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Histoire orale et techniques de mémorisations ancestrales

Histoire orale et techniques de mémorisations ancestrales

 

Methode memoire domaine public

 

La transmission des données techniques, connaissances culturelles et généralement des us et coutumes en l'absence d'écriture (ou reconnue comme telle par les normes modernes) divise la communauté scientifiques des spécialistes depuis des générations. Entre les tenants de l'oublie rapide, en trois générations pour une déformation des informations via la transmission seule de la bouche à l'oreille, et ceux d'une très bonne mémorisation au contraire des données grâce à diverses techniques de mémorisation acquises depuis des millénaires, les extrêmes sont défendues par plusieurs chercheurs de pars et autres, avec d'ailleurs certains tests et études abondant dans les deux sens.

Extrait de : " Tradition orale : La tradition orale représente la tradition du peuple

« et s’oppose d’une certaine façon à la culture officielle, comme caractéristique du combat qui se livre depuis des siècles entre deux formes de civilisation 1 ».

Une tradition est en quelque sorte atemporelle 2. Une tradition est vouée au changement lorsque son environnement est lui-même modifié. La tradition orale, comme son nom l’indique, est avant tout une « tradition 3 » dans le sens où nous l’entendons, – une tradition est un fait remontant du passé, conservée en partie ou dans son intégralité –. Ce passé représentant bien entendu celui du genre humain. Il est la preuve de l’identité d’un peuple, il démontre les savoirs, les habitudes, l’art de vivre, et démontre à travers toutes les représentations traditionnelles ou autres, ce qui doit être préservé. La tradition orale est ainsi en relation avec les aspects du pays, de la région à laquelle elle correspond, qu’elle soit en relation avec le peuple, la langue utilisée par ce dernier, les coutumes, les croyances, les activités, et bien d’autres aspects, lesquels appartiennent à notre environnement. L’expression de « tradition orale » impliquerait que celle-ci ait été transmise de génération en génération seulement par voie orale 4. Nous pouvons cependant difficilement imaginer que la tradition orale – les récits, les doctrines, les croyances, appartenant au répertoire des contes – ait été uniquement transmise par voie orale. De plus, il est ardu de trouver de nos jours des conteurs acceptant de narrer les traditions d’antan. Ainsi, la voie orale n’est pas seulement l’unique moyen de transmission. Il existe par conséquent une tradition, auparavant orale, et qui est actuellement écrite. De nombreuses anthologies nous permettent de retrouver « l’authentique ». Sans elles, ces traditions auraient été vouées sans aucun doute à une totale disparition. Le souci est cependant de recréer à l’écrit, à l’identique, les versions orales et d’en faire ressortir toutes les caractéristiques lexicales, linguistiques, propres à l’environnement et à l’époque à laquelle elles correspondent. En effet, les termes utilisés autrefois pour nommer certains aspects de la vie courante ne sont plus les mêmes de nos jours."

Ces suppositions de pars et autres de spécialistes (cela a mené à la naissance de la civilisation en liaison avec l'écriture reconnue par normes modernes), doivent être modérées par les avancées sur les connaissances sur les pétroglyphes et peintures pariales préhistoriques, ainsi que par les affirmations des aborigènes d'une  tradition orale accompagnée de symbolisme et d'indices à travers les pétroglyphes, gravures et peintures, et donc bien d'une forme d'écriture avant l'heure, appuyant la tradition orale pour une meilleure préservation, mais non décryptée comme telle selon des normes définies modernement.

 

https://www.sciences-faits-histoires.com/blog/archeologie/bresil-une-amazonienne-parle-des-pyramides-du-xingu.html

 

" Dans la grotte du Parpallo près de Valence (Espagne), Jean Clottes a relevé la récurrence de rites immuables pendant 10.000 ans (offrandes répétées avec 4.500 plaquettes gravées ou peintes dans des couches allant du Gravettien au Magdalénien final). Comme le constate ce spécialiste de l'art pariétal : « ces comportements témoignent de façon indiscutable de la persistance de la même tradition religieuse sur dix millénaires ».

La grotte de Taforalt est un site majeur pour comprendre l'évolution des cultures préhistoriques du Paléolithique supérieur de l'Afrique du Nord. À des niveaux « Atériens » (industrie de type paléolithique moyen taillée par un homme moderne archaïque) qui semblent commencer vers -100.000 succèdent abruptement vers 25.000 BP (Before present) des niveaux « ibéromaurusiens » (industrie du Paléolithique supérieur à outillage microlithique associée à des hommes modernes). L'Ibéromaurusien se termine vers 10.000 BP et évolue vers le Néolithique. Le site a fourni de nombreuses sépultures des hommes ibéromaurusiens et de nombreux renseignements sur leur mode de vie. Les fouilles dans ce site ont repris récemment. Ces hommes ibéromaurusiens ont vu l'émersion et la disparition des îles du détroit de Gibraltar.

