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Japon : Une fouille déterre une légende

Japon : Une fouille déterre une légende

 

Osaka legende mini

 

Une découverte archéologique au Japon, plus précisément à Osaka, est en train de sortir du néant les preuves de la réalité d'une très vieille légende liée à une impératrice japonaise et de ses relations mystérieuses avec un moine bouddhiste, le tout au 8ème siècle après J.C., les années 1400 du Japon de l'époque de Nara, qui avait son propre calendrier évidemment...

C'est dans un texte nommé Shoku Nihongi qu'apparaissent les seules références concernant la cité de Yuge-no-miya et le Temple de Yugedera.

 

Le Shoku Nihongi (続日本紀?, "Suite des Chroniques du Japon") est un texte d'histoire du Japon commandé officiellement par l'Empire japonais. Achevé en 797, c'est le deuxième de la série des Six Histoires Nationales, directement précédé du Nihon Shoki et suivi des Nihon Kōki. Fujiwara no Tsuginawa et Sugano no Mamichi en sont les principaux auteurs. C'est une des plus importantes sources d'information première sur l'époque de Nara du Japon.

L'ouvrage couvre la période de soixante-quinze ans s'étendant du début du règne de l'empereur Mommu en 697 jusqu'à la dixième année du règne de l'empereur Kōnin en 771, couvrant neuf règnes impériaux.

Le texte comprend quarante volumes. Il est entièrement écrit dans le style kanbun, une forme japonaise de chinois classique, comme il est accoutumé pour les textes officiels japonais de l'époque... Ces documents expliquent comment la reine Shōtoku, qui a régné de 764 à 770 pendant la période de Nara (710-784), avait commencé le vaste projet de construction de sa propre capitale mais est morte avant de pouvoir le compléter...

Mais, jusqu'à présent, cette cité de Yuge-no-miya, seconde capitale disparue du premier Empire japonais et le Temple de Yugedera n'étaient que des légendes sans preuves...

 

Osaka legende

Evidence of structures dating back more than 1,000 years at an archaeological site here points to the existence of a “second” capital that is known only through eighth-century chronicles. (Provided by the Yao municipal board of education)

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Nasca : le mystère de la pretresse de Cahuachi

Nasca : le mystère de la prêtresse de Cahuachi

 

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2009 : Un tombeau est découvert et contient la momie d'un enfant de la noblesse de la dernière époque de Nasca. Avec la momie se trouvaient des bijoux en or, en argent et en pierres précieuses.

Payer pour maintenir un gardien sur place pendant 27 ans, de sa poche, s'est révélé utile pour l'archéologue italien Giuseppe Orefici, directeur du projet Nasca. Non remboursé par ses superviseurs en Italie ni par l'état péruvien (honteusement, mais tout à fait prévisible), c'est grâce au dévouement de l'italien au complexe religieux de Cahuachi, une grande ville non habitée en permanence mais entièrement consacrée aux cérémonies liées à l'enterrement des nasca, une ville étendue en adobe, avec d'innombrables pyramides enterrées, que la découverte a pu être faite.

 

Cahuachi reconstitution

Reconstitution de Cahuachi (partielle)

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Confirmation des ruines englouties au large de l'Inde

Confirmation des ruines englouties au large de l'Inde

Sous-Titre : Le continent englouti Kumari Kandam

- Le Temple englouti de Swami Rock au Sri Lanka

Mamammapuram ruines englouties

 

On s'en souvient, le monstrueux et meurtrier tsunami de décembre 2004 avait désensablé plusieurs ruines sur les plages de l'Inde du sud, et les témoins de la catastrophe avaient également affirmé avoir vu au loin, lors du retrait de l'océan de plusieurs centaines de mètres, avant les vagues meurtrières, une grande ligne de hautes roches, formant un mur et de gros blocs de pierres à apparence géométrique.

Sea temple mahabalipuram

plage de Mahabalipuram, les anciens dieux sont déterrés par le tsunami...

Dès 2005, une première étude menée à l'aide de sonars avait été menée, et T. Sathyamurthy, ancien super-intendant archéologue, de l'Archaeological Survey of India Chennai Circle, rapporte, au sujet de cette première étude, que : " nous avions découvert que la rangée de grosses pierres que les gens ont vu juste avant le tsunami, faisait partie d'un mur haut de 2m et long de 70m. Nous avons aussi trouvé les restes de deux temples submergés et un temple dans une grotte à 500 mètres des côtes. "

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Planète X : hypothèse renforcée

Planète X : hypothèse renforcée

 

Planetex mini

La probabilité en l'existence et influence d'une grosse planète encore inconnue de notre science me trotte dans la tête depuis fort longtemps. Cela fait partie de mes "intuitions" depuis mon adolescence et mes lectures scientifiques et recherches historiques me l'ont confirmées encore plus, d'autant plus que les connaissances de nos ancêtres se sont révélées au fur et à mesure (et ce n'est pas fini) beaucoup plus élevées que ce qu'on croyait il y a encore peu de temps... et si vous ajoutez à cela certaines légendes ou contes datant de Sumer, des anciens Grecs et de leurs héritiers Romains, et même des fameux Védas de l'Inde antique, le tableau, même confus et mal esquissé, existe bien...

Dès 2012, j'ai eu l'occasion de mentionner certains travaux de scientifiques pronant déjà cette hypothèse. Hypothèse à l'époque toujours repoussée avec le sourire condescendant des sceptiques et les tenants de la science conservatrice et dogmatique : http://www.sciences-fictions-histoires.com/blog/astronomie-espace/un-autre-astrophysicien-dit-avoir-decouvert-la-planete-x.html

Début 2014, plusieurs articles et même une "alerte planétaire" sèment le trouble dans les médias : http://www.sciences-fictions-histoires.com/blog/astronomie-espace/nouvelle-alerte-planetaire.html

En 2014 encore, la NASA, malgré des résultats très incomplets et non à jour de la mission WISE, affirmait " qu'il n'y a pas de 9ème planète dans le système solaire (!) "... je dénonçais aussitôt cette affirmation (et surtout celle de journalistes peu au courant de la non-finalité de l'étude des données entières de Wise !) : http://www.sciences-fictions-histoires.com/blog/environnement-planete-terre/les-mauvaises-interpretations-des-medias-suite-au-rapport-wise-nasa.html

En même temps, toujours 2014, on découvrait une nouvelle planète naine ayant une orbite "étrange" et non conforme aux données classiques de la gravité au sein de notre système solaire : http://www.sciences-fictions-histoires.com/blog/astronomie-espace/decouverte-d-une-planete-naine-dans-notre-systeme-solaire-et-d-un-asteroide-a-deux-anneaux.html

Début 2015, une publication commence à mettre la puce à l'oreille de certains scientifiques, qui commencent à ne plus rires quand on leur parle d'une "planète X" ou d'une 9ème planète géante dans le système solaire... : http://www.sciences-fictions-histoires.com/blog/astronomie-espace/les-planetes-x-expliquees-par-la-matiere-noire.html

Fin 2015, les choses s'accélèrent car on annonce encore la découverte d'une nouvelle mini-planète en novembre, toujours dans les mêmes régions (ceinture de Kuiper) spatiales : http://www.sciences-fictions-histoires.com/blog/astronomie-espace/une-nouvelle-mini-planete-decouverte-dans-le-systeme-solaire.html, mais on en a découvert aussi une autre en septembre 2015, qui ne sera annoncée que début 2016 : http://www.sciencesetavenir.fr/espace/astrophysique/20160712.OBS4532/une-nouvelle-planete-naine-au-dela-de-neptune.html

Mais c'est en février 2016 qu'une publication commence vraiment à convaincre le monde scientifique de la probable existence de cette fameuse planète X, annoncée et cherchée par quelques scientifiques chevronnés et contre l'avis général de la majorité de leurs pairs depuis au moins une vingtaine d'années pour certains... : http://www.sciences-fictions-histoires.com/blog/la-fameuse-planete-x-enfin-decouverte.html

Et maintenant, à la mi-2016, ce sont pas moins de deux publications différentes, complémentaires sans le vouloir, qui renforcent considérablement la probabilité de l'existence de cette 9ème planète... 

Ces publications proviennent de deux équipes de chercheurs, d’un côté Konstantin Batygin, Michael E. Brown et Elizabeth Bailey (auteurs de la première publication de février 2016 citée plus haut), et de l’autre, Rodney Gomes, Rogerio Deienno et Alessandro Morbidelli, qui ont déposé sur arXiv leurs articles dont les conclusions sont très proches et qui rendent plus crédible encore l’existence d’une neuvième planète.

Résumé : Vers 1951, les travaux de l'astronome néerlandais Gerard Kuiper révèlent une énigme avec l’inclinaison des plans orbitaux des planètes du Système solaire. D'après la modélisation (acceptée par la communauté scientifique) de la formation de ce dernier, il est né de l’effondrement d’un nuage moléculaire et poussiéreux en rotation. Il existait donc logiquement une force centrifuge perpendiculaire à son axe de rotation et s’opposant à son effondrement. De sphérique, le nuage est finalement devenu un disque protoplanétaire (du même type que ce qui a pu être observé récemment autour de jeunes étoiles, grâce à Hubble et d'autres puissants télescope) où sont nées les planètes, avec un jeune Soleil en son centre. C'est de cette façon que les astronomes expliquent naturellement la raison pour laquelle les plans des orbites sont quasiment coplanaires, et que les planètes orbitent toutes dans le même sens, celui de la rotation de leur étoile (Toutes les planètes tournent autour du soleil dans la même direction mais par contre Vénus et Uranus tournent sur elles-même à l'inverse de toutes les autres). Mais le mot "quasiment" cache une anomalie, car si les angles entre les plans orbitaux sont inférieurs à un degré, ce qui est logique pour une parfaite théorie, les angles que font ces plans avec celui passant par l’équateur du Soleil sont d’environ 6 degrés, ce qui n’est pas normal selon les lois de la mécanique céleste en référence...

Ces plans orbitaux sont perpendiculaires au moment cinétique dû à la rotation de chaque planète, que l’on peut d'ailleurs représenter par une flèche car c’est un vecteur. On peut construire un autre plan qui, lui, est perpendiculaire à la somme des moments cinétiques des planètes (évidemment dominés par ceux de Jupiter, Saturne, Neptune et Uranus) et un de plus qui est perpendiculaire au moment cinétique du Soleil. En l’absence de forces extérieures, plus précisément de couples, ces deux plans devraient être confondus ou presque, et leur orientation devrait rester fixe. Le fait que ce ne soit pas le cas pointe donc vers l’influence d’une force supplémentaire hors du Système Solaire (ou s'exerçant sur un autre plan avec puissance).

Une théorie ancienne a fait intervenir le passage d’une étoile ou d’un nuage massif pas très loin du Système solaire dans un lointain passé qui, de par leurs perturbations gravitationnelles, auraient pu faire basculer le plan des orbites des planètes du Système solaire. Il est possible également théoriquement de faire intervenir des forces électromagnétiques entre le Soleil en formation et le disque protoplanétaire. Le problème est que, depuis le temps, le couplage entre la gravité du Soleil et ses planètes aurait dû rétablir une forte coplanarité des orbites et ne pas laisser une sorte de fossile de ces événements pendant des milliards d’années, et visible encore de nos jours... on note tout de même que cet événement du passage d'une étoile (ou d'une planète géante isolée) à proximité ou même dans notre système solaire pourrait éventuellement ne pas être si vieux que ça selon une autre étude, avec donc peut-être même... un souvenir dans la mémoire collective de l'homme expliquant ces légendes de Nibiru et autres !

Quoiqu'il en soit, les travaux et conclusions publiés par ces chercheurs (je rappelle, deux équipes qui ne se sont pas concertées) ce mois-ci, en utilisant les principes reconnus de Lagrange et Laplace sur la stabilité des orbites du Système solaire, est que la neuvième planète a toutes les caractéristiques nécessaires pour résoudre l’énigme de Kuiper. En fait, les modélisations disent qu'elle est censée se trouver sur une orbite inclinée par rapport au plan principal qui est associé aux orbites des planètes géantes, et qu'elle tourne bien au-delà de ces planètes avec une masse comparable à celle de Neptune, ou au moins 4 fois celle de la Terre. Elle peut donc ainsi exercer un couple sur les plans des orbites des autres planètes, ce qui conduit à les incliner par rapport au Soleil. Et c'est ce qu'on observe physiquement...

