La comète Atlas en train de se disloquer

La comète Atlas en train de se disloquer

 

Atlas2

 

J'avais brièvement parlé de cette comète Atlas (C/2019 Y4), (juste comme élément de comparaison avec celle d'Ison, question liaison avec certains calculs calendaires d'un correspondant 2012-2020), qui s'annonçait comme une grande comète possiblement visible à l’œil nu dans les prochaines semaines, ayant la même trajectoire que la célèbre comète de 1844, qui avait été visible à l’œil nu. Notons tout de suite que son nom "Atlas" n'a rien à voir avec le dieu grec antique, mais qu'elle a été rebaptisée Atlas en l’honneur du programme Asteroid Terrestrial-Impact Last Alert System (ATLAS), qui l’a découverte au voisinage de notre système solaire (dans la constellation de la Grande Ourse en décembre 2019). Et elle présente donc quelques similitudes avec la « grande comète de 1844 ». À commencer par sa trajectoire. Ce qui fait dire à certains spécialistes que ce corps de glaces, gaz et de poussières mêlées pourrait être un morceau détaché de C/1844 Y1, rapporte Futura Sciences . Et que toutes deux soient elles-mêmes des fragments d’un corps céleste encore plus imposant qui se serait brisé il y a des siècles ou millénaires, en sachant que la comète de 1844 avait une périodicité estimée à 6 800 ans, et Atlas estimée pour l'instant à 6 000 ans.

La comète étonnait par sa grande luminosité et la taille démesurée qu'avait pris sa chevelure de gaz vert (coma) : 720.000 kilomètres de diamètre le 24 mars, soit plus de 5 fois et demi le diamètre de la planète Jupiter. Sa queue de gaz et de poussière, quant à elle, continuait de s'allonger : elle mesure 3,3 millions de kilomètres début avril. Mais les rapports des observation le 05 avril 2020 annonçait de grands changements. Les chercheurs ont noté un changement radical et brutal dans l’aspect de la comète C/2019 Y4 ATLAS. Son noyau s’est allongé et l'astre a subitement amorcé un déclin de luminosité après une phase de progression rapide. Les chercheurs avaient annoncé alors une probable dislocation du noyau...

Une publication du site The Astronomer’s Telegram, datée du 6 avril 2020, rapporte « la possible désintégration de la comète C/2019 Y4 (ATLAS) ». Le constat est tiré des images suivantes, obtenues par le Ningbo Education Xinjiang Telescope (NEXT). Elles montrent que la comète aurait « une morphologie compatible avec un déclin ou un arrêt soudain de la production de poussière, comme on pourrait l’attendre d’une grande perturbation du noyau ».

 

Atlas

Le changement de morphologie de la comète, entre le 2 et le 5 avril 2020. // Source : The Astronomer’s Telegram (photo recadrée)

 

La comète est devenue plus sombre. « Le noyau semble s’allonger et des forces non gravitationnelles sont en jeu. Les prochains jours seront très intéressants », commente l’astronome Matthijs Burgmeijer, qui observe régulièrement l’objet, sur Twitter. Quelques jours plus tôt, le scientifique avait constaté que la comète s’éclaircissait de façon régulière.

 

Aujourd'hui, 13 avril 2020, la comète a dépassé l'orbite de Mars et se dirige vers celle de la Terre, notre planète étant loin de sa trajectoire et s'en éloignant. L'orbite de cette comète actuellement calculée (mais en train de se modifier comme le disent les chercheurs à cause des perturbations de son noyau) fait qu'elle ne suit pas le plan écliptique du système solaire ((le plan orbital des planètes), mais le traverse aux abords du Soleil, comme montré ici :

Voir la suite ci-dessous :

Visualisation de l'orbite de la comète ATLAS (C / 2019 Y4)