Si l'ethnographie et la Préhistoire nous montrent l'efficacité de la tradition orale chez les peuples sans écritures et l'aptitude à transmettre sur des millénaires le souvenir d'évènements naturels catastrophiques, pourquoi refuserons-nous cette possibilité aux peuples antiques ? "

En fait, la volonté de démontrer une certaine linéarité en ce qui concerne l'évolution de l'écriture pourrait masquer le fait que les proto-écritures proviendraient elles-mêmes d'une culture pétroglyphique multimillénaire en faisant remonter ses origines à l'aube des temps et à cet accompagnement au fil du temps de la mémoire orale par des traces symboliques (avec des périodes géométriques, y compris sur les céramiques) très répandues mondialement et sur des périodes très longues. 

Cette nouvelle étude nous amène à découvrir d'autres techniques de mémorisation ancestrales. 

Une ancienne technique de mémorisation autochtone s'est avérée supérieure à l'ancienne technique grecque du «palais de la mémoire» pour rappeler et conserver des informations factuelles.

 

Source: Université Monash

Des scientifiques australiens ont comparé une technique grecque ancienne de mémorisation de données à une technique encore plus ancienne de la culture aborigène, utilisant des étudiants dans une école de médecine rurale.

L'étude a révélé que les élèves utilisaient une technique appelée palais de la mémoire dans laquelle les élèves mémorisaient des faits en les plaçant dans un plan de mémoire de la maison d'enfance, leur permettant de revisiter certaines pièces pour récupérer ces données. Un autre groupe d'étudiants a appris une technique mise au point par des aborigènes australiens au cours de plus de 50 000 ans de vie dans une relation de garde de la terre australienne.

Les élèves qui ont utilisé la méthode autochtone de se souvenir avaient une rétention des faits significativement améliorée par rapport au groupe témoin et au groupe «palais de la mémoire».

L'étude dirigée par le Dr David Reser, de l'École de santé rurale de l'Université Monash et le Dr Tyson Yunkaporta, de l'Institut NIKERI de l'Université Deakin, vient d'être publiée dans PLOS One.

Lire la suite ci-dessous :

Les étudiants en médecine et les médecins doivent conserver de grandes quantités d'informations, de l'anatomie aux maladies et aux médicaments.

Parce que l'un des principaux facteurs de stress pour les étudiants en médecine est la quantité d'informations qu'ils doivent apprendre par cœur, nous avons décidé de voir si nous pouvions leur enseigner des façons alternatives et meilleures de mémoriser les données », a déclaré le Dr Reser.

La technique du palais de la mémoire remonte aux premiers Grecs et a ensuite été utilisée par les prêtres jésuitesLes livres manuscrits étaient rares et précieux, et une lecture devait durer toute la vie d'une personne, de sorte que des moyens de se souvenir du contenu ont été développés.

 

Methode memoire domaine public

Les élèves qui ont utilisé la méthode autochtone de se souvenir avaient une rétention des faits significativement améliorée par rapport au groupe témoin et au groupe «palais de la mémoire». L'image est dans le domaine public

 

Dans la culture autochtone, qui repose sur l'histoire orale, des faits importants comme la navigation, les sources de nourriture, l'utilisation des outils et les relations politiques inter et intra tribales sont importants pour la survie. Les méthodes autochtones de mémorisation utilisaient également l'idée de rattacher des faits au paysage, mais avec des histoires supplémentaires qui décrivent les faits et l'emplacement pour faciliter le rappel.

En collaboration avec le Dr Yunkaporta, anciennement à la Monash School of Rural Health, l'équipe de recherche a divisé au hasard 76 étudiants en médecine fréquentant le campus Churchill de Monash, dans la région rurale de Victoria, en trois groupes.

Les étudiants ont suivi une formation de 30 minutes sur le palais de la mémoire, les techniques autochtones, ou faisaient partie d'un groupe témoin qui ont regardé une vidéo plutôt que de suivre une formation. On a ensuite demandé aux étudiants de mémoriser 20 noms communs de papillons (pour se dissocier du programme médical).