Autres sources que arXivhttps://fr.wikipedia.org/wiki/Plan%C3%A8te_Neuf

Extraits d'une des publications :ABSTRACT
The six-degree obliquity of the sun suggests that either an asymmetry was present in the solar system's formation environment, or an external torque has misaligned the angular momentum vectors of the sun and the planets. However, the exact origin of this obliquity remains an open question.
Batygin & Brown (2016) have recently shown that the physical alignment of distant Kuiper Belt orbits can be explained by a 5 - 20m+ planet on a distant, eccentric, and inclined orbit, with an approximate perihelion distance of ~ 250AU. Using an analytic model for secular interactions between Planet Nine and the remaining giant planets, here we show that a planet with similar parameters can naturally generate the observed obliquity as well as the speciffic pole position of the sun's spin axis, from a nearly aligned initial state. Thus, Planet Nine offers a testable explanation for the otherwise mysterious spin-orbit misalignment of the solar system.
1. INTRODUCTION
The axis of rotation of the sun is o set by six degrees from the invariable plane of the solar system (Souami & Souchay 2012). In contrast, planetary orbits have an RMS inclination slightly smaller than one degree1, rendering the solar obliquity a considerable outlier. The origin of this misalignment between the sun's rotation axis and the angular momentum vector of the solar system has been recognized as a longstanding question (Kuiper 1951; Tremaine 1991; Heller 1993), and remains elusive to this day.
With the advent of extensive exoplanetary observations, it has become apparent that signifficant spin-orbit misalignments are common, at least among transiting systems for which the stellar obliquity can be determined using the Rossiter-McLaughlin effect (Rossiter 1924; McLaughlin 1924). Numerous such observations of planetary systems hosting hot Jupiters have revealed spinorbit misalignments spanning tens of degrees (Hebrard et al. 2008; Winn et al. 2010; Albrecht et al. 2012), even including observations of retrograde planets (Narita et al. 2009; Winn et al. 2009; Bayliss et al. 2010; Winn et al. 2011). Thus, when viewed in the extrasolar context, the solar system seems hardly misaligned. However, within the framework of the nebular hypothesis, the expectation for the offset between the angular momentum vectors of the planets and sun is to be negligible, unless a speciffic physical mechanism induces a misalignment. Furthermore, the significance of the solar obliquity is supported by the contrasting relative coplanarity of the planets.
Because there is no directly observed stellar companion to the sun (or any other known gravitational influence capable of providing an external torque on the solar system sufficient to produce a six-degree misalignment over its multi-billion-year lifetime Heller 1993), virtually all explanations for the solar obliquity thus far have invoked mechanisms inherent to the nebular stage of evolution. (...)

 

etc... voir les liens ci-dessus, mais on note aussi qu'une autre alternative à cette 9ème planète serait... un compagnon au Soleil, du style "naine sombre" (ce qui rendrait notre Système Solaire encore plus banal, puisque la majorité des systèmes stellaires observés sont bien... binaires, avec deux soleils !) et qui conforterait aussi donc cette idée de cette "Nemesis" dont Nibiru serait l'une des planètes propres...

On peut donc aussi (pour l'instant) se demander si c'est bien une 9ème planète gazeuse que l'on va découvrir (en 2018 avec un des nouveaux telescopes annoncés ?) ou bien une étoile naine sombre accompagnée elle-même de planètes et de comètes ?

 

Yves Herbo, Sciences et Fictions et Histoireshttp://herboyves.blogspot.com/, 21-07-2016, 25-07-2016

Poveglia, l'île maudite (?)

Poveglia, l'île maudite (?)

Poveglia1

Un petit retour rapide dans le monde des mythes et légendes avec cette visite de l'île sanglante, ou île de l'Enfer de l'Adriatique italienne... avant l'ouverture d'un gros dossier sur les légendes de l'Auvergne, un endroit où je viens de m'installer et que je me dois donc d'explorer...

Tout au long de l'Histoire, cette petite île a reçu un grand nombre de noms, d'appellations, comme " l'île sanglante ", " l'île de la folie " et  " l'île de l'enfer ".

De nos jours, elle s'appelle l'île Poveglia, elle est située sur la côte de Venise, au nord de l'Adriatique italienne.

Poveglia carte venise

 

Historiquement, on commence a parler de cette île vers le 5ème siècle après JC : les textes et légendes romaines affirment alors que l'île a été formée à partir des cendres des victimes de la peste, qui étaient toutes déversées au même endroit... les textes les plus sérieux disent en fait que cette petite île a été utilisées pour isoler les nombreux pestiférés vénitiens de la population seine... et abandonnés là. On y ajoute aussi les malades mentaux et les criminels, qui forment la première population fixe de l'île...

Et des siècles plus tard, au Moyen-âge, lorsque la Peste Noire a ravagé l'Europe entière, la même chose s'est reproduite... les victimes ont été jetées en grand nombre dans de grandes fosses, après avoir été brûlées ou non.

Poveglia3

Lorsque l'épidémie s'est arrêtée, la population survivante de Venise a commencé à paniquer, et les résidents montrant le moindre signe de maladie (y compris un simple rhume !) étaient pris dans leurs domiciles et emmenés dans l'île sans pouvoir se défendre... là-bas, ils étaient jetés sur des piles de cadavres en décomposition et brûlés avec. Des hommes, femmes et enfants étaient tous abandonnés à une horrible mort...

Au 19ème siècle, Napoléon utilise aussi l'île et ses prisons a de sombres dessins, et y stocke aussi des armes...

En 1922, un hôpital psychiatrique a été ouvert à Poveglia. La légende locale dit qu'un médecin de l'hôpital a torturé et tué plusieurs de ses patients, en les massacrant horriblement. Mais plus tard il est mort en tombant de, ou peut-être jeté hors du clocher de la chapelle de l'hôpital. Sa mort reste un mystère jusqu'à ce jour...

Poveglia4Les débris de l'hôpital psychiatrique (ou maison de retraite selon les versions) qui aurait donc fermé en 1968...

Au fil du temps, l'île est devenue un cimetière... Les morts ont été amenés ici pour être soit incinérés ou enfouis dans des fosses communes. Les chercheurs ont suggéré que plus de 200.000 personnes sont enterrées ici.

Tous ces événements ont conduit à la conviction que l'île était hantée... De nos jours, l'île n'est plus habitée... pire, personne ne la visite et même les pêcheurs contournent largement l'île, de crainte de ramasser encore des ossements humains dans leurs filets... cet endroit sombre a inspiré une terreur superstitieuse dans le cœur des gens depuis des décennies...

Les gens ont rapporté avoir vu des fantômes de victimes de la peste et avoir entendu les cris horribles de patients torturés. L'endroit horrible est devenu connu comme l'île maudite... 

Aujourd'hui, l'île Poveglia reste strictement interdite aux visiteurs. L'office du tourisme italienne interdit de visiter l'île (sur papier) et cela nécessite un long processus de démarches administratives pour obtenir l'approbation, avant de pouvoir poser le pied sur l'île. Si vous voulez vraiment, vous pouvez toujours y arriver par bateau en payant cher un pêcheur... mais la question est de savoir si vous aimerez vraiment visiter l'endroit agité où ont succombé des milliers de personnes malades, meurtriers et fous !

Yves Herbo, à partir d'un article paru dans Messagetoeagle.com, merci pour l'autorisation.

Voici une vidéo qui nous propose de visiter un peu en photos cette île très spéciale (qui a été mise en vente récemment ! + https://ijsbergmagazine.com/calmement/8670-poveglia-lile-hantee-sauvee-les-venitiens/) :

" Voici un nouvel épisode de l'émission Ghost Adventures où notre équipe de choc part enquêter en Italie, sur une île qui a la réputation d'abriter des entités par centaines.

C'est sur les canaux de Venise que nous retrouvons Zak, Nick et Aaron, ces derniers partent à la recherche d'informations sur le lieu de leur enquête. C'est en bateau que les trois hommes rejoignent l'île de Poveglia. En arrivant, ils se retrouvent en face d'un ancien hôpital psychiatrique où les malades de la peste étaient rassemblés avec les handicapés mentaux. En faisant les interviews, Zak apprend que le nombre de morts est extrêmement important et pour toutes les personnes interrogées, l'île est hantée de toute part depuis des siècles. Au vu de son histoire dramatique, il est fort possible que cet endroit puisse regorger d'énergie. De plus, des milliers de personnes malades ont été brûlés après leur décès et le tour de l'île est rempli des cendres des victimes. L'atmosphère y est lourde et sinistre. Dès leur arrivée dans le bâtiment, l'équipe ressent rapidement les effets négatifs de l'endroit. Ils font la visite de la bâtisse tout en racontant les histoires qui l'entourent. Pendant cette dernière, l'homme qui les accompagne refuse d'entrer dans une partie du bâtiment et demande à quitter l'île sur-le-champ.

La nuit tombe sur l'île maudite et l'équipe prépare son matériel pour l'enquête. Une fois seule, celle-ci repasse les lieux où elle va placer les caméras fixes. Zak, Nick et Aaron entrent dans le bâtiment et commencent une séance de PVE avec un détecteur de champ électrique. Rapidement, une voix étrange se fait entendre. Zak provoque les différentes entités et encore une fois, une voix répond aux questions. Le détecteur se déclenche et les trois hommes ne se sentent pas à l'aise. Le plus affecté est Nick qui ressent beaucoup de choses négatives. Zak se sent de plus en plus mal et des bruits de pas résonnent dans la bâtisse alors qu'ils sont seuls. De plus, un orbe est filmé apparaissant et disparaissant sur les images. Soudainement, un bruit fort retentit et Aaron sent une énorme vague d'énergie le traverser. Il se met à avoir le vertige et se sent de plus en plus faible. Le détecteur augmente considérablement et les phénomènes s'enchaînent. L'appareil s'éteint subitement et les trois amis se sentent encore plus mal à l'aise. Aaron a du mal à continuer l'enquête et une voix d'homme se fait entendre. Soudainement, Zak devient vulgaire et agressif, il s'éloigne de ses camarades et dit ne pas se souvenir de ce qui s'est passé par la suite. Nick et Aaron arrivent tant bien que mal à le calmer et à le ramener à lui. D'un seul coup, le jeune homme se retrouve vidé et assis parterre, pour lui, l'île est habitée par une force démoniaque. Une fois à l'extérieur, les hommes se sentent un peu mieux, mais se servent d'huile sainte pour se protéger.

Malgré tout, l'enquête continue dans les champs où les malades ont été brûlés. Une odeur de fumée se fait sentir et on entend clairement un cri étrange. Ils avancent prudemment sur un pont et rejoignent les champs. Ils remarquent que le sol est jonché de cendres et d'os humains. Pour provoquer les entités, Zak passe un masque particulier et rapidement, le jeune homme entend une voix l'appeler et dire docteur. Il fait une séance de PVE et demande à ce que l'esprit se montre, Nick quant à lui entend quelqu'un courir et voit un projecteur tomber brutalement.
Les trois hommes retournent dans le bâtiment et testent une nouvelle théorie avec un poste audio et un champ électrique. Ils partent de la pièce laissant le matériel en marche. Une voix est enregistrée et celle-ci parle en italien. Fort de toutes ces manifestations, ils décident de se séparer pour mieux récolter d'éventuelles preuves. Aaron doit récupérer une caméra et une brume blanche est filmée, de plus on entend une voix suivre cette brume.
Nick est dans l'ancienne chapelle et Zak retourne dans la pièce où il a été attaqué plutôt. Rapidement, le jeune homme entend des bruits de pas et un gémissement puissant, il fait également une séance de PVE.

De son côté, Nick fait la même chose dans la chapelle et une voix résonne clairement. Il pose plusieurs questions et une brume noire est enregistrée, elle est accompagnée d'une plainte masculine. Nick remarque que sa caméra se vide rapidement.
Pendant ce même temps, Zak filme un orbe étrange et fait un relevé de température, celle-ci ne correspond pas à ce qu'il ressent. Au même instant, une voix sombre est enregistrée et le jeune homme se sent de plus en plus mal à l'aise, des voix désincarnées résonnent tout autour de lui.
Aaron se rend au clocher où un médecin se serait suicidé. Le jeune homme entend un bruit sourd et une voix répond à ses questions. Les phénomènes sont intenses et violents, le jeune homme sursaute à chaque bruit. Beaucoup de sons et de voix résonnent tout autour de lui et sa caméra se vide subitement.

De son côté, Nick continue sa séance de PVE et des voix se font toujours entendre. Il place une caméra fixe et plus tard, un cri puissant est enregistré.
Zak se sent de plus en plus mal, mais continue de poser des questions. Une voix appelle le jeune homme et sa caméra se vide également. Il change la batterie et part retrouver ses deux compères. Les trois hommes se retrouvent et l'enquête prend fin.

L'île de Poveglia est un véritable repère d'entités malfaisantes et nos trois amis en ont été les victimes, mais grâce à leur ténacité, ils ont pu récolter de splendide preuves de l'existence des fantômes ". Sources : http://www.mystere-tv.com/ + http://www.dailymotion.com/grandeetoile

 
Mais si l'on en croit un blog s'appuyant sur d'autres témoignages (difficile d'avoir des témoins très anciens, mais sur la partie "hopital psychiatrique" oui, probablement... toutes ces légendes sur cette îles seraient fausses et il y aurait un mélange avec d'autres îles et endroits de la lagune vénitienne... mais il s'agit d'un blog affilié à une association qui luttait pour le non-rachat de l'île à l'époque, donc pas obligatoirement très objectif ! A vous de décider donc !https://oliaklodvenitiens.wordpress.com/2014/04/20/la-veritable-histoire-de-lile-maudite-de-poveglia/

 

Yves Herbo, Sciences et Fictions et Histoires, 10-02-2016

Les légendes de Saverne deviennent de l'Histoire ?

Les légendes de Saverne deviennent de l'Histoire sous peu ?

 

Rocher didacus miniLe Rocher de Didacus enfin identifié

 

La France, comme la plupart des anciennes nations d'Europe et de l'Ancien Monde, est l'un des domaines privilégiés des mythes et légendes provenant des plus anciennes préhistoires et antiquités du monde. Et la région Alsace-Lorraine-Moselle est loin de démentir ce fait. Ainsi, il existe par exemple à Saverne, dans les Vosges, plusieurs légendes datant du moyen-âge qui pourraient bien avoir sous peu une confirmation historique, passant ainsi de pures légendes et "racontars" à une vérité historique bien palpable.