Ce diagramme d'orbite 3D est une caractéristique de notre simulateur de système solaire 3D et montre l'orbite de la comète ATLAS (C / 2019 Y4) par rapport au Soleil et aux orbites des principales planètes . La position de la comète ATLAS (C / 2019 Y4) et des planètes le long de leurs orbites dans ce diagramme représente avec précision la configuration actuelle des objets dans le système solaire :

https://theskylive.com/c2019y4-info#orbitdiagram

 

" Nous rapportons la possible désintégration de la comète C / 2019 Y4 (ATLAS), révélée par le programme de surveillance publique réalisé par le télescope de Xinjiang Ningbo Education de 0,6 m (NEXT). Les images prises le 5 avril et le 5 avril à l'UT 2020 ont montré un pseudo-noyau allongé mesurant environ 3 arcsec de longueur et aligné avec l'axe de la queue, une morphologie compatible avec un déclin ou un arrêt soudain de la production de poussière, comme on pourrait s'y attendre d'une grande perturbation du noyau. L'allongement est largement cohérent avec les résidus astrométriques d'environ +5 "dans RA, -1" dans Dec actuellement (à partir de MPEC 2020-G65) étant rapporté par rapport à la solution d'orbite JPL n ° 5, impliquant un mouvement relatif projeté de l'ordre de 5 à 10 m / s par rapport à l'orbite du noyau d'origineUn événement de perturbation pourrait également expliquer les grandes forces non gravitationnelles agissant sur la comète, comme indiqué dans CBET 4744 . Des piles composites de trames filtrées r de 10 x 30 s illustrant le changement de morphologie du 2 au 5 avril sont disponibles à l' adresse https://near.earth/shared/2020/04/next_20200405.png . (Les images des deux jours ont été obtenues sanssuivi du taux de comète, mais l'exposition était suffisamment courte pour que la fuite de la comète en raison de son mouvement non sidéral ne soit que de 1,3 pixel, beaucoup plus courte que l'allongement du pseudo-noyau. La direction de la fuite est également à un angle de ~ 30 degrés par rapport à l'axe long du pseudo-noyau allongé.). Nous remercions Man-To Hui et Xing Gao pour la discussion et l'assistance pour l'obtention des données NEXT." - 06-04-2020 : http://www.astronomerstelegram.org/?read=13620

 

Depuis, la comète ATLAS est suivie de près. Elle a notamment été observée par l’astronome amateur Patrick Sogorb. Ces nouvelles images ne laissent pas de place au doute. L’astre a pris un aspect diffus au lieu d’avoir un noyau ponctuel et bien lumineux au centre, comme le montre la série ci-dessous obtenue par Patrick Sogorb.

 

Atlasc2019y4 coparaison 5e90

La comète est donc bel est bien en train de se disloquer. On voit sur l’image un fragment peu lumineux en train de se détacher sur la droite et un autre sur la gauche. « Dans les jours prochains, les composants devraient se séparer, et on aura peut-être un aspect de collier de perles », estime Patrick Sogorb.

Si ATLAS avait poursuivi sa progression d’éclat sans se briser, elle se serait probablement hissée à la magnitude 0 à 2 fin mai. Hélas, elle n’est pas de la classe des grandes comètes visibles à l’œil nu. Néanmoins, il ne faut pas uniquement voir cette probable désintégration comme une triste nouvelle. Certes, sa disparition empêchera les astronomes et le grand public de la voir à l’œil nu comme escompté. Mais, comme le souligne l’astrochimiste Hervé Cottin sur Twitter, le suivi de cet objet depuis des observatoires pourraient justement être l’occasion d’obtenir « un festival d’observations vraiment inédites ». A cause de sa composition chimique et de sa couleur semblable à de l'absinthe (un nom qui a une signification mythique : Apoc. 8« Et il tomba du ciel une grande étoile ardente comme un flambeau; et elle tomba sur le tiers des fleuves et sur les sources des eaux. Le nom de cette étoile est Absinthe; et le tiers des eaux fut changé en absinthe, et beaucoup d'hommes moururent par les eaux, parce qu'elles étaient devenues amères. »), certains chercheurs avançant une composition en partie faite de gaz toxiques cyanogènes.

