l’antiquité – occupait un angle de la tombe. Il est décoré d’hoplites, de chevaux et de chars et des gorgones forment ses anses. Sont aussi présents une phiale (coupe) d’argent, une œnochoé, des bassins de bronze…
Cette tombe constitue en France la plus grande découverte celtique du XXe siècle mais le vaste monument funéraire qui l’abritait n’a jamais été réellement fouillé.

Les techniques d’enregistrement des données en usage en 1953 n’autorisaient qu’une prise en compte partielle de la tombe. Aucune vue d’ensemble, aucun relevé stratigraphique n’existent pour cet espace funéraire. Aujourd’hui, l’utilisation de drone, la photogrammétrie et la modélisation 3D sont autant de nouvelles technologies au service des archéologues.

De nombreuses questions restent en suspens, auxquelles l’équipe de spécialistes (archéologues, géomorphologues, céramologues, etc…) tente de répondre. Le monument funéraire abrite-t-il encore des sépultures secondaires ? Pourrait-on, comme l’a montré le site princier de Lavau, déceler les traces d’un podium destiné aux funérailles de la princesse ?

 

Vix vueaerienne

Vue zénithale de la fouille ; le tumulus apparaît, vaste aménagement de pierres et de terre ; au cœur de la fouille, à la croisée des bermes, se trouve la tombe, recoupée par la fouille de 1953. - Denis Gliksman, Inrap

 

Depuis le mois d'août et jusqu'en novembre 2019 donc, des équipes de l’INRAP, l’Institut national de recherches archéologiques préventives, et de l’unité de recherche ArTeHis, se succèdent à Vix, près de Châtillon-sur-Seine, en Cote d'Or, là où en 1953 avait été découverte la tombe d'une princesse celte. Elle était pleine d'objets merveilleux, dont le célèbre vase de Vix, 200 kilos de bronze richement ouvragé, mais les archéologues veulent en savoir plus. Ils ont fait ce mercredi 18 septembre 2019 un point d'étape pour la presse :

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Auvergne, France : un autre alignement de menhirs découvert

Auvergne, France : un autre alignement de monolithes découvert par hasard

 

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Si je parle d'un "autre" alignement de monolithes en Auvergne, c'est bien qu'il y a dans les archives du 19ème siècle des mentions sur l'étude de deux groupes de monolithes du côté de Montluçon... monolithes sur et reliant les actuelles communes de Saint Martinien et de Quinssaines...

Plusieurs magazines, journaux et sites internet ont publié récemment sur cette découverte annoncée fin août 2019 par l'INRAP (Institut national des recherches archéologiques préventives), avec cependant une affirmation probablement fausse en ce qui concerne le fait que ce serait le premier et unique alignement découvert en Auvergne et le Centre de la France (YH : je rappelle tout de même ici que la Région Centre est au nord de la Région Auvergne-Rhone-Alpes, et que ce sont bien trois villages du Cher qui revendiquent ce titre (avec des stèles géographiques), pour un dans l'Allier. Et pour d'autres, c'est Bourges...  bon, peu importe d'ailleurs car le plus grave est cette fausse idée de Gaulois étant à l'origine des menhirs et dolmens - ce cher Obelix est un détournement (ou raccourci de plusieurs milliers d'années) de l'Histoire !). Je vais d'abord parler de cette découverte annoncée fin août, qui est bien entendu extraordinaire et riche archéologiquement parlant, puis je parlerai des groupes de monolithes découverts près de Montluçon (en Auvergne donc !) et décrits dans un ouvrage du début du 19ème siècle et aussi mentionnés lors des comptes-rendus archéologiques du Congrès archéologique de Moulins en 1834... En vous disant tout de suite que pratiquement tous ces monolithes ont disparu depuis (tout comme au moins un autre alignement dans le Jura)... ce qui explique probablement cette annonce de l'INRAP.

J'ajouterai que si les célèbres alignements de Carnac en Bretagne sont de loin les plus célèbres en France, il en existe d'autres, dans le Jura, dans les Cévennes et en Corse. En fait, il est assez probable qu'il en existait un peu partout en France et en Europe... sans parler d'autres pays lointains comme le Japon ou le Moyen-Orient !

De plus, il y a d'autres études récentes qui montrent bien des alignements de monolithes (et visibles du ciel) dans la région, j'en parlerai aussi, même s'ils sont moins spectaculaires, et semblent délimiter des territoires de tribus ou anciennes communautés... avec probablement aussi des monolithes disparus ou enterrés, débités pour servir aux constructions ou autres...

La récente découverte : Dans le cadre des travaux d’élargissement de l’autoroute A75, par la société APRR, une équipe de l’Inrap (Institut national de recherches archéologiques préventives) a découvert une série d’alignements de menhirs à Veyre-Monton, entre Clermont-Ferrand et Issoire.