Il existe plusieurs légendes locales dans cette très ancienne petite ville située près d'un col important permettant de traverser facilement les Vosges, puisqu'intermédiaire entre la plaine d'Alsace et le plateau lorrain, donc l'Europe Centrale plus loin vers l'Est. Nous savons par exemple grâce aux fouilles archéologiques, que, à cause du réseau très précurseur de distribution du sel de la vallée de la Seille, le passage fut protégé dès l'Age du Fer (au minimum) par des systèmes de défense, installés par des peuplades peu connues, que les Médiomatriques ("Ceux au milieu des eaux-mères", la tribu gallo-belge des Mediomatrici) reprirent et développèrent encore par la suite... 

En l'an 27 Avant JC, Agrippa y fait construire une grande voie romaine qui rejoint donc les voies de Metz (ex Divodurum), Treves et Strasbourg, avec un grand relai au sommet du col et un autre à Saverne (anciennement Tres Tabernae ou Tabernis), qui deviendra donc un bourg puis une ville fortifiée par la suite...

Mais c'est au 19ème siècle seulement que les sciences de l'Histoire et de l'Archéologie se penchent sur l'endroit et les écrits laissés, mais aussi les histoires locales racontées depuis des siècles au coin des cheminées, lors des longs hivers continentaux. C'est à une figure locale de Saverne que l'on doit la création du premier musée Archéologique de la région en 1858 et l'une des premières "Histoire de Saverne" (en français bien que, depuis la débâcle de 1870, la région soit devenue prussienne...), Dagobert Fischer (1808-1879), qui rassembla les monuments découverts dans une chapelle de l'église paroissiale, et en établit un catalogue qu'il édita en 1872.

Dans son Histoire de Saverne parue en 1871, Dagobert Fischer parle bien sûr du fait important qui nous dit que la ville fut la capitale administrative de l'évêché de Strasbourg de 1417 à la Révolution, via le Château des Rohan, ancienne résidence de l'évêque de Strasbourg. Le bâtiment fut reconstruit à partir de 1779 par l'architecte Nicolas Salins de Montfort, Mgr Louis-René Edouard de Rohan-Guéméné étant évêque de Strasbourg.

Mais dans ce livre, il est fait mention également des traditions et légendes racontées par les Savernois, dans lesquelles il est raconté qu'il y a très longtemps, un souterrain partait de ce palais episcopal des Rohan en plein centre-ville vers le deuxième château de la cité, sis dans les hauteurs, le château du Haut-Barr, une forteresse où l’évêque et les dignitaires pouvaient aller se réfugier en cas de conflit. Et précisément, il est aussi fait mention que, dans ce souterrain, un trésor aurait été caché pendant les guerres de religions. Un trésor connu sous la forme d'une statue de Jésus en or massif et de ses 12 apôtres en argent massif... le tout grandeur nature...

Chateau haut barr

Le château du Haut Barr : La légende des souterrains et salles souterraines. (dessin Nicolas Mengus)

 

La légende stipule que l'entrée secrète de ce souterrain n'était connue que de l’évêque seul, et que celui-ci ne transmettait le secret à son successeur que sous forme d'un pli cacheté, que ce dernier devait détruire après en avoir pris connaissance. Or, il arriva qu'un évêque mourut de mort subite, sans avoir eu le temps de transmettre le secret de l'entrée du souterrain, et le secret fut perdu définitivement...

Inutile de vous dire que de nombreuses fouilles et recherches furent (à priori) entreprises par l'Eglise, mais en vain. L'Histoire en est resté là jusqu'à maintenant... jusqu'à ce que Albert Fagioli, un radiesthésiste de Metz dont j'ai déjà parlé sur ce site et que j'ai au téléphone d'ailleurs de temps en temps, puisque nous avons sympathisé, n'entreprenne de faire ses proches recherches, avec son talent et son appareil de détection appelé un dowser...

C’est sur la demande d’une entreprise strasbourgeoise spécialisée dans l’exploration de galerie souterraine et en partenariat avec elle qu'il s'est penché sur ces légendes liées au château du Haut Barr et principalement à la légende du souterrain médiéval qui relie ce château à la ville de Saverne. 

Comme toujours pour ses travaux de recherches, Mr Fagioli commence par chercher sur plans avec l'aide d'un pendule puis sur place avec ses baguettes de sourcier et surtout son appareillage plus moderne, un dowser. Mais sur place, il a la surprise de détecter non pas un souterrain, mais tout un réseau de galeries situées à environ dix mètres de profondeur et partant (ou arrivant) au Château du Haut-Barr. Celles-ci quittent ce château pour cheminer dans différentes directions. Elles traversent notamment plusieurs villages comme Haegen, Otterswiller, Marmoutier et au plus loin arrive dans le village de Friedolsheim.

Il a également identifié un souterrain en face de la D102. Il chemine parallèlement à cette route et se dirige vers la ville de Saverne. C’est certainement celui qui acheminait à l’époque l’eau du flanc de la montagne aux fontaines de cette ville. (Certainement un Aqueduc d’époque Gallo-Romaine).

Sous pont du diable haut barr1

Une salle secrète sous le rocher où se trouvait la Chapelle romane, après le Pont du Diable

" Ce que je peux affirmer, c’est que ces souterrains transitent selon mes repérages par des salles circulaires qui ont pour certaines un accès par des églises du 12éme siècles dans les villages concernés. Pour certaines salles, comme l’église Abbatiale de Marmoutier j’ai confirmé la présence d’une grande salle souterraine rectangulaire d’environ 11.90m par 7.40m. Pour l’église d’Oterswiller, une salle rectangulaire d’environ 7.20m par 5.40m…L’église de Notre Dame de la Nativité de Saverne, une dimension non définie car aucune autorisation n’a été donnée à ce jour. 

De plus, un des souterrains passe directement sous un rocher caractéristique en pleine forêt et il est fort probable qu’il s’agisse du fameux rocher du père DIDACUS… 

Les recherches ci-dessous ont été réalisées à l’extérieur du château du Haut Barr car nous n’avons pas reçu pour l’instant l’autorisation d’y accéder. Ce que je peux dire c’est qu’il y a une salle particulièrement intéressante sous le château. Je l’ai localisé, elle se situe approximativement à 15m de profondeur et aurait une circonférence de 7m. "

Une première preuve de la réalité des légendes locales : la découverte du Rocher du Père Didacus :

 

Rocher didacus1Le Lit de Didacus ou le Rocher de Didacus. (Albert Fagioli)

Voici où le Révérend Père Didacus faisait sa sieste, à l'abrit de la pluie et du soleil, avant de monter au Haut Barr ou de redescendre à Saverne. Mais, que dit la légende, d'après ce livre : " Notice historique sur le Château du Haut Barr près de Saverne " par Dagobert Fischer, nouvelle édition revue et augmentée par Léon Bachmeyer, Saverne : Imprimerie-Librairie A. Mosbach Anc. A. Fuschs 1927. "

Dans cette notice historique on peut lire :

" En l'an 1636, pendant la Guerre des Suédois, le 25 août, décéda le très Rév. Père Didacus, récollet à Saverne et pendant quarante ans religieux au couvent de cette ville; et ce prêtre monta de temps en temps au Haut Barr par un chemin caché pour y dire la messe. " 

Il s'agit du Père Didacus SCHOTTMULLER, inscrit en 1604 dans le registre de la Confrérie de Saint Michel à Saint Jean des Choux. Il était donc pendant 32 ans à Saverne. Le peu de sûreté des chemins pendant le siège de Saverne en 1636 et la maladie empêchaient le Révérend Père de porter aux soldats qui étaient en garnison au château les consolations de la religion. On grava alors sur un rocher qui borde le sentier qu'il prenait ordinairement pour se rendre à la forteresse, l'inscription suivante :

" Pourquoi, O Didacus, refuses-tu de porter le Saint Viatique à ton frère malade qui t'attendait dans le Château du Haut-Barr ? S'il est fatiguant et pénible de gravir le sentier escarpé de la montagne, songe que le chemin qui mène au Royaume des Cieux est au moins tout aussi pénible." 

Cette inscription fut rencontrée encore en 1670 par François Feigenthal, directeur des Bâtiments de l'Evêché lors de la Restauration de la conduite d'eau de la source du Haut Barr.

On peut lire aussi dans ce livre : " De la grosse Tour du château de Saverne à la pierre consacrée au Père Didacus il y a juste une lieue." 

Précisément, il y a juste une lieue de la zone de l'église de Notre Dame de la Nativité de Saverne ou de l'ancien Château de Saverne à ce Rocher dans les bois de Haegen et qui se trouve juste à côté de la source de Haegen.

Une lieue avant 1674 = 3248 mètres / https://fr.wikipedia.org/wiki/Lieue 

" Le Capucin ne put que répéter la déclaration que lui avait faite le moribond; il ajouta que la voûte ou le souterrain en question se trouvait près du rocher qu'on appelle le Lit ou le Sépulcre du Père Didacus et que ce rocher devait être connu par tout le monde

"....En suivant ce souterrain, on passe devant un rocher, où le Révérend Père Didacus, ci-devant récollet à Saverne et chapelain du Château du Haut-Barr, a gravé lui-même son nom avec un millésime et qu'on appelle actuellement le tombeau du R. P. Didacus. A partir de là le souterrain se prolonge vers le village de Haegen et monte au Château de Géroldseck (1), dans la cour inférieure duquel il a une issue...

(1) Le texte porte Wangenbourg; il est vrai que les nobles de Wangen étaient alors Co-propriétaires de Géroldseck ; ils en avaient adopté le nom qu'ils avaient ajouté à leur nom patronymique.

 

Rocher didacus

Mr Fagioli à la place du Père Didacus, 379 ans après sa mort. Des enfants du village connaissent très bien ce rocher, ainsi que les adultes...Mais il ne portait pas de nom spécifique...Aujourd'hui il a retrouvé son NOM...Le ROCHER DE DIDACUS..

 

" Nous sommes tombés par hasard sur ce Rocher... C'est en suivant le souterrain qui vient de Haegen (lors de nos relevées GPS tous les dix à vingt mètres) en quittant la route de Haegen à Saverne. Tout à coup nous nous sommes retrouvées face à ce rocher. Celui-ci nous empêcha de continuer notre avancée car il se trouvait juste en plein milieu du souterrain qui arrive de Haegen. La surprise c'est que de l'autre côté celui-ci n'avait plus la même direction et bifurquait par la gauche en prenant la direction du rocher du Haut-Barr (Du Rocher du Markfels).

Rocher souterrain

Il semble que ce gros rocher pourrait cacher une entrée ou indiquer un croisement de souterrains comme semble l'indiquer les tracés repérés grâce aux appareils... 

Aujourd'hui nous avons confirmés la présence de nombreux souterrains (un grand réseau de souterrains) depuis le Haut-Barr. Nous avons retranscrit ces souterrains sur Google Maps Marker et on peut voir que ceux-ci ne sont pas toujours rectilignes. Tous nos rapports ont été transmis à la DRAC de Strasbourg ainsi qu'aux communes concernées.

Il reste encore quelques tracés à suivre dont le souterrain vers Thal Marmoutier / Marmoutier et celui d'Otterswiller vers Friedolsheim. (Les relevés GPS sont pris tous les dix à vingt mètres.) "

Les recherches dans les églises :

 

Crypte eglise otterswiller

La crypte de l'église Saint-Michel d'Otterswiller et le souterrain du Haut-Barr. (CAMEXPLO/ Laurent GLADY/ Albert FAGIOLI/ Vincent SCHMITD)

Intervention dans le village d'Otterswiller suite à la demande de CAMEXPLO / Laurent GLADY / Albert FAGIOLI pour une localisation d'anciennes galeries et salles souterraines. Autorisation de la part de Mr le maire d'Otterswiller, Mr CREMMEL, reçue le 10 juin, date de l'intervention le 11 juin.

Matériel utilisé : Le Dowser, manipulé par Mr Fagioli.

En présence de Messieurs :

Vincent SCHMITD / Un particulier.

Le secrétaire de Mairie de Otterswiller.

Une rencontre a eu lieu en fin d'après-midi avec Mr le maire, Joseph CREMMEL.

Détail de l'intervention : La spécialité de la société CAMEXPLO est l'inspection technique d'anciennes galeries à l'aide de caméras spécifiques ou de robots d'explorations. Depuis peu il accompagne Mr Fagioli dans ses recherches non destructives pour localiser des anciens souterrains et salles souterraines. C'est ainsi que ses recherches sur le ban de Saverne, de Haegen, Marmoutier, d'Otterswiller l'on amené à identifier ce qui pourrait être un vaste réseau potentiellement très ancien. L'origine du départ se situerait au niveau du château du Haut-Barr, près de Saverne en Alsace.

En vert, une zone possible pour une intervention après autorisation du propriétaire. En rouge, la crypte rectangulaire et les deux passages de souterrains.

Un rapport a été envoyé à la DRAC de Strasbourg, les Bâtiment de France à Strasbourg et à la Mairie d'Otterswiller.

Pour une validation scientifique, on pourra passer un radar de sol sur ces zones bien précises suivie par un micro-forage et inspection avec caméra fibre optique.

 

Crypte eglise nativite saverne

La crypte de l'église de Notre Dame de la Nativité à Saverne et le souterrain du Haut-Barr. ( Albert FAGIOLI )

Voici le travail à distance qui a été fait par Mr Fagioli. Ces souterrains et cette salle souterraine n'ont pas été confirmés sur le terrain car aucune autorisation n’a été accordée à Messieurs Glady et Fagioli. On peut voir qu'il devrait y avoir une crypte dans la nef de l'église et deux départs de souterrains depuis celle-ci.