La comète ATLAS est-elle condamnée? Pas nécessairement. " Ce qui est frustrant avec les comètes, c'est que nous ne savons souvent pas exactement ce qu'elles font ou pourquoi elles le font. Il y a encore une chance que la comète ATLAS " prenne une pause " avant une autre explosion ", explique Battams. " Mais je ne compterais pas là-dessus.https://www.spaceweather.com/archive.php?view=1&day=06&month=04&year=2020

Voici les données de la NASA sur cette comète, avec plusieurs paramètres ajustables jusqu'à l'éloignement de la comète (à moins qu'elle ne se disloque complètement à l'approche du soleil) :

https://ssd.jpl.nasa.gov/sbdb.cgi?sstr=C%2F2019%20Y4;old=0;orb=0;cov=0;log=0;cad=0#elem

 

Plus récemment encore, des images prises par le télescope de l'observatoire de Xinjiang (Chine) ont montré un allongement du noyau de la comète Atlas de trois secondes d'arc, selon une direction semblable à celle de sa queue. Une morphologie en totale cohérence avec le déclin soudain de la production de poussière. Un signe, selon les chercheurs, d'une rupture du noyau de la comète. La désintégration de la comète Atlas pourrait aussi expliquer les anomalies de trajectoires également observées depuis quelques jours (Futura-Sciences). YH : je n'ai pour l'instant trouvé aucun nouveau calcul sur la trajectoire de la comète et un éventuel changement d'orbitehttps://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/comete-comete-atlas-elle-train-desintegrer-sous-nos-yeux-79752/

Quoiqu'il en soit, cette comète ATLAS (C / 2019 Y4) sera au plus proche du soleil le 31-05-2020, si elle survit. Reste les débris déjà annoncés, en hauteur du plan orbital de Mars et les autres à suivre, continuant sur leur lancée, dont les trajectoires et natures sont évidemment inconnus.

 

Ephemeride comete atlas

L’éphéméride de la Comète ATLAS (C / 2019 Y4) prévu avant le début de sa désintégration

 

Avec une périodicité de plus de 6 000 ans, cette comète provient probablement du nuage d'Oort, aux confins de notre système solaire, qui contiendrait des milliards de comètes, dont une partie pourrait provenir d'autres systèmes stellaires, attirées lors de l'éloignement de notre Soleil de son lieu de naissance, un amas d'étoiles, selon Harold Levison et ses collègues. 

En effet, si les comètes du nuage d'Oort sont bien des corps célestes éjectés sur des orbites longues périodes, mais s'étant formés relativement proche du Soleil, les simulations conduisent à estimer que le nuage ne pourrait contenir que quelques milliards de ces objets. Cette estimation se révèle très insuffisante pour rendre compte des observations qui conduisent à un nombre de plusieurs centaines de milliards de telles comètes. En revanche, si l'on tient compte du fait que notre Soleil s'est formé avec beaucoup d'autres étoiles dans un amas ouvert, par fragmentation d'un nuage de poussières et de gaz, alors le désaccord entre théorie et observations peut être éliminé. Ainsi, le Soleil aurait volé des comètes aux autres systèmes planétaires évoluant en formation parallèlement avec lui.