Ils ont ensuite été testés sur leurs rappels à 10 minutes puis 30 minutes après avoir utilisé leurs techniques assignées pour mémoriser la liste.

Les chercheurs ont découvert que les étudiants qui utilisaient la technique autochtone pour se souvenir, c'est-à-dire un récit et des lieux autour du campus, étaient presque trois fois plus susceptibles de se souvenir correctement de la liste entière qu'ils ne l'étaient avant la formation (rapport de cotes: 2,8). Les étudiants utilisant la technique du palais de la mémoire étaient environ deux fois plus susceptibles d'obtenir un score parfait après l'entraînement (2,1), tandis que le groupe témoin s'est amélioré d'environ 50% (1,5) par rapport à leur performance avant l'entraînement.

Il est important de noter qu'une enquête qualitative a révélé que les élèves utilisant la technique autochtone la trouvaient plus agréable, « à la fois comme moyen de se souvenir des faits, mais aussi comme moyen d'en apprendre davantage sur la culture autochtone », a déclaré le Dr Reser.

Le Dr Reser a déclaré que la Monash School of Rural Health envisageait d'incorporer ces outils de mémoire dans le programme de médecine une fois que l'enseignement reviendra à une normale post-COVID.

« Cette année, nous espérons offrir cela aux étudiants comme un moyen non seulement de faciliter leur apprentissage, mais aussi de réduire le stress associé à un cours qui nécessite beaucoup d'apprentissage par cœur », a-t-il déclaré.

 

Sources : https://neurosciencenews.com/aboriginal-memory-technique-18442/

https://sciences-sociales.unistra.fr/formation/master/ethnologie/anthropologie-sociale-et-culturelle/rof/ME86/FRUAI0673021VCOEN13377/

 

Cette étude nous affirme donc que la plus ancienne méthode de mémorisation identifiée à ce jour, une technique mise au point par des aborigènes australiens au cours de plus de 50 000 ans et en cours d'oubli, utilisant par exemple l'idée de rattacher des faits au paysage, mais avec des histoires supplémentaires qui décrivent les faits et l'emplacement, probablement accompagnées de gravures ou peintures sur les roches, symboliques ou référentielles, s'avère plus efficace.que l'une des plus récentes encore utilisées, grecque.

 

Avec les Traditions Orales, les Pétroglyphes :

https://www.sciences-faits-histoires.com/blog/archeologie/un-drone-capture-de-nouveaux-petroglyphes-de-2500-ans-dans-l-utah.html

https://www.sciences-faits-histoires.com/blog/archeologie/nevada-usa-des-petroglyphes-dates-d-entre-14800-et-10500-ans.html

https://www.sciences-faits-histoires.com/blog/archeologie/les-petroglyphes-de-kangjiashimenji-bas-reliefs-du-xinjiang-chine.html

https://www.sciences-faits-histoires.com/blog/archeologie/caraibes-montserrat-premiers-petroglyphes-decouverts.html

https://www.sciences-faits-histoires.com/blog/archeologie/venezuela-decouverte-de-grands-petroglyphes-de-2000-ans.html

https://www.sciences-faits-histoires.com/blog/preuves-autre-histoire/des-datations-de-pigments-de-petroglyphes-changent-la-prehistoire-humaine.html

https://www.sciences-faits-histoires.com/blog/archeologie/les-petrospheres-du-neolithique-gardent-tout-leur-mystere.html

https://www.sciences-faits-histoires.com/blog/archeologie/egypte-des-petroglyphes-de-12-000-ans-repertories.html

https://www.sciences-faits-histoires.com/blog/preuves-autre-histoire/espagne-de-l-atlantique-un-petroglyphe-montre-un-bateau-mediterraneen.html

https://www.sciences-faits-histoires.com/blog/archeologie/colombie-des-milliers-de-petroglyphes-de-12500-ans-decouverts.html

https://www.sciences-faits-histoires.com/blog/archeologie/guyanes-des-decouvertes-archeologiques-peu-connues.html

https://www.sciences-faits-histoires.com/blog/sciences/bresil-prehistoire-migrations-adn-ovnis.html

https://www.sciences-faits-histoires.com/blog/archeologie/des-peintures-rupestres-en-indonesie-redessinent-l-image-des-premiers-arts.html

https://www.sciences-faits-histoires.com/blog/archeologie/indonesie-44-000-ans-peintures-rupestres-2.html

 

 

Yves Herbo et Traductions, Sciences-Faits-Histoires, 22-05-2021

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