- Un vers le Sud Est, pas trés long. (Certainement celui dont on parle dans les archives qui va à la Porte de Strasbourg de l'époque.)
- Un vers le Nord-Ouest, pas très long également. Et à un moment il se replie sur lui-même pour prendre la direction du village de Haegen et monter au Haut-Barr.

Pour le moment on ne peut pas dire les dimensions de cette crypte, si elle est circulaire ou rectangulaire, tant que l’on n’a pas procédé à une localisation sur place avec le Dowser.

Seul info que Mr Fagioli peut donner : C'est que le départ de souterrain qui part vers le Haut Barr démarre à une grande profondeur car il passe en dessous de la rivière. A l'endroit où il démarre il se trouve à plus de trente mètres de profondeur. (On peut déjà voir le grand dénivelé entre les bâtiments de l'église et la grande place devant le château des Rohan, qui se trouve en pleins travaux en ce moment.

" Dommage que l'on n'ait pas eu d'autorisation pour suivre le souterrain du Haut-Barr dans Saverne, car on aurait pu découvrir où se situe cette fameuse Tour Carré dans Saverne... Certainement près de l'église et de l'ancien château de Saverne de l'époque. Comme je viens de découvrir, 379 ans après, le fameux Rocher dit de Didacus.

Un rapport a été envoyé à la DRAC de Strasbourg, les Bâtiment de France à Strasbourg. (Aucun rapport pour la Mairie de Saverne).

 

Chapelle st denis marmoutier

La crypte de la chapelle Saint-Denis de Marmoutier et le souterrain du Haut-Barr. (CAMEXPLO / Laurent GLADY / Albert FAGIOLI / Vincent SCHMITD)

Intervention dans le village de Marmoutier suite à la demande de CAMEXPLO / Laurent GLADY / Albert FAGIOLI pour une localisation d'anciennes galeries et salles souterraines. Autorisation de la part de Mr le Maire de Marmoutier, Mr WEIL Jean Claude, reçue le 8 juillet, date de l'intervention le 9 juillet.

Matériel utilisé : Le Dowser, manipulé par Mr Fagioli.

En présence de Messieurs :

Mr Vincent SCHMIDT : Un particulier.
Mr Jean-Claude WEIL : Maire de Marmoutier.
Mr Pierre MORGENTHALER, Mr Jean-Louis MULLER, Mr Aimé DANGELSER de la commune de Marmoutier.
Ainsi que le curé du village Mr Florent FRITZ.

Une réunion a eu lieu en fin d'après-midi avec un petit verre de l'amitié.

Détail de l'intervention : La spécialité de la société CAMEXPLO est l'inspection technique d'anciennes galeries à l'aide de caméras spécifiques ou de robots d'explorations. Depuis peu il accompagne Mr Fagioli dans ses recherches non destructives pour localiser des anciens souterrains et salles souterraines. C'est ainsi que ses recherches sur le ban de Saverne, de Haegen, Marmoutier, d'Otterswiller l'on amené à identifier ce qui pourrait être un vaste réseau potentiellement très ancien. L'origine du départ se situerait au niveau du château du Haut-Barr, près de Saverne en Alsace.

- Une crypte circulaire d'environ 5.80m avec un petit tronçon de souterrain et un possible accès depuis la chapelle. Le souterrain de gauche provient du Haut-Barr en passant par Haegen et Thal Marmoutier. Le souterrain qui part vers le Nord arrive sur la gauche de l'église Abbatiale de Marmoutier, dans une petite cave, avec également une petite crypte. (Aucun lien avec la crypte qui se trouve dans l'église Abbatiale de Marmoutier)

Un rapport a été envoyé à la DRAC de Strasbourg, les Bâtiment de France à Strasbourg et à la Mairie Marmoutier.

Pour une validation scientifique, on pourra passer un radar de sol sur ces zones bien précises suivie par un micro-forage et inspection avec caméra fibre optique.

 

Eglise marmoutier

La crypte de l'église de l'Abbatiale de Marmoutier. (CAMEXPLO / Laurent GLADY / Albert FAGIOLI / Vincent SCHMIDT)

Intervention dans le village de Marmoutier suite à la demande de CAMEXPLO / Laurent GLADY / Albert FAGIOLI pour une localisation d'anciennes galeries et salles souterraines. Autorisation de la part de Mr le Maire de Marmoutier, Mr WEIL Jean Claude, reçue le 8 juillet, date de l'intervention le 9 juillet.

Matériel utilisé : Le Dowser, manipulé par Mr Fagioli.

En présence de Messieurs :

Mr Vincent SCHMIDT : Un particulier.
Mr Jean-Claude WEIL : Maire de Marmoutier.
Mr Pierre MORGENTHALER, Mr Jean-Louis MULLER, Mr Aimé DANGELSER de la commune de Marmoutier.
Ainsi que le curé du village Mr Florent FRITZ.

Une réunion a eu lieu en fin d'après-midi avec un petit verre de l'amitié.

Détail de l'intervention : La spécialité de la société CAMEXPLO est l'inspection technique d'anciennes galeries à l'aide de caméras spécifiques ou de robots d'explorations. Depuis peu il accompagne Mr Fagioli dans ses recherches non destructives pour localiser des anciens souterrains et salles souterraines. C'est ainsi que ses recherches sur le ban de Saverne, de Haegen, Marmoutier, d'Otterswiller l'on amené à identifier ce qui pourrait être un vaste réseau potentiellement très ancien. L'origine du départ se situerait au niveau du château du Haut-Barr, près de Saverne en Alsace.

Une grande crypte rectangulaire d'environ 11.90m par 7.40m avec un petit tronçon de souterrain et un possible accès dans le transept Nord. Cette crypte n'a aucune liaison avec le souterrain qui provient du Haut-Barr. Seule la chapelle Saint Denis de Marmoutier fait partie du réseau souterrain du Haut-Barr. Cette grande crypte devait être la salle de réunion des Moines de l'Abbatiale de Marmoutier. Elle rappelle la salle souterraine que Mr Fagioli avait localisé dans l'Abbaye d'Alet-les-Bains dans l'Aude en 2003: Voir sur son blog : 
http://albert-fagioli.blogg.org/alet-les-bains-c26554366

Un rapport a été envoyé à la DRAC de Strasbourg, les Bâtiment de France à Strasbourg et à la Mairie de Marmoutier.

Pour une validation scientifique, on pourra passer un radar de sol sur ces zones bien précises suivie par un micro-forage et inspection avec caméra fibre optique.

Une série de forages est prévue d'ici la fin de l'année, avec aussi un forage prévu dans une propriété identifiée de Haegen, avec autorisation, se situant juste au-dessus d'un des souterrains...

 

Chateau haut barr la chapelle detruite

La Chapelle du Haut Barr à l'époque ROMANE.(Nicolas Mengus)

Apparemment cela pourrait bien confirmer encore une fois la légende du Haut Barr qui disait que la crypte se trouvait sous la chapelle du Haut Barr. Et on peut voir sur ce dessin (authentique ou pas) l'emplacement de la chapelle primitive du Haut Barr. Apparemment elle semble bien se trouver sur le Rocher du Markfels, juste après le Pont du Diable...

 

Sources : http://archeographe.net/Deux-enceintes-romaines

http://archeographe.net/Le-Musee-Archeologique-de-Saverne

http://albert-fagioli.blogg.org/le-chateau-du-haut-barr-c26861522

Fagioli Albert : Vous souhaitez nous soutenir, merci de m’écrire à l’adresse ci-dessous :

par Mail : indiana.57@aliceadsl.fr 

Je suis l’auteur d’un essai historique « Le testament du Duc d’Enghien ou le secret du fabuleux trésor de Marthille » aux Editions COPRUR à Strasbourg, avril 2008. Et vous pouvez voir sur mon blog l’une de mes dernières découvertes concernant l’île au trésor du capitaine William Kidd en Thaïlande. Cela sera certainement le sujet de mon second livre. Et une expédition devrait être prévue sur KO WANG NOK….
Pour infos :
Mon Blog : http://albert-fagioli.blogg.org/ 
Mon Twitter : https://twitter.com/INDIANA57/media 
Mon Facebook : https//www.facebook.com/albert.fagioli/photosbalbums
Mon futur site professionnel en construction : http//www.albert-fagioli.fr/416508074

YH : je te souhaite bonne réussite dans tes recherches l'ami, et d'obtenir toute l'aide nécessaire à tes projets...

 

Yves Herbo relai, Sciences, Fictions, Histoires, 16-09-2015

L'ÉPOPÉE DE GILGAMESH

L'ÉPOPÉE DE GILGAMESH - 2012 - up 09-2015

 

sumeria-gilgamesh-1.jpg Gilgamesh-Sumer

 

L'ÉPOPÉE DE GILGAMESH TEXTE ÉTABLI D'APRÈS LES FRAGMENTS BABYLONIENS, ASSYRIENS, HITTITES ET HOURITES

Au début du Ve millénaire, en basse Mésopotamie, la mer s'est retirée, libérant des terres nouvelles.

Venus l'on ne sait d'où arrivent les Sumériens qui, dans la vallée des deux fleuves, aux rives du Tigre et de l'Euphrate, se sédentarisent. Ils sont pasteurs, agriculteurs, et, comme leurs contemporains égyptiens, maîtrisent cette technique sans laquelle nulle vie ne serait possible: l'irrigation.

Mille ans plus tard, ils ont bâti des temples et des palais. Kish, Our, Ourouk, leurs cités-états, dessinent sur l'horizon doré l'ombre rose de leurs colossaux murs de brique. Et, pour organiser l'économie d'abord, codifier la religion, enregistrer les lois et fixer une tradition orale déjà foisonnante de mythes, de récits épiques, de poèmes, ils ont inventé l'écriture idéographique. Le plus ancien écrit du monde a d'ailleurs été retrouvé dans les ruines d'Ourouk. Il date de la seconde moitié du IVe millénaire.

Les premiers mythes d'Ourouk se perdent déjà dans la nuit des temps. Ils racontent la naissance des dieux et des hommes, la vie, la mort, le bien, le mal et le déluge dont la Bible reprendra le thème deux mille ans plus tard.
C'est à partir du déluge que les Sumériens font commencer leur histoire et datent leurs dynasties.

La première fut celle de Kish. La deuxième celle d'Ourouk. Le cinquième roi de cette deuxième dynastie, disent les tablettes, fut Gilgamesh qui bâtit les murailles d'Ourouk et régna cent vingt six années. Gilgamesh allait devenir le premier héros-fondateur et inspirer la première épopée qui nous soit parvenue, la plus ancienne.

Ce géant solaire dont les bas-reliefs des temples illustrent les exploits a véritablement existé, gouverné Ourouk vers 2800 ou 2600 avant J.-C. et accompli de hauts faits. Mais, très vite, on en a fait un être surnaturel, fils de déesse, plus divin qu'humain en son corps : « Pour deux tiers il est dieu, pour un tiers il est homme » dit l'Épopée, et plus homme que dieu en son âme, car il connut l'incertitude, le doute, l'amour, la révolte, le désespoir, la sagesse, la mort.

Vers la moitié du troisième millénaire, Sumer voit changer le cours de son histoire. Venu de l'ouest, un peuple d'origine sémite, celui d'Akkad, s'est
à son tour fixé en moyenne Mésopotamie. Entre Akkadiens et Sumériens les échanges vont se multipliant. Aux seconds, les premiers empruntent
l'écriture cunéiforme et l'adaptent à la phonétique de leur langue. Dès lors, et pour plus de deux mille ans encore, la Mésopotamie utilisera deux langues.
Sumer domine économiquement, politiquement et culturellement, tandis que l'apport akkadien reste dans son ombre. Puis, Sumer connaît un premier
Déclin ; surgit alors un chef akkadien, Sargon, qui va fonder la première dynastie akkadienne, imposer la suprématie d'Akkad sur Sumer et unifier le pays. C'est probablement sous son règne que l'Épopée de Gilgamesh commence à prendre forme. Puis, de nouveau, Sumer l'emporte sur Akkad.
Puis, de nouveau, Sumer l'emporte sur Akkad. C'est l'époque, vers 21OO avant J.-C., où la fusion de ces deux cultures, de ces deux pensées dont aucune n'a perdu sa spécificité, donne une prodigieuse floraison littéraire. Poèmes d'amour, poèmes érotiques, récits historiques, textes religieux, prières, hymnes, lamentations, réflexions philosophiques et métaphysiques sur la justice divine et l'existence du mal, la vie et la mort, fables, allégories, déjà tout existe et tout s'écrit, en sumérien ou en akkadien.
Au début du deuxième millénaire, surgissent, toujours de l'ouest, de nouveaux conquérants: les Amoréens. C'est Babylone qui recueillera l'héritage de Sumer et d'Akkad, et le fera revivre. Règne glorieux dont le rayonnement politique et spirituel s'étendra, notamment au temps d' Hammourabi (1792-1750 avant J.-C.) sur tout le bassin méditerranéen.

Si l'on crée moins qu'aux temps anciens, on enregistre, on fixe, on transcrit sur les tablettes d'argile tout le patrimoine culturel de la Mésopotamie, comme si cette civilisation, se sachant mortelle, voulait à tout prix laisser un héritage. Les tablettes circulent et sont traduites. Le babylonien devient le véhicule de la pensée à travers tout le Proche-Orient, et c'est dans cette langue que les pharaons de Tell-Al-Amarna correspondront avec les Hittites, les Mitaniens, les princes de Syrie et de Palestine.