Les fouilles qui se sont déroulées sur 1,6 hectare, ont révélé une trentaine de monolithes, de 1,60 m entre novembre 2018 et mai 2019.

« Ces menhirs forment un alignement plus ou moins rectiligne s’étirant sur 150 m dans l’emprise de la fouille. Ils sont bordés d’un autre alignement de gros blocs de pierre, dans la continuité duquel cinq pierres composent un ensemble en fer à cheval alors que six blocs, régulièrement espacés, forment un cercle de 15 m de diamètre », détaille la responsable scientifique de la fouille Ivy Thomson qui a travaillé avec une dizaine d’archéologues sur le chantier.

 

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Alignement de menhirs et cairn de Veyre-Monton. Crédit Denis Gliksman, Inrap - (cliquer pour agrandir l'image).

 

Comme d'autres monuments en France, dont Belz dans le Morbihan où une cinquantaine de menhirs ont été mis au jour en 2006, les menhirs de Veyre-Monton ont été abattus afin de les faire disparaître du paysage : « Poussés dans de grandes fosses, parfois mutilés ou recouverts de terre, ces monolithes ont fait l’objet de gestes iconoclastes, sorte de condamnation peut-être liée à quelque changement de communauté ou de croyances » suppose Ivy Thomson. YH : Dans la mesure où il n'y a pas pour l'instant de datations en ce qui concerne cette disparition volontaire, il pourrait tout aussi bien s'agit de l'action concertée de l'Eglise Chrétienne (qui a construit des chapelles au-dessus des anciens sites "païens" (avec possiblement toujours des menhirs et dolmens ensevelis dessous), a récupéré certains monolithes pour leurs constructions, transformés certains monolithes en croix ou apposé des croix au-dessus de certains monolithes. Et quand ces lieux n'étaient pas utiles ou récupérables, ils étaient détruits et enterrés. Les paysans ont aussi beaucoup pratiqué l'ensevelissement ou le retrait de monolithes dans leurs champs (et réutilisations pour leurs constructions), partout en France et en Europe, (et encore probablement actuellement...), appuyés d'ailleurs par les religieux et l'éducation nationale qui n'a jamais sensibilisé les jeunes sur ce sujet.

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Des squelettes aux crânes allongés découverts en Croatie

Des squelettes aux crânes allongés découverts en Croatie

 

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(Crédit image: D LosCC By 4.0 )

 

Les archéologues ont mis au jour trois anciens squelettes en Croatie, dont deux avec des crânes pointus et artificiellement déformésChacun de ces crânes avait été fusionné dans une forme différente, probablement (YH : j'aurai dit "possiblement" pour ma part, les archéologues ont un peu trop tendance à augmenter les "probabilités" sans réellement savoir) pour montrer qu’ils appartenaient à un groupe culturel spécifique.

La déformation crânienne artificielle a été pratiquée dans diverses régions du monde, de l'Eurasie à l'Afrique du Sud en passant par l'Afrique (YH : sans oublier les Amériques, non cités dans l'article !). C'est la pratique de façonner le crâne d'une personne - par exemple en utilisant une coiffure, des bandages ou des outils rigides - tandis que les os du crâne sont encore malléables en bas âge. YH : n'oublions pas aussi qu'il y a maintenant des preuves de crânes allongés naturels, sans compter le foetus au crâne allongé décrit par un scientifique du 20ème siècle... voir les liens tout en bas.

Les cultures anciennes avaient différentes raisons pour cette pratique, allant de l'indication du statut social à la création de ce qu'ils pensaient être un crâne plus beau. Le plus ancien exemple connu de cette pratique s'est produit il y a 12 000 ans dans la Chine ancienne, mais on ne sait pas si cette pratique s'est répandue à partir de là ou si elle est apparue indépendamment dans différentes parties du monde, selon un précédent rapport de Live Science. YH : encore une fois, certains scientifiques font comme si ils étaient présents à ces époques... et "devinent" les motivations de ces anciens peuples à partir de leurs connaissances modernes, ce qui est bien évidemment une erreur...

Dans ce cas, les archéologues ont trouvé ces trois squelettes dans une fosse funéraire du site archéologique de Hermanov Vinograd, à Osijek en Croatie en 2013 (les coordonnées géographiques exactes sont 45 ° 32 '37' 'N, 18 ° 40' 13 '' E). Entre 2014 et 2017, ils ont analysé les squelettes à l'aide de diverses méthodes, notamment l'analyse de l'ADN et l'imagerie radiographique pour voir l'intérieur d'un objet tel qu'un crâne.

Voir ci-dessous les résultats d'analyses :

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Jordanie : confirmation d'une guerre mentionnée dans la bible

Jordanie : confirmation d'une guerre mentionnée dans la bible hébraïque ?