Cette conclusion stupéfiante ouvre également de nouvelles perspectives pour l'exobiologie et l'étude de la formation des exoplanètes, puisqu'on disposerait d'un moyen d'échantillonner directement la matière primitive d'autres systèmes planétaires. Si ces simulations étaient bel et bien le reflet de la réalité, qui sait leurs implications pour la panspermie et les origines de la vie ?

https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/astronomie-majorite-cometes-longues-periodes-seraient-extrasolaires-26642/

 

Atlas2

 

 

 

D'ailleurs, on note déjà la découverte de plusieurs autres comètes en train de se diriger vers le système solaire interne (et aussi des comètes à périodicités courtes dites "Jupitériennes", qui ne font que contourner la grosse planète), dont trois nouvelles comètes à l'approche classées initialement comme géocroiseurs : https://fr.sott.net/article/35223-Univers-electrique-Trois-nouvelles-cometes-a-l-approche-classees-initialement-comme-geocroiseurs :

En effet, plusieurs autres "Atlas" et autres ont été déjà découvertes en fin d'année dernière ou début de cette année, mais on note que certaines de ces comètes, découvertes en décembre 2019... étaient déjà passées autour du Soleil (juillet 209 par exemple), est découvertes à leur retour... :

C'est ainsi le cas de P/2019 V2 (Groeller), P/2019 X1 (Pruyne), P/2019 X2 (PANSTARRS), C/2020 A3 (ATLAS), C/2020 B3 (Rankin), P/2020 F1 (Leonard), découvertes après coup. 2011 GN5 (PANSTARRS) a été identifiée en avril 2020 sur un autre passage le 30 novembre 2019

C/2020 A2 (Iwamoto) a été découverte le jour même de son passage au plus près du Soleil.

C/2020 B2 (Lemmon) est passée au plus près du soleil en janvier 2020, C/2019 S4 (Lemmon) y est passée elle le 07-04-2020, C/2020 F5 (MASTER), découverte le 04 avril 2020 et son orbite indique un passage au plus près du Soleil le 24 Mars 2020, C/2020 F6 (PANSTARRS) passera au périhélie le 16 Avril 2020,  et nous avons la comète de 1938, 58P/Jackson-Neujmin, qui a été redécouverte (non trouvée lors de plusieurs de ses passages précédents -  Le dernier retour observé de la comète a eu lieu en Octobre 1995. La comète n'a pas été revue pour les retours suivants prévus de Janvier 2004 et d'Avril 2012) et avec un passage au périhélie le 27 Mai 2020 à une distance d'environ 1,3 UA du Soleil, et une période d'environ 8,25 ans.

Bon, chaque mois de nouvelles ou anciennes comètes sont découvertes, d'autres échappent probablement aux observations, selon leur angle et provenance.

https://pgj-new.pagesperso-orange.fr/0420-nouvelles.htm#P2020_F4-C2020_F5-F6-58P

Je note une anomalie au sujet de la comète, C/2019 T5 (ATLAS), qui est une comète à courte période du système solaire. Sa trajectoire est relativement inclinée et excentrique, avec une inclinaison de 33,4 degrés et une excentricité de 0,81. Son périhélie se trouve à 1,53 unités astronomiques du Soleil, juste au niveau de l'orbite de Mars ; la comète y est passé le 1er août 2019 et il est prévu qu'elle y repasse vers 2041. Sa période orbitale est d'environ 22 ans, ce qui correspond à un demi-grand axe de 7,9 unités astronomique, entre Jupiter et Saturne. Son aphélie est donc à 14,3 unités astronomiques, entre Saturne et Uranus. La comète croise ainsi les orbites de Jupiter, Saturne et Uranus, et frôle celle de Mars (qu'elle longe en fait). Malgré une période orbitale de seulement 22 ans, la comète a reçu le préfixe C/, et non P/ comme il est d'usage, sans explication...

http://astro.vanbuitenen.nl/comet/2019T5

 

Sources : https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/comete-comete-atlas-elle-train-desintegrer-sous-nos-yeux-79752/

https://www.cieletespace.fr/actualites/la-dislocation-de-la-comete-atlas-se-confirme-et-se-poursuit

https://www.numerama.com/sciences/616421-quarrive-t-il-a-la-comete-atlas-qui-aurait-pu-etre-bientot-visible-a-loeil-nu.html

 

Yves Herbo et Traductions, Sciences-Faits-Histoires, 13-04-2020

 

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