Entre temps, l'Assyrie du nord est devenue une puissance comparable à Babylone qu'elle finira par dominer. Mais cela ne change rien au phénomène culturel et, peut-être même, l'enrichit. Le roi assyrien Teglath-Phalassar Ier (1115-1077 avant J.-C.) à Assour, puis Assourbanipal (668-626 avant J.-G.) à Ninive feront copier, pour leurs bibliothèques, des milliers de tablettes, et ces copies se poursuivront même après la chute de Babylone et de l'Assyrie, environ 500 ans avant notre ère.

C'est ainsi que, au cours des millénaires, l'Épopée de Gilgamesh est devenue un des textes les plus diffusés de la littérature ancienne, traduit en Hittite, en Hourite, connu au pays d'Assour, en Anatolie, en Palestine où l'on a trouvé récemment, à Meggido, une version du XIVe siècle avant J.-C. Puis sont venus d'autres conquérants : grecs, romains, arabes. La brique des murailles mésopotamiennes s'est délitée. Le sable a enseveli sa mémoire. De cette prodigieuse étape de l' histoire des hommes, on n'a retenu que l'une des branches : la Bible, en oubliant le tronc.

Passent les siècles. Au début du XIXe s'ouvre l'ère des grandes découvertes archéologiques. Des pionniers, des amateurs, des consuls occidentaux expédiés au Proche-Orient, entreprennent des fouilles sur les lieux des villes anciennes de la Mésopotamie du nord. En l843, Émile Botta, consul de France, découvre, à Ninive, le palais de Sargon II, roi d'Assyrie. A Ninive, à Khorsabad, Victor Place et Fresnel prennent son relais. En 1857, des anglais, Hincks, Oppart Et Rawlison déchiffrent l'assyrien. Un peu plus tard, Rassam et Rawlison découvrent la deuxième partie de la bibliothèque d'Assourbanipal et expédient les précieuses tablettes au British Museum. Mais, dans les signes dont elles sont gravées, ils ne voient qu'un ornement. A partir de là, commence une étonnante aventure.

Un jeune homme de vingt et un ans, George Smith, de son état graveur en billets de banque, est devenu, par passion pour l'orientalisme, l'un des visiteurs les plus assidus du British Museum. En 1863, le conservateur du département qu'il visite a l'idée de l'engager pour l'aider à mettre en ordre et à restaurer les tablettes de Ninive. En comparant les couleurs et les formes, Smith, génialement, regroupe les tablettes, les classe, démontre qu'il s'agit bien d'une écriture, et la décrypte. Sur la première qu'il a ainsi déchiffrée il trouve.. le récit du déluge. En 1872, il fait une communication à la Society of Biblical Archeology et un quotidien anglais, le Daily Telegraph, offre un crédit de mille guinées pour que l'on continue les recherches sur place.
Smith part. Et comme si quelque dieu du destin avait décidé qu'il était enfin temps pour la culture mésopotamienne de sortir de l'oubli, une semaine après le début des fouilles, il trouve une deuxième tablette qui a un rapport évident avec le premier texte déchiffré. Il est désormais en possession de deux fragments de l'Épopée de Gilgamesh, et sait qu'il en existe beaucoup d'autres puisque le texte dont il dispose mentionne douze tablettes, vraisemblablement gravées vers l'an 2000 avant J.-C. Voilà les archéologues devant un puzzle géant. Ils mettront un siècle à le reconstituer, tantôt trouvant des fragments au cours de fouilles en Irak, mais aussi en Anatolie, en Syrie, en Palestine, tantôt les découvrant chez des antiquaires de Bagdad auxquels ils les rachètent. Les dernières trouvailles ont été faites en 1974 par une expédition allemande, et si l'Épopée de Gilgamesh comporte encore quelques lacunes, on peut cependant considérer qu'elle est pratiquement complète.

Gilgamesh, le héros taillé dans le granit le plus dur, Enkidou, son ami, son frère, modelé dans l'argile la plus tendre, revivent en un texte écrit voici plus de quatre mille ans, mais dont la tradition orale est plus ancienne encore.
Texte admirable et éternel comme les chefs-d'œuvre lentement élaborés par le divin imaginaire.

Voici celui dont le nom en akkadien signifiait « le guerrier qui est en avant » et qui pouvait signifier en sumérien « l'homme qui fera pousser un arbre nouveau » .

Le récit de Gilgamesh
Adapté par Jacques Cassabois

COMPLÉMENTS PÉDAGOGIQUES
Marie-Hélène Philippe,
agrégée de lettres classiques

gilgamesh-livret.pdf gilgamesh-livret.pdf

Gilgamesh ou le destin des hommes (1) Traductions-Vulgarisation

gilgamesh-sergekreuz.jpg

Illustrations de Serge Creuz (c).

Un dossier? Peut-être... Un récit ?

Disons : une histoire. La plus belle et la plus vieille histoire du monde. Trop peu connue, pourtant, des hommes d’aujourd’hui — et c’est un scandale. Car cette épopée de Gilgamesh , nous devrions la recevoir juste après le lait maternel, avec les émerveillements de l’enfance, avant le fatras scolaire. Gilgamesh, c’est la légende du monde, c’est l’inconscient collectif, c’est le souvenir des très anciens âges, quand l’homme-dieu se dressa aux portes de la première cité, pour lancer à l’univers son défi désespéré...

Cette histoire, nous vous l’offrons à partir d’aujourd’hui. Vulgarisée, traduite du cunéiforme par des soins diligents. Fascinante, toujours, comme elle le fut depuis les origines, depuis sa toute première version, voici cinq mille ans!

Imaginez que le petit père Staline, massacreur cultivé, se fût avisé, en 1945, que la fin des temps pouvait être proche — avec cette saleté de bombe découverte par les Américains... Imaginez qu’il eût décidé de sauver, de mettre en lieu sûr tout l’héritage littéraire de l’humanité, donnant cet effet des ordres précis :

— Pendant qu’il en est temps encore, tant qu’ils existent, allez me rechercher les textes de l’âge d’or hellénique. Nous comprenons le grec, nous connaissons cette écriture, ce ne sera peut-être plus le cas dans quelques années. Allez donc, cherchez, compilez, traduisez, classez-moi tout cela dans nos archives.

Imaginez la suite : que des archéologues du futur en l’an 4300, viennent à découvrir — sous les décombres du Kremlin — la bibliothèque de papa Staline, apprenant ainsi l’existence de Périclès, celle de la Grèce antique, bref, toute une civilisation pré-russe ! Imaginez leur stupeur, leur enthousiasme ! Voilà, très exactement, ce qui s’est passé pour les Sumériens. Avec les mêmes écarts chronologiques. Avec la même résurgence miraculeuse. Et tout a commencé parce qu’un jeune Anglais de 1839 voulait aller aux Indes par la voie terrestre, un peu comme ses compatriotes actuels se tapent le joyeux pèlerinage de Londres à Katmandou...

Il s’appelait Austen Henry Layard, il était parti avec un copain. Leur chemin passait par la Mésopotamie. L’archéologie était à la mode : ils fouillèrent donc un peu, en amateurs éclairés… et tombèrent sur Ninive et sur Nimroud, capitales d’Assyrie. Oubliés, les Indes et les maharajahs ! Arrivé pour quelques semaines, Layard resta des années sur ses villes mortes, creusant, cherchant, fouillant fiévreusement. Il trouvait des palais, des lions, des taureaux ailés — dieu du ciel ! — il exhumait des colosses aux regards d’éternité, dont l’apparition frappait d’épouvante les terrassiers irakiens, Il creusa et trouva mieux encore : la bibliothèque entière, complète, quasi intacte, du Grand Roi Assourbanipal, Lion d’Assyrie et Terreur de l’Orient !

C’était fou. C’était inespéré.

Vingt-cinq mille tablettes d’argile. Des caractères cunéiformes, une écriture inconnue, une langue morte. Il fallait déchiffrer tout ça.

Incroyablement, on y parvint.

Henry Rawlinson, agent politique de Sa Majesté Britannique, officiait à Bagdad. Il avait des loisirs. Mieux encore, il avait découvert la clé du code, la «pierre de Rosette » des civilisations mésopotamiennes. Tout était là, bien visible, gravé dans le roc, lexique éternel : près de Kermanshah, il avait découvert le rocher de Behistoun, l’inscription de Darius : en vieux-persan, en élamite, en babylonien enfin — en caractères cunéiformes !

Rawlinson décoda, des nuits entières. Le British Museum encouragea la besogne, lui fournit un assistant, George Smith. Et quelle ne fut pas la sensation, quelques années plus tard — en 1872 — quand ce Smith put annoncer triomphalement, à la tribune de la « Society of Biblical Archaeology » , devant une assistance absolument bouleversée :

— Gentlemen, dans les tablettes assyriennes du British Museum, nous avons retrouvé un compte-rendu du Déluge !

On s’enflamma pour la découverte. C’était incontestable : un récit de la catastrophe biblique, dûment corroborée ! Et, en prime, les fragments d’une épopée bizarre, émouvante... Mais les textes étaient très obscurs, très incomplets. Le journal « Daily Telegraph » offrit mille guinées d’or à qui découvrirait les pages manquantes . On retourna à Ninive, on racla les fondations de la bibliothèque — et l’on trouva !

Désormais, tout était clair : Assourbanipal, roi terrible, grand écorcheur, creveur d’yeux et coupeur d’oreilles, avait voulu sauvegarder le passé, au profit des générations futures. Il avait envoyé ses scribes et traducteurs, leur donnant ordre de fouiller les antiques archives de Babylone. Il avait fait collationner des textes aussi vieux que l’écriture. Et tout cela s’étalait à présent : une civilisation inconnue, antérieure de 2400 ans au Grand Roi d’Assyrie lui-même ! Pour reprendre ma comparaison du début : comme si l’on avait découvert Eschyle et Sophocle dans la bibliothèque de Staline !

La suite allait de soi : on chercha le berceau de l’antique civilisation sumérienne, on exhuma les cités pré et post-diluviennes. Et ce furent les fouilles d’Our, d’Ourouk, Lagash, Kish, Shourroupak, Eridou, Agadé, Suse, Babylone ! Et ce furent d’autres découvertes, des fragments du même récit, infiniment plus anciens, mais à peu près identiques — les originaux en somme ! — rédigés bien souvent en  « sumérien d’église »... car bon nombre de scribes avaient utilisé une langue déjà morte, déjà savante (comme notre latin actuel), survivant à la décadence politique de tout un peuple...

Les premières versions originales furent trouvées à Nippour, en 1888. Elles dataient d’environ vingt-neuf siècles avant Jésus-Christ. Elles avaient donc, à peu de chose près, cinq mille ans d’âge.

On étendit les recherches. Et bientôt, l’on comprit que l’épopée de Gilgamesh, que cette saga perdue et retrouvée, avait été — bien avant la Bible — LE best-seller du Moyen-Orient. Jugez donc : on en retrouva une version complète, à peu près conforme, dans les archives impériales de Boghazkoï, capitale hittite : ce texte, rédigé en akkadien sémitique, datait du 2e millénaire avant J-C.

On en retrouva des traductions partielles, en hittite (langue indo-européenne) et en hourrite. On en découvrit des fragments à Sultantepe, dans l’actuel Kurdistan turc. Puis des épisodes cananéens, à Megiddo, antique cité de Palestine : les auteurs de la Bible avaient donc dû connaître cette vieille histoire !

On retrouva l’épopée dans les tablettes d’Ugarit, sur la côte syrienne. A tout le moins des adaptations, des influences directes, bien discernables dans les récits — rédigés vers 1800 avant notre ère — d’une civilisation distincte. Il y eut d’autres indices de « retombées culturelles » : il semble que l’épopée de Gilgamesh ait influencé les conteurs de la tradition crétoise, égéenne, puis mycénienne, avant de reparaître, comme un filigrane d’or et de vérité, dans la toile des poèmes homériques...

Et je vous fiche mon billet que, lorsqu’on aura déchiffré les textes de la magnifique bibliothèque royale d’Ebla — fraîchement retrouvée en Syrie — on y verra surgir quelque traduction de Gilgamesh !

Mais qui donc étaient ces Sumériens de légende? Et quel était ce Gilgamesh, dont je vous bassine depuis tantôt trois pages ?

Distinguons.

Sumer, c’est la plus antique civilisation de Mésopotamie — et l’une des plus anciennes du monde, certainement. C’est cette culture qui s’épanouit voici cinquante-trois siècles, bien avant le Déluge — ou les déluges, car il y en eut plusieurs ! — et qui se poursuivit bien après, survivant à son peuple, un peu comme notre latinité survécut au monde romain.

Sumer, ce fut le delta du Tigre et de l’Euphrate, aujourd’hui perdu dans les sables — car le golfe Persique a reculé vers le sud, mangé par les alluvions des fleuves. Ce furent cinq, puis dix cités fameuses, cernées de murs puissants, ornées de ziggourats formidables, ces magnifiques pyramides à gradins, observatoires autant que temples, préfigurations de la Tour de Babel.

Sumer, ce fut un peuple mystérieux, « venu du nord ou de l’est ». Du Caucase ? Des hauts plateaux iraniens ? Du lointain Sinkiang ? Des steppes de Mongolie ? De la vallée de l’Indus ? Allez donc savoir... Peut-être venaient-ils d’un paradis perdu, tout simplement, situé « à l’Est d’Eden », guidés par les fils et petit-fils d’un Adam déchu, recru de fatigue, de regrets et d’amertume …

Ils arrivèrent, en tout cas, quatre mille ans avant notre ère, et s’installèrent dans le delta, y fondant leurs premières cités. Oh ! Ils n’inventèrent pas toutes choses : avant eux, il y avait déjà une culture, des poteries remarquables, des huttes, des bourgades. Qui peut dire l’origine et les premières fondations d’Obeid, de Harappa, de Mohenjo-Daro, de Jéricho? D’ailleurs, en Egypte aussi, une civilisation pré-dynastique florissait depuis la nuit des temps... (5000 avant J-C.?).