 

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Un autel en pierre datant de 2 800 ans, découvert dans un sanctuaire moabite de l'ancienne ville d'Ataroth en Jordanie, parle d'une ancienne guerre biblique. 

L'autel porte deux inscriptions. Les mots sont dans la langue et l'écriture moabites, tandis que les chiffres dans les inscriptions sont en hiératique (un système d'écriture égyptien). L'autel semble remonter à une époque après que Mesha, roi de Moab, se soit rebellé avec succès contre le Royaume d'Israël et ait conquis Ataroth (une ville parfois orthographiée Atarot), ville contrôlée par le Royaume d'Israël. À ce moment-là, Israël s'était séparé en deux avec un royaume du nord qui conservait le nom d'Israël et un royaume du sud appelé Juda. 

La Bible hébraïque mentionne la rébellion, disant qu'avant la rébellion de Mesha, Moab devait donner à Israël un tribut annuel de milliers d'agneaux et d'une grande quantité de laine de bélier. La rébellion est également décrite dans la stèle de Mesha (voir plus basdécouverte en 1868 à Dhiban, en Jordanie, qui affirme que Mesha a conquis Ataroth et tué de nombreux habitants de la ville. 

L'autel a été découvert lors de la fouille du sanctuaire, en 2010. L'autel et le sanctuaire ont récemment été décrits dans le journal Levant.

Voir ci-dessous :

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Egypte : des milliers de papyrus bientôt traduits ?

Egypte : des milliers de papyrus bientôt traduits ?

 

Graphicalabstract papyrus1 1Crédit Helmholtz-Zentrum Berlin

 

Pendant plus d'un siècle, de nombreuses caisses en métal et cartons ont été entreposés au musée égyptien et à la collection de papyrus de Berlin. Tous ont été mis au jour par Otto Rubensohn de 1906 à 1908 dans une île appelée Elephantine sur le Nil au sud de Egypte, près de la ville d'AssouanQuatre-vingt pour cent des textes sur les papyrus dans ces contenants n’ont pas encore été étudiés, ce qui est difficilement réalisable avec les méthodes classiques. Il y a des milliers d'années, les Égyptiens roulaient ou pliaient avec soin lettres, contrats et amulettes de très petite taille, de manière à occuper le moins de place possible. Pour les lire, les papyrus devraient être dépliés avec autant de soin.

" Aujourd'hui, cependant, une grande partie de ces papyrus ont considérablement vieilli, de sorte que les textes de valeur peuvent facilement s'effriter si nous essayons de les déplier ou de les dérouler ".

Les chercheurs ont étudié un petit morceau de papyrus mis au jour sur l'île d'Éléphantine sur le Nil il y a un peu plus de 100 ans. L’équipe a utilisé les méthodes Serval, y compris les techniques non destructives, à BESSY II. La première chose qui attire l'attention d'un archéologue sur le petit morceau de papyrus de l'île Éléphantine sur le Nil est une tache apparemment vierge. Des chercheurs du musée égyptien, des universités berlinoises et du Helmholtz-Zentrum Berlin utilisent maintenant le rayonnement synchrotron de BESSY II pour en révéler le secret. Cela ouvre grand la porte à l'analyse de la collection de papyrus géants de Berlin et de bien d'autres.

Le physicien du Helmholtz-Zentrum BerlinHeinz-Eberhard Mahnke, savait, après de nombreuses années de recherche, analyser le papyrus fragile sans le détruire: projeter un faisceau de rayons X sur le spécimen provoque l’excitation des atomes dans le papyrus et renvoie les rayons X, un peu comme un écho. Comme les éléments respectifs présentent un comportement de fluorescence X différent, les chercheurs peuvent distinguer les atomes de l’échantillon par l’énergie du rayonnement qu’ils renvoient. Les scientifiques ont donc depuis longtemps mis au point des équipements de laboratoire utilisant cette fluorescence X pour analyser des échantillons sensibles sans les détruire.

Les érudits de l'Égypte ancienne écrivaient généralement avec une encre de suie noire faite de morceaux de bois ou d'os carbonisés et composée principalement de carbone élémentaire. " À certaines fins, cependant, les anciens Égyptiens utilisaient également des encres colorées contenant des éléments tels que le fer, le cuivre, le mercure ou le plomb ", explique Heinz-Eberhard Mahnke. Si les anciens scribes égyptiens avaient utilisé une telle "encre métallique" pour inscrire la partie qui apparaît maintenant vierge sur le papyrus Éléphantine, la fluorescence X devrait permettre de révéler les traces de ces métaux. En effet, en utilisant les équipements de leur laboratoire, les chercheurs ont pu détecter la présence de plomb dans le patch vierge du papyrus :

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