Toujours en est-il que ces Sumériens organisèrent quelque chose de structuré. Des villes. De petits Etats. Des réseaux d’irrigation. Des greniers. Des temples. Un clergé de mages et d’astronomes, nantis de grands pouvoirs, détenteurs des Augures et du Calendrier des Semailles. Toujours en est-il qu’ils travaillèrent le cuivre et l’or, qu’ils connurent les arts de la paix et les sciences de la guerre, qu’ils eurent des phalanges armées de piques, précédées de chariots à quatre roues, eux-mêmes tirés par quatre onagres semi-domestiqués. C’était mieux qu’un peuple, cela : c’était une nation !

Bien avant le Déluge, ils eurent des rois. Car on a retrouvé leurs listes dynastiques, assez complètes et tout à fait formelles : la royauté, le pouvoir, étaient tombés du ciel ! Affirmation séduisante, énigmatique, dont vous ferez ce que vous voudrez, selon votre tempérament plus ou moins romanesque.

Etait-ce à dire que le pouvoir se réclamait du droit divin? « Moi, Goudea, par la grâce de Ningirsou, roi de Lagash ».,.. Ou bien que le sceptre avait été arraché aux prêtres, aux sorciers-mages, descendu du « ciel ». des ziggourats pour être installé dans le palais des guerriers laïcs ? Le sabre l’aurait ainsi emporté sur le goupillon… lequel n’en conserverait pas moins d’immenses et mystérieux pouvoirs. D’ailleurs, il y avait des prêtres-rois, dans certaines cités...

Faut-il croire, avec les tenants de la colonisation extra-terrestre, que le pouvoir avait été conféré par des « dieux-cosmonautes » venus d’ailleurs ? On connaît le texte fameux de la Genèse : « Les fils des dieux (elohim) virent que les filles des hommes étaient belles, et ils en prirent pour femmes parmi toutes celles qui leur plurent... Or, les géants étaient sur la terre en ces jours-là, et cela après que les fils des dieux furent venus vers les filles des hommes, et qu’elles leur eurent donné des enfants ; ce sont là les héros renommés des temps anciens ».

Les écritures sumériennes ne nous éclairent pas beaucoup quant à ces intéressants métissages. Mais elles nous apprennent quand même que Gilgamesh était un héros, qu’il était « trois quarts dieu, un quart homme » .... et qu’il était costaud.

Un pouvoir tombé du ciel, trois explications. Au fait, elles ne sont pas incompatibles…

Gilgamesh, nous le savons aussi, vécut réellement. Il fut cinquième roi d’Ourouk, sur la liste dynastique post-diluvienne. Il descendait même, en ligne directe, d’un personnage tout à fait remarquable : à savoir du fameux Utnapishtim, citoyen de Shourroupak-la-Submergée, c’est-à-dire du Noé sumérien !

Avec un tel ancêtre terrien, avec d’autres ascendants divins, notre Gilgamesh ne pouvait être un personnage ordinaire. A quoi donc ressemblait-il ? Nous avons des représentations, des portraits, des sceaux royaux, qui nous le montrent en monarque sémite, barbu, chevelu, vêtu d’une robe somptueuse, coiffé de la tiare, paré de bijoux comme une femme, mais fort occupé à étrangler deux lions ! Ces images ne sont pas véridiques : Sumérien de souche ancienne, Gilgamesh n’était nullement Sémite et pas davantage « Indo-Européen ». Il ne ressemblait pas aux Egyptiens hamitiques, ni aux Touraniens, ni aux Mongols... En fait, personne ne sait exactement ce qu’étaient ces Sumériens agaçants, mal identifiables, ces trapus aux épaules charnues, avec leur grosse tête ronde, leur nez court et droit, leurs grands yeux en amande. « De race divine » ? C’est commode…

Dieu par son âme invincible, homme par son corps vulnérable : tel fut sans doute Gilgamesh, géant, roi, héros, paladin d’épopée, qui parcourut le monde en riant, avec son copain Enkidou. Gilgamesh, qui chercha l’amour, trouva l’amitié, chercha l’aventure, trouva la mort, chercha l’éternité, trouva le destin.

Gilgamesh ! Cinq mille ans depuis, des exploits toujours résonnants, des angoisses qui ne nous ont jamais quittées. Un poème épique, une littérature qui enfanta toutes les autres — et combien s’abstiendraient d’écrire, s’ils savaient tout ce qui fut déjà dit, et dans quels termes ! — Un indice d’immortalité, dans la poussière des siècles. La survivance de la Geste, par-delà la chair périssable...

Gilgamesh.

Gilgamesh ou le destin des hommes (2)

gilgamesh2-serge-creuz.jpg Illustrations de Serge Creuz (c).

1. L’INCONNU DU DÉSERT

Gilgamesh, seigneur de Koulab, grande est ta gloire !

Il fut le sage connaissant toute chose ; il fut le roi parcourant l’univers. Il était savant, il détenait les clés des mystères et des secrets. Il nous retrouva la connaissance des jours anciens, d’avant le Déluge. Il partit pour de longs voyages, revint harassé et recru de travaux.

Cela ne pouvait durer. Les hommes se plaignirent aux dieux, les dieux firent appel au Père Anou :

— Il est né d’une déesse, il et fort comme un taureau sauvage. Il prend les fils et les filles. Est-ce là le Roi, le berger de son peuple ?

Anou entend ces récriminations, médite, échafaude un plan :

— Voyons, il lui faut un égal, un reflet de lui- même, un coeur aussi tempétueux que le sien. Ils seront rivaux et lutteront sans fin ; ça les occupera, pour la plus grande paix d’Ourouk, pour la tranquillité des citoyens. C’est l’affaire d’Arourou.

Arourou, c’est la déesse de la création. Elle conçoit en son esprit l’image du rival. Elle trempe ses mains dans l’eau, modèle de l’argile, qu’elle lance ensuite dans l’espace. C’est ainsi que naquit le noble Enkidou. Il avait les vertus de Ninourta lui-même (1). Il avait la peau rude et couverte de poils épais. Mais il était inconscient de toutes choses, innocent comme les animaux sauvages, dont il partagea tout d’abord l’existence.

Enkidou, donc, broutait les herbes du désert, en compagnie des gazelles. Il jouait avec les fauves,au crépuscule, près des abreuvoirs ;il se réjouissait de l’eau et du vent.

Mais un soir, les troupeaux s’avancèrent vers le domaine des hommes et c’est ainsi, près d’un étang, qu’un trappeur aperçut Enkidou. Il le vit trois soirs de suite, face à face, et chaque fois fut pétrifié de frayeur. Finalement, le trappeur abandonna sa chasse et rentra chez lui, sans grand gibier, au surplus terrifié. Longtemps, il resta songeur et silencieux. Finalement, dans un murmure, il osa se confier à son père :

— J’ai vu un homme dans les collines... Mais peut-être était-ce une bête, ou un dieu ? Il a toute la force du monde, il ressemble aux immortels venus du ciel. Il parcourt le désert avec les troupeaux sauvages, il mange de l’herbe. Maintenant, il s’avance sur nos terres, se repose près de nos puits. J’ai peur, je n’ose l’approcher. Il comble mes fosses, il détruit mes pièges, il libère le gibier qui s’y fait prendre. De quoi vivrons-nous désormais ? Le père parla, dans la sagesse de son âge

— Fils, tu connais Gilgamesh, roi d’Ourouk. Personne ne peut l’affronter, il est de taille à décrocher les étoiles. Va donc dans la cité d’Ourouk, va trouver Gilgamesh, expose-lui la force de cet inconnu. Demande-lui une prostituée du temple d’Ishtar, une enfant du plaisir. Ramène ici cette femme, pour qu’elle maîtrise l’homme sauvage. Lorsqu’il reviendra aux points d’eau, il la trouvera, il la couvrira de son étreinte. Alors les animaux se détourneront de lui, il sera seul et vulnérable.

(1) Ninourta, Ningirsou : dieu guerrier, vent du sud, irrigateur. Il endigua les flots de l’enfer et perfora plusieurs monstres.

Ainsi fit le trappeur, qui se mit en route, trouva Gilgamesh, lui fit ses doléances et présenta sa requête. Le roi d’Ourouk trouva la chose plaisante :

— Ton père a raison. Prends donc une prostituée du temple, emmène-la dans le désert, offre-la à cet inconnu. Elle parviendra sans doute à l’apprivoiser.

Puis, dressant une pierre, il y grava tout le récit. Quand les dieux créèrent Gilgamesh, ils lui donnèrent un corps parfait. Shamash-le-Glorieux lui accorda la beauté, Adad-la-Tempête le

remplit de force. Les grands dieux le voulurent de beauté parfaite, surpassant tous les autres. Ils le firent dieu pour deux tiers, homme pour le reste.

Il construisit les murs d’Ourouk, le puissant rempart, et le temple Eanna pour Anou-du-Firmament et pour Ishtar-l’Amoureuse. Regarde-les aujourd’hui : le grand mur extérieur, dont la corniche étincelle de cuivre ; et le mur intérieur qui n’a point d’égal. Approche et considère le seuil, vois comme il est ancien. Admire la maison d’Ishtar, notre dame de l’Amour et de la Guerre ; aucun homme vivant, aucun roi à venir ne pourra égaler cette merveille. C’est l’Eanna, c’est le temple d’Ourouk. Monte au rempart, fais-en le tour, considère ces épaisseurs, examine cette maçonnerie: n’est-ce pas de la bonne brique, brûlée pour l’éternité ? Sept sages en ont posé les fondations.

Note du récitant : une fois pour toutes, Shamash est le nom sémitique du Dieu-Soleil (aujourd’hui encore : Shamsh chez les Bédouins, Shemesh en hébreu, Shems en arabe...). Mais à l’époque de Gilgamesh, l’astre du jour portait encore son nom sumérien : Outou. Nous conserverons cependant l’appellation, plus tardive, des relations principales.

Anou, c’est le Dieu-Père, primordial et cosmogonique, celui qui plane au-dessus de la mêlée. Adad, c’est évidemment le Thor sumérien, le maître des pluies et des tempêtes. Quant à Ishtar, redoutable et superbe, c’est à la fois la soeur et l’épouse de Shamash : elle préside aux Amours et aux Guerres, ces deux véhicules des conquêtes et des souffrances...

Reste le culte de la brique, qu’on croyait particulier aux peuplades belges. Force est de constater que les Sumériens nous ont devancés, en ce domaine comme en d’autres. Ils appréciaient particulièrement la brique « brûlée », bien plus solide que la brique cuite au soleil, mais beaucoup plus chère aussi, car le combustible était rare. Faut-il en déduire que Gilgamesh aurait fait, parmi nous, un promoteur heureux ?

Mais laissons ces considérations et retournons au corps du récit.

Gilgamesh avait été la fierté, le champion d’Ourouk-aux-puissantes-murailles. Il avait multiplié les randonnées guerrières, dépensant en tous lieux sa jeune force bouillonnante. Mais nulle part, il n’avait trouvé d’adversaire à sa taille : tout homme pliait devant lui. Désenchanté, il revint donc en sa ville, qui bientôt retentit de plaintes et de lamentations :

— Il est intenable ! Son désoeuvrement est une calamité pour tous les citoyens. De jour, de nuit, son arrogance n’a pas de limites. Il sonne le tocsin pour s’amuser. Aucun père ne garde ses fils, car Gilgamesh les rassemble pour ses folles expéditions. Et pourtant, le Roi devrait être un berger pour son peuple ! Aucun amant ne trouve de fille vierge ; le noble ne peut conserver sa femme, le guerrier se voit arracher ses filles, car Gilgamesh les veut toutes, dans sa  lubricité. Et pourtant, voilà le berger de la cité, qui devrait être sage, bienveillant, résolu.

(Nous présentons nos regrets à Gisèle Halimi, car toute cette histoire est absolument scandaleuse.  Mais les Sumériens étaient d’affreux machos, vigoureusement phallocrates, qui n’avaient jamais entendu parler du M.L.F. Au reste, vous feriez mieux de ne pas lire la suite et de brûler ce journal.)

Le trappeur se confondit en gratitude, trouva la spécialiste et l’emmena comme convenu.  En trois jours de voyage, ils parvinrent aux points d’eau.

Là, le trappeur et la femme s’assirent en silence, face à face, attendant le  gibier. Trois jours passèrent encore : on ne voyait que de petits animaux, apeurés et furtifs. Mais enfin parurent les grands troupeaux sauvages et Enkidou parmi eux. Et elle l’aperçut, massif et velu, descendant au loin des collines. Alors le trappeur lui adressa la parole :

— Le voici. Maintenant, femme, n’aie aucune honte, découvre ta poitrine. Fais bon accueil à ton désir, provoque-le au besoin. Montre-toi nue, offre-lui ton corps. Laisse-le t’approcher, couche-toi près de lui, apprends à cet homme sauvage ta science de femme, enchaîne-le par les sortilèges. Car alors les bêtes du désert, dont il partageait l’existence, s’éloigneront de lui.

Elle n’eut aucune honte, elle le provoqua, elle accueillit calmement son désir. Il fut d’abord surpris, comme fasciné, un peu méfiant. Puis la curiosité l’emporta… Elle lui apprit alors les ressources de son art. Ils eurent beaucoup de choses à se dire, pendant six jours et sept nuits, car Enkidou avait oublié l’eau, le vent et les errances dans les collines. Mais quand il fut satisfait, il voulut repartir et rejoindre les animaux. Et tout aussitôt qu’une gazelle l’aperçut, elle s’enfuit en bondissant. Etonné, il chercha de grands fauves : eux aussi s’éloignèrent en grondant. Enkidou eût aimé les poursuivre, les rattraper, mais il lui semblait avoir perdu une

partie de sa force. Ses membres étaient comme liés, ses genoux fléchissaient sous la course.(2). Enkidou se retrouva seul et faible, avec des pensées d’homme dans l’esprit, des émotions d’homme dans le cœur. Pensif et triste, il revint vers la femme qui l’avait attendu. Et alors elle lui parla :

— Te voilà plein d’une sagesse nouvelle. Te voilà pareil aux dieux. Pourquoi veux-tu courir en sauvage avec les animaux du désert ? Viens avec moi. Je te mènerai dans Ourouk-aux-fortes-murailles, je te montrerai le temple d’Ishtar et d’Anou, l’Eanna de l’amour et du ciel. C’est là que vit Gilgamesh,  le très fort, celui qui règne sur les hommes comme un taureau indompté.

Enkidou mit du temps à comprendre, mais finalement fut séduit. Il venait de découvrir la solitude humaine, il cherchait un compagnon à qui ouvrir son cœur.

— Je viens avec toi, femme. Je veux voir cette ville, ces murailles, ce temple et cet homme, moi qui suis né dans les collines, moi qui suis le plus fort de tous.

Ils marchèrent donc et, chemin faisant, elle l’étourdissait de ses paroles :

— Tu verras sa face. Je connais bien Gilgamesh de la grande Ourouk. Tu verras, Enkidou, les gens sont vêtus de robes somptueuses, chaque jour est une fête, les garçons sont beaux et les filles sont superbes. Et comme ils sentent bon ! Tu aimes la vie, Enkidou, tu aimeras la cité.

Tu verras Gilgamesh, l’homme heureux, dans sa radieuse virilité. Il est parfait de force et de beauté, il ne se repose jamais. Il est plus fort que toi, aussi laisse tomber tes vantardises. Shamash-le-Glorieux l’a comblé de faveurs, et Anou-du-Firmament, et Enlil aussi. Le sage Ea lui a donné l’entendement de toutes choses. Je te le dis : dans ses rêves, Gilgamesh sait déjà tout de toi et de ta venue.

De fait, au temple dOurouk, Gilgamesh était allé trouver sa mère, la grande déesse Ninsoun :

— Mère splendide, laisse-moi te conter mon rêve de cette nuit. Je marchais, sous la voûte cloutée d’étoiles. J’étais plein de joie, entouré des jeunes héros, et soudain un météore nous tomba du ciel. Je voulus le soulever, mais il était trop lourd. Et les nobles d’Ourouk voulaient lui baiser les pieds. Et je l’aimais comme on aime une femme. Et il était comme une hache, que je porterais à mon flanc. Et tu me le donnas pour frère. Quel est donc ce rêve étrange, ô Ninsoun ?

(2) Pas étonnant, après de pareils excès…

Ninsoun, sage et clairvoyante, lui répondit aussitôt :

— Cette étoile du ciel, cette hache brillante, c’est ton compagnon qui te secondera dans les périls. Sa force est immense, Il a vécu parmi les bêtes sauvages, dans les herbages des collines désertes. Il te sera comme un frère. Voilà l’explication de ton rêve. Et Gilgamesh se retira tout songeur.

Cependant, la prostituée du temple guidait toujours Enkidou. Elle avait partagé ses vêtements, lui en donnant la moitié, lui apprenant à se vêtir. Le menant par la main, elle fut une mère pour lui, elle le conduisit chez les bergers de la plaine. Ceux-ci, craintifs et respectueux, s’assemblèrent autour de lui, offrant du pain et du vin. Mais Enkidou ne connaissait que l’herbe et le lait des ânesses sauvages.

Il était là, stupide, ne sachant que faire du pain et du vin. Et la femme parla encore :

— Enkidou, mange ce pain, bois ce vin, ce sont les sources de la vie.

Il mangea et but du vin tort, sept gobelets bien remplis. Il devint joyeux, son coeur enfla et son visage s’empourpra. Il lissa les poils de son corps et s’oignit d’huiles parfumées : Enkidou devenait un homme. On lui choisit des vêtements appropriés, il apparut superbe. Puis il découvrit l’usage des armes et chassa les lions, afin que les bergers puissent trouver le repos au long des nuits. Il tua des loups et des lions, il fut l’invincible gardien du campement, et les bergers se confièrent en sa force. Et, toujours, la femme était son initiatrice (3)...

Il vivait heureux parmi les bergers, oublieux d’Ourouk et de ses merveilles. Mais voici qu’un jour, sur la piste lointaine, il aperçut un voyageur isolé.

— Femme, quel est donc celui-là ? Pourquoi est-il venu ? Je veux savoir. Va le chercher.

Elle courut, ramena l’étranger, qui se désaltéra, mangea et puis expliqua sa venue :

— J’arrive d’Ourouk-aux-fortes-murailles. Gilgamesh est entré parmi l’assemblée du peuple. Ils s’étaient réunis pour choisir une épousée, pour l’un de nos jeunes hommes d’une famille considérable. Mais lui se moque et défie tout le monde. Il s’est arrogé des droits fort étranges. Il prétend passer en premier auprès de l’épousée : le roi d’abord, l’époux ensuite.

Il dit que cela fut ordonné par les dieux, depuis que fut tranché le cordon ombilical du monde. Mais à présent les tambours battent dans l’enceinte d’Ourouk, et toute la cité gronde en fureur. Et pourtant, qui pourra affronter sa force ?

Entendant cela, Enkidou se dressa et devint très pâle. Sa voix s’éleva comme un mugissement :

— J’irai en cette ville, où Gilgamesh règne sur le peuple. Je lui lancerai mon défi. Je crierai très haut, sur les places d’Ourouk : je suis Enkidou, je suis venu pour changer l’ordre ancien, car je suis le plus fort ici !

Ayant dit, Enkidou quitta le campement et marcha vers la ville.

Et, toujours, la femme le suivait.

(3) Ainsi donc, les Sumériens admettaient la théorie de l’évolution ! Enkidou, le sauvage, passe de l’inconscience animale à la condition humaine le voilà chasseur et pasteur, avant de devenir citadin. Un saisissant raccourci !

Gilgamesh ou le destin des hommes (4)

Ceci continue l’épopée de Gilgamesh, feuilleton héroïque, érotique, métaphysique et sumérien. Vieux de six mille ans, le récit n’a rien perdu de son pouvoir de fascination. Suivons le roi d’Ourouk dans son plus étrange voyage, celui de l’aventure intérieure...

5. LES RIVAGES LOINTAINS 

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Illustrations de Serge Creuz (c).

 

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La légende des sept cités de Cibola

La légende des sept cités de Cibola

Coronado expedition peinture 1898 remington mini

En 1539, le frère Marcos de Niza, un prêtre franciscain, a raconté aux fonctionnaires coloniaux espagnols, à Mexico, qu'il avait vu la ville légendaire de Cibola dans ce qui est aujourd'hui le Nouveau-Mexique. C'était l'un des explorateurs espagnols, à moitié convertisseur religieux et aventurier, qui hantaient le Nouveau Monde pour le trésor amérindien et il avait entendu des contes persistants sur la richesse fantastique des soi-disantes Sept Cités de Cibola.

" Elle est située sur un tronçon nivelé du sommet d'une colline arrondie ", a dit le moine. " Elle semble être une très belle ville, la meilleure que j'ai vu dans ces régions. " Le prêtre a reconnu, cependant, qu'il avait seulement vu la ville à distance et n'y était pas entré, parce qu'il pensait que les habitants indiens Zuni le tueraient si il approchait.

Mais quand une grande et coûteuse expédition espagnole, partie en 1540, avec 340 Espagnols, 300 alliés indigènes et un millier d'esclaves indiens et africains, et est retournée dans la région en 1541, ils ont trouvé seulement un modeste village d'indiens qui n'était pas quelque chose ressemblant à ce que le prêtre avait décrit. L'expédition s'est avérée être une mésaventure ruineuse pour ceux qui s'y sont impliqués, y compris le célèbre conquistador Francisco Vazquez de Coronado, qui l'a dirigé.

" Presque tout le monde, y compris le leader, est retourné à Mexico massivement endetté ", dit l'auteur du Nouveau-Mexique Richard Flint, qui, avec son épouse, Shirley Cushing Flint, a écrit cinq livres sur Coronado. " Un certain nombre de ces personnes ne s'en sont jamais remis financièrement."

Coronado expedition

L'expédition de Coronado et de Hernando de Alarcón à travers l'Ouest américain (1540-1542) - Wikipedia.org

Qu'est-ce que le Frère a bien pu voir ?

Pendant cinq siècles, les érudits ont débattu de ce que de Niza avait vu quand il avait affirmé qu'il avait trouvé Cibola, ou si il a simplement dit aux fonctionnaires espagnols ce qu'ils voulaient entendre...

La grande richesse que les Espagnols ont pris quand ils ont conquis les Aztèques d'Amérique centrale et les Incas de l'Amérique du Sud n'a fait qu'alimenter les croyances que toujours plus de richesses se trouvaient quelque part à l'intérieur de ce qui est maintenant aux États-Unis. Alors, quand le Frère de Niza a dit qu'il avait vu Cibola, les fonctionnaires espagnols étaient impatients de le croire...

" Nous ne savons pas ce qu'il a vu ou pourquoi il l'a fait ", a déclaré Denise Shultz, un ranger du parc à Coronado National Memorial à Hereford, Arizona. " Une interprétation généreuse de la vision de Niza est qu'il a vu le pueblo, à l'aube ou au crépuscule et a été dupé par la lumière du soleil, flatteuse à ce moment de la journée, qui baignait le village dans une lueur qui lui faisait penser que les bâtiments étaient en or ", dit-elle .

Flint est moins charitable à propos de la déclaration de de Niza. " Il n'a probablement pas vu [la ville]," dit Flint. " Au lieu de cela, dit-il, le prêtre a probablement raconté un long récit (faux ou vrai), qu'il a entendu des Indiens ".

Les hommes de Coronado étaient furieux quand ils ont vu le village des Zuni. " En voyant cela, l'armée éclata de malédictions envers le Frère Marcos de Niza, " dit l'un des hommes de Coronado. " Dieu veuille qu'il ne rencontre aucun d'entre eux...". Le Frère Marcos de Niza fut d'ailleurs renvoyé en Espagne pour le punir de sa fausse histoire...

Au lieu de retourner à Mexico, Coronado a incisté. Pendant des mois, son expédition a suivi un guide indien sur des centaines de kilomètres dans ce qui est de nos jours le Kansas. Ils se sont fait attaquer des dizaines de fois par les indiens des régions traversées avant d'abandonner la recherche de Cibola...

Coronado expedition peinture 1898 remington

Une peinture de 1898 par Frederic Remington dépeint l'explorateur espagnol Francisco Vazquez de Coronado dans sa quête malheureuse de 1541 pour trouver les légendaires Sept Cités de Cibola. L'expédition, qui comprenait des centaines de soldats et de guides amérindiens, a duré deux ans et a traversé quelque 4.000 miles (6.400 km) de l'Ouest américain. En fin de compte, aucune ville dorée n'a été trouvée, et Coronado est retourné les mains vides et endetté... Photograph by MPI/Getty Images

« Il est très difficile de dire qu'une autre personne aurait fait quelque chose de différent », dit Flint. " Mais les gens ont perdu beaucoup d'argent, donc ils n'étaient pas heureux. "

" Selon les normes espagnoles, ils avaient besoin d'un bouc émissaire ", dit Shultz. " Il était le capitaine, il était celui qui a été liquidé en prenant le poids de la faute. Voilà mon interprétation. Il a lamentablement échoué... "

Néanmoins, Coronado retourne au Mexique en 1542, par là où il était venu, mais avec seulement 100 hommes. Même si cette expédition a été un désastre, il a découvert tout de même le Grand Canyon et il reste gouverneur de Nouvelle Galice jusqu'en 1544, puis il se retire à Mexico où il meurt en 1554...

Sources : un texte de Willie Drye (traduction Yves Herbo) et wikepedia.fr

 

Yves Herbo, Sciences, Fictions, Histoires, 17-06-2015

Enfin un palais imperial de la dynastie légendaire Xia découvert en Chine

LE PREMIER PALAIS IMPÉRIAL Xia DÉCOUVERT EN CHINE ? - MAJ 05-2015

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 Reconstruction d'un palais à Erlitou 
(il ne s'agit pas du palais impérial auquel est consacré cet article)


Des archéologues chinois auraient découvert les restes du plus ancien palais impérial du pays : il remonte à 3700 ans et serait lié à l'ancienne dynastie Xia, que de nombreux chercheurs ont longtemps considéré comme une simple légende.

Les restes du palais se situent sur ​​le site de l'âge de bronze d'Erlitou dans le centre-nord du pays (province du Henan).
Des archéologues ont découvert des fondations en pisé, ainsi que pas moins de trois cours. Le palais couvre une superficie totale de plus de 2100 mètres carrés.

Xu Hong, le responsable de l'équipe archéologique du site et directeur du Département de l'Archéologie Xia-Shang-Zhou à l'Académie chinoise des sciences, a déclaré: " Le complexe du palais d'Erlitou est une découverte étonnante, c'est le premier palais impérial de Chine. "

Le rapport affirme que c'est le palais le mieux conservé sur le site et peut être un prototype de la dynastie suivante, les Shang.

Les premières dynasties chinoises sont généralement considérées comme légendaires, mais les découvertes archéologiques de ces dernières décennies montrent que ces légendes ont une base réelle.
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Bronze Xia ? (Erlitou)
Le site d'Erlitou comprendrait quelque quatre millions de mètres carrés et contient les éléments en bronze les plus anciens trouvés en Chine.
La dynastie des Xia se situerait entre 2100 avant J.-C. et 1600 avant JC. Elle a été remplacée par la dynastie des Shang, qui a été renversé par les Zhou.

C'est de la période Zhou que datent les plus anciens écrits en Chine. Ce fut aussi la période où vécu Kung Fu Tseu (Confucius).

Les chercheurs chinois travaillent depuis 1996 sur un projet visant à établir une chronologie précise de ces premières dynasties légendaires.
Le chef de l'équipe archéologique, Xu, ajoute: "Construit il y a environ 3.700 ans, le complexe du palais est soigneusement conçu; avec les bâtiments environnants, il forme le centre de l'ancienne capitale. Bien qu'il représente seulement un septième de la taille des Palais impériaux des dynasties Ming et Qing, le complexe du palais d'Erlitou est le prototype de tous les palais impériaux construits en Chine plus tard."
Sources :
Notez que le palais est cité comme "le premier palais impérial de Chine", mais daté de 1 700 ans AV. J.C. Or, cette première dynastie aurait régné de -2205 à -1767 AV. JC selon la chronologie traditionnelle chinoise, ou de -2070 à -1570 selon d'autres chronologies. Il s'agirait donc plutôt d'un palais tardif de la dynastie dans les deux chronologies, par rapport à un autre possible palais plus ancien. Le fait qu'il ait possiblement servit de modèle aux suivants, surtout que les Sheng et suivants ont dû réutiliser et modifier les anciennes constructions des Xia, est bien sûr très possible et même probable pour la région. Mais il peut aussi avoir prit lui-même modèle sur un temple plus ancien, y compris ailleurs...
La dynastie des Xia a longtemps été considérée comme purement mythique car peu de textes y font référence : les dynasties avaient tendance à effacer un maximum les traces des dynasties précédentes et les plus anciens documents écrits trouvés en chine ne remontent qu'à 1 000 ans avant J.C., et ils sont eux-mêmes très rares. Pourtant, les traces écrites sur les pierres et murs de certains palais prouvent que l'écriture avait pénétré bien plus tôt, mais tous les anciens parchemins ont disparus ou ont été détruits par les divers souverains et par le temps apparemment. Sauf si de nouvelles fouilles chinoises prouvent le contraire...
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Des archéologues chinois ont découvert une série de complexes rituels disposés de façon symétrique sur un site de la culture Longshan à Wadian, près de la ville Yuzhou, dans la province du Henan. Sur la terrasse nord-ouest du site de Wadian ont été découverts d'énormes fossés arrondis: ils sont le signes de lieu d'occupation datant de la fin de la troisième culture Wangwan (début de la dynastie Xia) de la période Longshan. Parmi ces caractéristiques, l'Est de la fondation en terre battue a été formé à partir de plusieurs fossés en carrés homocentriques, tandis que l'Ouest de ces fondations est formé de trois architectures indépendantes.
Yves Herbo

En 1995, la Chine a lancé un vaste projet visant à établir une chronologie rigoureuse pour les trois premières dynasties de son histoire, celle des Xia, des Shang et des Zhou (jusqu'à -841 pour cette dernière). L'idée était de recouper des datations au carbone-14 et des données astronomiques, concernant en particulier des éclipses, avec tout ce que les inscriptions des Shang et des Zhou pouvaient nous apprendre. Environ 200 chercheurs y ont participé et les résultats obtenus servent à présent de références aux universitaires chinois. Les dates proposées pour les Xia vont de -2205 à -1767. Les Shang auraient régné de -1766 à -1112. Le problème est que ce projet fait encore appel à l'historiographie traditionnelle et n'est donc que partiellement scientifique. (Wikipedia)

Le problème aussi est qu'on a apprit depuis 1995 que même la datation au carbone-14 n'est pas si fiable que ça. Néanmoins, des objets, notamment en bronze, ont été découverts et attribués aux Xia ces dernières années. La légende est donc en grande partie vraie, et elle nous dit que le fondateur de la dynastie Xia était, entre autres qualités extraordinaires, un forgeron et utilisait le bronze (d'ailleurs des objets en bronze ont été attribués aux Xia). Mais si on démarre la dynastie des Xia en - 2205 AV JC, ça repousse d'autant l'arrivée du bronze en Chine (l'âge du bronze ne commence en Chine qu'après -1700 officiellement).

Et si les légendes et textes parlent de la dynastie des Xia et de leur fondateur-dieu Yu le Grand, dont on déterre enfin les traces, elles parlent aussi des prédécesseurs des Xia : les Trois Augustes et les Cinq Empereurs.

Les trois Augustes et les cinq Empereurs appartiennent à une mythologie à laquelle bien peu de Chinois croient actuellement, mais de grands historiens comme Sima Qian l'ont évoquée aussi sérieusement que des faits réels. Ils sont connus par des mentions fragmentaires et parfois contradictoires dans les textes de l’antiquité et surtout des ouvrages de l’époque Hàn. Les historiens modernes pensent qu’ils sont le résultat de la fusion de personnes réelles, anciens chefs d’ethnies, et de personnages mythologiques. Ils sont représentés comme des civilisateurs utilisant leur sagesse et leurs pouvoirs dans le but d'améliorer la vie des hommes. Certains sont devenus à partir des Hàn des dieux taoïstes (Huángdì et dans une moindre mesure FúxīNǚwā et Shénnóng). Huangdi a été choisi comme modèle du souverain idéal par le courant philosophique huanglao né pendant les Royaumes combattants.

Bien que les sources s’accordent sur l’antériorité des trois Augustes par rapport aux cinq Empereurs, elles proposent des versions différentes de chaque groupe.

Selon les chapitres Yùndǒushù et Yuánmìngbāo des Annales des Printemps et des Automnes, ainsi que la version du Shiji « rectifiée » par Sima Zhen de la dynastie Tang, ce sont Fuxi, Nuwa et Shennong.

  • Fúxī, qui possédait une tête humaine, un corps d'animal et une queue de serpent ; il était censé avoir inventé les fondements de l'écriture chinoise, le calendrier, l'utilisation des métaux et aurait organisé l'élevage, la pêche et la construction des maisons (-2852/-2820). Il peut prendre l'apparence d'un homme, d'un serpent, d'une tortue ou d'un dragon.
  • Nǚwā, sa sœur, qui aurait réparé le ciel suite à la guerre entre Gònggōng dieu des eaux et Zhùróng dieu du feu. Elle aurait aussi créé l'humanité en modelant des statuettes d'argile. Elle peut prendre toutes les apparences possibles.
  • Shénnóng (le Divin Laboureur) aurait inventé l'agriculture/la charrue, découvert les plantes médicinales et le thé (-2820/-2798).

 

Les cinq Empereurs (Di) étaient des dirigeants légendaires moralement irréprochables.

La version la plus courante est celle du Shiji, du Shiben et du Dadaiji (une des versions du Liji) :

  • Huángdì (-2698/-2597), l'Empereur Jaune, le plus connu, qui aurait, entre autres, mis en place l'administration chinoise, développé l'écriture, inventé l'acupuncture.
  • Zhuanxu (-2597/-2435)
  • Ku (-2435/-2357)
  • Yáo (-2357/-2255)
  • Shùn (-2255/-2205)

Par la suite, Yǔ le Grand fut le fondateur légendaire de la dynastie Xia, qui aurait réussi à contrôler les crues du fleuve grâce à un système de canaux.

Note : il ne faut pas confondre Huángdì « l'Empereur Jaune » (xxvie siècle av. J.‑C.) avec Huángdì qui signifie « empereur » et qui a été utilisé pour la première fois par Qin Shi Huangdi au iiie siècle av. J.‑C.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_trois_Augustes_et_les_cinq_Empereurs

Absolument toutes ces datations sont des estimations évidemment. On retrouve dans ces histoires les mêmes légendes découvertes chez les sumériens, égyptiens ou autres civilisations antiques (y compris plus récentes en amériques) : celles de dieux- fondateurs, inventeurs et organisateurs de la vie des humains de l'époque. Le Saint-Graal de l'archéologue du futur sera la découverte physique de l'un de ces dieux-fondateurs, une apparente poignée d'hommes selon les chercheurs officiels, qui détenaient tout le savoir de l'humanité aux origines et l'ont appliqué, expliqué aux humains...

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La découverte remonte déjà à plusieurs semaines mais n'en est pas moins intéressante: 5 remarquables chars et 12 chevaux, dont l'estimation de l'âge remonte à plus de 3000 ans, ont été trouvés dans la ville chinoise de Luoyang, province du Henan. En plus des chevaux et des chars ornés d'équipements dorés, l'équipe archéologique a également récupéré des bronzes et des céramiques.

Les archéologues sont convaincus que la tombe, parfaitement conservée, était celle d'un fonctionnaire ou un érudit jouissant d'un certain prestige, étant donné la richesse des dépôts funéraires: poteries, armes en métal, et inscriptions. Le tombeau, une fosse en terre verticale, a été découverte lors de la construction d'un hôpital.

MAJ 05-2015 : Selon les dernières publications des spécialistes (2012-2013), la dynastie Xia reste toujours une énigme. Tout d'abord, malgré les dires de certains archéologues , il serait faux de prétendre que des os oraculaires feraient allusion à une dynastie Xia, et à sa conquête par les Shang. Par contre, il n'est pas impossible que les habitants de la culture d'Erlitou ne se soient jamais considérés comme « Xia », bien qu'en étant les descendants directs possibles, et que cette appellation étant une pratique de leurs ennemis, elle se serait transmise jusqu'aux Zhou via les Shang...

Pour l'instant et toujours en attente de preuves plus concrètes, la culture de Erlitou est toujours considérée comme étant en réalité la Dynastie Xia ou son héritage direct, si cette dynastie mythique et légendaire (son premier empereur aurait domestiqué les crues du Fleuve Jaune via de vastes travaux non encore avérés) a réellement existé. (Mais toute légende ou mythe possède un fond de vérité, cela a été vérifié à de maintes reprises).

Sources : LI Liu and XINGCAN Chen 2012 et LI Feng 2013. + LI Feng 2013p. 51. + LI Feng 2013p. 53. + http://ashp.revues.org/1640

Yves Herbo traductions, S,F,H,  12/2011, MAJ 05-2015

Bulgarie : des squelettes de vampires potentiels découverts

Bulgarie : des squelettes de vampires potentiels découverts

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Deux squelettes du Moyen-Âge, percés de morceaux de fer pour ne pas se transformer en vampires, ont été découverts récemment sur la Mer Noire.

Une histoire à se faire un sang d'encre. Deux squelettes du Moyen-Âge, percés de morceaux de fer pour ne pas se transformer en vampires, ont été découverts récemment dans la ville bulgare de Sozopol, sur la Mer Noire.

Selon le directeur de l'Institut historique national, cette technique était courante à l'époque. "Ces deux squelettes percés de morceaux en fer illustrent une pratique qui s'est maintenue dans certains villages bulgares jusqu'à la première décennie du XXe siècle", a déclaré à l'AFP Bojidar Dimitrov.

En effet, selon une croyance païenne, les morts qui, de leur vivant, étaient considérés comme "méchants" étaient percés au coeur, le soir de leur enterrement, avec un bâton en bois ou en fer. Ils étaient ainsi cloués à leur cercueil et empêchés d'en sortir à minuit, transformés en vampires, a-t-il expliqué.

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Pour Bojidar Dimitrov, une centaine de tels squelettes ont déjà été retrouvés en Bulgarie au fil des années. L'archéologue Petar Balabanov, qui avait découvert en 2004 six squelettes du IVe siècle "immobilisés" avec des clous, sur le site archéologique voisin de Debelt (est), a déclaré que cette pratique avait existé aussi dans d'autres pays balkaniques, notamment en Serbie.

La légende de vampires la plus connue des Balkans est celle du comte roumain Vlad, qui empalait ses adversaires avant de boire de leur sang, et qui a inspiré le personnage de Dracula.

Source : http://infosciences.fr/bulgarie-des-squelettes-de-vampires-potentiels-decouverts.html

A l'été 2007, une équipe d'archéologues découvre en Irlande une série de tombes d'un genre inhabituel qui datent du Moyen-Âge. Deux des squelettes plongent notamment les chercheurs dans une grande perplexité : ils ont été enterrés avec des pierres dans la bouche. Christopher Read et Catriona McKenzie, deux archéologues, sont chargés de percer le mystère de cette singulière découverte. Ils supposent aujourd'hui que les morts en question étaient considérés par leurs contemporains comme des " revenants ", des individus qui se seraient échappés du royaume des morts pour tourmenter les vivants.

Autres infos : http://www.vampirisme.com/encyclopedie/dcouverte-d-un-squelette-de-vampire-venise/

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SFH 06-2012